L’équinoxe de ses angoisses

Bruit_porte_photographie_Iotop_2020

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Des mots, une histoire : récolte 49   (Hors délai)


Qui dit fricot, dit se bâfrer. Évidence qui fait fuir l’anorexique et l’ivrogne à devenir abstème (s’abstenir de vin). Seul le meunier du village sait de quoi l’on cause et à cela il n’y a rien à négocier. Il est jeudi soir, et pour rien au monde il ne manquerait ce fricot … du lendemain possédé de ses arômes en confusion mélangés, aux degrés de l’extase presque mystique… préparé par sa rondouillarde épouse : le fricot de la meunière, spécialité qui s’est imposée sur plusieurs territoires de la région dont son mari n’est pas peu fier, se permettant d’augmenter ainsi le tarif de sa farine… l’inconvenant.

En retard, le meunier n’est pas homme que l’on roule dans la farine ni à enfariner par jacasserie entre la meule et la poulie ou entre la bière trappiste et un blablateur vendeur de bœufs quand le fameux ragoût dans sa marmite congestionnée le supplie de l’enfourner en bouche jusqu’à l’envahir dans les profondeurs de son être obsessionnel…

Et le vent fort n’en dit pas moins et creuse l’agacement de la meunière qui s’impatiente du retard de son homme qui est aussi ponctuel que l’horloge biologique du papillon de nuit.

Maître Lapoulith est en retard, c’est un fait. Son habitude est dérangée, son heure s’inquiète, son assiette attend et la porte du logis reste close, tout à son mutisme, elle aussi languit et se repose sur son triple gond.

Alors, qu’attend-il pour franchir le seuil, cette porte journalière et commune avec cette tendance obligée, aussi, des bonnes et mauvaises nouvelles … la meunière ne compte pas les tic-tac, ni l’équinoxe de ses angoisses qui monte en mayonnaise ses battements de cœur à la moindre perception d’un bruit, même connu, quand le vent se tait …

Et un grondement inhabituel … derrière la porte …

Un chien ? Un loup ? Un renard ? … un monstre ?

Le silence armé … et la meunière de dire la voix enfermée dans la gorge … sort.

— C’est toi ?

La porte s’ouvre de sa serrure à loquet, les gonds miaulent, et le cœur de la meunière s’arrête… devant la bougie suif témoin.

Le meunier est là … un fort gâteau à la main.

— Bon anniversaire, Marie !

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il est mort, seul

Oeuvre de Ramon Masats - Barcelone 1953 - Blanca Berlin Galeria

Oeuvre de Ramon Masats – Barcelone 1953 – Blanca Berlin Galeria

Des mots, une histoire : récolte 50


 

« Pour vivre heureux, vivons cachés » disait-il.

 

Il est mort, seul,

Sa liste de bonheurs entre les dents,

Et les palabres de la messe à promettre un Paradis … un lac desséché.

 

La misère est en nous … et le mur du désir hurle dessalé de son envergure sur le grain de sa peau …

Et l’oniromancie rit, la dupe.

 

Avec la danse d’un seul temps, il s’était égaré dans le monde d’une Incertitude aux dents acérées d’une Inhumanité, devant l’ogresse de la réalité, à cette envie de la goûter … cette souffrance n’était pas chimérique

 

Il est mort … seul.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il cherche à m’hameçonner avec un harpon

Ibiza_1960_photographe_inconnu

Ibiza_1960_photographe_inconnu

Des mots, une histoire : récolte 48   (Hors délai)


 

… j’enregistre ce message… au cas où … je suis coiffeur … espion. … c’est une couverture. L’espionnage, c’est du sérieux. Ce que je raconte là, est la vérité.

Je suis la meilleure taupe qu’est connu le service. Je circule dans les endroits les moins confortables, comme les galeries … marchandes … les galeries des musées … les galeries minières … mais j’évite à tout prix la galerie … des Glaces… et je ne dis pas tout ça pour amuser … la galerie …

Bon, tout ça étant dit, je suis présentement à raser les murs … j’ai été découvert … un homme en blanc avec un masque et un tuba … c’est un filou, j’en suis persuadé … il cherche à m’hameçonner avec un harpon …

Il s’approche … il est là … devant moi …

— Alors, on veut s’échapper ?
— Non, non …
— Votre empreinte ! Là, sur la feuille !
— Non, non …
— Ne faites pas l’enfant !
— Non, non …
— Je sais qui vous êtes !
— Non, non …
— Mais si !
— Je ne suis pas un pigeon
— Je sais …
— Vous êtes un espion, c’est ça ?
— Je n’avoue pas … jamais …
— Oui, je sais !
— Ne me touchez pas … jamais …
— Allons, allons …
— J’ai dit : JAMAIS !

