D’un éther a la rondeur de mon aimée – 7/12

Nicolas-François Gromort 07 1837

Nicolas-François Gromort 07 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


7/12

Nicolas et François embarquent

—… Ils t’ont dépouillé les fripouilles…
— Et te remercie de me prêter ton concours pour cet exercice.
— Notre amitié est solidifiée par les coups de boutoirs.
— Allons prenons notre meilleure distance.
— Gagnons quelques écus… je te donnerai ma part.
— Aussi j’en serai redevable.
— Que nenni.
— Je suis ton obligé.
— Tu es mon frère avant tout.
— Ton cœur parle à la sincérité d’une belle source.
— Allons cessons les compliments, nageons.
— Déployons nos plongeons.
— Soyons conquérants…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La naïveté a toujours pignon sur rue ?

Porte_route_du_paradis_a_la_chapelle_Iotop_2019

Porte_route_du_paradis_a_la_chapelle_Iotop_2019

Participation à l’Agenda Ironique de Septembre 2019


— Il est mort ?
— Il paraît.
— Noyé ?
— Jusque là.
— Et la police ?
— Innocente.
— Et le reste du monde ?
— Écœuré.
— Et maintenant ?
— J’attends le mot justice.
— Vous y croyez ?
— J’ai foi en la démocratie notre Reine.
— Ce n’est pas Marianne ?
— L’essentiel est cette féminitude.
— La naïveté a toujours pignon sur rue ?
— Désobligeant, ne me prenez pas pour une grue, changez de registre.
— On est bien, là, non ?
— Cette bitte d’amarrage est confortable, c’est vrai.
— Vous portez souvent la jupe fendue ?
— J’aime l’aération sous-jacente.
— Le calme du fleuve m’intrigue et vous ?
— C’est un bon acteur, ce fleuve.
— Un fleuve, un acteur ?
— Il n’a pas de tabou.
— Et vous ?
— Vous pouvez me tester.
— A mon risque et péril ?
— Être un homme c’est aussi être joueur.
— Je suis taquin et vous me semblez libre ?
— Je vous vois comme un guéridon tout rond ne sachant pas sur quel pied danser quand vous en avez qu’un seul.
— Vous êtes moqueuse ?
— Il est bientôt midi et le soleil luit entre vous et les pavés.
— Vous déraillez ?
— Non, j’ausculte votre impatience et votre atout à me mener en bateau.
— Je suis votre conscience ?
— Empêchez moi de rire jaune sur le devant de la scène macabre qui s’est déroulée ici.
— Je crois que je prends l’eau et vous aussi ?
— Je sens la brise sur mes épaules et votre souffle indélicat sur ma patience.
— Vous commentez à merveille l’indésirable ?
— Le désirable triomphe de l’indésirable ainsi soit la vérité.
— Vous êtes la vérité ?
— Prenez moi la main et partons.
— Le fleuve vous aurait-il avouer son secret ?
— Vos yeux brillent.
— Les vôtres ne brillent-ils pas non plus ?
— Ils sont le reflet du fleuve, rien de plus.
— Alors, les jeux sont faits ?
— Qui sait ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Je traverse le temps liquide

 

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°21  le mot : liquide


Je traverse le temps liquide
De larmes galères possessives
Jette mes derniers cris livides
Toi société impassible rétive

L’essentiel de moi s’est rompu
Mes chaînes enlisées s’étirent
Et s’ensablent dans ma crue
De dépression à m’occire

Je résiste à mon sang colère
A la poussée de conquérir
Mon échec beau vulgaire
Mais tu es là compagnon  … à tenir !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

H²O quand tu nous tiens

Blog popinsetcris contrainte écriture.



Je creuse ce tunnel depuis… depuis… quelle importance. J’écris ces mots comme un ultime message, comme une bouteille à la mer.

Cette eau qui a tout envahi jusqu’à hauteurs à quelque deux mille mètres… il parait. Alors, oui, je suis un tunnelier, nous somme des tunneliers et tunnelières, depuis… depuis… quelle importance.

