Raison pliée sur elle-même

Oeuvre de Kryseis-Art – Volupte

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 15/31


… raison pliée sur elle-même la vie tient son fil à bout de bras au parterre des fractures la bouche ouverte comme une dernière lettre à prononcer un dernier souffle à soutenir mais l’air est sec en son Désert tout salé à ses lèvres elle l’appelle déjà le corps trop froid…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Pose ton regard

Photo de André Kertész

Photo de André Kertész

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°10  le mot : blanc


Pose ton regard, enveloppe ton iris,
Ouvre ta voix, cri l’envers du cri,
Dissipe ta vie à l’escale du Caprice
Engendres-toi ici toi le frère banni

Épouse ta terre aux orifices arides
A la belle pluie nourricière propice
Dépose ton sourire et le rude vide
Païen tarira ses puits à tes édifices

Nouveaux passeurs de temps au fil
Déposeront les racines en sol fruit
Ainsi tu connaîtras enfin le mille
Ans promis de paix en tes vies

Et le blanc sable pour sablier …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Tu es devenue …

Oeuvre de Stephen Elvidge

Oeuvre de Stephen Elvidge

 

Tu es devenue morte saison, cercueil de feuilles,

Ton terreau ne servira pas les asticots au seuil

D’un Paradis de légumes, ils creusent les galeries

De tes rides, les chairs moites comme un nid

Abandonné, ils te déshabillent à la froide nuit,

Aux corps à corps avec tes rêves seule tu jouis,

Et les parfums de tes amants alarment les cris

De tes fibres essoufflées tiennent la panoplie

Tels des pantins, ton fil de vie vient d’être cueilli.

 

© Max-Louis MARCETTEAU

Un fil de réalité

Blog de lateliersouslesfeuilles contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

L’hiver s’installe comme chez lui et frictionne les premiers frissons sur les chairs terrestres. Mon regard s’arrête sur un arbre défeuillé, nu; comme moi sous la pluie, juste fine à peine frisée, d’un pommeau de douche, … par delà une grande baie vitrée me laisse croire … en l’accueil … de terre nature en son sein et me fait rapapilloter avec ses champs, bosquets,massifs,bûches et bûchettes, herbes folles qui stigmatisent ce tableau à cœur dépouillé comme un désert sans peau.

Le flot continu, d’une eau juste chaude, à peine froide, polissage du corps et mes paupières se ferment en des volets rêveurs défigurés, éveillés. Je vois, … oui, je vois ce caractère sauvage, ce bas ventre de campagne comme épilé de sa substance nutritive : le respect, dont le fil a été rompu. Toute l’avide moelle de possession de quelques bipèdes affamés, voraces,cupides,rapaces, et surtout insatiables qui exploitent, pressurent,spolient, en un mot, viol … écrase,ruine,supprime, saccage,massacre,ôte,efface,dévaste,brise, broie, bouleverse, … tout cela pour consommer à l’indigestion, à la bêtise, à l’ineptie, à l’imbécilité, à l’ignorance, à la connerie, à la frivolité, au non-sens, …

Je sors enfin de ce malaise. Les yeux en une onde de tristesse, la pluie fine s’arrête, je passe au séchoir vertical, et puis à l’habillage automatique. Aujourd’hui, je vais travailler à l’atelier des bryophytes qui juxtapose celui de l’ethnobotanique de la station BxVz22 de Pcb (Proxima Centauri b, pour les puristes).

Il m’est annoncé huit heures par ma capsule intégrée sous l’oreille droite. On est en l’an trois mille un. Il ne reste de la Terre que des documentaires.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Je sais le fil de l’eau

Oeuvre de Hesther Van Doornum

Oeuvre de Hesther Van Doornum

Je sais le fil de l’eau, je suis le fil de l’eau, je vais sur le fil de l’O, je sais où me mènera le fil de l’eau, fil d’Ariane, je sais, je sais le fils de l’eau est … je vais au fil de l’eau et frise la gouttelette, oui c’est moi, là, je sais fils de l’eau, à foi de toi, à loi de ce fil d’eau à la gorge tête le dernier désert de glotte, gloutte, gloupi, glop, gobe, dernier filet d’eau de toi, je sais le fil de l’eau qui est, fils de l’eau qui ici manque , marque, les rides des terres et ronge les artères de sa soif, toi fils de l’eau, ma foi, ma loi, fil d’eau, tu es mon rhizome, je vais d’eau, à jet, j’en ai marre, de lac de l’attente, je crève de toi, toi ma foi, ma loi, en ce monde salé je te veux douce, doucement, mais à la douleur de te posséder fil de l’eau, je vomis de trop de toi, de moi, foi, loi, je paye le prix fort à ton sein, nourrice rare, je sais le fil de l’eau qui bouillonne en moi en rêve de mer, à mère, je suis toi fils de l’eau, je vais à ton fil couper pour la douleur de ne pas polluer ta loi, foi, car, je n’en suis pas digne, moi qui ne suis rien qu’une goutte d’O, ici, céans !

©Max-Louis MARCETTEAU 2015