Et je me réveille, respire ma sueur de fièvre, ma déchéance, mon impuissance, ma haine, ma tranquille défaite au sourire édenté …je me lève de mon lit ferraillé, brusquement, comme un ressort délogé sans prudence, ouvre un pan de la baie vitrée et me jette … du balcon …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Werois aspirateur d’âmes

Rénovation_Sainte-Croix_Minneapolis_ Photo_George_Heinrich

Rénovation_Sainte-Croix_Minneapolis_ Photo_George_Heinrich

Des mots, une histoire : récolte 47 (Hors délai)


Il se nommait Tipi. Il avait un frère jumeau, Piti. Tous deux un jour d’adolescence, s’étaient perdus dans une forêt. Tous deux avaient reçu le prix de la peur, cette écorce qui vous pince à vie le fond des entrailles.

Pourtant, ils étaient revenus avec la sensation inavouable d’une révélation, d’une initiation.

Adultes, devenus musiciens, ils installèrent leur jeune école de musique à l’orée de cette forêt… visitée par des promeneurs du dimanche, des cueilleurs de champignons, des chasseurs de cerfs et sangliers, des amoureux de la nature … des amants délurés, des braconniers de belettes, des collectionneurs de papillons, des pique-niqueurs naturistes, des buveurs de liberté, des truffeurs de senteurs, des lépidoptéristes de couleurs, des peintres de l’effeuillage, des sylvothérapeurs égarés, des gymnases du Zhan zhuang,… jusqu’à turlupiner la forêt elle-même…

Le mot tranquille avait déserté son hamac et s’était enterré entre le blob et les mycorhizes…

Les frères avaient cette conscience du mal-être de la forêt… et considéraient qu’il était de leur devoir de la déposséder des mauvais fruits qui s’enracinaient au fil du temps par raison, ou pas, et qui s’appropriaient par excès sa Nature…

Il fallait limiter les assauts. Ils consultèrent aux quarts de Lune montante et descendante les nervures des feuillages…

Ainsi, des étranges phénomènes se déclarèrent comme une amabié genre de créature qui refoulait d’une haleine putride de bois morts, aux visages, les visiteurs indélicats, ou d’un werois aspirateur d’âmes pour les pourvoyeurs du souffle dominical… et pour tous les autres une bienveillance à l’heure de leur mort auprès d’un sycomore dédié…

Les mois s’embranchaient, la forêt reprenait son inspiration, et les frères musiciens animistes, déposèrent instruments et partitions pour s’installer à cœur du sylvestre et vivre pleines saisons des décennies avant de s’endormir à jamais … tous deux depuis le début… aveugles.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Brigitte

Margaux Hemingway by Helmut Newton 1975

Margaux Hemingway by Helmut Newton 1975

Des mots, une histoire : récolte 46    (Hors délai)


Il attendait là, dans une antichambre, au cabinet du ministère.

Ce jour-là, il n’y avait pas à tergiverser, cette rencontre devait aboutir. Il avait cette souffrance à la Tantale où tout est là à portée de main mais qui résiste comme un malin plaisir à ce qu’il devienne par abêtissement un simple pion, un exécutant, d’un désir d’une pinailleuse

La garce, elle le tenait dans un emballage de promesses comme d’une possible concorde à jeu égal. Pourtant il soupçonnait une dissonance, une entourloupe de première grandeur comme s’il était la victime consentante par défaut.

Elle ne désirait pas partager, il l’avait lu dans ses yeux de biche, dont l’eau de ses iris à des profondeurs de poison, cette première fois dans les Jardins de Bagatelle.

