L’homme qui s’offre des mots à haute définition

Michael Collins – training – Apollo 11- Nasa

Challenge Lune et des participants


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… d’antan d’une Mer de la Tranquillité en apparence les images gravées aux pixels des empreintes de l’homme qui s’offre des mots à haute définition à l’heure de la Pleine Lune tout reste encore à créer …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Naviguer sur le ventre du désespoir

Photographie Sergey Chernega – Another world

Challenge Lune et des participants


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… avenir déjà inventé par l’homme sur le dos des hommes par d’obscures manipulations qu’une Mer des Écumes il ne restera quand les pleurs auront navigué sur le ventre du désespoir et traversé le faux regret d’antan …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Je le mate depuis un moment

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Il est là mon homme, en salopette, bleu de travail, cul par dessus tête pour réparer notre pompe de puits …

Je le mate depuis un moment.

Au-delà de ma naturelle nudité, ce jour, j’ai le gazon bien ras. Cela ne fait pas bander mon homme du jour, un tantinet contrarié par la machine à remonter la chose … dite d’eau.

Il est aussi d’une autre panne de ce temps où l’homme est une caricature de lui-même. Heureusement, nous, les femmes, avons fait œuvre d’intelligence. Nos ovocytes et les spermatozoïdes de ses messieurs ont été conservés précieusement aux fils des décennies …

La fabrication de gamètes a contraint cette humanité dénaturée par effet industriel effréné à effectuer un réveil trop tardif pour les uns : “merde ! personne nous a informé !” et les autres qui ont souvent ramé pour rien : “merde ! vous n’avez pas écouté nos avis et recommandations !” …

Et par effet, l’homme a perdu entre temps tout moyen d’ériger son propre désir. Et pourtant la formulation du plaisir de la chair étant instinctivement soudé à l’être, il ne pouvait s’en défaire.

J’essaye de le “pousser” au démarrage, au stimulus de l’homme qui commence à s’énerver et est au bord de la grève non déclarative à mon endroit stipulant qu’il n’est pas une bête de sexe et le bon vouloir de la femme n’est pas une raison raisonnable pour le stresser outre mesure, alors que son envie toute légitime est contrariée … et que le dépannage de la machine est plus important que l’excitation de sa bobine …

Et puis, je ressens comme une idée à l’intérieur de moi, une petite bougie qui s’allume, un eurêka en miniature. Une ancienne pratique qui me revient. Celle de “pomper” avec cette expression peu usitée : “pomper le dard”. Il ne faut qu’il prenne peur, mon homme. Comme je ne sais pas dessiner, je prends une paire de ciseaux et du papier obsolète, le tout déposé à deux bras de moi. Je vois ses yeux s’occulter par effet d’une peur compréhensible. Je prends plusieurs feuilles, je découpe, surcoupe, assemble, colle et voilà que prend forme l’essentiel de ma proposition.

L’homme est dubitatif. Il pose un regard, puis un autre regard sous un autre angle et puis un autre. Il acquiesce, branle du chef. Je vais le désencrasser jusqu’à la garde.

… en attendant qu’il me répare la pompe à eau, du puits … je vais le soulager de sa condition pour mon … plaisir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’homme objet…

Photographie de Tony Duran - Ricky Martin May 2018

Photographie de Tony Duran – Ricky Martin May 2018

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Je prends le train pour la première fois. Tu es sur l’autre quai. Tu me regardes… fixement, presque avec indécence. Je suis ta honte et ton premier amour… vrai. Tu ne pleures pas l’écume de nos jours… et la musique de mes mots résonne là, en cet intérieur secret de femme… encore et encore…

Rome était notre première rencontre. L’illusion du lieu, le prestige d’aimer. Et voilà le violon des mots qui te flattent les fibrent amoureuses et je te ressens au frôlement de ma voix, chavirer sous la houle, mes filets à te prendre, te posséder comme un doux poison, une alchimie qui te transforme en une adolescente toi la femme d’une belle nature d’avoir enfanté, d’avoir tant aimé… comme le granuleux du macaron… il te manquait le… moelleux.

J’étais à la fois ce moelleux et cet indifférent à ton amour dévorant qui me croquait comme une pomme juteuse qui se renouvelait chaque jour à ton algorithme de désirs du délicat au brûlant tu m’avais enchaîné et ma pleine conscience jouissait de toi et je m’ouvrais à moi petit être de rien tu as fait de moi un homme d’une autre taille aux ramures plus solides…

Aujourd’hui, nous sommes sur le parallèle d’une fracture, d’un quai qui nous vomit et nous restitue dénaturé renforcé et dénudé de Nous… et puis qu’importe notre amour qui n’a été qu’une vague plus haute que les autres dans nos vies respectives… et je remarque que tu portes la même jupe que cette première fois… et je souris, te souris et je te vois sourire de ton sourire liqueur haut degré de féline prête à me dévorer… et soupçonne ton désir intense de me rejoindre et de jouer une nouvelle fois de mes atouts de mâle séducteur, charmeur, enchanteur… tu me veux voilier sur tes courbes orgasmiques… tu me veux apprivoisé à tes lignes de conduites diabolique femelle…

et je m’enfuis à toutes jambes… moi l’homme objet…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Vous avez dit injustice ?

