La vieillesse se déboulonne et s’enterre

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J’ai lâchement abandonné ma raison pour celle de la folie douce. Cette folie, en de multiple micro-folies, mine les biens portants quand elle les regarde dans le fond des pupilles.

Pendant des années j’ai vécu, oui vécu comme un homme normalement construit pour verser dans la consommation et l’animation quotidienne voulues par des gens reconnus comme plus sensés que moi et directifs sur le comportement que je devais transmettre…

Et puis les codes institués deviennent des orties au fur et mesure du temps. Les ondes grises des cheveux devenus blancs et du temps restant posent la question du comment veux-tu continuer à vivre si ce n’est pour mieux mourir avec cet esprit des choses accomplies par effet d’avoir été utile à toi-même. Et si les casses automobiles existent, la vieillesse se déboulonne et s’enterre en retraite de maison à prix d’or … à d’ornements funéraires sur contrat de deuil, la solitude est mortelle …

Et puis grimacer devant les habitudes de chaque jour comme une aumône, je préfère sourire, rire jusqu’à mon dernier sommeil de rêve les yeux ouverts sur une eau calme, le silence détendu vers l’infini d’un ciel drapé … de Toi mon Amour …

Et puis, je suis parti vraiment sur la route du délire, les mains dans les poches, le silence entre quatre murs, le monde m’a enfermé et refermé sur ma route à sens multiple et l’injection retard au creux de ma vie, le symptôme réduit à son expression du cri lié à son propre mur, je ris comme un perdu, le pavé de mon destin écrase la peau de banane qu’il m’avait dessiné …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018