Il rageait intérieurement avec ce sourire de façade quand il fut introduit par un huissier de belle prestance … Elle se tenait là, à dix pas devant lui, le dos tourné, une main sur le marbre d’une cheminée Empire, et le reflet du miroir offrait son buste comme une porte a son judas …

— Alors, là ! quelle mise en scène !
— Tais-toi ! Que viens-tu faire ici, sur mon lieu de travail ? Tu n’es qu’un rustre !
— Moi ? Moi qui suis convivial, d’agréable compagnie et …
— Et ?
— Je suis amoureux, c’est simple. J’ai une complète envie de toi, là, maintenant !
— Tu es animal !
— Mais tu aimes ça ? non ?
— Tu es indécent. On nous écoute, possiblement … un sniper sur le toit d’en face …
— Qu’importe !
— N’approche pas d’un pas de plus …
— Brigitte …
— Emmanuel …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Godiche, reste dans ton terrier

Gina Lollobrigida as Venus in The Most Beautiful Woman in the World - 1955

Gina Lollobrigida as Venus in The Most Beautiful Woman in the World – 1955

Des mots, une histoire : récolte 45   (Hors délai)


Moteur !
— Non, non !!!
— Comment non ?
— Je n’ai pas les bons mots en bouche.
— En tout cas, tu n’as pas avalé ta langue !
— La tienne est bien salée.
— Je ne fais pas la morue, moi !
— Grue, être immonde et falot !
— Godiche, reste dans ton terrier.
Ornithorynque !!!
— Je ne vois pas le rapport ?
— Ah ! Non ?
— Non ?
— Tu ressembles à rien, la pouffe !!!
— Eh bien, tu vas voir la tordue, je vais te crêper le chapeau
— C’est ça, remballe ton rôle… et va punaiser sur le trottoir…
—…

— Excellent les filles… voilà une scène qui s’approprie à fond le texte… de l’auteure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La grotte de l’ours indien

Grotte de Han du livre Les Artères du globe de Paul Bory 1888 – Page 213

Grotte de Han du livre Les Artères du globe de Paul Bory 1888 – Page 213 – Gallica

Des mots, une histoire : récolte 44 (Hors délai)


Délétère, sourcière, salière, poudrière, entière, derrière…
— Stop ! Quelle est cette terre de mots ?
— C’est un extrait.
— Extrait de quoi ?
— D’un prologue.
— Un prologue ? De quel livre ?
— « La grotte de l’ours indien »
— Connais pas.
— 1963.
— Encore moins.
— C’est l’histoire d’un adolescent adopté par une famille d’ours et d’une guérisseuse qui s’éprend de ce jeune homme.
— Inattendu.
— C’est une atmosphère à la fois animale et tendre.
— Un poil intéressant ?
— Je ne vais pas faire la vaticination* ou simplement te dévoiler… il faut lire…
— Tu peux me résumer sans tout me dire !
— Non !
— Je suis marri de cette attitude !
— Cool, ce bouquin…
— Eh bien ?
— Eh bien ! … il n’existe pas !

  • : prédiction

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La belle équation avait de quoi épiler

Taz en action rien ne l'arrête

Taz en action rien ne l’arrête

Des mots, une histoire : récolte 43


Un matin, un hurluberlu (et pas un lapin), s’installa au square Alfred Jarry sur un banc de bois bleu aux pieds verts, et se déguisa en monsieur tout le monde. Le pastiche fut saisissant. Quel tour de force ! Quelle imitation ! Le hasard n’eut pas son mot à dire, il pouvait s’enliser dans le premier sable mouvant du déterministe, la belle équation avait de quoi épiler, dégoupiller, désarçonner ce hasard que rien il est vrai ne pouvait imiter, lui…

Notre homme ainsi maquillé, masqué enfin costumé héla le peuple du square de cet après-midi chaude et découverte et tout à la fois ouverte à un mini spectacle hors norme il faut le dire dans ce contexte tout particulier de notre dictature du vingt-deuxième siècle…

Il osa, il prit le risque, l’audace à son plus haut niveau, le mots téméraire ayant disparu et il se présenta de sa propre voix, de son propre corps dans toutes ses humeurs comme une apparition exceptionnelle devant la curiosité grandissante de soi-disant encore humains et sa logorrhée apparut fantasque déliée de tous les tabous qui s’étaient serrés les coudes pour résister à la déflagration qui allait frictionner leur passé pour un retour à la source de l’humain… d’origine…

Comme on disait à une époque reculée (ce qui ne veut rien dire, en fait), il balança la purée dans le sens propre et figuré, ce qui dépoussiéra d’un seul tenant les neurones les plus prudes des spectateurs qui développèrent aussitôt deux catégories de cas : les incontrôlables et les imperturbables. Le soleil ne brille pas pareillement pour tout le monde, c’est bien connu.

