D’un éther a la rondeur de mon aimée – 5/12

Nicolas-François Gromort 05 1837

Nicolas-François Gromort 05 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


5/12

Nicolas et François l’explication

—… alors pas de faux pas, à présent reprenons à la base.
— Ce n’est pas faux.
— Ta blessure est guérie tout à fait.
— Grace à toi tu m’as sauvé de mon entêtement.
— Loin s’en faut… ta bien aimée Lucie t’as raisonnée.
— Ainsi et ici pas de faux départ.
— Reprenons notre amitié comme un fer brut.
— Belle expression.
— Forgeons des vrais liens sans épines.
— Entre nous la concorde et la cervoise.
— Bien dit et sans faux col.
— A nos chemins à nos croisements…
— A nos aboiements sans morsure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’aventure ne s’écrit pas sur la peau de la normalité

Photographie - Carole Lombard

Photographie – Carole Lombard

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Rupture. Rupture de toi de moi, de nous, de tous, de notre bulle … de savon.

Et puis un nouveau départ, avec un handicap et pas de soulagement possible, pas de vrai renouveau

Et ce projet fou, de revenir en pèlerinage sur nos moments intenses …

Et puis la cinquantaine sonne le glas, j’ouvre mes yeux une nouvelle fois et … un nouveau jardin … d’amour vient de naître …

Un élan … de survie … une aubaine et je suis hameçonné … par le conventionnel d’une relation un million de fois écrite et l’aventure ne s’écrit pas sur la peau de la normalité …

Je viens de jeter ma lettre de démission. Ce soir, tu rentreras et le lit sera bien chaud de ma présence …

Je reste soumis … moi, le rebelle castré.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

A la rue j’y suis au frais d’un état de trait

Oeuvre de Jeremy Mann

Oeuvre de Jeremy Mann

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°31 le mot : rue


A la rue j’y suis au frais d’un état de trait
Droit à l’horizon talé le violet tente le fol
Banquet de ma chair évidée de l’aspect

Du naturel vivant et j’en pince de l’abcès
De mort à me pendre haut à la fin de sol
Dé un destin pipé écrit et subit au verset

D’une fatalité distraite et dont le procès
Ne peut être opposé à la prise du vitriol
Du libre arbitre défiguré au départ de fait …!

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 1/5

Barbara, du blog lireditelle, a proposé à ses élèves (6ᵉ) d’écrire un conte avec la … Bnf (Voir ICI et ICI). J’ai donc, moi aussi, relevé le défi … dans une certaine mesure, et avec un retard certain.

 


Le soleil a tiré le rideau depuis longtemps. Je fais de même, bien après lui. La bougie à bout de souffle, s’éteint. Demain, je pars. Demain, j’ouvre un nouvel horizon. Demain sera différent. C’est dit. Demain, est au bout de mes doigts. Je respire déjà demain, le Grand Loup Garou ne viendra pas cette nuit me pincer le ventre. Non. Et à la première heure, je prends mon baluchon qui m’attend impatient, lui aussi de quitter cet endroit dont je suis l’esclave enfant. Le portefaix.

J’ai quelques larmes, là, sous ma couverture. Je suis l’enfant dépossédé de ses rêves. Je suis l’enfant trop grand, trop lucide, trop du trop de cette réalité qui me mord entre chair et cœur.

J’ai quelques larmes, là, sur mes joues. Je suis l’enfant entre désir de vivre encore et celui d’arrêter de respirer. Je suis l’enfant entre papa et maman, qui n’existe plus.

Mon sommeil n’est pas mon sommeil. Je me perds dans les méandres du clair-obscur.

Et déjà le temps du matin bonheur arrive. Le coq chante quand la nuit, enfin, déchante. Je me lève en des craquements furtifs, griffures sèches dans ce tableau gris de mon nouveau départ.

