Révélation…

Photo de l'actice Louise Brooks

Photo de l’actice Louise Brooks

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J’ai décidé d’apprendre à boxer, ce qui à première vue paraît… surréaliste… vue mon gabarit et mon état global… J’ai quelques notions ayant été un temps coq sur un rafiot nommé « Équateur » en des compagnes de thon blanc et des bordées soutenues et autres beuveries et retroussage fameux. Et entre parenthèse pas besoin de mètre étalon pour postuler devant les gueuses portuaires si ce n’est de la monnaie en cours et de bonne provenance…

Bref, j’ai fait le pied de grue devant le premier club de boxe venu, un ancien garage auto. Le spartiate est fondateur, m’a dit le coach à qui l’on ne remet pas un bouquet de gueule de loup même s’il a une gueule de muflier (et c’est un compliment).

Le coach me fait comprendre que la boxe est un sport de dignité, de connaissance de soi, de rigueur, de confiance et de quelques cicatrices et aussi à l’âme. En fait, je suis en train de me demander si je ne vais pas regretter ma cambuse et le filet araignée monofilament.

Après un certificat médical, le paiement d’un premier mois, je commence ma première séance de boxe française… et ce n’est pas du cinéma. Il est clair que je suis en train de suer chaudement (on peut suer froidement) de ce premier cours intense… et je ne suis pas pris pour un pigeon.

Les séances se succèdent au fur et à mesure et prends un goût certain à ce sport. Je me sens revivre ; je prends de l’assurance mais surtout je constitue mon assurance vie au cas ou… je devrai reprendre mon job sur un navire.

Qu’il est bon de ressentir son corps en ses muscles, en sa peau, en ses courbes… je suis en train de m’aimer, là ? Hop, là ! Je ne suis pas une poule mouillée mais sans être de la carrure baraquée videur gorille boîte nuit, je constate avec satisfaction que mon corps est devenu une belle architecture.

— Alors, tu viens mon Jean-Paul à moi, nous allons être en retard pour la soirée « coquins, coquines. »
— J’arrive, Mon Lou, je suis à écrire mon avant-propos de mon futur livre : « Nous, entre boxe et révélation ».

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Apparence

Il était une fois,

Une Fée des Bois, amoureuse d’un poète écuyer.

Le commun mortel ne se doutait de rien, au loyer

D’un chevalier despote, affairé le jour à nettoyer

L’équipement et la nuit à versifier au poulailler !

 

Cependant, aux jours dominicaux, au chant du coq,

Il s’installait à l’auberge de la Grenouille en Toc,

Pour se rafraîchir le gosier tout en entonnoir ad hoc,

Et se plaisait à se poivrer jusqu’à devenir une loque.

 

La Fée, en tenue de marchande de fleurs, s’attablait,

Chaque fois, près de son futur sauveur, avec le souhait,

Que ce bel écuyer lui déclame un sonnet en malice,

Afin de la débarasser d’un bizarre et outrageant maléfice !

 

Ce jour-là, il n’avait pas la tête à vinasser son existence.

Il commandait un jus de concombre, comme par pénitence.

La Fée à ce tableau s’enhardit et, à l’approcher sans nuance,

Avouait son tourment qui l’accablait jusqu’à la défaillance.

 

L’écuyer écoutait de ses oreilles, le cœur dans une bulle,

La raison parfumée de liberté, il arrêtait d’un geste le calcul

De la Fée et lui ôtait son voile blanc d’où jaillirent des tarentules,

Qui se brisèrent comme du cristal. Il était mage sans majuscule !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Un coq et sa Poule

Oeuvre de Lorene Barioz 2014

Oeuvre de Lorene Barioz 2014

Il était une fois un coq qui s’était égaré de son poulailler !

Affaire étonnante qui bouleversa en son temps le paysan

De la terre Des Œufs de Nuit, sur le versant du métayer

Paul DESPOULES, représentant de la volaille, soi-disant !

 

Ce coq n’avait pas toute sa tête depuis qu’il avait connu

Une poule d’exportation venue du poulailler à la renommée

Tapageuse, au nom par lequel, tout coq raisonnable et têtu,

Se doit de mettre à l’écart, ce nom est : LUXE, une entité !

 

Elle avait débarqué toute pimpante, fardée de la meilleure,

Façon, provocante, bref une Poule de Luxe comme il se doit !

Notre Coq éleva sa crête au-dessus de sa condition à l’heure

Du matin par un chant d’une rare inspiration, un chant de choix !

 

La belle de Luxe sensible, resta tranquillement à sa place !

Notre Coq, renouvela chaque jour son exploit ! Toutes

Les poules étaient ravies, à part quelques favorites lassent

D’entendre une vocalise qui n’allait pas durer, somme toute !

 

Cependant, il tint bon ! Elle fut admirative ! Tous les deux

Se retrouvèrent dans un coin douillet du poulailler, s’aimèrent

A la folie, plumes dans plumes, se becquetant, heureux

Jusqu’à un matin où il réveilla en retard, l’œil amer !

 

Il commanda, qu’il ne fera plus le réveil matin, lui, le maître

De céans couronné de l’amour de sa Luxe, gracieuse amante !

La volaille gronda ! La grève s’implanta avant de disparaître

Par la venue d’un nouveau mâle emplumé de création galante !

 

Il fallait un rival de taille, c’est que compris de suite le paysan !

La Poule de Luxe s’orienta sur le bel organe qui s’exposait !

Notre coq, bien évidemment, déprima ! Il traita de faisan

Son adversaire qui le cocha par le fer du dédain et s’y croyait !

 

Les jours sombres s’ouvrirent sur une fracture du cœur !

Le coq amoureux perdait de ses plumes, de sa vivacité.

Notre paysan s’inquiétait. Il se décida à supprimer le cœur

Du problème : la Poule de Luxe passa à la casserole émaillée !

 

Hélas, le Coq perdit le peu de raison qui lui restait au-dessous

De la crête, en berne, et amplifia un manque de vivre, fatal !

Toutes les poules, poulettes, cocottes, paradèrent en frou-frou

Devant ses yeux tristes, son âme à jamais prise dans la spirale !

 

Le paysan jeta cet emplumé en dehors de son harem, endeuillé !

Pendant de nombreuses années, un coq chercha la sépulture

De sa Poule, picora les terres d’alentours, chanta sa vérité,

Sa peine et mourut, tué par une balle de chasseur, immature !

 

©Max-Louis MARCETTEAU