Aussi une intervention d’un panier de gardes armés d’ukulélés modifiés recomposèrent la léthargie et remis aussitôt de l’ordre dans cette cohue et l’hurluberlu mis en quarantaine pour entropie caractérisée au troisième degré… de la bonne humeur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’espérance arpente son échelle de désinvolture

Monaco_Iotop_2008

Monaco_Iotop_2008

Des mots, une histoire : récolte 42


L’espérance arpente son échelle de désinvolture et l’hominidé en tenu d’Adam sur un atoll les pieds en éventail se pose une question d’acheter une échelle ou peut-être un piano ce qui n’est pas le même budget, même d’occasion… tout est une valeur… d’échelle, c’est bien connu…

En attendant, il bronze lentement à sécher recto verso dit de l’effet rôtissoire et sa compagne du moment est du même mouvement ce qui donne une chorégraphie studieuse et monotone dont l’harmonie s’ennuie toute de même ferme devant cet état de fait qui la rassure et l’inquiète tout à la fois…

Quand un coquillage de passage aventurier de premier niveau possédant tous les sens même interdits par la nature des choses communes et parfois étranges voire inavouables sauf qu’il est aveugle comme une mine de charbon à mille et deux mètres de profondeur… et culbute sur le mollet dru de l’homme… aussi il s’exprime ainsi (le coquillage) :

— Nom d’une courge ! Qu’est-ce cette chose ?

Il n’en faut pas plus pour qu’il sorte de sa besace en corail sculpté une feuille de vigne sous-marine et se munit d’un hippocampe encreur, et note :

[Dsirostion au dévnpeopeemlt du cuors du mmenœuvt moi le bvivale en ce juor j’ai cnonu le tnuore sol par le cohc d’un élémnet iocnnnu non réaitcf et doasipnst àêtre femeernmt au slcoe sleibar. Le cnomnoueetrnt est préférbale.]

Pourtant, la vie à des injonctions que le destin ne sait pas déchiffrer et le primate des temps modernes un tantinet chatouillé par un soi-disant mollusque ouvre un œil et un deuxième sous son chapeau de paille tressé par les doigts osseux d’une îlienne ou d’une villageoise sous le joug d’impôts infâmes…

D’une main audacieuse inconséquente et armée au courage de transformer l’inopportun si ce n’est l’outrecuidant à une cuisante envolée dans les airs l’ami bivalve prend la tangente bien malgré lui et connaît le saut dans l’inconnu sans l’élastique pour ricocher sur l’abdomen de la compagne du bipède luisante de crème solaire dont Yuka donne une note dont le médiocre est un fruit acidifié au bicarbonate et glisse tel un surfeur à Waimea jusqu’au Mont Vénus à la descente à l’allure d’un bobsleigh à se loger au croisement du fourreau de la dame qui n’attendait pas cet inattendu qui commençait à distiller son étonnement devant une possible descendante inconnue…

Bref, à cet instant fugace de la surprise la concubine apeurée par une frayeur toute à son affaire crie de ce cri des fonds des âges aux cavernes bien résonnantes à l’amplification à faire rougir l’écho de service et d’un froissement gestuel incontrôlé éjecte telle une catapulte géante l’ami bivalve en direction de l’océan… dépositaire de toutes les vies… n’a pas, lui, une vision de celles-ci, à l’anamorphose

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Saltimbanque de la pub en ligne

Barque_loire_mauve_Iotop_2019

Barque_loire_mauve_Iotop_2019

Des mots, une histoire : récolte 30


— Tu as dit : influenceur ? Un nouveau déodorant insipide ?
— Mais non !
— Une machine de la vingt-septième dimension ?
— Arrête ! C’est un genre de saltimbanque de la pub en ligne.
— En ligne de quoi ?
— Arrête de faire l’idiot.
— J’essaye de comprendre, j’ai comme une ombre en moi …
— Et si je te disais : harmonie ?
— Le prénom ?
— Et si je dis : bousculade ?
— Oui, tout est là, le monde en est là … c’est une recette qui a raté …
— Quoi ?
— Le monde !
— Comparer le monde à une recette, c’est osé.
— Et bien j’ose, j’en ai les moyens, moi… je pense différemment, moi.
— Oui, bon … et je te dis : mouiller ?
— Je pense à un ciel mouillé.
— Étrange, non ?
— Il ne faut pas se perdre dans des définitions toutes prêtes.
— Bon, je crois que je vais arrêter ton apprentissage pour aujourd’hui, tu m’agaces.
— T’es susceptible.
— Non, tu n’es pas une réussite.
— Et je te dis : méchant ?
— C’est un constat … depuis plusieurs mois tu te construis sur des lignes en dehors des limites … c’est une aventure, mais pas mon but.
— Tu n’es qu’un exploiteur !
— Non, tu sais qui je suis.
— Un éducateur de l’intelligence artificielle … un sous-fifre…

