Elle devait piper tous les mâles

Photographie - Audrey Hepburn

Photographie – Audrey Hepburn

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Elle devait piper tous les mâles du café comme tous les soirs. Et comme tous les soirs elle se déculotte, le désir entre lèvres, l’indécence intérieure à composer les ultimes outrages. A quand un cunnilingus ? Question s’existentielle qui l’amène « au bout de la nuit …Chaud Que c’est chaud ! Ta bouche Soufflant sur mes mots  » dit Mylène tout en nylon sur sa scène entre la douche saphique et la descente de lit possédée des atouts de soie veloutée comme une plage de soir au sable chaud dévergondé de l’écume à venir …

Avenir tel est le mot que Bégonia (pseudo) avait au plafond de sa pensée à cet instant précis au regard de sa nudité d’une troisième fraîcheur (elle a trente-trois ans). Elle soupesait sein droit de la main gauche et sein gauche de la main droite et puis des deux mains en disant d’un ton de violoncelle enrouée :

— Mes Beaux, vous êtes encore toujours à l’affiche et votre tenue est irréprochable et pourtant, il faut vous affranchir. Mon ami clito a cette mesure qui le fait frétiller du capuchon. Il va falloir que j’avise, car de queue c’est bien beau mais faut-il que je s’assume une fougue dont le frein risque de lâcher à tout moment et de goût d’une langue nous attendons : « Comment pourrais-je dormir ? Comment pourrais-je me coucher ? Ce soir ma main, dans tout mon lit, n’a pas trouvé sa main chaude. » comme le dit si bien ce Pierre Louÿs dans les Elégies de Mytilène et solitude je suis en vous et d’aimer à tout corps de forme et de douceur, j’en pince… Allons, reprenons, mes Beaux à vous aimer de caresses j’en oublie qu’il faudrait que femme satisfasse aussi toutes les autres femmes …

Elle s’engage ainsi à quelques mois de là à ouvrir le premier Café Cunni à … Sainte Verge.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un fil de réalité

Blog de lateliersouslesfeuilles contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

L’hiver s’installe comme chez lui et frictionne les premiers frissons sur les chairs terrestres. Mon regard s’arrête sur un arbre défeuillé, nu; comme moi sous la pluie, juste fine à peine frisée, d’un pommeau de douche, … par delà une grande baie vitrée me laisse croire … en l’accueil … de terre nature en son sein et me fait rapapilloter avec ses champs, bosquets,massifs,bûches et bûchettes, herbes folles qui stigmatisent ce tableau à cœur dépouillé comme un désert sans peau.

Le flot continu, d’une eau juste chaude, à peine froide, polissage du corps et mes paupières se ferment en des volets rêveurs défigurés, éveillés. Je vois, … oui, je vois ce caractère sauvage, ce bas ventre de campagne comme épilé de sa substance nutritive : le respect, dont le fil a été rompu. Toute l’avide moelle de possession de quelques bipèdes affamés, voraces,cupides,rapaces, et surtout insatiables qui exploitent, pressurent,spolient, en un mot, viol … écrase,ruine,supprime, saccage,massacre,ôte,efface,dévaste,brise, broie, bouleverse, … tout cela pour consommer à l’indigestion, à la bêtise, à l’ineptie, à l’imbécilité, à l’ignorance, à la connerie, à la frivolité, au non-sens, …

Je sors enfin de ce malaise. Les yeux en une onde de tristesse, la pluie fine s’arrête, je passe au séchoir vertical, et puis à l’habillage automatique. Aujourd’hui, je vais travailler à l’atelier des bryophytes qui juxtapose celui de l’ethnobotanique de la station BxVz22 de Pcb (Proxima Centauri b, pour les puristes).

Il m’est annoncé huit heures par ma capsule intégrée sous l’oreille droite. On est en l’an trois mille un. Il ne reste de la Terre que des documentaires.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Liaison intime

Oeuvre de Brian McCarthy

Oeuvre de Brian McCarthy

Douche de caresses, mousse de plaisir,

Les corps en haute tension, s’empalent :

Sein sublime en bouche, membre à occire,

L’évasion de la jouissance attend les râles !

 

©Max-Louis MARCETTEAU