Mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet

Banc_nantes_gare_Iotop_2019

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Des mots, une histoire : récolte 17  (Participation hors délai)


kiosque figuratif, banc bois métal, Loire en contre-bas ensablé, soleil sans filtre, ciel dénudé, le moral matinal s’assoit … vague à l’âme comme l’abyssal qui prend peur de son infinitude … j’ai froid de tout … et en sueur de peau …

Ma révolte s’est arrêtée aux barreaux de la mort quand le néant a pris la forme d’un vide … fractal … au comble de m’animer à tresser des idées mathématiques sur la théorie des cordes … mais une seule corde m’a suffit pour que l’émotion s’en prenne à mon sentiment d’instinct de survie …

Et ce matin, avant mon réveil, trois dés se sont présentés à ma porte, trois inconnus pour me lancer un défi celui d’un choix … aléatoire … alors, j’ai repris une bonne dose de mon whisky favori … mais ils m’ont suivi comme mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet qui se plaignait des heures sup’ du soir …

J’avais cette envie de balancer mes hallucinations mais elles étaient vraiment de moi ? Je retournais sur mes pas, les dés étaient au garde-à-vous et je compris l’importance de mon délire et qu’il fallait en finir au plus vite …

Je suis assis sur ce banc du kiosque en compagnie des trois dès … eux-mêmes assis à mes pieds … Ils discutent fermement sur la manière de procéder à tirage au sort de mon suicide programmé comme d’une évidence déjà écrite sur les lignes d’une vie aux sillons bien marqués…

Et à cet instant précis, je reçois à ce qu’il me semble une claque sur la joue gauche.

— Alors, mon amour, toujours au lit ? Mes champignons pour dormir, étaient-ils bons ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Furtive anomalie ?

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


L’amour défenestré et les mots pendus à la corde de l’éréthisme, j’ai subi l’ensorcellement, et suis prostré dans le couloir du temps, dans le couloir de ton âme et ma frénésie à t’aimer s’est crucifié un dimanche de novembre sur le quai de la gare de notre liaison adultère à l’émotion de vivre pleinement ce qui était du vide de nos deux vies, deux tranchées boueuses d’un tout capharnaüm enchaîné à nos maigres vies dont la lueur des mouvements ressemblent à deux ombres dans la cave des regrets et de la préférence des habitudes qui ronge le mot quotidien et les os des envies qui se pavanent dans les contrées trop lointaines pour une possible approche ou possession…

Je ne respire plus. Je suis mort de cette mort scrupuleuse au silence d’un toit ouvert au ciel gris des pleurs noueux et de l’hostilité du rire et de la voie Lactée linceul je me suis offert mon âme au brûlot de mon cœur en devenir creux du rien par le sang tarit de notre amour, de ton amour, car je t’aime à la frontière de haine, à la limite du meurtre de possession d’être dépossédé de ta vénération, je me couds le cœur, les lèvres, les mots, la gorge, les lignes, la respiration…

Tout est là-devant moi et j’attends l’irréparable et le monde circule dans les veines du néant qui pose nu par indécence construite pour les égarés et j’attends le possible à se produire à ton retour entre mes mots et mon amour et mon sexe entre sperme et encre, j’écris dans le couloir vagin en attente de…

Je ne suis qu’une anomalie de méthyltestostérone

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Toi… ma seule émotion…

Image Johann Sebastian Bach - Choral prelude - Der Tag der ist so freudenreich

Image Johann Sebastian Bach – Choral prelude – Der Tag der ist so freudenreich

Blog popinsetcris contrainte écriture


Une voix démuselée, notes attelées et boursouflées, l’écho démesuré déshabille les écoutilles du ciel de l’opéra giflé par l’instrument vocal enfilé de mots juteux d’un monde querelle, précieux, ambitieux, capricieux, vicieux jusqu’à la garde des tréfonds terrestres, jusqu’à l’os de l’humain douteux, immoral jusqu’au respectueux à tendre son code de conduite au code moral vertueux des lignes tranchées par effet dans les fibres en sous bassement et sourires de circonstances dont la félonie s’ouvre à l’orgasme épanoui qui de sa symphonie éblouie les strapontins en farine de tulle, de parfum, de bonnes mœurs jusqu’à la ceinture de soirée qui claque sur la chair cousine de l’âme et à l’épine qui opine du désir de s’empiffrer… de Toi…