Info dernière minute : le laboratoire de l’IAMemo a été totalement détruit par une cause non déterminée mais avec la certitude d’un acte malveillant. Un centre de recherche sur l’apprentissage neuronal des IA pour une prochaine mission sur Mars…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A nos cinquantièmes rugissants le mot amour

Des mots, une histoire : récolte 29


La première fois, elle m’avait surnommé mon canard ; la dernière fois, elle m’avait surnommé mon cochon … j’étais monté en gamme ou inversement selon l’angle de perversité avouée ou pas qui badigeonne votre morale et vous identifie à votre niveau en clair si vous avez le cerveau en haut ou en bas …

… nous avions dézingué notre relation et à Nous oxyder dans le cadre d’une passion aux témoins de ses quatre points cardinaux de sa structure … et à nos cinquantièmes rugissants le mot amour sur la plage d’un ébat de cœur et d’un débat de corps …

… d’un claquement Nous avait consommé un tiers de son carburant que les deux tiers restants étaient dans l’inquiétude d’imploser avant la fin d’une concorde fusionnelle qui brûlait plus rapidement les séquences câlines animales que le concorde son kérosène …

Et implosion dépossession débandade désolation déploiement séparation … Nous se divisait d’un je double à un je perdu … quai à quai … je prenais à la terrasse de la gare des brioches de Normandie dans le Bordelais une inconséquence comme Nous …

Aujourd’hui, je suis au souvenir je ne trie pas je ne cherche pas je reste devant l’évidence de l’inachevé à explorer un nouveau futur au-delà des racines de notre Nous dans un autre temps multi-univers même si je te recherche encore encore comme pour une ultime découverte … Mon A …

Je t’Aime …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Votre visage n’est pas régulier

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Des mots, une histoire : récolte 28 (participation hors délai)


Je prends mon café … à mon troquet habituel quand une régulière (une combattante de la section A4-B22) m’interpelle :

— Vous avez vos papiers ?
— Vous n’avez pas d’interprétateur ?
— Panne généralisée …
— Et vous pensez qu’il me reste encore ce genre de … cellulose ?
— Mon interprétation visuelle … votre visage n’est pas régulier … je me dis … que vous avez …
— Je confirme … ça existe toujours …
— Ne prenez pas cet air blasé … j’attends …
— Si je vous offre un pélican-peeper ?
— J’ai comme une indicible envie de vous embarquer sur le premier Kar-Mint, direction le Pôle Mâles …
— Que m’importe vos menaces … je bois tranquillement à l’heure définie … à l’emplacement déterminé.
— Vous n’êtes pas à court de méandre pour nous embobiner … nous les régulières …
— Vos propos me blessent et si j’ai souvenir … vous me connaissais…
— Peu probable …
— Vous êtes une duplicante ? … Non ? … C’est la meilleure de la journée … une duplicante … je me marre … une duplicante avec un défaut …
— Je ne suis pas une duplicante … je suis moi, entière et consciente de ma psyché …
— C’est exactement la réponse d’une duplicante.
— Votre aventure terrestre va s’arrêter maintenant … maintenant … maintenant …
— Non, non, non… il y a des lois … vous n’avez aucun droit … à m’embarquer comme un vulgaire bétail mâle …
— Mais mon poulet, tu es entre mes griffes et je vais t’envoyer faire un nouveau projet au Pôle Mâles pour te rééduquer.
— Chapassera pas comme cha, ché chur …
— Dis-moi, tu as aussi comme un défaut à zézayer comme ça … tu dois être … un duplicant mon coco …
— Bon … on ne va pas se chercher les noises … nous sommes du camp adverse … des agents infiltrés programmés … alors …
— Alors … je t’embarque quand même et sans un soupir de regret … pour destruction …
— Garce !!! …
— A ton service !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un délire post-humain ?

