Le sable mouvant de sa confiance

Photographie Dan Beecroft – Waiting

Challenge Lune et des participants


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… incertaines les dernières nuits de l’humanité qui n’a pas puisé à la bonne profondeur dans le Lac de la Bonté au fil des années toute asphyxiée aux paroles des fausses vérités déversées sur le sable mouvant de sa confiance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Nul besoin de tenir une promesse pour trahir.

Oeuvre de Timothy M. Parker

Oeuvre de Timothy M. Parker

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Nul besoin de tenir une promesse pour trahir.

Je t’ai regardé, tu m’as souri, j’étais mal à l’aise, tu m’as pris la main, tu l’as embrasée et tu es partie.

Tu m’as pardonnée et je suis resté assis sur ma chaise de cuisine comme un idiot; j’étais saisi comme à l’intérieure d’une pomme au four qui ne sait à quel réchauffement climatique elle va être cuite, à point ou grillée dans son jus …

J’étais lié à mon environnement et à ma bêtise et mes doutes chimériques prenaient tout mon temps de raison pour ce temps de déraison, je devenais mon ensorceleur et mes victimes étaient des moi-mêmes qui se prenaient pour des autres …

J’ai le ruissellement de ma solitude qui s’infiltre dans les interstices de mon anxiété et le nocturne fait sa place, son nid, son lit, sa construction dans le plein jour de la vie, et les harpies des cauchemars me dévisagent comme une nouvelle offrande sur l’autel de mes frustrations …

Nul besoin de tenir une promesse pour se trahir.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Postérieur a posteriore ratione

Sculpture de Bernini - Pluton enlevant Proserpine

Sculpture de Bernini – Pluton enlevant Proserpine

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Tout est là, devant moi. Et je suis dans l’incapacité de pratiquer la pratique depuis… en fait, j’en sais strictement rien et je ne veux pas le savoir…

Si la fessée est une punition elle n’est pas pour moi mais pour une femme une inconnue, une égarée comme moi entre deux gares et un hôtel dont le bar avait ce visage vide de bouteilles pleines de regrets de n’être appréciées à l’alcoolémie de l’oubli de la solitude par des voyageurs aux privations d’une vie de rêve et de l’engueulade de l’être aimé.e qui s’inquiète comme une mère pour ses poussins, et des reproches salutaires qui nous font exister…

Bref, cette personne s’est prestement déculottée et s’est positionnée de telle manière à ce que je la fesse. Mais je ne suis pas un fesseur. Non, non. D’ailleurs, je suis un non-violent, pas comme mon patron qui est capable de balancer des outils dans l’atelier et chaud devant…

Je suis tout de même bien embêté au regard de ce fessier de rondeur et de fermeté… je suis en haut d’une gêne et d’une inexpérience. On peut s’attendre à tout avec une femme mais là, c’est bien la première fois que je me retrouve dans une situation de… fesses dont je ne sais résoudre le désir…

— « fichier »! dis-je en moi-même, car je m’interdis d’être grossier même avec… moi-même…

Et à ce moment précis j’ai une idée. Une vraie idée. La seule idée pour solutionner ce moment de vide entre moi et elle. Cette idée qui va nous unir dans cette chambre d’hôtel au Champagne triste, au lit défait sans ébat, aux volets clos de pudeur, aux regards des murs qui chuchotent les fragments de vies…

J’ai à portée de main un feutre noir, une aubaine, un hasard du hasard, une circonstance heureuse, bref, je vais réaliser un dessin sur chaque… fesse. Et pas n’importe lequel. Un moustique. Un gros moustique. Ainsi je peux à loisir m’envahir de la situation et occasionner l’occasion d’accomplir le désir de ma femme du moment…

— Alors, chéri tu te confesses ? Qu’est-ce que tu écris… mon pervers…?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un dernier espoir… peut-être

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“Rien ne sert de courir, il faut partir à point”. Je ne crains rien, je suis dans un cahot de la Bastille. Seul. Enfin, non. J’ai des compagnons un rat et quelques os. Je suis bien installé. Ce n’est pas le Pérou, ni l’Eldorado (pour celles et ceux qui connaissent).

Mon geôlier ne fait pas grève. Et oui, s’il veut me garder en vie. Mais pourquoi d’ailleurs ? J’ai longuement réfléchi et puis j’ai stoppé le “branchage” des questionnements qui transformait mon quotidien en un aspect touffu et brouillon à toutes mes réflexions. J’y ai mis le feu intérieurement. Je veux être libre… de l’intérieur, si je ne peux de cette vie profiter de la liberté extérieure avec des contraintes encore plus nuisibles que saines… sûrement.

Ainsi je me suis fabriqué un monde à moi avec une très haute montagne de… livres, des crayons suspendus comme des étoiles dans un ciel turquoise, un bon fauteuil, une literie de bonne qualité, un logis tiède et agréable…

Voilà qu’il m’arrive que ma pâmoison se déclare une nouvelle fois. Quelle idée ! Quelle idée de me transmettre tel confort dans ma tête, alors que je végète en ascète contre mon gré, moi le bon vivant. Je rage mais l’âge ne fait que grincer mes rhumatismes et quelques larmes.

Je n’ai plus de capharnaüm comme autrefois. Mon mobilier présent : une chaise de paille moisie, une petite table mitée, un lit de fer et paille humide, un sceau à besoins en bois, et quelques vieux journaux pour me torcher le nez, les fesses…

Tiens ! Je lis à la lumière blafarde continuellement présente, que le solstice d’été est dans une semaine.

Mais suis-je encore candide pour croire encore à revoir la vraie lumière.

Aujourd’hui, pourtant, je fais missionner mon rat d’un message, enroulé autour de son petit cou et je précise que ce cachot, où je suis actuellement, est de l’ancienne Bastille, là en dessous de Paris, à l’emplacement de la Tour de la… Liberté.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018