Dénonciation inachevée

Film Pit and the Pendulum avec Vincent Price et Barbara Steele

Film Pit and the Pendulum avec Vincent Price et Barbara Steele

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je suis boutonnière pour « boutons bi-partis collés, sertis, clipsés, avec inclusions, boucles ; boules ; anneaux ; bûches ; embouts de cordon … » et suis mariée avec un boutonnier. Rien de bien folichon dans notre vie.

Au début, il m’a possédé debout sous une porte cochère « équipée de chasse-roues métalliques ». Je m’en souviens, parce que après avoir fait son affaire, il s’y est pris le pied droit et a perdu l’équilibre comme une marionnette. J’ai bien ri. Il a pris une semaine de lit de souffrance, le bas du dos tout violet que c’était pas beau à voir.

Je me suis attachée a lui comme on s’attache à un animal de compagnie agréable tout étant utile c’est-à-dire sans les inconvénients. Je ne suis pas spécialement une beauté, lui pas spécialement un Apollon avec ce caractère un peu niais et je peux à loisir le commander, le houspiller, il ne dit rien, il sourit très souvent béatement et rampe si je lui demande. Il n’a pas une once d’antenne pour détecter la manipulation dont il est la victime consentante par défaut.

Et puis l’engrossement. Le monde se fabrique de l’enfantement inéluctablement comme une survie à contre-courant. Un, deux, trois, quatre enfants, le tout dans le foin notre nuptial endroit de prédilection pour s’ébattre entre la grange et la meule de campagne. Je l’aime par défaut et de ses défauts.
Au public bien aimé cette minute rend ainsi hommage aussi souvent que possible au singulier de l’auteur et au particulier de M. Cyclopède. Merci à lui, à vous, à nous d’entreprendre cette minute…
Et puis, nous voilà dans l’âge de la vieillesse à la quarantaine… à-peu-près. Ceux qui font l’histoire ne savent pas qu’ils font l’histoire et notre histoire n’a pas tourneboulé le monde et pourtant le mien va s’écrouler dans ce silence au-delà de mon écriture qui fera témoignage et cela après le fromage et pain de blé noir…

Il vient de m’empoisonner avec un bonbon qu’il a soi-disant acheté au marché ce matin et qu’il m’a offert sourire tendre et visage presque candide…

A mon écriture tremblante, je suis à vomir sur ma terre battue et humide de tristesse et de douleurs. Me voilà toute boutonneuse sur tout le corps, un comble pour moi… vengeance de lui ? D’une rivale ? Je suis seule à ma table porteuse de toute notre histoire… ma plume s’étiole, mon encre s’impatiente et mon papier se tache… soit maudit mon époux… je vais transmettre cet écrit dans…

— La garce. Elle allait nous dénoncer…
— Qui sait ? Elle a calanché…
— Je vais brûler cette lettre maudite…
— Non, ne fait pas ça… cette malédiction risque de se produire…
— Allez, vient mon Poulet…
— J’arrive mon Jars à moi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Comment, nu ?

Tom_cartoon

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Blog popinsetcris contrainte écriture.


C’est décidé, aujourd’hui, je cours. Je vais faire un footing… nu ! Oui, oui, tout nu… mais avec des chausses. Je suis à la campagne et donc pas de sous-entendu en sous-bois ou même entendu de : atteinte aux bonnes sœurs… mœurs (excusez).

Enfin, quoi ? Il faut manger sain, naturellement et bien… je cours… nature et même si l’on dit que la nature “se pare de ses plus beaux atours”, je dis toute même qu’il y une certaine gâterie à m’apercevoir… si le cas se présente.

J’entrevois des haussements d’épaules et ceux qui pensent : un caleçon, au moins pour minimum et bien, non… n’insistez pas. Et ne pensez pas que j’ai la cuisse légère parce qu’il me prend idée de courir ainsi dans les bois entre les regards d’une rivière qui pourrait sortir de son lit, des feuillages prêts à m’ignorer par pudeur sur vent siffleur et oiseaux persifleurs et de celui qui glande la haut, le Très Haut.

Donc avant de poser mon premier pas de foulée sur le vénérable sol de ma contrée bien aimée, je prends quelques forces et me tartine de mon fromage adoré le Sainte Maure de Touraine.

Allez, je m’échauffe les muscles et hop, dehors. Il est matin, il fait un tantinet frais. Je prends une petite route qui mène directement sur un chemin viticole. Je n’ai pas vraiment le temps de m’apercevoir que la voiture de la factrice arrive, qu’elle freine brusquement. Aucun temps de réagir, je me fracasse comme sur mur, la tête sur sa portière et tombe comme une marionnette, à terre.

La factrice prend peur ; appel les pompiers, la police, les journalistes et je suis embarqué à l’hôpital le plus proche et j’intègre quelques jours plus tard l’hôpital psychiatrique.

— Non, monsieur, courir nu n’est pas synonyme de premier homme sur la terre. Non, monsieur vous avez arrêté votre traitement et vous devez être soigné.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018