Oeuvre de Henri Biva

Oeuvre de Henri Biva

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L’homme se regarde au miroir du puits cyclope millénaires. Il tente de se persuader que la victime n’a pas basculé dans cette fosse d’eau, ce bel ouvrage à la Sychar (sans les chenilles).

L’amant disparu n’était pas à son premier périple adultère. Il avait la frénésie des lits des autres. Les femmes n’avaient en lui que sa parole, pas divine mais ressentie comme telle, et de l’envoûtement aux prémices de l’effleurement, aux élans de séduction, la herse de la conquise était prise d’assaut, ouverte en bastille et embastillé d’amour… frelaté.

Bref, un populaire dont le journal local fait état aujourd’hui et les fessiers de ces dames n’attendraient plus la culbute bienvenue et pour cause : trop souvent la jachère était présente par défaut, impopulaire mais subit, seule et imparfaitement injuste.

L’homme se retourne et demande à sa femme, debout, bras croisés à soutenir sa généreuse poitrine:

— Alors ?
— Alors quoi ?
— Tu l’as fait disparaître ?
— Je n’ai pas les moyens.
— Franchement, on risque d’avoir des soucis…
— Demande le divorce
— On a encore des factures en commun à s’acquitter
— Tu es mesquin
— Je suis pratique, nuance
— Goujat…
— Gueuse…
— A méditer sur mon cas, tu devrais revoir notre position de couple.
— Quel couple ? Nous sommes deux meubles… à s’astiquer chacun dans son coin.
— Tu es ignoble
— Je constate
— Je rage
—… pour rien…
— A ce disparu, qu’importe… un autre me retroussera… tu n’auras pas le triomphe facile…

Et d’une gifle, elle ressent aussitôt l’effet. Et de cause elle s’enhardit à cette attaque surprise et bouscule promptement son mari qui bascule dans le… puits. À ce fait d’armes, elle y voit une chance de refaire sa vie et crie aussitôt au malheur et de l’imprudence d’un époux charitable à qui elle devait le faire croire.

Morale : À qui pense être dans une mauvaise passe, l’injustice sait porter secours.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Histoire de Q Q O Q C C P

Qui de l’ivraie du bon grain,

d’avance, sait faire la différence ?

 

Quoi en chacun de nous, nous fait

développer le levain de médisance ?

 

Où s’agrippent ses griffes si ce

n’est sur les parois du délicat ?

 

Quand les routes nous la font

croiser, nous sommes renégats !

 

Comment pouvons-nous croire à

l’humanité submergée de ses tares ?

 

Combien de temps dureront encore

nos nuits sous ses pâles étendards ?

 

Pourquoi le comportement humain

se signe des défauts de l’Homme ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU

 

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 4/5

Je suis prostré, debout. Muet. Comment traverser ce marécage ? Et qui trouverais-je après l’avoir traversé ? Et si j’abandonnais, là ? Le retour est impossible. Mourir sur pieds. J’attends. J’attends. Les yeux fermés et le cœur ouvert à l’espoir. Mais il n’a pas ce nom. Je ne connais pas ce nom, je le ressens. Il est là, au fond de mon âme d’enfant.

Mes pieds trempés et mes larmes d’un œil à un autre me brûlent. Et je crie. Ce cri qui sort d’ici, ce cri d’enfant cruellement abandonné dans ce marécage et qui n’a aucune direction prendre. Dis maman, tu es où ?
Et ce bâton qui ne me sert à rien.

J’ouvre les yeux. Une troisième nuit. J’ai l’impression de ne rien ressentir. Ma peau est une herbe séchée. Ma bouche n’a plus sa source. Je suis statue. Je suis cette nuit à moi tout seul. Cette nuit muette et qui me broie le cœur. Cette nuit qui n’a rien de moi. Cette nuit des douleurs sourdes. Je n’attends pas ce quatrième jour. Je vais mourir. Je n’ai plus de force. Elles sont parties avec mon désespoir.

Ce jour arrive. Il n’est pas aussi beau que les précédents. La liberté d’un enfant n’est pas d’être seul. Je respire encore. Debout, mes pieds sont partiellement gelés. Mes yeux sont des lanternes presque éteintes, à peine ce souffle de vie et puis, j’aperçois dans un quart de ciel orangé défiguré, des ailes d’oiseau. Est-ce pour moi ? Ce premier voyage vers un ailleurs inconnu et que l’on espère fortement.