… Toi de musique ton souffle et cœur mécanique profondeur de l’instrument de cordes, tailleur de notes sur le parvis des portées, surfeur à quatre temps en clé de sol meneuse à la baguette, vendangeur de l’octave aux mains baladeuses tel un Nil en débordement, rondeur des blanches aux cils double, triple croches, fleur possédée d’aimer sa partition en combinaison de sentiments… de Toi… en chœur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Histoire de dessous ? Chapitre 1/3

Blog lateliersouslesfeuilles : défi à vos claviers #3


Il y a un dessous posé sur la chaise, ce matin. Et je reste devant, de toute ma hauteur, je l’observe l’air interrogateur. Il en manque un, de dessous : la culotte. Ça fonctionne par paire les dessous féminins, comme les chaussettes. Non ? Étrange. Je refais un tour de mon appartement de vingt-huit mètres carrés moins les poussières. Rien. Ce qui est mystérieux c’est que je ne porte pas de… soutien-gorge et je ne me rappelle pas avoir eu une compagnie féminine depuis un certain temps. A moins que la personne en question ne portait pas de culotte. Cependant, je reste perplexe pour le soutif.

En attendant, tranquillement, je vais me faire un café. J’ai pris ma journée. J’ai tout mon temps. Le soleil ce matin s’est réveillé de bonne humeur et je le vois vivifiant au travers de ma porte-fenêtre qui donne sur mon balconnet… Enfin bref, je suis d’une humeur certifiée agréable avec cependant ce titillement vestimentaire que je n’ose toucher, d’ailleurs.

Quand, l’on sonne à la porte : drinnnggggg… plinggg… sinnnggg…clinngggg. A demi-nu mais avec décence en cette heure et interrogatif sur cette sonnerie indécente qui m’a fait sursauté, je vais ouvrir.

Je suis un tantinet étonné de voir une beauté masculine sur mon seuil qui aux pieds a pour dessin des Mignons. J’en suis soufflé.
— Euh… vous désirez ? dis-je un peu enroué par l’émotion encore non assagie.
— Je viens livrer une palette de draps à cette adresse. Vous êtes M. SACTIF Pilou ?
— Oui, oui, mais je n’ai pas commandé une palette de draps !
— N’empêche que vous êtes bien M. SACTIF et le bon de livraison se glorifie d’être juste.
— Mais enfin je ne suis qu’un particulier que pourrais-je faire d’une palette de draps ?
— Les revendre.
— Je crois que vous allez rapporter cette palette d’où elle vient et illico. (je m’aperçois que je perds patience)
— Impossible. Veuillez signer là, S.V.P. (le garnement bellâtre me présente une tablette tactile avec une seringue)
— Je ne signe pas une chose que je n’ai pas commandée !
— C’est votre dernier mot ?
— Comment : mon dernier mot ? Qu’est-ce que cette histoire ?
— Qu’importe ! Je vais signer pour vous.
— Mais que non, donnez-moi votre tablette…

Un moment de prises de mains et de corps qui fait gagnant l’avantageux hâbleur en un tour de passe-passe et me voilà sur le cul. Oui, oui, sur mon seuil, là, comme un égaré.

— Je tiens à vous remercier M. SACTIF et bonne journée.

Je n’ai pas le temps de répliquer, de me relever, d’apporter une moindre protestation que me voilà crucifié sur pied, le fanfaron est déjà monté dans son camion, démarre en trombe.

Voilà, je chois dans tous les sens du terme et la palette est dans l’allée de mon jardin. Incroyable. Je me relève et je vais appeler de suite la société qui m’a livrée ce colis encombrant. Et de plus je m’aperçois qu’il m’est impossible de sortir ma voiture. Je rage.

En fait, je constate amèrement que je n’ai aucune adresse à qui… m’adresser. Société fantôme ?

(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018