Ce calcaire d’humeur tueuse

Sol_air_Iotop_2019

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Des mots, une histoire : récolte 18 (Participation hors délai)


Ce matin, l’incompréhension me regarde … on se scrute, le temps de la parole du déni s’écrit en noir à la lumière d’une lampe champignon … lampe champignon ? Je pose un pied sur le sol mon lit se dérobe se démolit se désintègre … me voilà à la verticale de la gravité du lieu quand une étincelle de belle envergure presque une flamme filiforme me dit :

— Tu aimes ta salle de bains ?
— J’ai l’impression d’être dans un tourbillon spectral …
— Tu as un beau visage ce matin.
— Arrête ! Tu vois bien que j’ai une sale gueule !
— Wouaaah ! Quelle belle humeur de chien.
— Je ressens une rivière profaner à l’intérieur de moi …
— Voilà une facette poétique intéressante.
— Quand tu auras fini de te moquer …
— Et une douche hydromassante pour retirer ce calcaire d’humeur tueuse ?
— Un bain pour me noyer, oui …
— Tu es bien amer
— Tu divagues …
— Je veux te voir renaître.
— Impossible.
— T’imposes pas le négatif.
— Respirer … respirer autrement …
— Tu as les moyens … prends conscience que je suis là.
— Tu es de trop.
— Non, je suis ta flamme d’espoir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Vie impliquée à reconnaître son image

Isabelle des Charbinières des œuvres dont j’apprécie les reflets les respirations sous-jacentes et les éclats aux nuances singulières ..


L’instant se tient, se teint, se peint, se ceint … s’ouvre …. aux lignes se heurtent froissées s’épaulent et se déploient s’étiolent et s’envolent s’enroulent s’effacent à la lumière veuve comme révélée au moment flanqué de vie impliquée à reconnaître son image au miroir de son âme reflets d’effets à la litanie d’une voix coulée sur le chemin d’une rédemption transfigurée saturée de renaître à l’infini immobile devant la honte de l’instant enlacé par son souvenir une vague cendrée glacée à cœur aux larmes verticales l’anémie du temps suffoque saisi et sidéré défi un semblant d’existence à l’œil bleu mourant étincelle à la vapeur d’une idée filigrane sur le bord du chemin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Au signe fumiste

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Par erreur j’ai provoqué une étincelle. Elle était là. J’étais là, à un bras d’elle. Je n’avais pas reconnu son parfum. J’étais ailleurs et pourtant bien présent comme une mélancolie qui s’ouvre les veines en dehors des heures ouvrables de l’hôpital …

Elle s’appelle Rose, elle a trente-deux ans… Qu’importe en fait. J’ai la vague impression qu’elle était là exprès pour me lancer un défi, un défi de l’aimer encore par le silence bannissant une prolixe déviance du verbe en virus foudroyant qui absorbe toute vie, toute conséquence, toute cohérence et dépasse la raison comme une ligne blanche découpée en pointillé pour faire semblant de traverser des vraies limites …

Elle avait ce goût de champagne et de vrai luxe qui ose se lever devant la grandeur de la pauvreté qui hurle sa faim et dont l’espoir, cheval de bataille, crève de soif, de cette soif de gagner un peu d’argent pour un peu de vacances, un peu de tout et de rien qui donnerait un peu de vie, de souvenirs comme un peu d’argent de côté pour ne pas se sentir seul et délaver …

J’ai voulu ouvrir la bouche, mais cette étincelle était un feu follet et mes mots pour le faire revenir à ma portée, le voilà disparu … tu étais là … mon Amour … je ne t’ai pas reconnu, tu avais changé de peau … je n’avais pas reconnu ton parfum de Paris

© Max-Louis MARCETTEAU 2018