L’indifférence neigeuse de mon intérieur

Doris Day – lapin et œufs de pâques

Blog Émilie : récole 21.01

«… la découverte fondamentale du blanc et pas de l’œuf, n’a d’égale que la complexité de sa structure entre la géométrique et la prétopologie …» les mots du conférencier me laissent transparent sur le siège de l’indifférence neigeuse de mon intérieur.

Alors, «on rigole, on rigole, mais on ne voit pas le fond du bol», mais je viens de me réfugier dans cette salle presque vide de participants et l’animateur me paraît chauffé … à blanc par son sujet.

Je suis poursuivi depuis l’après-midi … par un œuf. J’ai toute ma tête, faites-moi confiance !

Un œuf de Pâques et pas à croquer sous les dents gourmandes ! Non, non ! Un œuf très grand, genre Gulliver, pas très naturel. Cet œuf qui me paraissait inerte comme un décor entre plâtre et métal, devant une chocolaterie, m’a interpellé par mon prénom. J’ai sursauté. Je me suis arrêté et il m’a menacé de me supprimer stricto sensu. Et là, j’ai décampé illico presto.

Mais il m’a poursuivi en déboulant, roulant, secouant toute son «anatomie» pour se déplacer et guidé par on ne sait quelle haine, il me piste comme un animal enragé d’une rue à une autre, d’un boulevard à une place … et pas une âme qui vive pour m’aider… chacun dans sa bulle à se dévoiler enfin comme lâche.

Le temps s’est arrêté dans cette salle par le ronronnement de l’orateur. Et l’œuf de Pâques … ne m’a pas encore retrouvé. Je culotte ma pipe, les doigts un peu tremblants. Que me veut-il ? J’ai la tête qui se farcit d’une question à une autre telle une cascade et leurs bruits se déposent dans le fond de mes yeux comme s’ils voulaient sortir pour exploser en feux d’artifices…

J’ai de plus en plus froid. Étrange sensation d’une panique qui s’installe à l’intérieur de mes fibres musculaires et au foyer de mon sixième sens la ma perception du danger imminent quand le baratineur sur l’estrade se transforme, fusionne sous mes yeux … en œuf de Pâques …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Histoire de dessous ? Chapitre 1/3

Blog lateliersouslesfeuilles : défi à vos claviers #3


Il y a un dessous posé sur la chaise, ce matin. Et je reste devant, de toute ma hauteur, je l’observe l’air interrogateur. Il en manque un, de dessous : la culotte. Ça fonctionne par paire les dessous féminins, comme les chaussettes. Non ? Étrange. Je refais un tour de mon appartement de vingt-huit mètres carrés moins les poussières. Rien. Ce qui est mystérieux c’est que je ne porte pas de… soutien-gorge et je ne me rappelle pas avoir eu une compagnie féminine depuis un certain temps. A moins que la personne en question ne portait pas de culotte. Cependant, je reste perplexe pour le soutif.

En attendant, tranquillement, je vais me faire un café. J’ai pris ma journée. J’ai tout mon temps. Le soleil ce matin s’est réveillé de bonne humeur et je le vois vivifiant au travers de ma porte-fenêtre qui donne sur mon balconnet… Enfin bref, je suis d’une humeur certifiée agréable avec cependant ce titillement vestimentaire que je n’ose toucher, d’ailleurs.

Quand, l’on sonne à la porte : drinnnggggg… plinggg… sinnnggg…clinngggg. A demi-nu mais avec décence en cette heure et interrogatif sur cette sonnerie indécente qui m’a fait sursauté, je vais ouvrir.

Je suis un tantinet étonné de voir une beauté masculine sur mon seuil qui aux pieds a pour dessin des Mignons. J’en suis soufflé.
— Euh… vous désirez ? dis-je un peu enroué par l’émotion encore non assagie.
— Je viens livrer une palette de draps à cette adresse. Vous êtes M. SACTIF Pilou ?
— Oui, oui, mais je n’ai pas commandé une palette de draps !
— N’empêche que vous êtes bien M. SACTIF et le bon de livraison se glorifie d’être juste.
— Mais enfin je ne suis qu’un particulier que pourrais-je faire d’une palette de draps ?
— Les revendre.
— Je crois que vous allez rapporter cette palette d’où elle vient et illico. (je m’aperçois que je perds patience)
— Impossible. Veuillez signer là, S.V.P. (le garnement bellâtre me présente une tablette tactile avec une seringue)
— Je ne signe pas une chose que je n’ai pas commandée !
— C’est votre dernier mot ?
— Comment : mon dernier mot ? Qu’est-ce que cette histoire ?
— Qu’importe ! Je vais signer pour vous.
— Mais que non, donnez-moi votre tablette…

Un moment de prises de mains et de corps qui fait gagnant l’avantageux hâbleur en un tour de passe-passe et me voilà sur le cul. Oui, oui, sur mon seuil, là, comme un égaré.

— Je tiens à vous remercier M. SACTIF et bonne journée.

Je n’ai pas le temps de répliquer, de me relever, d’apporter une moindre protestation que me voilà crucifié sur pied, le fanfaron est déjà monté dans son camion, démarre en trombe.

Voilà, je chois dans tous les sens du terme et la palette est dans l’allée de mon jardin. Incroyable. Je me relève et je vais appeler de suite la société qui m’a livrée ce colis encombrant. Et de plus je m’aperçois qu’il m’est impossible de sortir ma voiture. Je rage.

En fait, je constate amèrement que je n’ai aucune adresse à qui… m’adresser. Société fantôme ?

(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018