Un coq et sa Poule

Oeuvre de Lorene Barioz 2014

Oeuvre de Lorene Barioz 2014

Il était une fois un coq qui s’était égaré de son poulailler !

Affaire étonnante qui bouleversa en son temps le paysan

De la terre Des Œufs de Nuit, sur le versant du métayer

Paul DESPOULES, représentant de la volaille, soi-disant !

 

Ce coq n’avait pas toute sa tête depuis qu’il avait connu

Une poule d’exportation venue du poulailler à la renommée

Tapageuse, au nom par lequel, tout coq raisonnable et têtu,

Se doit de mettre à l’écart, ce nom est : LUXE, une entité !

 

Elle avait débarqué toute pimpante, fardée de la meilleure,

Façon, provocante, bref une Poule de Luxe comme il se doit !

Notre Coq éleva sa crête au-dessus de sa condition à l’heure

Du matin par un chant d’une rare inspiration, un chant de choix !

 

La belle de Luxe sensible, resta tranquillement à sa place !

Notre Coq, renouvela chaque jour son exploit ! Toutes

Les poules étaient ravies, à part quelques favorites lassent

D’entendre une vocalise qui n’allait pas durer, somme toute !

 

Cependant, il tint bon ! Elle fut admirative ! Tous les deux

Se retrouvèrent dans un coin douillet du poulailler, s’aimèrent

A la folie, plumes dans plumes, se becquetant, heureux

Jusqu’à un matin où il réveilla en retard, l’œil amer !

 

Il commanda, qu’il ne fera plus le réveil matin, lui, le maître

De céans couronné de l’amour de sa Luxe, gracieuse amante !

La volaille gronda ! La grève s’implanta avant de disparaître

Par la venue d’un nouveau mâle emplumé de création galante !

 

Il fallait un rival de taille, c’est que compris de suite le paysan !

La Poule de Luxe s’orienta sur le bel organe qui s’exposait !

Notre coq, bien évidemment, déprima ! Il traita de faisan

Son adversaire qui le cocha par le fer du dédain et s’y croyait !

 

Les jours sombres s’ouvrirent sur une fracture du cœur !

Le coq amoureux perdait de ses plumes, de sa vivacité.

Notre paysan s’inquiétait. Il se décida à supprimer le cœur

Du problème : la Poule de Luxe passa à la casserole émaillée !

 

Hélas, le Coq perdit le peu de raison qui lui restait au-dessous

De la crête, en berne, et amplifia un manque de vivre, fatal !

Toutes les poules, poulettes, cocottes, paradèrent en frou-frou

Devant ses yeux tristes, son âme à jamais prise dans la spirale !

 

Le paysan jeta cet emplumé en dehors de son harem, endeuillé !

Pendant de nombreuses années, un coq chercha la sépulture

De sa Poule, picora les terres d’alentours, chanta sa vérité,

Sa peine et mourut, tué par une balle de chasseur, immature !

 

©Max-Louis MARCETTEAU