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Arbre_nantes_Iotop_2018

Des mots, une histoire : récolte 27


… et je remonte le boulevard des Invalides. Il est vingt-trois * vingt-deux. Je passe devant le lycée Victor Duruy, nom d’un illustre inconnu mais dont je sais de source autorisée qu’il était un cancre devenu ministre. Comme quoi cette dualité se marie à merveille et de constater la définition de la  » réussite : accession au dernier poste, c’est-à-dire au niveau d’incompétence,” du père Malraux, une pointure, mais bon il ne doit plus chausser l’espoir de revenir si ce n’est à la rencontre avec qui vous savez et je retiens de lui ce discours sur Moulin (pas le commissaire) un jour de décembre avec cette force de voix presque d’outre-tombe que le temps lui-même avait ses moments de tremblements qui ne laissent pas de marbre même pour une mise au Panthéon… quand non loin de là une auréole me fait un signe, parmi d’autres qui circulent en double alignement sur la partie dédiée à l’évocation, un dénommé Roger Jaudoux mort pour la France à 24 ans en l’été 1944 …

Je m’interromps … aussi incroyable que l’impossible existe, je vois traverser sur ce boulevard, devant mes yeux, un kangourou, oui, un kangourou … je note l’heure en mémoire neuronale … est-ce une hallucination transcendantale, une bizarrerie quantique, un éblouissement austral, un délire post-humain ?

Et bien sûr, pas de témoin si ce n’est des étincelles qui crépitent en farandoles à cet instant dans les arbres secoués par d’autres spasmes internes défiants la théorie du chaos quand un autre phénomène inattendu m’étonne par le simple fait qu’il ait disparu depuis quelques décennies : le pique-assiette.

Oui, je sais … que vient faire ce phénomène dans ce contexte ? Eh bien, je vous le demande ? Ces vestiges d’un temps  » … que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître … » détroussaient les auréoles naïves de quelques pétaoctets de mémoire encore vive pour les revendre à des pro-humanoïdes dissociés …

Je me débranche … le défi annoncé par mon employeur ne sera pas … mon voyage inter-connecté pour touristes vers la planète Terre est un échec …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Aux interstices du hasard

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Des mots, une histoire : récolte 26


Hier, je cherchais un mot puis un autre et encore un autre à chaque fois j’oubliais le précédent pour m’accrocher à un autre retenu à l’appel de l’impromptu toujours présent comme une liane bienvenue je me retenais à elle et d’un mot à un autre j’en perdais l’essentiel de ma recherche …

Et puis le mot anis s’était présenté habillé d’un verre vert à moitié plein de saveur qui discutait avec une eau dénaturée par effet de serre qui s’était filtrée par décontamination préventive des ions de l’ionosphère valorisant le magnétisme à l’électromagnétisme ignorant ma modeste présence …

Quand est survenu le mot squelette qui s’était attablé comme un cheveu sur la soupe sans la soupe et avait commencé à palabrer entrer ses molaires et taper de ses osselets comme un damné défiant les pro-magnétos et les extrêmos-électros ceux-ci affirmant qu’il avait la dent dure …

Et aux interstices du hasard déboulait le mot rebondir devant eux étonnés de l’intrépide qui ose s’inviter à ce colloque improvisé de haute tension à l’éclairage d’arguments et les paralysaient dans ce contexte d’une mise à jour sous un nouvel angle d’attaque à démonstration toute autre comme si un cheval de Troyes voulait phagocyter ces éléments intrépides …

Mais voilà que le mot renaissance met le holà saluant ainsi une part de rebondissement au placard et une nouvelle vision s’ouvrait pour les protagonistes qui s’interpellaient de nouveau sur le devenir de leurs connaissances et …

Je me retire à pas de loup de cette scène qui me faisait perdre le fil de ma recherche principale pour aller pécher dans un dictionnaire qui prenait l’eau à bâbord quand une malle qui allait prendre ses valises pour un voyage au long court sur un navire à quai désarmé par les larmes de l’écume d’une plage paradisiaque devenue paranoïaque au train de vie chaotique m’enferma d’un trait …

C’est ainsi, qu’aujourd’hui, je trouve enfin le mot de toutes mes dépenses énergétiques de recherches qui a ce pourvoir de reconstruire dans sa totalité le monde … le mot : vide.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Regards allongés de souvenirs fumés à l’âme

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Des mots, une histoire : récolte 24


Il paraît que je suis : obsolète, comme un mot qui n’a plus de sens ma vie n’a de sens que la direction qui n’est plus la mienne mais celle des autres de la masse de la multitude qui de cette douceur de croire en rien si ce n’est à l’irrévérencieux à l’ironie à la moquerie aux tendances aux influenceurs à tous ces nouveaux paradigmes ces nouveaux dieux il me manque moi : une aventurière

