Au rayon année-lumière pour choisir votre avenir

Photographie Shane Betts – Heaven and Water

Challenge Lune et des participants


19

… vivre par-delà les us et coutumes du vivant et s’étonner de plonger dans la Mer de Smyth au bouillonnement d’étoiles doubles qui vous prennent par les mains et vous transportent au rayon année-lumière pour choisir votre avenir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Brûlure d’étoile sur fond Lactée d’un sein évadé

Photographie Markus Reugels

Challenge Lune et des participants


15

… raison gardienne du Noyau Raison Mère dans un écrin coffre-fort de la Mer du Nectar souhaite renaître par le désir de vivre en pleine conscience comme une brûlure d’étoile sur fond Lactée d’un sein évadé d’une poitrine généreuse d’une déesse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Allez prendre l’air …

Robe_de_Elie_Saab_2016

Robe_de_Elie_Saab_2016

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 10.20     (Hors délai)


—… et changement à Bruxelles-midi, puis à Meximieux puis à Latouille-Lentillac et après dix autres gares suivantes… l’arrivée.
— Vous voulez dire : enfin.
Voyager, c’est aussi cela, faire des sauts de puce.
— Sûrement mais d’un départ (et pas sur la Place de l’Étoile) à 11 h 02 pour une arrivée à 21 h 21, c’est carrément des sauts de fourmi.
— Possible mais sur le fameux train de Maps, il faut mesurer l’écart : au moins 23 h de train sans passer par la Belgique, alors…
— Oui, bien sûr.
— Et en voiture 18 h pour 2 000 km.
— Effectivement, et sans passer par l’équateur, je suppose ?
— Pour sûr ! Eh en vélo, tenez-vous bien… 108 heures.
— C’est sûr que 108 heures sur une selle c’est moins confortable qu’un siège… ça fait mal au…
—… un bon fauteuil d’un train comme le nôtre, c’est aussi ça, la note positive.
— C’est vrai que le tarif 450 € aller/retour, 1ère classe, pour 1 personne pour 2 000 bornes, on y va tous les jours.
— Moqueuse ?
— Pas aussi vaste que le prix du billet.
— Le parallèle n’est pas de mise
— Et pourtant… les rails…
— Quoi, les rails ?
— Elles sont parallèles, non ?
— Certes, certes ! C’est aussi votre liberté de comparer…
— De constater…
— Bon, je n’ai pas un trésor de patience illimitée, Madame.
— Pourtant n’est-ce pas le cardinal de vos attributions ?
— Je vois ! Madame est une enquiquineuse.
— Madame hésite ! Je crois que finalement, je vais prendre l’avion…
— Un long courrier ?
— Le rapport ?
— Que notre conversation bat de l’aile.
— Oui, eh bien prenez un ton moins aérien.
— C’est ça, bonjour chez vous.
— Goujat…
— J’entends Madame, j’entends… allez dont conquérir de vos hésitations l’hôtesse d’accueil de l’aérodrome d’à côté… allez prendre l’air…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Choix des ordres

Oeuvre de Hurvin Anderson - 2013

Oeuvre de Hurvin Anderson – 2013

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je demande pardon aux sociétés des hurluberlus, extravagants, farfelus, loufoques et autres pinsons de la vie qui chantent et à ma bonne étoile qui veille sur mes intérêts et dont je suis infidèle à bien des égards.

Je viens à l’instant de mettre ma liberté sur le bûcher. Tout est dit au premier craquement d’allumette, je vais devenir le pyromane de l’indépendance, de la hardiesse, de la franchise, de l’autonomie, de l’impudence…

J’esquisse un sourire à l’essence des cris de résignation de ma liberté que j’ai ligotée pour qu’elle se tienne droite pendant la flambée. Et je songe aux derniers instants de mes impertinences aux sifflements stridents… et je me retiens de flaquer un océan de regrets…

Une navette m’attend. Je pars pour un autre espace. Peu de bagages, l’essentiel est dans ma volonté d’embrasser une nouvelle vie par tous les… offices qu’elle me présentera. Je suis debout devant la mortalité de ma condition et l’immortalité en devenir qui me tend les bras comme un refuge possible à l’anti-gangrène de mon âme.

Je souffle ma bougie d’ici et inspire celle à venir. Entre ces deux bougies, le doute tapeur, dilaté, mesquin, racineux, épineux braillard… Et puis, devant moi la nouvelle route qui croise d’autres disciples au dépouillement, au seuil d’un renoncement…

Je rentre aujourd’hui dans les ordres… une autre liberté…
© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 2/5

J’ouvre mon regard autrement si je veux survivre et j’obéis à ce papillon. Je prends le premier galet à mes pieds. Il est d’un bleu parme, d’une belle douceur, aussi large que ma main, et qui me fait penser à l’unité de temps correspondant au siècle. Le ciel m’observe. Il sourit aussi en bleu azur et les nuages mouchoirs pliés au loin ne bronchent pas. Ce n’est pas aujourd’hui que la pluie consentira à exaucer le vœu.

Qu’importe, je décide de suivre le chemin de l’Azur avec ses fleurs de trèfle, rose, à longues tiges, semées sur cette plaine qui s’ouvre comme par enchantement à mes premiers pas. Je me sens bien, léger, comme un nuage… blanc, non pas blanc, laiteux, mais pas enfariné. Je ne l’ai pas dit, mais pensé. De toute façon, que m’importe.

En fait, je flâne. Je prends ce temps devenu mien pour un … temps, que les secondes se gravent de ce bonheur éphémère de paradoxe. Le souvenir s’imprime comme une eau de roche sur les galets de mes pupilles. Rien ne m’arrête. Je me conte et me raconte ma propre vie. C’est mon tracé. C’est ma première naissance, celle que je n’aie pas eu. Celle qui m’attendait les bras tendus. Dis maman, t’es où ? Je cherche ton sourire. Je me suis perdu. Et pourtant ici, j’ai l’impression d’être en tes terres, maman.

Le dernier soleil prend son drap du soir. Je souris aux premières étoiles. J’ai froid. Oui, j’ai froid. Mais je me sens vivant. C’est étrange d’être vivant. Dis maman, c’est comme ça d’être vivant ? Où je suis mort ?

C’est ma première nuit dans le ventre de la nature. Seul et pourtant que de gazouillis, de rumeurs, de souffles, de murmures inconnus. Dis maman, c’est toi qui me parles ? J’écoute ton cœur, là ? Tu es vivante ?

Et puis, je m’endors entre deux oreillers de buissons ouatés, tellement doux, tellement incroyablement soyeux. Dis maman, c’est ta peau ?

Je me réveille. J’ai dormi ? Il faut croire. Je ne ressens aucune faim, aucune peur, aucune solitude. Je suis bien. Je suis au cœur de toi, maman. Enfin, je crois.

Je n’ai pas de direction précise. Je quitte la plaine et j’aborde des vallons boisés, et épineux. Une voix me fait sursauter.

(à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017