Je ne veux pas avoir ce dernier regard sur ce déjà passé envahissant. Je prends mon baluchon. Je me dirige vers la lucarne. Je voudrais m’envoler. Mais qui suis-je pour demander un tel vœu ? Je n’ai que mes petits bras, mes petites jambes et mon petit cœur qui devient de minutes en minute de plus en plus gros. J’ouvre cet hublot et enjambe la liberté. Je ne pense pas me noyer. Non, je suis dans ce moment d’inconscience consciente automatique. L’instinct de survie.

Le ciel impose ses premières couleurs orangées taffetas prismatique. Je descends lentement par le cordage improvisé d’une liane et pose pour la première fois le pied sur la chaussée de terre, empreinte de mes anciennes douleurs. Je souris. Le village est encore sous la couverture des rêves.

Je cours comme un ralenti qui ne dit pas son nom. Seul le silence de mon souffle s’oppose au silence presque offusqué de le déranger à cette heure matinale. Et je cours, cours, cours, cours de plus en plus … lentement. De la route de terre noire empierrée par endroit aux nids-de-poule égarés, le premier jour dépose ses lumières, sa fraîcheur, sa naissance, son avenir.

Je m’arrête au bord du ruisseau que je crois être des Trois Galets. J’ai chaud, trop chaud. Je ne suis pas habitué au grand air, à courir dans les champs et les bois. Non, je suis asservi aux tâches domestiques tous les jours, sans répit, sans récompense dans une royale demeure.

Agenouillé, je bois de son eau, de sa vie, de son sang entre mes mains recroquevillées possédées de gratter sol et ciel, enfin, la liberté, je la ressens. Et là, je tourne la tête d’un quart et mes yeux en coin : un papillon vient se poser sur mon épaule. Aussi étrange que cela puisse paraître, il pèse fortement. Ma chair se froisse, frissonne. Il a l’envergure d’un moineau.

Je me redresse, lentement, aussi lentement que la liberté me l’autorise : ce papillon. Et il me parle ! Le papillon me parle, dans le creux de mon oreille gauche, je l’entends. Sa voix est suave. Cette réalité m’enchante ou suis-je enchanté par l’eau de ce ruisseau ?

Prends le premier galet à tes pieds et lis à la première ondée son appel. Et ne prononce jamais le mot : blanc, jusqu’à ton arrivée à destination.

Me voilà à présent debout, et le voilà qui s’envole, l’air d’avoir tout dit, de s’être approprié une part de moi. Et je rage, intérieurement. La liberté ne m’est pas acquise. Non ! Je quitte une geôle pour une autre chaîne. Je rage et les larmes sombres noircissent mes mains, mon premier jour éveillé. Et puis, je respire l’amertume de mon premier Soleil, une simple ombre plus brillante que les autres.

(à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Non pas tout à fait …

Blog In the Writing Garden: contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

J’ai bomis …vomis mon ailleurs. Il était trop épicé … ma prison. Je n’ai pas supporté. Mes bagages sont restés là-bas. Mon train de vie m’a aidé. Il a pris, pour moi, un billet. J’ai pu m’échapper.

J’ai roulé une partie de la nuit entre deux fauteuils de cauchemars en velours rouge carmin. Ligne directe, pas de gare, de signalisation. J’ai froid. J’ai mal comme une mauvaise odeur indéfinissable. Je me suis assaisonné de “pass the flavour” de service. Peine perdue toujours là.

Je rêve d’une prière dans une basilique, poser mes genoux sur du basilic et reposer un temps mon âme toute basilic sur l’autel. Que je menthe à ma tasse du soir, si je n’ai pas le persil de la vérité au bout de la langue.

J’ai marché longtemps vers … pour me retrouver au point de départ. En fait, c’est le point de départ qui est ici et ailleurs. Ils sont identiques mais la raison refuse de croire comme un cerveau dupé.

Nos sens ne sont pas infaillibles. Loin de là ou près de là, selon la distance du problème.
Je vais me citronner quelques mots dans un verre d’eau et me rincer la bouche d’une haleine de fond marin.

Il faut que j’arrête de fumer du persil séché à la ciboulette cela provoque un delirium épiçatal.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017