Le Paresseux – Chapitre II

Photographie Emmanuel Alpe

À cette préoccupation, il en a une autre plus importante. Il a noté l’absence de sa femelle toujours à l’affût (à défaut d’être dans le fût à feuilles, provision qu’aucun banquier ne vient ponctionner) des distorsions de son environnement. Une absence peu commune. Sa femelle mollassonne a toujours une attention particulière, un genre de guili-guili sur son kiwi, avant qu’elle n’échappe à sa vigilance bienveillante de mâle amoureux, comblé. Il n’est pas inquiet, non, seulement, il a cette pointe de trouble, là, à cet endroit. Il s’épouille comme un ralenti de moissonneuse batteuse qui ne trouve pas son blé à son goût, accompagnée d’une Lune momifiée qui lui offre des pensées inédites venues comme une colonie de champignons d’automne nourrie d’un lit feuillu aussi fermenté qu’une pinte de bière qui végète dans un estomac délicat.

Et si, à la descente de leur arbre, elle s’était fracturé le coccyx ? Peu probable, quoique sa femelle soit plus active que son auguste personne, elle a se ralentit audacieux, de quelques millimètres heures, en vérité, tout son charme, mais nullement téméraire. D’ailleurs, n’avait-il pas craqué telle une noix devant un charmant casse-noix moucheté lors de leur première rencontre entre deux branches paresseuses ?

Il s’oriente vers une autre question, plus pimentée et moins futile. Avait-elle été bousculée par le bipède à lunettes ? D’ailleurs, où est-il l’animal à présent ? Il se redresse comme un courant alternatif prit d’une soudaine surtension micro-voltaïque. Détourne sa tête de quinze degrés sud-sud-ouest. Il n’y a plus l’ombre de ce trancheur de bambou ! Son trouble prend de la température comme une eau émulsionnée à souhait dont l’œuf frais n’oserait imaginer plonger de son vivant.

De fil en aiguille (ne cherchez pas, il n’est pas couturier) des inédites pensées se chevauchent à grand galop (à ne pas confondre avec la série, pour les puristes), jusqu’à un point d’interrogation comme un point d’eau qui n’a pas de fond : et si sa femelle avait été enlevée ? Il se doit de la secourir sur-le-champ et dans un ralenti audacieux et inattendu, il tombe d’une branche aussi feuillue qu’un pubis de brésilienne.

© Max-Louis MARCETTEAU

L’homme objet…

Photographie de Tony Duran - Ricky Martin May 2018

Photographie de Tony Duran – Ricky Martin May 2018

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je prends le train pour la première fois. Tu es sur l’autre quai. Tu me regardes… fixement, presque avec indécence. Je suis ta honte et ton premier amour… vrai. Tu ne pleures pas l’écume de nos jours… et la musique de mes mots résonne là, en cet intérieur secret de femme… encore et encore…

Rome était notre première rencontre. L’illusion du lieu, le prestige d’aimer. Et voilà le violon des mots qui te flattent les fibrent amoureuses et je te ressens au frôlement de ma voix, chavirer sous la houle, mes filets à te prendre, te posséder comme un doux poison, une alchimie qui te transforme en une adolescente toi la femme d’une belle nature d’avoir enfanté, d’avoir tant aimé… comme le granuleux du macaron… il te manquait le… moelleux.

J’étais à la fois ce moelleux et cet indifférent à ton amour dévorant qui me croquait comme une pomme juteuse qui se renouvelait chaque jour à ton algorithme de désirs du délicat au brûlant tu m’avais enchaîné et ma pleine conscience jouissait de toi et je m’ouvrais à moi petit être de rien tu as fait de moi un homme d’une autre taille aux ramures plus solides…

Aujourd’hui, nous sommes sur le parallèle d’une fracture, d’un quai qui nous vomit et nous restitue dénaturé renforcé et dénudé de Nous… et puis qu’importe notre amour qui n’a été qu’une vague plus haute que les autres dans nos vies respectives… et je remarque que tu portes la même jupe que cette première fois… et je souris, te souris et je te vois sourire de ton sourire liqueur haut degré de féline prête à me dévorer… et soupçonne ton désir intense de me rejoindre et de jouer une nouvelle fois de mes atouts de mâle séducteur, charmeur, enchanteur… tu me veux voilier sur tes courbes orgasmiques… tu me veux apprivoisé à tes lignes de conduites diabolique femelle…

et je m’enfuis à toutes jambes… moi l’homme objet…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018