La mort en équilibre

Passerelle_Iotop_2020

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Agenda Ironique de Mars et en lien (Hors délai)


— « Monsieur Popples » tu es là ?… conscience trouble-fête ?
— Je suis là… crise flaques d’obsessions « a des yeux de framboises ».
— Tu es sortie de ton lit… injection retard de toi absente… « et se demande connaissance ».
— Te voilà chambré « et comtoise ».
— Mon humeur s’infecte… dehors, dehors !!!
— « Je vous prie de rester courtois, voyons ! » Je suis ta contention support sans consentement… à l’isolement.
— Je suis moi et pas un autre !!!… tu entends ? Je suis moi, moi, moi !!!
— Grimaces, grimaces… je suis ta fixation ton addiction ta sociétale hallucination au programme de soins en rupture…
— Je fais ce que je veux !!!… et ton blablablabla est le récif de tous les dangers !
— Non, tu es à moi… traumatisme corps d’âme psychose effet boomerang.
— Je suis quelqu’un !!!… une personne… un entier naturel… à l’intégrité libre du vécu.
— Non, non, non… décompensation en approche, l’affect défait l’ordre intime et public.
— Arrête !
— On nous regarde…
— Traitement du trouble que nenni et je mesure le lien de notre relation en souffrance !
— Te débattre ne sert à rien… au cadre plein, tu es démédicamenté, ton anosognosie double intensité…
— Je ne connais pas cette anosognosie, je ne connais pas cette dame…
— Tu es l’impact et le pacte de ta situation… la mort en équilibre…
— Tu es ma restriction… l’angoisse est mon établissement, ma crise a ses images dans mon couloir… tu es ce plan tangentiel à mon agression…
— Alors… contact…

— Alors, docteur ?
— Déséquilibre au rétablissement…
— Pas simple pour un funambule…
— Patience… tout est dans le mental…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La mort n’est pas frileuse – Chapitre 4/4

Lune_fevrier_Iotop_2019

Lune_fevrier_Iotop_2019

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 Chapitre 3/4)


La dame de compagnie et la Dame, se regardèrent comme si pour une première fois, il y avait une consistance de l’autre qui apparaissait comme une évidence, une interconnexion humaine de confiance :

— Un rat, c’est commun, mais à cet endroit précis, à ce moment de notre existence …
— Je ne comprends pas vos propos. Je suis parcourue de cette incrédulité qui me fait frissonner.
— Ma Dame, ce rat n’est pas n’importe qui, c’est possiblement un espion.
— Vous délirez, il se fait tard, prenez du millepertuis en infusion et reprenez votre esprit en main.
— …
— Allons, allons ! Priez et faites pénitence, ce rat a faim et en cette époque c’est tout naturel.
— Ce rat n’est pas là par hasard…
— Enfin, ne soyez pas tête de mule, je vous dis que ce rat n’a pas d’importance.
— Bien, ma Dame … je pensais …
— Ne pensez plus. Il est tard. Laissez moi.

La dame se retira, désolée, inquiète comme si elle avait perdu de son assurance. Elle fit mander la femme de chambre. Puis elle sortie, en tenant ferme son chandelier à deux bougies, pour rejoindre l’aile nord de la forteresse, sa suite, mais en cours, elle bifurqua à sa gauche, pris le grand escalier pour se diriger vers la chapelle, pour prier.

La fraîcheur constante de ce lieu lui rappela que la mort n’est pas frileuse. Il y avait une résonance particulière qui martelait le sol, ses pas, le frottement de son manteau sur le dallage qui se paraît du vivant, les ombres diffuses maniaqueries d’exister par contradiction à la lumière, l’odeur insondable des âmes qui couraient sur les vitraux presque invisibles, les prières qui s’échappaient par effet d’être nées une seule fois soulevaient une poussière de mots, les cierges éteints droit dans leur foi à la mèche noire comme l’encre de l’enfer par dérision…

La dame sensible ressentait tout cela comme une vague déferlante dans son âme épouvantée qui par la main droite enserrait le chandelier comme un étau de forgeron. La dame, eut un serrement au milieu du ventre, à l’ombilic, et une brûlure au bas-ventre qui l’a fit s’arrêter net. Une angoisse se serra à l’intérieur de son corset, l’enserra brutalement. Elle avala sa salive. Respira fortement. Toussa. S’écroula dans un étranglement mêlé à un râle bruyant indécent dans ce lieu sacré.