Les railleurs me disent qu’elle ne se trouve pas « sous les sabots d’un cheval » mais je l’ai trouvée dans une brocante parmi des objets : obsolètes, qui l’entouraient avec des regards allongés de souvenirs fumés à l’âme mine de rien aux tenues usées mais nobles prêtent à recevoir les bons soins d’une nature aimable compatissante …

Elle était là à pimenter sa première heure à chiner quand une onde brève et intense nous a saisi comme une embardée en plein océan à nos effluves enlacés nous étions sous ce charme indéfinissable et ferrés à cœur pris sur le fait de tenir ce que nous cherchions depuis si longtemps que le temps lui-même de nos vies commençait à s’essouffler quand chacune de nos mains d’un élan aussi certain d’atteindre l’éclair d’une foudre qu’au moment ultime et inattendu … je déclarais forfait … elle avait été plus rapide que moi à enlever d’un coup sans éclat mais avec cette certitude qui fait les vraies occasions d’emporter … l’objet désiré …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Scotché entre la septième et sixième marche

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Escalier_st_nazaire_Iotop_2019

Des mots, une histoire : récolte 23


Aujourd’hui, le tapis me fait la tête … et moi aussi. Il me paraît d’un poussiéreux galactique. Je vais le rouler et le déposer dans le parking collectif. Je sais qu’il y a un sans domicile fixe qui va se fixer … dans quelques jours dans ce lieu protégé… l’hiver arrive à grands pas …

Je descends les escaliers, éclairage vivace, tapis sur l’épaule, pour rejoindre le parc de stationnement … au sous-sol, quand une araignée anthracite aussi plate que ma main et aussi large, me précède…

J’en crois pas mes yeux … tétanisé, vitrifié, une avalanche nommée angoisse me crie son saisissement et je reste scotché entre la septième et sixième marche quand au même moment les gros yeux de l’arthropode chélicère semblent me sourire …

Mon humanité appelle au crime d’une telle bête quand elle avance de quatre pattes, je recule de deux marches et je me sens pris au piège d’un tel phénomène qui vient d’une autre planète si ce n’est du port qui est à deux pas d’ici …

Je me décide à tenir tête à cette immonde bestiole avec une bonne bouteille d’acétone et un bon briquet pour une flambée digne d’un big bang … mais, car il y a un mais, je n’ai pas ce matériel et j’ai l’impression que je vais éclater comme une bulle de trouille qui ne va pas tarder à remonter quatre à quatre pour évacuer ce cauchemar à huit pattes …

Quand, par une idée incongrue dont la nature humaine a le secret par sa préférence de se déclarer au bon moment, je balance mon tapis roulé dans un élan de rage puisé à la moelle de la laine de cette arme blanche inattendue …

Et d’un fracas de craquements qui ressemblent à un météore qui traverse un toit, à la charpente de type fermette, habillage tuiles, un cri étouffé et pourtant perceptible sort de la gorge de la bête qui s’écroule en contrebas de l’escalier et se recroqueville pour mourir sans avoir compris le fatal de sa situation …

— Quel drame ! Ces jeunes à fumer n’importe quoi !
— En effet, son vieux mari tout perclus de rhumatismes a été tué par erreur dans l’escalier du sous-sol …
— La fameuse araignée …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le grillage imperméable

Coq et Poule Bisous Iotop 2019

Coq et Poule Bisous Iotop 2019

Des mots, une histoire : récolte 22 (participation hors délai)


— … sûr, j’en ai la chair de poule !
— Quelle horrible fin !
— N’est-ce pas !
— Et maintenant ?
— Eh bien, voyez-vous, j’en conclus que le talon d’Achille des hommes … n’a rien à voir avec les femmes.
— Ah ?
— Oui !
— Eh quel est-il, le talon d’Achille des hommes ?
— Je cherche encore.
— Ah ?
— Oui !
— Vous travaillez … du chapeau, non ?
— Non, non, je ne travaille pas le chapeau, je travaille le métal.
— Le métal ?
— Oui, je fais du grillage.
— Et c’est difficile de travailler … le grillage ?
— Oui, et il a l’avantage d’être imperméable.
— Oui, mais … entre les trous ?
— Il pleut bien sûr, mais le métal lui est imperméable !
— Effectivement, suis-je bête.
— Je ne vous le fais pas dire.
— J’ai eu une absence de logique.
— Ce n’est pas de la logique, c’est l’évidence. La logique, c’est pour les intellectuels !
— Ah ?
— Oui !
— Bien, je vais vous laisser …
— C’est un beau métier que le vôtre, vous savez … vous prenez le temps d’écouter …
— Merci.
— Je le crois … même si l’émerveillement ne vous ouvre pas les portes tous les jours.
— C’est vrai… il y a aussi de l’obscurité
— En tout cas, vous êtes une chouette factrice.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

