L’accusateur destin t’a condamnée

Film LILITH -1964 – Jean Seberg

Blog Antiblue06 : défi septembre


Bord de l’imbuvable
Lèvres s’ouvrent aux caresses
La soumission

Épitaphe de mon H ma drogue gravée sur le sable de la plage … il y a quelques jours l’accusateur destin t’a condamnée… j’ai tracé sur le sable défiant le temps entre l’impermanence et la permanence un no man’s land qui ne dit pas son nom …

Je veux mettre les points sur les I au fameux destin qui s’étend s’éprend s’en prend et prend … et traîne avec le vent girouette et le mauvais garçon nommé hasard qui ne s’émeut pas d’un parcours trop tôt cisaillé …

Je vais ainsi rouler les R par vibration de message à l’appel d’une partie de l’indécence de la Vie qui se moque de la voie prise et de celle de la voix éprise qui d’un sanglot se bloque sur l’aiguillage d’un cœur brisé …

Je sais que je suis en train de tourner en rond dans l’O d’un lasso tel l’indécis devant une belle pomme à croquer là sur la table de l’envie bellement juteuse à la vue de sa forme tellement à en mordre la chair à la fois tendre et ferme au désir … poison …

Et puis je me retiens aux mors de l’amour à la N de mes remords qui me brassent vers les vagues de mes larmes diluées au cœur de l’acide de mon mouchoir à carreaux brisés me griffent l’âme en zigzagues …

Alors je retourne sur mes pas et je lance mon unique D sur la plage de mon amour à déchiffrer le pourquoi de ta mort sur le rebord de la fenêtre défigurée d’un paysage déchiré par mon incompréhension de toi …

Et j’entends le grondement d’une ELLE un spectre qui dessine sur les flots un tsunami de mots qui s’abat sur mon égoïsme et me rappelle ma promesse de tenir une bougie allumée d’Amour jusqu’à mon dernier souffle …

Toi mon Amour entre bleu ciel et azur océan …mon Hirondelle.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Consommez votre solitude toute seule

Feu_cheminée_le_divatte_Iotop_2018

Feu_cheminée_la_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … et faites pas cette demi-tête.
— Ça ne veut rien dire : demi-tête … c’est la tête entière, et dites : ne faites pas la tête.
— Vous êtes vraiment à fleur de chose.
— On dit : à fleur de peau.
— Oh là là là là … quel mauvais coucheur !
— Vous pouvez dire : quel mauvais caractère.
— Je ne dis plus rien.
— C’est ça … consommez votre solitude toute seule.
— C’est bien pompeux.
— Non. Je vous dis d’une manière élégante ma pensée.
— Passez moi plutôt votre veste.
— Non.
— J’ai froid.
— Vous avez qu’à regarder dans les caisses environnantes.
— Franchement, vous n’êtes pas aimable.
— Normal, non ?
— Non !
— Comment, non ? On vient de tout perdre !
— Nous sommes vivants.
— Et après ?
— La survie n’est pas qu’une question de volonté, il faut un minimum.
— Eh bien, je n’ai pas de besoin de vous.
— Que vous dites.
— Comment ça, que je dis ?
— Nous sommes perdus à jamais …
— Impossible !
— Une camionnette de vêtements, au fond d’un ravin ?
— Si vous ne m’aviez pas allumé, nous n’en serions pas là !
— Vous n’avez jamais vu une femme en robe d’été ?
— Si, mais pratiquer de l’auto-stoppe en tenue aussi courte …
— Et si j’avais été en maillot de bain, deux pièces, hein ?
— Pas pareil !
— Comment ! pas pareil ?
— Bon, écoutez … j’ai mal aux os et au dos … je ne vais pas traîner, là …
— Avec la nuit qui arrive …
— Vous faites ce que vous voulez, je me casse …
— Vous avez le sens de l’humour.
— Non, je tiens à survivre et même sans vous.
— Chacun pour soi.
— C’est ça
— Mais dites moi avant de partir … vous n’avez pas oublié un détail ?
— Quoi ?
— Je suis déjà morte.
— Morte ?
— Eh oui.
— Moi aussi … alors ?
— Irrémédiablement …
— Mais alors, cette conversation ? …
— Nous sommes devenus des errants … des ectoplasmes …
— La tuile … nous sommes liés à jamais … pour l’éternité …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Les jours s’aquarellent

Oeuvre de Herbert Behrens-Hangeler

Oeuvre de Herbert Behrens-Hangeler

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018 (2eme semaine : détail)


Les jours s'aquarellent,
 Le vent délave l'horizon,
 Le soleil brosse ses rayons
 Et je porte le deuil d'Elle.

Je suis et je ne suis pas,
 Effondré, assis de pleurs,
 Je rage, vomis ce trépas,
 Dépose ma vie bonheur.

On ne survit pas, non,
 On végète tel un Pluton
 Entailles sur des tailles,
 Ma vie devenue faille.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elle et Lui

Photo du film Jane 2007

Photo du film Jane 2007

Effeuiller son attente sur le bord saillant de la solitude

Luisante des heures qui s’égrainent sur un sol mouillé.

Libérer son rêve en tenue d’Adam et vivre cette habitude,

Entretenue par des moments passions, telle une exilée !

 

Entoiler le manque par un désir distillé, peuplé de son image !

Tenir l’auréole des sentiments compilés de l’autre, en cage !

 

Livrer sa nudité comme une fleur devant un soleil, corps d’or,

Usurper le temps de l’absence et lire ces pensées boutons-d’or,

Impatientes de tenir dans ses bras son bouquet avant l’aurore !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Pour elle, pour toi !

Photo de Gordon Parks

Photo de Gordon Parks

En ce 13 novembre 2015, son cœur a pris
Sa valise pour ce long voyage incertain !
Ce labyrinthe ouvert à ses mots de sa vie
Harmonie pour l’autre, son esprit, orphelin
A présent de son corps, vogue, brumeux !
Son regard te manque déjà ! Tu entends,
Sa voix dans ce couloir blanc, soigneux ?
Relève la tête, son aura est sur son séant !
Elle est passée du présent au passé vivant !
Des images se cataloguent dans l’armoire
Souvenirs que tu décides d’ouvrir à l’élan
De l’émotion en ce moment entonnoir !
Tu marches sur les larmes de ton arène !
Elle est tout près de toi ! Tient lui la main !

©Max-Louis MARCETTEAU