Destin qui s’agrippe à l’encre d’une main

Photographie Anna Bruce – My wish for you

Challenge Lune et des participants


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… destin qui s’agrippe à l’encre d’une main et au visage de la beauté d’une Mer Marginale qui par son reflet de magnitude des appétits dévore l’instinct de naître sous la coupole d’un maître astronome qui boit ses traits et dessine sans vergogne par sa vision ses pudiques courbes…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Chaque regard est une semence

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Photographie Iotop 2020 – Encadrement virtuel ICI

Chaque regard est une semence et fait fruit d’une couleur d’un trait d’un signe d’un éclair et s’insère sincère dans la toile… tel est le tableau expressif ambitieux abstrait et conquérant accroché sur le mur de ce musée et qui s’arrange devant les visiteurs amplifiant des nuances ou un tracé qui s’exhibe par son caractère.

Aux regards nourris il fait acte d’une plaie vivante de son existence et s’expose à la nudité des effets incrustés à l’éclairage de sanctions ou d’approbations il est celui qui s’écrit sans complexe à la morale d’un temps qui s’encre sur les murs des écrans possédés de la communication hallucinée mythomane …

Ce tableau vivant est une première mondiale et signe lui-même les autographes avec son pinceau-scalpel sur des reproductions lithographiques sur pierre…

Quand une femme éprise de ce tableau jouisseur jusqu’aux racines de son ombilic le décroche d’un seul élan à la vue de tous éberlués fascinés applaudissant par l’acte d’une amoureuse insupportablement belle …

L’emporte à bras-le-corps et le fait circuler de quelques rues en quelques ruelles anciennes aux pavés dégoulinants de souvenirs piétinés aux cris décousus et le jette sans ménagement aux pieds d’un banc délavé ressemblant à un linceul …

… il devient tableau ambulant, une œuvre déchue … sur les trottoirs humains éviscérés de toute compassion …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Hé, soigne tes pleurs ils sont de ce bleu froid

Jean_paul_gaultier_haute_couture_printemps_ete_2014

Jean_paul_gaultier_haute couture_printemps_ete_2014

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— La factrice m’a dit que tu avais perdu une lettre.
— Non.
— Ah ? Elle m’a dit que tu y tenais, à cette lettre. Je vais à la poste.
— Mais, comme tu veux !
— J’espère bien. Et je vais retrouver cette lettre qui me paraît louche.
— Ah bon !
— Oui. Une lettre adressée à ton amant ?
— Mais non !
— Avoue !
— Non
— Tu mens !
— Pas cette fois.
— Tu me dis la vérité ? Étrange !
— Pourquoi pas.
— Je vais t’interdire l’encre et le papier.
— Ah, non !
— Alors, tu es sincère ?
— En effet.
— Bien. Alors, qui est l’heureux élu de cette lettre. Moi ?
— Peut-être.
— Je fais serment devant toi de la retrouver.
— Fais pour le mieux.
— Tu me donnes toute de même ton accord ?
— Oui.
— Tu m’embrasses
— D’accord.
— Tu peux compter sur moi !
— C’est ça.
— Hé, soigne tes pleurs ils sont de ce bleu froid qui abîme ma joie de vivre.
— A tout à l’heure.
— A midi … ma belle conscience.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Elle avait l’utopie dans les yeux

Texte_calligraphie_Iotop_2016

Texte_calligraphie_Iotop_2016

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Elle avait l’utopie dans les yeux … aujourd’hui, ils sont vitreux et j’ai les larmes suspendues entre deux mondes : la maison des morts et la maison des vivants …

Elle avait eu un tracé de vie poussiéreux tellement les années s’étaient accumulées les unes aux autres banalement d’une photographie à une autre se superposaient les jours comme une pile de livres tous identiques à l’auteure lisse … péniblement lisse …

Je suis assis sur le bord de la marge … il fait novembre et l’écume poisseuse des feuilles d’automne ont ce sang chromatisé comme traumatisé par sa propre saison qui se dépouille de ses sentiments et déverse ses souvenirs sur une terre de gémissements telle une coulée de lave elle se dégorge …

Le soleil n’a jamais vraiment brillé pour nous deux et pourtant aujourd’hui j’ai le cœur brûlant de t’avoir perdue sans une lettre d’adieu et mon encre sèche à la chorale de mon émotion et nul besoin de mots pour dominer ma fièvre …