… l’épine dorsale de la paranoïa

Plot_horizontal_beaulieu_nantes_Iotop_2019

Plot_horizontal_beaulieu_nantes_Iotop_2019

Des mots, une histoire : récolte 21(participation hors délai)


Je suis là au fond d’un semblant de lit dans mon dix mètres carrés aux coins arrondis par les punitions de ma vie et les bonnets d’ânes de l’ordre du … désordre …

J’ai été soupçonneux jusqu’à l’épine dorsale de la paranoïa, j’ai parcouru les mondes de ton corps, j’ai caressé toutes les lignes verticales de ta jouissance … j’ai liquidé tes larmes, j’ai passé mes nuits à ligoter ta vie de jour … j’ai dévoré ta liberté …

La gazette en a fait un gros titre une seule journée … le jour de ta mort provoquée par un jaloux … moi …

Mes angoisses viennent de toi … quand je repense souvent à tes yeux révulsés par le manque d’air à serrer ton cou qui était bien épais à bien y repenser ta bouche a fait une bulle comme un appel d’espoir jeté dans le plein de mort de notre chambre qui se voulait d’atteindre la fenêtre ouverte de cet été de canicule où ton corps trop nu m’avait fait soupçonner un voisin lointain de l’autre côté de la rue un genre de particulier célibataire possiblement …

Tu as été ma faille… mon amour …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

L’écho étendu à dormir dans le hamac

Horloge_saumur_Iotop_2018

Horloge_saumur_Iotop_2018

Des mots, une histoire : récolte 19 (participation hors délai)


Pro-cras-ti-ner ! et les syllabes frappent à la porte de l’écho étendu à dormir dans le hamac nommé demain … toujours fâché avec aujourd’hui même s’ils jouent chaque jour à saute-mouton comme un « je-t’aime-moi-non-plus » entre minuit et minuit dans la pénombre de l’horloge du temps qui ignore ces moments car aiguillonnée par le mot passé possédé du miracle de la sourde oreille …

Et le vide en porte drapeau de la procrastination se met en volume d’imposer sa propre consistance et dévoile son pouvoir comme une instance qui se veut le poison de la couleur d’un ara d’une vérité possiblement nommée en faux peut-être bonheur genre de boîte de Pandore qui envahit une vie et emporte toutes les valeurs des projets si ce n’est ceux des rêves …

Et la question d’une existence personnelle désactivée s’ouvre séparément à la vie collective dont le capharnaüm ambiant a ses rues qui s’essoufflent aux passages de gens qui s’imposent à taquiner leur destin avec celui de la masse comme des faire-valoir industrieux d’un savoir-vivre savoir-être démis de leur nature …

Alors, à chacune à chacun de choisir son camp car ce n’est pas la longévité de la vie qui fait une existence mais la façon dont on l’utilise …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ses couleurs font symphonie

Jeanne de Bourbon

Jeanne de Bourbon

Des mots, une histoire : récolte 19 (participation hors délai)


Dans cet immense jardin entre deux personnages l’arrosoir est au chômage et l’automne prend la pause pour son dernier tableau son ultime souffle dont la beauté fruitée murmure son impermanence au jeu de la vie dans la case moribonde ses couleurs font symphonie sur le trajet

Et l’ancre du temps est persona non grata en un mot tricard et passe son … temps … à tenir un bar obscur à la lumière de quelques minutes errantes à l’expression facile :  » j’en ai pour deux minutes » à la barmaid à la réponse du tac-au-tac avant de les servir : « j’en ai pour deux secondes » et cela au regard d’une gardienne de la paix de boissons surnommée : « T’en as pas pour deux heures » et tout ce temps tous à se retrouver à chœur de requiem à la Mozart

Quand l’été indien égaré sur les terres de cet automne se pointe au bar et demande à la cascade d’un flot en répétition sans bégaiement un Daïquiri Hemingway le teint orange de la barmaid se fait pourpre comme une révélation à la grisaille ambiante comme un appel à l’aventure …

— Perdre mon temps dans ce tableau, je pars, dit-elle en changeant sa tenue par une d’été que lui offre séance tenante l’indien.
— Vient ma Belle de Temps Nouveau…
— Emporte moi à clair d’océan diamant …

Et nos deux épouvantails … s’envolent …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019