Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 2

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.
(Les autres chapitres : ICI et définitions ICI)


Quand le temps parle

— « Entendez-vous rugir… » ? crie Mante-Lao.
— Qu’est-ce ? annonce O-Tel qui sort, tel un Apollon, de son nettoyage quotidien, à l’instant de son plasma d’eau parfumé à la fleur de lys.
— Mais que fait l’I.A. de service ? grogne Ula-Pil qui déplie sa mise en plis sur son lit en forme de quadrant tout fleuri de l’arôme d’un riz pilé et exquis.
— N’aurions-nous pas fait un transfert d’angoisse sub-spatial temporel ? interroge Jol-Hil debout devant la table haute en plexiglas-aymairal à dessiner des pièces nano-mécanique a bicouche lipidique.
— Nous repartirons un jour ou l’autre sur notre territoire d’origine, alors… dit l’optimiste Paulo-Tel pliant et dépliant son corps tel un gymnaste de compétition qu’il n’était pas sur la barre latérale de racks lumineux comme des lucioles du compartiment des commandes de la génératrice à propulsion atomique.
— Nous repartirons, sûr ! Pour l’instant on est à prendre possession de notre logement et cet éclat entendu ne l’a été que de Mante-Lao, alors… affirme O-Tel qui s’habille prestement d’une combinaison en fullerène à pouvoir diélectrique d’un tenant.
— Tu as raison, dit une voix d’un transpondeur amplifié qui se répand comme une douce vague dans le duplex ; mais pour l’instant pas d’alerte sur le périmètre de sécurité.
— Ah ! Tu entends Mante-Lao, Qi Pheu et l’I.A. n’ont rien entendu, sourit Jol-Hil en relevant la tête de son plan nano-mécanique.
— N’empêche que… s’inquiète Mante-Lao
— Cool. Allez, viens m’aider pour m’a mise en plis… suggère Ula-Pil.

Et tout l’équipage de continuer à s’affairer, chacune et chacun, à développer le sens de l’adaptation entre individualisme et collectivisme dans leur zone de confort comme des homo erectus mais de consistance éducative et de bienséance.

La nuit n’ayant pas cours sur cette étrange planète aux contours déformés par des reliefs dispendieux en géométries variables et déconsistantes, un système nuit-jour et mis à jour chaque jour par l’ordi-quantique à bord du MobilLus-Domus permet de créer un cycle réveil-sommeil alternatif régulier pour la bonne santé de tous. Ainsi les « bonne nuit » s’enchaînent à la roue des rêves qui s’intègre automatiquement par l’implant d’un minuscule cylindre dans le lobe de l’oreille droite et ressortira systématiquement au retour de l’éveil programmé et redeviendra une boucle d’oreille.

Le calme se prend lui aussi à rêver d’une bonne nuit aux étoiles scintillantes éparpillées comme des confettis lors d’une fête de carnaval. C’est magique à regarder. Qi Peuh s’émerveille, lui le Chef et Gardien de la mission, il veille. Ses heures de sommeil sont alternées par tranches régulières. A la différence est qu’il est né avec ce genre de qualité. Ce qui est un avantage mais aussi un inconvénient, car il peut s’endormir à tout moment mais à des temps déterminés ce qui est déstabilisant à comprendre pour les autres et n’est pas simple en cas d’urgence ou même dans la vie quotidienne. Quoi qu’il en soit, ce soir, il admire ce ciel étoilé tout à fait nouveau et ne distingue aucune des étoiles connues dans le répertoire Gala-Tik, la référence universelle, le guide pour tous les voyageurs et aventuriers et aussi pour quelques missionnaires en quête de foi spatiale intemporelle.

Il est hors du MobiLus, debout, la tête en l’air, la combinaison spatiale confortable moulée à corps de haut en bas comme une seconde peau. C’est qu’il ressemble à un genre de lézard qui se tient sur ses pattes arrière. Qui peut se moquer d’une telle attitude, si ce n’est une chose étrange qui le regarde de loin.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Bien vouloir venir me mettre en nuit – Chapitre 3/4

Clôture_drain_Iotop_2019

Clôture_drain_Iotop_2019

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 – « Origine – ICI » – Chapitre 2/4)


La Dame du Seigneur et sa dame de compagnie s’étaient rapprochées pour mieux s’entendre dans ce genre de confession qui parfois mine de rien a des oreilles … présentement sous le lit comme notre Rongeur Urkrokuf qui entendait tout, prenait note dans sa cervelle de rat, et rongeait en attendant un morceau d’étoffe qui traînait sur le sol dallé de pierres polies et peintes.