Cet oiseau de belle envergure se rapproche de moi, tournoie, s’exprime étrangement et se rapproche. Et j’aperçois, enserré dans ses pattes, un objet qu’il laisse tomber à mes pieds. Je me penche difficilement avec l’aide de mon bâton qui se courbe en même temps que moi. Je ramasse la chose, tout en bois et le bâton m’aide – enfin – à me redresser.

C’est une flûte galoubet. Elle est gravée de symboles. À son contact, ma main se réchauffe. Suis-je à l’orée d’un rêve ? J’ose porter à mes lèvres, sans faim de trois jours, le bec de l’instrument. Mon léger souffle et mes quelques doigts, par magie, interprètent un air, inconnu, à mes oreilles. Quand, je vois apparaître à quelques toises, à l’entrée de la clairière, face à moi, une ombre filiforme. Un homme de toge violette et d’une toque noire s’approche, rapidement, trop rapidement que déjà son regard est accroché au mien à quelques centimètres.

— Que me veux-tu gamin ? Grogne-t-il.
— J’ai… froid et… faim.
— Et c’est pour cela que tu me déranges, garnement ?
— C’est que… je suis bien en peine de me déplacer. J’ai les pieds… souder au sol…
— Qu’est-ce que tu me chantes ?
— Veux-tu m’aider ?
— Je suis un magicien. Le magicien des Quatre Houx sur ce territoire. Et que m’importe tes pieds soudés au sol. Je rentre d’où je viens, et ne m’interpelle pas une nouvelle fois, je n’ai que faire de toi.
— Mais…
— Indélicat crapoussin…
— Dis-moi l’enchanteur, si tu ne frayais pas avec l’alcool de prunes tu aurais la convivialité printanière et non hivernal.
— Qu’est-ce qui pousse entre tes oreilles le marmot ? Tu te crois où ? Au salon des jouets enfarinés d’oribus ?
— Ton aura se pourrit par chaque lettre que tu viens de prononcer. Bientôt, je devrais te prêter mon bâton pour que tu puisses rentrer dans ton logis
— Qui… es-tu… marmouset ?
— Vois tes mots, tu deviens viande carnée…

Le magicien, peau tannée, bouche édentée, devient comme un arbre foudroyé, planté dans la boue gelée.

( à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

A la vôtre …

Photographie de Patrizia Burra

Photographie de Patrizia Burra

Ce soir, je me sens triste comme une patate ébouillantée. Je tourne en rond entre deux neurones qui jouent au badminton. Les feux sont éteints en moi.

Les feux de quoi, d’ailleurs ? Les feux de l’amour ? Non. Les feux de vie. Ils sont éparpillés sur des plages. Les vagues n’ont rien effacé et le sable en à garder les empreintes. Étrange de vivre comme un marbre qui se désagrège.

Écriture de l’ennui. Écriture de nuit. Écriture polie. Écriture qui ne sait pas quoi faire de son encre et au lieu de sécher, elle teint des lignes qui ne demandent rien. Ou, si, de naître. Une ligne vierge est une ligne en devenir. Un embryon en gestation, congelé.

Étrange comme le sens de ses phrases n’avouent pas le sens de ma pensée. Ma pensée n’a pas de sens. Ma vie est une savonnette, elle me glisse entre les doigts, fait des bulles et qu’est-ce qui reste ? Un homme propre ? Non. Quelques ramettes de papier. Des bulles d’encre, séchées.

On n’est jamais au fond du trou tant que la dernière pelletée n’a pas recouvert la dernière rainure de bois.

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Se mêlent, se fondent et se confondent

Oeuvre de Lena Sotskova

Oeuvre de Lena Sotskova

La femme tient en son fruit, l’homme !

L’homme tient en son arbre, la femme !

 

L’homme tient en son fruit, la femme !

La femme tient en son arbre, l’homme !

Intimement liés en une seule flamme,

Ils croquent à dents la sève pomme !

 

La femme tient en son arbre, l’homme !

L’homme tient en son fruit, la femme !

Ainsi est née de cette union la somme

Des âmes ainsi égarées par le drame !

 

La femme tient en son fruit, l’homme !

L’homme tient en son arbre, la femme !

Couple parfait devant l’autel consomme

Pour avenir paradis et enfers, réclame !

 

L’homme tient en son arbre, la femme !

La femme tient en son fruit, l’homme !

De cette fusion parfaite est née l’Ame !

Et l’Amour scelle à jamais cette somme !

 

©Max-Louis MARCETTEAU