Tu m’as abandonné tu Nous as abandonné sur le bord de notre route avec cette phrase :  » il est trop tard » … Oui, il est toujours trop tard quelque part dans une vie et tes lignes sont déjà gommées par l’effet de ma rage … je ne veux plus t’entendre au fond de ce moi qui fait écho de toi comme une cathédrale qui brûle et dont les craquements de notre amour s’enchevêtrent et le plomb fondu de mes larmes creusent tes lignes pour définitivement t’enterrer …

Et la révélation s’ouvre à moi, je n’étais qu’une coquille dans le livre de ta vie … toi mon écriture …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Dialogue idiot ou comment ne pas lire jusqu’à la fin

film a bout de souffle - godard 1960 - jean seberg et jean-paul belmondo

film A bout de souffle – Godard 1960 – Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


— On demande la page 32, on demande la page 32, on demande la …
— J’arrive, j’arrive, dit la page toute soufflée.
— J’ai le Prologue qui t’attend, ma belle.
— Qu’est-ce qu’il me veut ?
— Demande-lui, patate !
— Tu veux ma page sur ton flan ?
— Rose-moi le flan, c’est mieux.
— Débauché.
— Allumeuse.
— Mine de crayon.
— Attention, tu vas trop loin.
— Tu dois suivre les rites et …
— Nous devons suivre les rites.
— On est bien d’accord.
— Bon alors ?
— On recommence.
— Il est demandé à la noble page 32 de filer sur le banc d’attente du Prologue.
— C’est mieux, déjà.
— Tais-toi !
— Tu vois, tu gaspilles de la bonne tournure !
— Et tu réponds quoi, au lieu de me phraser de la remarque.
— Je réponds : ça déchire …
— T’as fini de rire, hein ?… Tu réponds quoi ?
— Je réponds : y a du lilas sur tes poils …
— Bon, je crois que je vais me froisser et que ton manque de discipline mérite sanction … allez hop !
— Attends, attends …
— Quoi ? J’attends rien !
— Je suis bien la page 32 ?
— Oui, apparemment, et ?
— Et, qu’est-ce tu lis ?
— Euh … rien, t’es blanche.
— Donc ?
— Donc quoi ?
— Vierge !
— Et alors ?
— Et alors, le Prologue, c’est pas un vieux cochon ?
— Je ne sais pas moi, suis à l’index …
— Si, tu le connais obligatoirement.
— Oui …bon … mais, je ne vois pas le rapport.
— Eh bien, il risque d’y en avoir un …
— De quoi ?
— De rapport !
— Et ?
— Et, si je ne veux pas moi ?
— Mais enfin, ce n’est pas mes oignons tout de même.
— Et si j’ai envi de me faire encrer par un ou une autre, moi ?
— Écoute, on perd du temps.
— Du temps ? … on est toujours sur l’étagère, là, non ?
— Oui et alors ?
— Alors, notre temps ne compte pas … il est absent et pour cause …
— Pour cause ?
— Notre lecteur a basculé sur une liseuse …
— Changement d’époque …
— Changement, mon …
— Allons, allons pas de grossièreté
— Je n’ai pas de grossièreté à disposition
— N’empêche que tu allais en créer une, de grossièreté … bon alors, t’y vas ou pas ?
— J’y vais pas !
— Il me faut une raison.
— Je connais la réputation de Prologue…
— M’en fous !
— Moi pas !
— Je fais mon taf.
— Il est beau.
— Bon alors, je lui dis quoi au Prologue ?
— Tu lui dis que … je suis absente …
— Il ne va pas me croire.
— Faudra bien …
— Mais absente de quoi d’ailleurs ?
— Absente, tout court.
— Mais absente tout court, c’est comme si tu n’existais pas ?
— C’est ça.
— Mais tu es devant moi, je te vois.
— Eh bien fais semblant de ne pas me voir.
— C’est idiot.
— Ce dialogue est aussi idiot.
— C’est pas faux.
— Je retourne de là où je viens.
— Oui … eh ?
— Oui ?
— N’oublie pas de mettre le mot fin.
— Fin.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Manifeste en point‐virgule

Par ce manifeste il est temps de faire le point … et de prendre position ; il n’est pas dit que nous les points-­virgules épouserons l’errance de la marge plus longtemps ; ignorés de la masse des lignes, dédaignés des têtes d’encre, balayés, écartés, méconnus, rejetés, négligés, en un mot : délaissés … dans l’indifférence générale et dépointés par les virgules, les nu­-tête.

Il est le devoir de chacune et chacun d’entre nous de poser le socle de notre survie de point­virgule ; nous en appelons à tous les points-­virgules d’ici et d’ailleurs ; mais aussi et surtout à la virgule toute fière de nous porter trop souvent l’estocade en snobant ce grain de beauté tout en nuance en leur profil ; au point qui de final est une brute épaisse et s’impose en dictateur.