— La Princesse n’a-t-elle pas une vengeance à concevoir ? Il faudrait s’en informer sur le champ.
— J’ose demander à la Princesse … voyez ma position …
— Oui, ce n’est pas faux. Demander à l’une de ses femmes de compagnie…
— C’est une idée. Mais, la Princesse ne se déplace pas si facilement.
— Il faudrait la tenter à se déplacer … comme la peste…
— Ma Dame, vous êtes dans l’excès. Pourquoi, ne pas l’inviter au prochain tournoi par l’entremise de son mari le Prince Vikloux ?
— Oui, excellente idée … mais regardez là deux brillants rouges sur mon étoffe près de l’alcôve…

Et le Rongeur était tout à son affaire quand l’étoffe s’étira vers le haut l’emportant dans les airs qu’il ne lâcha pas sa prise qu’au dernier instant par le cri strident telle une herse devant l’ennemi farouche ici la Dame qui s’épouvanta d’un tremblement et se reprit aussitôt à la vue du rongeur qui tomba lestement et se faufila sous le baldaquin.

— Quand on parle du rat … il n’est jamais loin celui-là.
— Ma Dame, votre houppelande a été grignotée sur le côté, voyez.
— Demandez à la femme de chambre de bien vouloir venir me mettre en nuit et pour demain matin faire reprise.
— Bien, ma Dame.
— En attendant, prenez patience et apportez moi le témoignage de la trahison de votre époux.
— Cela se fera sans tarder, je vous promets.
— A ce moment-là, nous aviserons.
— Une dernière question, ma Dame.
— Laquelle ?
— Avez-vous souvent des rats, ici ?
— Non, rarement à l’étage et puis à cette saison.
— Étrange, vous ne trouvez pas ?
— Étrange ? Comment ça, étrange ? Expliquez-vous ?

( … à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il est minuit est rien ne se passe – Chapitre 2/2

Kaamelott – Perceval – Franck Pitiot

Kaamelott – Perceval – Franck Pitiot

Agenda ironique Juillet 2018 : palimpzeste.


( Fin du chapitre précédent : Il se lève comme une heure malheureuse de recommencer son tour de garde. Et si toutes ces femmes avaient liens avec lui ? Comme un échec non plus amoureux mais un échec tout court de sa… vie ? Et si… On frappe à la porte.)

Chapitre 2/2

— Qu’est-ce ? (un comble pour le plus grand détective du monde)
— C’est moi.
— Dr vous êtes aussi imprévisible que le temps qu’il fera un 14 juillet…
— Vous me paraissez dépressif. Pourtant vous avez de quoi assouvir votre soif de raisonneur avec cette affaire… votre frère d’une belle intelligence, supérieure à la vôtre soit dit en passant, aurait déjà…
— N’en dites pas plus Dr Watson, vous enfoncez en moi un grappin bien profondément… ce jeu pour me piquer ne sera pas de bon effet, je le crains…
— Allons, allons… vous n’avez pas découvert le meurtrier ?
— Ô que si… j’ai trouvé, hélas, trois fois hélas, mille fois hélas… je ne suis qu’un renégat…
— Auriez-vous interrogé les esprits ?
— Ma table ne tourne plus depuis bien longtemps, mais j’ai le tourbillon de l’affreuse faucheuse qui n’attend que le dernier mot de mon souffle … l’impatiente.
— Penseriez-vous mettre fin à vos jours ?
— A mes jours ? Grand Dieu je préfère retourner sur les Dunes…
— Eastbourne n’a-t-elle pas été le théâtre de l’un des meurtres ?
— Si…
— A la scie, vous avez raison… et à chaque fois une procédure différente. Tout cela est bien étrange et tout à fait inattendu…
— Inattendu… oui, c’est là que la corde – and last, but not least me tend son nœud … pour me pendre. J’en suis le seul responsable.
— Je ne vous suis plus S.H…
— Cela s’appelle la marque du Pangolin
— La marque du Pangolin ?
— Je suis en moi ce drame, cette griffure d’adolescent qui respire l’air des assassins par ce manque de courage d’assassiner moi-même… mettre sous écrou les moi dispersés dans ce monde fabriqué d’entités négatives. Vous n’avez jamais soupçonné un seul instant que la seule complexité ou abomination des meurtres commis ne pouvaient avoir une relation avec ma personne ?
— Mon cher S.H. vous êtes dans le délire. Pour votre bien je vais vous procurer un médicament…
— Non, non… Watson, regardez-moi bien dans les yeux. … vous ne voyez pas un assassin ?
— Non, mais je vois que vous manquez de lucidité… et de sommeil réparateur…
— Pas de sommeil Watson… je manque… d’amour… tout simplement…
— Eh, a vous tout seul, vous auriez assassiné la moitié du monde ?
— Et pourquoi pas ?
— Donc les quatre blondes ?
— Tout à fait !
— Je crains ne point vous suivre dans ce raisonnement. Et puis cette marque de Pangolin comme un anathème… je vais aussi de ce pas consulter mon cher confère le Dr Moore qui vous a déjà soigné…
— Non, Watson, non… je ne suis qu’un monstre… comme toutes ses affaires que j’aie eu à traiter… mais mon traitement à moi n’est plus du ressort de la médecine légale mais de l’esprit…
— Le vôtre s’embrume d’un smog londonien…
— Votre ironie fait plaisir et aujourd’hui vous me surpassez…

