Cuisiner le désir à sa friande envie

Photographie Nikos Bantouvakis

Challenge Lune et des participants


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… plaisir à loisir à saisir puis dégrossir à rosir toutes fesses nues au chant du Lac de la Haine de tenir le fouet du repentir sur la table à cuisiner le désir à sa friande envie de sortir de son état naturel pour lui polir le cuir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Brûlure d’étoile sur fond Lactée d’un sein évadé

Photographie Markus Reugels

Challenge Lune et des participants


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… raison gardienne du Noyau Raison Mère dans un écrin coffre-fort de la Mer du Nectar souhaite renaître par le désir de vivre en pleine conscience comme une brûlure d’étoile sur fond Lactée d’un sein évadé d’une poitrine généreuse d’une déesse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Chaque mois dans mon abyssal découvert

Laurel et Hardy

Laurel et Hardy

 

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 25 au 29 mars 2019


Cidsus (*) et Sidsous se croisent sur la route déserte de la « Frisée du dessus » du village de l’Épingle, en ce matin de campagne qui se lève, le premier bâillement du jour en pyjama d’automne, colorié d’un orangé soleil aux rayons hérissés de par un oreiller nuageux.

— Alors ?
— Alors quoi ?
— Ta banque ?
— Elle fait plaisir … elle engraisse au taux d’usure qu’elle me ponctionne par double dîme chaque mois dans mon abyssal découvert …
— Étrange procédé.
— Tout a fait …. et c’est d’autant plus étrange que d’un négatif, ma tendre banque en ressorte un positif.
— C’est louche.
— Et pourtant, il n’y a pas de hasard.
— Elle connaît le verbe profiter à tous les temps.
— Et le verbe tondre, aussi.
— Et cueillir
— Cueillir ?
— Oui.
— Ah bon ?
— Et oui … les intérêts … elle les cueille comme des fruit mûrs …
Aujourdhui, te voilà bien poète.
— Mon banquier aussi …
— Non ?
— Comme quoi … tu sais quand le ver est dans le fruit …
— Ne me dis pas qu’il est mécène dans le « Printemps des Poètes du 9 au 25 mars sur le thème de la beauté. »
— Je ne le dis pas …
— Il me fait peur ton banquier …
— C’est une femme …
— Non ?
— Si …
— Avec elle, pas de lendemain qui chante …
— C’est ça.
— C’est une femme.
— Oui, une femme.
— C’est mercantile, une femme quand même …
— Elle aime le rose.
— Et les épines qui vont avec ?
— Oui, et puis elle a se sourire serein … presque acéré …
— Une vampire ?
— Faut bien vivre et ce n’est pas incompatible pour une banquière … la preuve.
— Moi, j’aimerais être un poisson.
— Étrange, toi qui n’aime pas l’eau.
— Peut-être qu’elle ne voulait pas être banquière ?
— Oui … elle a été peut-être phagocytée par une fausse certitude, qui sait ?
— La prolifération d’un virus banquier ?
— Possible … pour moi, tout cela c’est du latin … les chiffres, les comptes, débit, crédit.
— Il parait que chez le banquier le crédit est le débit et inversement …
— Ce sont de drôles de gens, ces gens là.
— De toute façon il y a de l’immédiateté dans le fait de consommer et de produire de l’addiction à dépenser.
— C’est un tort.
— Un tort, un tort … je ne sais pas faire qu’autrement à dépenser mon argent …
— … et celui que tu n’as pas.
— C’est de la pure provocation.
— C’est une certitude.
— J’ai cette envie de me pencher à la première margelle venue …
— Ce n’est pas un bon désir.
— Je suis un décadent.
— Non, tu es une incertitude
— Et je me dévore …. et carpe diem…

 

(*) Je remercie pour ce mot de CarnetParesseux

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Moment de solitude

Oeuvre de William Hogarth

Oeuvre de William Hogarth

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— Si monsieur Désir désire-t-il que je lui apporte une bière dans le boudoir de Madame ?
— Non point, Achille, je… désire rester dans le vestibule à attendre patiemment le retour de votre maîtresse
— Aujourd’hui, Madame est habillée d’une jupe plissée en dentelle doublée soie et d’un chemisier dentelle blanc…
— Et maquillage pastel peut-être ?… enfin Achille suis-je assez vulgaire pour que vous me donniez autant de détail…
— Dame, ce n’est pas la première fois que Monsieur…
— Eh bien, à partir d’aujourd’hui, je ne veux rien savoir, entendez-vous ?
— Bien Monsieur. Comme Monsieur veut, je prends note…
— Notez, notez Achille
— Monsieur a des ennuis ?
— Oui…
— Ah ?
— Cela dix ans que l’on se connaît Achille et vous êtes un homme de bien que j’apprécie grandement mais ma situation vient de changer brutalement…
— Et ?
— Et… je suis ruiné. Tondu, lisse comme un chauve. Plumé comme un poulet, dépouillé comme dans une maison de jeux… c’est à pleurer, je vous jure…
— Monsieur va se refaire. Ce n’est pas la première fois que Monsieur a eu des passes difficiles.
— C’est vrai mais là… j’ai pris une gifle monumentale. C’est bien simple, je suis poursuivi par mes créanciers qui veulent ma peau.
— En effet, c’est grandement grave
— Je suis prêt, entendez-vous Achille, à m’agenouiller devant votre maîtresse et devenir son esclave
— Vous exagérez… quoi que Madame est à la recherche d’un valet de… pisse…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Domination

Oeuvre de Ira Tsantekidou

Oeuvre de Ira Tsantekidou

Deux amies, passagères en transit, égarées dans l’aéroport

De l’amour fané, croisent, un bel aérostier aux bagages

Affamés de trophées inédits, émoustillent leur corridor,

Effeuillent impudiques leurs fantasmes jusqu’à l’outrage !

Elles l’abordent. Il se laisse prendre aux filets des sourires,

Des cambrures, des nuages bleus d’un futur septième ciel.

L’attelage se forme. Les mots sont absents, seul le plaisir

Du silence complice cimente le trio, aux pensées charnelles !

Une chambre d’hôtel, parloir de l’indécence, les accueille,

Somptueuse, prête et soumise à ses nouveaux arrivants !

Comme un rituel, les premiers gestes d’amants se cueillent

A la lumière voluptueuse et déshabillent, l’encombrant !

Les corps bouillonnent, les esprits frissonnent de désir,

A l’approche du premier amarrage dans la baie Eros !

L’une tigresse, l’autre biche, l’homme se sent fléchir

Par la première, dominé comme le mouton mérinos !

Sourire de vainqueur de la tigresse sur ces deux proies.

L’homme est pris en main. La biche recule, déplaisir

De l’instant, elle est dépassée, submergée. Ses doigts

Sur ses lèvres, assèche sa jouissance, sa seule lyre !

©Max-Louis MARCETTEAU

L’écran s’allume …

Oeuvre de Roy Lichtenstein

Oeuvre de Roy Lichtenstein

Corps plastique,

Offert demi-nu,

Des yeux aspics,

Aspirent l’élue !

L’écran s’anime.

Ventouse du désir

Torture l’orgasme

A la chaude cire

De mille spasmes !

L’écran vacille.

Un cri, bref, tranché,

S’empale au silence

Du voyeur ligoté

Sur sa jouissance !

L’écran s’éteint.

Le désir s’efface,

La frustration jouit,

L’homme se masse,

Le sexe sur le néant . . . ennemi !

©Max-Louis MARCETTEAU