Midi. Le soleil est une anomalie …

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 17 et origine


Midi. Le soleil est une anomalie, les nuages toxiques, la ville possédée … et moi aussi (sans e).

Le monde du-tout-rasé est venu me cueillir à la porte de mon salon de coiffure, un matin de novembre de l’an deux mille soixante-huit. La mode « Bonze » a démarré, après le miracle de la résurrection de la planète. Je ne me souviens plus vraiment de ce miracle et si c’était vraiment un miracle. Toute information étant noyautée dès le départ, et tel groupe d’influence faisait le forcing que la manipulation et les contes-à-dormir-debout étaient légion que toute vérité était salie par effet et mourait comme un embryon à qui l’oxygène de la maman aurait manqué.

Midi. Ma vie est une anomalie, mes projets toxiques, ma femme possédée … et moi aussi (sans elle).

Il me reste la vie. Une aubaine pour certains, une chienlit pour les autres. Questions de castes et de coup-de-bol (et pas la coupe au bol). Conceptuellement, je ne devrais pas exister. Je suis une anomalie dans un programme humain. C’est dire toute l’aventure que je vis est d’autant extraordinaire que je suis devenu le Nostredame de mon époque. Toute anomalie n’est pas sujette à devenir une élimination probable. La preuve, je suis vivant. Une rareté, certes mais débitant du phrasé comme le devin devant ses brebis changées en apôtres pour la bonne cause.

Midi. Le mot est une anomalie, les joies toxiques, les oiseaux possédés … et moi aussi (sans aile).

J’invente des prophéties pour des humains défaits d’avenir sur le parvis de mon salon qui rassemble tous les genres comme des alphabets dont les langages se recentrent les uns les autres pour survivre contre la bactérie informatique au virus du passé à la musique de la voix d’un rock and roll déhanché par la voie du chemin d’un espoir qui s’est lui-même égaré à la boussole du devenir errant en haillon dans la forêt protectrice et matriarcale … et pourtant … pas de miracle …

Midi. La terre est une anomalie, l’air toxique, le cercueil possédé … et moi aussi.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019