Se griffe le mot en attente de vivre

Photographie Stephane Martinez

Challenge Lune et des participants


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… défaut dessiné au cœur de la Mer de la Sérénité suinte un trop plein de folie emmurée à ses dépens à l’impossible effet de libération se griffe le mot en attente de vivre …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Parloir sourd au format miroir à soi

Max Ernst - Santa conversazione - 1921 - Dédicacé à Benjamin Péret

Max Ernst – Santa conversazione – 1921 – Dédicacé à Benjamin Péret

Agenda Ironique Juillet.

(Choix ici du lipogramme (sans e))


 

Il part. L’horizon noir pour salut, sa main sur son front brûlant … pas à pas, il sort … d’ici pour la …

… prison… sa prison… son rasoir… murs du parloir, sourds au format miroir à soi, par la voix sans nuit, sans goût, fait son habit… la claustration sur lui, position du fautif au chagrin garrot, banni parmi tous bannis, un cachot lui sourit …

… aux visions poisons, d’abandon a sa raison … lui pantin corrompu a son ragoût d’alcool du mal construction amplification aux poumons d’un vaudou d’un air au bruit à subir l’attraction du …

La nuit, l’imagination au carcan à vif à vouloir fuir fait noircir son sang … aux matins toujours trop durs … poings au mur … croupir à l’infini dans son hôpital …

Tous, rugissants dans son ciboulot … tous fous …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Les nuages saoulés au whiskey sour sur ce tout enfariné

Film Dr Jekyll et Mr Hyde 1931- Acteur Frédric March

Film Dr Jekyll et Mr Hyde 1931- Acteur Frédric March

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


… la folie, la folie, la folie … le faux de la vraie faux se lit sur le champ de blé perdu dans une campagne aux horizons multiples et au temps suspendu comme un jambon de Bayonne au marché branché de Saint-Jean-du-Corail-des-Bois et puis la ténèbre prend acte à la dernière signature d’un soleil rougeoyant par erreur dans un ciel speedball délirant sur les couleurs de l’overdose neuronal et les nuages saoulés au whiskey sour sur ce tout enfariné d’un regard humain qui ne comprend pas encore le mot folie car dans le creux de sa main sa mémoire l’appelle à boire sa propre lie qui constituée d’âmes anciennes aux cris de rédemption les miroirs sourient à son désespoir attaché à l’encre de sa respiration enveloppée par une apnée chronique …

Il est allongé sur l’herbe de son jardin… le leitmotiv en langue de bouche à lèvres : la folie, la folie … il se roule, puis s’époumone … se déshabille de tout … s’éparpille … puis se lève prêt à partir pour l’inconnue rencontrée entre réalité absolue et relative il court il court il court la langue coupée en deux la tête renversée en arrière il crie il crie … la folie vient …. d’un balancé de faux de le fendre puis de le broyer par effet ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Ses yeux noirs et profonds comme deux puits en prolongement

Participation à Agenda Ironique d’Avril 2019


Rien n’est moins sûr que la certitude.

Un jour des épis de pereskia se présentent à une heure tardive à l’entrée de ma hutte d’hôtes au bord du fleuve. J’ai cru à quelques graines sans importance qui demandent asile pour la nuit toute fraîche de nos contrées. Je ne vais pas germer longtemps dans cette fameuse certitude qui taraude même les meilleurs. Elles s’installent comme des habituées et réclament audacieuses et en chœur un spectacle à casser la graine. Jean Fu serveur de bons vins, de mes employés fidèles et intéressé par la prime du quintal de blé de l’année, outré du ton et de la couleur des propos, s’oppose tout de go avec le jeu de ses yeux noirs et profonds comme deux puits en prolongement verticaux d’une telle demande qui n’est pas de belle facture.

Elles s’opposent, crient, s’excitent, glapissent, s’égosillent, tempêtent, meuglent, tonnent et enfin protestent fermement au rempart en seuil déposé comme un bouclier tenu courageusement par Fu qui tient haut sa position comme une graine de champion. Il n’est pas dit que son dernier mot prennent le chemin le plus court pour porter l’estocade à ces mégères qui s’étalent, de-ci de-là aux tables conquises telles des Amazones contre Priam. Et pourtant, à l’évidence, elles s’égrainent tant et si bien qu’il perd patience, affronte son désarroi et passe au travers d’un doute, d’un flottement, d’un embarras, d’une incertitude et flanche comme une flèche qui n’atteint pas sa cible.