A cette non lettre, car une lettre devient lettre par la fonction, à la lecture possible, mais à cet endroit le possible est une abstraction, je ne viens pas supplier, seulement « déverser » ma terre d’angoisse sur cette feuille miraculeusement sauvée du désastre planétaire.

J’ai sauvé ma peau grâce à un chariot d’un centre commercial… j’étais en train de faire mes courses comme tous les vendredis soirs après le boulot quand par un phénomène spectaculaire, un revirement de quelques degrés de l’axe terrestre, de la trajectoire même de la planète, de plusieurs tremblements planétaires tétra-méga brutaux, le monde s’est effondré… dont moi qui me suis retrouvé dessous mon chariot avec les nouilles, les carottes, les pommes de terre, l’huile, le sucre… Dans un silence inquiétant, le cœur dans une camisole, j’ai tant bien que mal réagi et avec mon téléphone portable j’ai fait l’application lampe de poche. Des plaques diverses et variées, avaient été bloquées par mon fameux chariot et je l’en remercie.

Enfin passons, après moult péripéties, je n’ai plus revu une seule aube ou un seul crépuscule. Nous sommes une petite vingtaine à creuser un tunnel pour rejoindre un autre… tunnel plus en amont… depuis… quelle importance. Le fait d’y croire nous fait avancer.

Nous avons techniquement des lacunes mais dans notre malheur nous avons traversé par hasard une librairie avec un journal d’un géographe de la région et un ouvrage de terrassement… (l’oxyde de carbone m’atteint le ciboulot). Bref si nous n’avions pas tous les outils et matériaux, nous reconnaissons que nous avons été jusqu’à présent débrouillards pour survivre même en déboulant sur des catacombes dont l’effet est affreusement choquant.

Et le temps passe, la pénurie est là. Voilà pourquoi j’écris ces quelques mots avant que les ruines de notre petite communauté nous servent son ultime assaut.

Et voilà notre pire ennemie que je vois là s’infiltrer… à mes pieds. Je crie tout haut qu’il y a de… l’eau. Il y a des situations cocasses dans le dramatique. De tous les prédateurs ce H2O est le pire… et nous sommes ses prisonniers… bientôt tous noyés… alors, j’écris ces derniers mots… avant de…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Top chrono ! Chapitre 3

Oeuvre de Louis Anquetin - Femme au bord de l_eau - 1889

Oeuvre de Louis Anquetin – Femme au bord de l_eau – 1889

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma plante. Celle que j’ai reçue il y a maintenant une dizaine d’années pour mon anniversaire. Pas celui que l’on pense mais celui qui est dans les veines de chacune et chacun d’entre nous.

C’était un anniversaire qui était à l’époque assez courant dans le petit village qui se trouvait sur les parois de la colline des Sept Passoires.

Tout le monde devait se déguiser en feuillage et le chapeau était de paille bien entendu. Cependant, cet anniversaire un peu particulier se passait la nuit sur la grande Place du Marché qui avait lieu le dimanche dans la nuit. D’ailleurs, personne n’aurait songé à faire un marché en plein jour, sous un soleil de plomb, ou lors d’une averse. Car ce qu’il avait de particulier dans ce petit village est qu’il ne faisait jamais mauvais temps … la nuit. Il y avait comme une bulle de beau temps permanent entre vingt et une heures et cinq heures du matin.

Bref, celles et ceux qui avaient ce jour pour eux, étaient très heureux, car, il leur permettait de vivre presque un bon mois sans autres ressources que sur les choses qui leur avaient été offertes en ce jour particulier.

Donc, je me rappelle très bien ces moments de joies et de béatitude qui me sont restés quand je suis venue à la ville à l’âge de mes trente ans.

Aujourd’hui donc, je vais offrir à ma plante du terreau de Bruyère (pas l’auteur La Bruyère, il va sans dire). Avec de la musique et de la lumière, toute bonne ambiance qui lui fera passer un moment complètement agréable. Car, je le sais, elle aime ce genre d’ambiance qui lui procure un mouvement de chlorophylle intense. Presque comme une jouissance dont nous les humains nous n’avons pas conscience.