En tout état de cause, nous n’oublions pas la genèse de notre histoire, celle d’une virgule et d’un point dont l’amour nous a formés en cette alliance. Le divorce de ces deux entités a eu pour effet de nous abandonner à notre triste sort.

Nos sept résolutions
1) Opposable à tous le point­-virgule est à la demi­ pause comme la demi-­heure est à l’heure et le demi à la bière ;
2) Tout point­-virgule a droit de cité même dans la campagne des lettrés ;
3) Le point­-virgule est le fer de lance de toute construction (voyez une maison sans faîtage,
l’arrogance de l’indécence à son plus haut faîte);
4) Il n’y aura pas de point­-virgule en faire­ valoir ;
5) Le point-­virgule doit grossir les rangs de toutes phrases dignes de le transcrire et pas en cache­
misère ; (ni en cache-­sexe non plus)
7) Toute phrase se doit d’apporter soutien, réconfort mais surtout le boire, le manger et le toit à tout point­-virgule errant.

Voici les signatures
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A ce sursaut de conscience collective pour la défense du point­-virgule ; à son devenir pérenne, nous vous invitons et souhaitons ardemment une réconciliation entre virgule et point ; à vos stylos, crayons, plumes, ordinateurs et autres moyens pour ainsi retrouver de nos couleurs et de notre place (qui valent bien celles des autres).

Note : et quand la fiction rejoint la réalité : ICI

©Max-Louis MARCETTEAU

A l’écriture tissée

Livre d'heures de Catherine de Cleves

Livre d’heures de Catherine de Cleves

Sentir la vierge page ; aux lignes , la traire entre pouce et index,

Tonnerre d’encre spirale les lettres aux chants des mots à naître,

Yeux de tendresse, la feuille se berce à l’écriture tissée à l’apex,

Laitance extrême au goût chaloupé de la cadence qui la pénètre,

Ondes soyeuses qui se livrent aux chapitres, l’avide, vide son sexe !

© Max-Louis MARCETTEAU

Sur des terres fragiles

Oeuvre de Ron Ulicny

Oeuvre de Ron Ulicny

Une encre au goutte-à-goutte, pose le premier mot,

Une première larme d’amertume les yeux troublent,

Une ligne sans marge apparaît sur l’horizon fuseau,

Une forteresse se dévoile au premier cri de son double,

Intérieur feutré de rouge sang, de ce trop plein de soi,

Blessé, cassé, lambeaux et parcelle de vie se défait,

De ses images, se décharge au cœur, odeur de désarroi,

Cette main radeau redouble sa pression sur ses abcès,

Signe sa première signature douleur sur cette page,

Et les mots suivants, donnent cet engrais qui de rage,

Fait pousser les portes de la souffrance plus loin,

Sur des terres fragiles à labourer jusqu’en ses confins !

© Max-Louis MARCETTEAU

A la vôtre …

Photographie de Patrizia Burra

Photographie de Patrizia Burra

Ce soir, je me sens triste comme une patate ébouillantée. Je tourne en rond entre deux neurones qui jouent au badminton. Les feux sont éteints en moi.

Les feux de quoi, d’ailleurs ? Les feux de l’amour ? Non. Les feux de vie. Ils sont éparpillés sur des plages. Les vagues n’ont rien effacé et le sable en à garder les empreintes. Étrange de vivre comme un marbre qui se désagrège.

Écriture de l’ennui. Écriture de nuit. Écriture polie. Écriture qui ne sait pas quoi faire de son encre et au lieu de sécher, elle teint des lignes qui ne demandent rien. Ou, si, de naître. Une ligne vierge est une ligne en devenir. Un embryon en gestation, congelé.

Étrange comme le sens de ses phrases n’avouent pas le sens de ma pensée. Ma pensée n’a pas de sens. Ma vie est une savonnette, elle me glisse entre les doigts, fait des bulles et qu’est-ce qui reste ? Un homme propre ? Non. Quelques ramettes de papier. Des bulles d’encre, séchées.

On n’est jamais au fond du trou tant que la dernière pelletée n’a pas recouvert la dernière rainure de bois.

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Délivrer

Oeuvre de zhang weber

Oeuvre de zhang weber

Délivrer par sang dilué de larmes le mot qui a osé souffler sa première lettre à l’indigente encre bercée à la pointe effilée de l’imaginaire, esclave.

© Max-Louis MARCETTEAU 2015