Et, là, défiant l’impensable situation, l’abdication de Fu, je m’interpose et menace, j’exhorte à la raison et la dignité du lieu. Ici, on respecte la coutume et l’ordre. Ne vient pas en repos repas par des impositions, des exigences, des revendications. Les mauvaises graines, par ce coup, deviennent migraineuses, se figent comme dans une gélatine refroidie à fort tempérament. Et puis par un élément déclencheur dont je n’ai toujours pas compris l’once d’une logique graineuse, un grain de folie s’empare des épis comme un enchantement maléfique, dans un tohu-bohu, saccage ma hutte.

Alors, une graine de moutarde me monte au nez, je fais intervenir sur-le-champ les gardes : des fourmis tambocha, qui sont du genre à vous piquer de hannetons si vous prenez latitude d’un maître de céans alors que vous êtes désigné gueux par effet de caste, d’obligation, de résignation ou par convenance personnelle, voire par déplaisance d’attitude. L’épicentre fait onde de choc sur la totalité des épis qui s’éparpillent comme un coup de vent, balaie mon plancher, vers une direction dont la rosace conductrice sait m’éloigner de ces hôtes indésirables.

Rien n’est moins sûr que la certitude.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Phare alors…

Oeuvre de Gustave Doré

Oeuvre de Gustave Doré

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Je vais me prendre une bonne bière genre une Cantillon Soleil de Minuit. Je suis tranquillement assis dans un fauteuil osier genre Emmanuelle sur mon balcon du quatrième étage en cette douce fin de soirée d’été. Je me sens bien, presque heureux comme un viking qui vient d’arriver à bon port sur une terre inconnue après une mer de forte densité à la houle bien prise.

Au loin, je perçois le filet feu tournoyant du Phare. Il me fascine comme souvent quand je m’installe à cet endroit. Et précisément aujourd’hui il y a une singularité, un appel dans le temps comme si un moment de vie s’était inscrit à la verticale de ce lieu et dont j’en ressens les événements de… braises.

De gorgée en gorgée ce soir ma bière a un goût différent. Étrange. Et plus étrange encore ce phénomène d’images qui défilent dans ma tête en même temps que le Phare hypnotise mon semblant de conscience.

Suis-je à la porte de la folie ? Moi, l’homme de raison, cartésien pure souche. Vais-je à cet instant déposer ma plénitude entre balcon et bière ? Devrais-je m’imposer l’évidence que je suis devant un phénomène… paranormal ?

Devant moi… un fiacre… suspendu dans les airs, là, comme ça et un… gentilhomme en descend et… vient vers moi… comme s’il me connaissait… À ce moment précis j’ai le viscéral qui ne fait qu’un tour et je vomis mon restant du dîner du soir et bière, un mélange détonnant…

— Et bien mon jeune ami, vous ne vous sentez pas bien, me dit le gentilhomme très courtoisement.
— Je ne suis pas vraiment dans mon assiette, voyez-vous.
— Je comprends, je suis passé par là, aussi.
— Vous pouvez me dire ce qui m’arrive.
— Mais vous venez de… mourir !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le possédé

Oeuvre de Salvador Dali - three graces - 1977

Oeuvre de Salvador Dali – three graces – 1977

À la cervelle posée sur le plat d’argent,

Les neurones synapsent le conquérant,

Le fameux scalpel assoiffé d’agonisants

Tenu en main par un maître tout de blanc,

Cuit au four de la folie cet édenté médecin

Dégoulinant de veines pendues à sa blouse de saint

Découvreur de l’anatomie tel l’archéologue clandestin

Pille les secrets pour enrichir sa démence à desseins

D’empaler l’âme qui le tourmente sur la croix de l’agonie

D’un voleur de bonheur qui se devait de gagner son paradis !

© Max-Louis MARCETTEAU

Vertige accouplé

Oeuvre de Arkady Ostritsky

Oeuvre de Arkady Ostritsky

Ouvre les bras, prends ta folie,

Joue moi le sacre du printemps,

Frappe les tambours des cris,

Couche sur le papier ton sang,

Respire les océans à mon sel,

Éprouve la sensation d’aimer,

Remonte le fleuve à tire d’ailes,

Résiste moi,nuit aliénée de toi !

©Max-Louis MARCETTEAU