Plaire à sa photographie à ma photogénie

Loire_pierre_percée_Iotop_2019

Loire_pierre_percée_Iotop_2019

Nouveau challenge – édition 2020 – Le marathon de la nouvelle


 » Demain sera toujours demain », mais quand le réveil sonne, il est aujourd’hui … les yeux noyés dans un rêve qui se gomme comme honteux d’avoir existé.

La page blanche dans le brouillard du matin et l’overdose de la fatigue qui tient le trottoir sur les douleurs de l’être à la marge de se tenir debout équilibriste sur le devant de la scène de son théâtre …

Mon miroir se moque de moi … je souris béatement comme si je devais me plaire à sa photographie à ma photogénie … je suis étrangement pâle de cet éclairage vers mon extérieur … je frotte de ma brosse à dents mes quelques dents encore …

Si je pouvais essorer mon cerveau comme mes vêtements après les battements de la machine à laver … la douche est salvatrice le bain régénérateur et pourtant le propre ne fait pas l’addition de ma bonne santé mentale …

Le revers ne connaît pas l’endroit, ils se font tout à fois face tout en étant opposés le no man’s land infranchissable même par raison atomique alors que je me regarde nu entre trois miroirs j’éclate de rire de me voir de tous les côtés de cette épaisseur sans relief …

J’évite le rasoir six fois par semaine et rate pourtant cinq fois par semaine mon bus du matin comme une disposition à me retenir sur mon territoire mais aujourd’hui c’est dimanche l’orgue de l’église me souffle son impatience … j’ai encore cet orgueil de servir à quel qu’instrument … une raison de vivre encore … sans doute …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Je suis assis sur le rebord du mot.

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi - Pouic-Pouic - 1963

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi – Pouic-Pouic – 1963

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


L’ivresse des mots vaut bien un paysage magique … muet…

Je suis assis sur le rebord du mot. Il me prend le tournis. Je résiste, et la parole fielleuse est un lasso. Je suis ligoté et aucun pompon de marin ne viendra me sortir de ce moment de flagrant délit de jouissance du mot qui me souffle son existence dans les bronches comme un soufflet de forge …

Je brûle à mon tour de n’être qu’un nom, prénom, numéro analogique … de consonnes à voyelles les sons s’appellent les uns les autres encore et encore …

Lendemain est une hésitation sur la longueur de temps et j’enjambe le pont de la division de l’être en humain sur le territoire herbeux de la ponctuation défiant ce fameux souffle comme une souffrance de vie qui s’étend comme du linge sur une ligne trop tendue étendue … au soleil de fête pourvoyeur de micro-vies pour alimenter une mort manufacturée par le Grand Architecte …

Je viens pour une autre année, un autre âge, poser mon empreinte sur le sable du souvenir de l’autre avec des bougies nommées le bonheur d’additionner une palette de couleurs qui se nuancent mine de rien à la beauté tant recherchée qui apparaît comme si la vieillesse apportait mine de rien encore sa vraie valeur de vie, sa raison d’exister parmi le branchage feuillu de la descendance comme point de référence, d’appui …

Car le mot vieillir a toute cette richesse et son ivresse d’un bon vin aux arômes à fleurir encore et encore …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Idée fixe de couler

Oeuvre de Akageno Saru

Oeuvre de Akageno Saru

Jouer l’équilibriste et se faire peur. Tomber et se rattraper in extrémiste à la corde de sécurité d’un médicament, sentir son corps faillir un millième de seconde comme une perte de conscience. D’une main tenir sa propre vie par quelques molécules qui tiennent nos vérités et recommencer à jouer aux anagrammes pour voir si cela marche, encore et de l’autre main augmenter la dose de sa peur, s’imposer des figures comme le patineur sur glace, le trapéziste et résister à l’irréversible, encore et encore.

©Max-Louis MARCETTEAU