Il est minuit et une minute… une claque retentissante vient de réveiller complètement Sherlock Holmes de sa fièvre du masque de l’ennui par le Dr Watson…
— Vous êtes fou Watson…
— Vous parliez haut dans ce délire… il fallait un traitement à la hauteur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Il y a des matins comme ça

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

J’étais à moitié dénudée (maillot de bain une pièce, pour éviter les fantasmes), positionnée de tout mon
long, sur un côté, à lire une œuvre à l’eau de rose, quand, sur cette plage de coquillages ensoleillés, une
chose me piquait la fesse droite. Était-­ce un coquillage mal luné ? En fait, c’était un scorpion de belle taille.

Je crie, surprise. Il me parle :
– J’en pique pour vous, ma belle sirène.
– Je ne suis pas une sirène mais une touriste en vacances.
– Qu’importe, je suis le pourvoyeur de l’Amour !
– Ce n’est pas Cul-­Pidon ?
– Il l’était, le bougre, mais j’en ai fait mon affaire, diantre. Et le dernier instant de son trépas, fut un Chant du Cygne, très remarqué, diffusé en Dolby dans une salle de cinéma, pas très loin d’ici.
– Belle mentalité !
– Vous voudriez me piquer au vif ? Je ressens une aversion à mon encontre et j’en suis tout contrarié, me tromp …
A ce moment­-là, une épée genre Excalibur, jaillit de mon livre et tranche en deux, l’irrévérencieux.

Je pousse un cri. Elle me parle :
– Je suis de vous à moi, votre conscience rapprochée. Et je prends la responsabilité de cet acte.
– Que venez­-vous vous mêler de mes affaires ?
– Vos affaires sont aussi les miennes !
– Pouah ! Quelle odeur putride qu’il dégage l’animal.
– Normal, sa saison venimeuse est à son paroxysme.
– Bon, ce qui est fait est fait, mais je vous prie de retourner de là où vous venez !
– Oserais-­je vous tendre mon pommeau en signe de réconciliation ?
– Ne seriez-­vous pas plutôt ma mauvaise conscience ?
– Votre mauvaise conscience ne brille pas avec autant d’éclat que moi !
– Qui sait ?
Et d’un salto arrière, l’épée me pique fortement la fesse gauche.

Je crie. Je me réveille.
Dénudée à hauteur de la taille, les draps en vrac, et la lumière du jour possédée de vivre, je frotte ma fesse gauche et mon amant de la soirée, me dit.
– Deux petites claques sur les fesses, ça réveille, hein, mon amour ?
Et d’un bel élan, je lui balance une gifle.
– Tu n’es qu’un goujat ! Pars sur le champ !

La journée commence sous un présage assez étrange.

©Max-Louis MARCETTEAU