— Alors ?
— Elle est bien morte, dit le Rongeur, à l’amant de la maîtresse du Seigneur.
— Vous êtes sacrément malin.
— Elle était fragile du cœur..
— Vous l’avez un peu aidée, quand même.
— Oui, c’est vrai. Son corset est imprégné d’un subtil mélange de poudre de plantes diverses et variées, triturées finement à la belladone, qui ne laisse aucune trace sur le corps …
— … pas à l’intérieur.
— Ne riez pas, bêtement.
— Vous êtes redoutable.
— Non pas, j’ai comme maîtresse la Dame.
— La Dame ?
— Elle-même.
— Mais … elle est l’instigatrice de l’affaire des Sacs…
— Et ?
— Sa dame avait des soupçons …
— Vous y êtes.
— Ainsi, il faut craindre pour ma vie … et le gardien ?
— Votre compère est en train de pourrir dans un cul-de-basse-fosse.
— Et moi ?
— Vous y êtes presque …

Et le Rongeur lui sauta à la gorge violemment…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Cette vérité est toute nue au moins trois fois par semaine – Chapitre 2/4

Nantes_Iotop_2016

Nantes_Iotop_2016

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019Chapitre 1/4)


Mercredi 20 octobre 1582 et les jours suivants la dame de compagnie déploie entre son deuil de prières et de piété des élans de commentaires insidieux aux oreilles de la Dame du Seigneur qui n’est pas sans savoir qu’il faut « séparer le bon grain de l’ivraie » et délayer le ragot pour en retenir l’once essentiel.

Et elle comprend que sa dame de compagnie essaye de l’influence peut-être de la compromettre par effet de ricochet auprès de son Seigneur de mari pour mettre aux fers et condamner le gardien de prison et son époux. Mais les dires sont trop grossiers comme « cousu de fil blanc » ; la Dame du Seigneur, l’interroge après complies :

— Vous êtes perdue.
— Non point, ma Dame, je suis en souffrance.
— Vous me prenez pour une grue.
— Que nenni, mes propos sont honnêtes et …
— Honnêtes ? Vous divaguez. Accuser sans l’avouer un gardien certes, mais votre conjoint, vous risquez tout autant, si ce n’est le déshonneur ainsi que celui de vos enfants.
— J’ai conscience de mes mots et des dangers, mais que m’importe, je suis décidée à rendre gorge à ces deux prédateurs.
— Vous prononcez avec désinvolture votre conscience que vous m’exposez indécente à mon regard. Vous êtes infidèle au contrat de votre mariage.
— Je ne suis pas dupe, ma Dame, il me cocufie avec là … je n’ose le dire, ma Dame, par respect pour vous.
— Dites toujours, si cela me concerne.
— Au premier chef, ma Dame.
— Alors ?
— Alors, mon mari est l’amant … de la maîtresse … de votre mari.
— Que dites vous là , gourgandine… comment oses-tu ainsi me narguez dans ma demeure au coeur de mon intimité.
— Hélas, ma Dame, cette vérité est toute nue au moins trois fois par semaine …
— Arrête ! Je te l’ordonne.
— …
— Veux-tu brûler vive sur la place ? N’oublie jamais que ton amant était un alchimiste et peut-être de cette … magie noire.
— …
— Pardonnez mon outrecuidance, ma Dame.
— Votre arrogance est punitive et mon coeur est résignation. Tout cela je le sais. Triste sort, à nous autres femmes quand l’une à la chair plus tendre nous passons sur l’autre rive de la désolation …
— Et l’homme s’éprend à nous répudier … du lit …
— Si ce n’est pour nous placer au couvent, à la possession parfois d’autres … possessions …
— …
— Reprenons. Votre mari est compromis dans l’affaire des Sacs. C’est ennuyeux, très fâcheux. Et les preuves ?
— Je sais comment les obtenir.
— Nous jouons possiblement nos têtes.
— Qu’importe notre tête, ma Dame, quand le cœur a ses raisons …
— Mais j’y pense … votre amant était le mari de la Princesse de Ploucat ?
— Si fait, si fait.
— Mais alors …
— Mais alors ?

(… à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019