Je la veux dans sa plus belle terre pour parfaire ce moment tout à fait bon et audacieux comme un nouvel an pour une bonne santé et une bonne joie dans la lumière de la vie que la Nature lui a donnée.

©Max-Louis MARCETTEAU

Non pas tout à fait …

Blog In the Writing Garden: contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

J’ai bomis …vomis mon ailleurs. Il était trop épicé … ma prison. Je n’ai pas supporté. Mes bagages sont restés là-bas. Mon train de vie m’a aidé. Il a pris, pour moi, un billet. J’ai pu m’échapper.

J’ai roulé une partie de la nuit entre deux fauteuils de cauchemars en velours rouge carmin. Ligne directe, pas de gare, de signalisation. J’ai froid. J’ai mal comme une mauvaise odeur indéfinissable. Je me suis assaisonné de “pass the flavour” de service. Peine perdue toujours là.

Je rêve d’une prière dans une basilique, poser mes genoux sur du basilic et reposer un temps mon âme toute basilic sur l’autel. Que je menthe à ma tasse du soir, si je n’ai pas le persil de la vérité au bout de la langue.

J’ai marché longtemps vers … pour me retrouver au point de départ. En fait, c’est le point de départ qui est ici et ailleurs. Ils sont identiques mais la raison refuse de croire comme un cerveau dupé.

Nos sens ne sont pas infaillibles. Loin de là ou près de là, selon la distance du problème.
Je vais me citronner quelques mots dans un verre d’eau et me rincer la bouche d’une haleine de fond marin.

Il faut que j’arrête de fumer du persil séché à la ciboulette cela provoque un delirium épiçatal.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Balade fabuleuse

Oeuvre Danielle_Richard

Oeuvre Danielle_Richard

Il est des moments séducteurs qui s’infiltrent

Dans les neurones, s’imprègnent, faciles,

Deviennent insolubles à tous les autres titres

Qui hélas s’inscrivent, catalogués, dociles !

Je prendrais cet événement particulier,

Infalsifiable, cette promenade sur le bal

De la rivière des Sapins Loups, à la lumière

Vivace de mon grand-père, ce doux mâle.

Nous étions dans ce canot à moteur, bruyant,

Qui n’avait d’autre parcours à sa quille

Que le trajet aller-retour que son amant,

Et constructeur voulait lui donner sans faille.

Heureuse ! Je l’étais ! Moment indescriptible

De bonheur que même la peinture, les mots

Ne peuvent dévoiler ! C’est la magie fissible

Qui encore aujourd’hui me percute de son sceau !

©Max-Louis MARCETTEAU

Je sais le fil de l’eau

Oeuvre de Hesther Van Doornum

Oeuvre de Hesther Van Doornum

Je sais le fil de l’eau, je suis le fil de l’eau, je vais sur le fil de l’O, je sais où me mènera le fil de l’eau, fil d’Ariane, je sais, je sais le fils de l’eau est … je vais au fil de l’eau et frise la gouttelette, oui c’est moi, là, je sais fils de l’eau, à foi de toi, à loi de ce fil d’eau à la gorge tête le dernier désert de glotte, gloutte, gloupi, glop, gobe, dernier filet d’eau de toi, je sais le fil de l’eau qui est, fils de l’eau qui ici manque , marque, les rides des terres et ronge les artères de sa soif, toi fils de l’eau, ma foi, ma loi, fil d’eau, tu es mon rhizome, je vais d’eau, à jet, j’en ai marre, de lac de l’attente, je crève de toi, toi ma foi, ma loi, en ce monde salé je te veux douce, doucement, mais à la douleur de te posséder fil de l’eau, je vomis de trop de toi, de moi, foi, loi, je paye le prix fort à ton sein, nourrice rare, je sais le fil de l’eau qui bouillonne en moi en rêve de mer, à mère, je suis toi fils de l’eau, je vais à ton fil couper pour la douleur de ne pas polluer ta loi, foi, car, je n’en suis pas digne, moi qui ne suis rien qu’une goutte d’O, ici, céans !

©Max-Louis MARCETTEAU 2015