Conscience de sa pesanteur en perdition lumineuse

Photographie Iva Castro – enjoying the moonlight

Challenge Lune et des participants


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… évaporé l’humain dans sa demeure Terre entre l’univers matière et son univers neuronal la Mer des Vapeurs l’entoure au bout de sa victoire éphémère sur l’élément conscience de sa pesanteur en perdition lumineuse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Votre sérieux dans les orbites ne laisse pas de doute -Chapitre 2 sur 2

Mont_st_michel suite Iotop 2012

Mont_st_michel suite Iotop 2012

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)

Un Grand Merci à Lia pour la traduction ICI


(… suite)

— Vous m’avez fait peur … dit le spectre …
— Pareillement …
— M’enfin, cette musique … ce n’est pas vous ?
— Que nenni !
— D’ailleurs que faites-vous là ?
— Je dormais.
— Moi aussi.
— On a été réveillés …
— Ça se voit, non …
— Et si c’était le jugement dernier ?
— Impossible !
— Pourquoi ?
— J’aurai été le premier informé.
— Possible.
— Quoi qu’il en soit, je vous attendais sans vous attendre ou tout du moins j’attendais une venue …
— Et ?
— C’est vous l’élu.
— L’élu ?
— Oui.
— Qu’est-ce cette histoire à dormir debout ?
— J’explique. Il y a bien dix ans que je n’ai pas rencontré une âme terrestre…
— Et ?
— Je me demandais … si …
— Si ?
— Si … ma place vous intéresse ?
— Vous … plaisantez j’espère ?
— Regardez moi … j’ai un manque cruel de la vie humaine, je suis au bord de la dépression …
— Oui, effectivement votre sérieux dans les orbites ne laisse pas de doute.
— Donc ?
— Mais enfin … même si présentement j’ai froid, j’aime être vivant, moi, même avec un contrat CDD dont je ne connais pas la date de fin, paradoxalement.
— Avec moi, les décennies en siècles … une aubaine pareille ne se refuse pas.
— Possible, mais tout de même mort … et vous devez vous ennuyer ferme, non ?
— Mort ? Non, voyez-vous même … et les attractions sont diverses et mon territoire est assez vaste …
— Hum … j’y gagne quoi, en vérité ?
— Tout !
— Tout ? Vous êtes un marrant, vous !
— Allons, un peu de sens humain … entre nous …
— Bé, je ne veux pas vous contrarier, mais présentement, à vous regarder, je cherche l’humain …
— Et si … je vous forçais la main ?
— Une menace ?
— Avez vous le choix ?
— On a toujours le choix …
— A ce propos vous avez toujours cette maladie qui vous tracasse la vie …
— Comment ? Vous êtes ….
— C’est un don tout naturel pour nous les spectres des chapelles …
— Et alors ?
— Faisons un marché … vous prenez ma place … pour disons … un siècle … ou sinon je vous laisse mourir de peur sans rien en échange …
— Vous êtes un tordu.
— Vous n’aviez pas à pénétrer mon territoire sans autorisation …
— En un mot … je suis piégé.
— Le moustique sait-il qu’il est piégé par la toile d’araignée ?
— Euh …
— J’attends votre réponse.
— Pour le moustique ?
— Mais non, pour cet échange entre nous … tapons pour un siècle …
— Dix ans !
— Cinquante !
— Quinze maxi !
— Trente à prendre ou laisser.
— Vous êtes dur en affaire.
— Et encore, je suis bon prince, je vous ai laissé une part de marchandage …
— Vous êtes trop bon …

Ainsi j’ai laissé mon corps à un vendeur de spectre et certains diront que je me suis fait rouler par le premier suaire venu. En attendant, j’attends dans cette chapelle en ruine une possible rédemption et c’est à moi de jouer … cet air de musique …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

De la nature humaine cette plante enracinée

Dessin animé - La belle au bois dormant - Maléfique - 1959

Dessin animé – La belle au bois dormant – Maléfique – 1959 – (traduction : oh, ils sont sans espoir.
Une véritable honte pour les forces du mal
)

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°47 le mot : nature


De la nature humaine cette plante enracinée
Déraisonnable décalée délinquante disséminée
Décidée à s’implanter en son autodestruction
La Nature prend les mesures par injonctions

De la nature humaine ni bien ni mal considéré
Ni question existentielle ni d’éternité à se figurer
Ni désir d’aimer ni de reproduction à se saturer
Elle n’est qu’une meute en rage de s’être égarée

De la nature humaine le progrès est un virus
Le pouvoir une balle traçante l’avenir un rébus
La guerre un besoin et la paix une aubaine
Tout est dit pour l’Homme laves-toi de tes peines …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Une horloge tombe à l’eau

Dessin de Bubo – Inktober 2018 – #14  (je vous invite à découvrir cet artiste de BD)

Et c’est aujourd’hui le quatre centième texte 🙂 Champagne … 🙂


Une horloge tombe à l’eau. Elle bulle des « aux secours » par peur. Sur la berge un pêcheur qui ne voit que son flotteur traînant son ennui par le jeu du clapotis d’une pluie éphémère, indifférent à cette noyade, baisse son chapeau jusqu’à son nez.

Les secondes de l’horloge égouttent les flaques de l’agonie en des ondes qui se cassent sur le fond de la rivière caillouteuse, aux délits cachés en son sein. Les poissons font les gros yeux sur ses aiguilles qui cadencent au tic-tac affolés comme si elles couraient un sprint pour sauver ses minutes qui se comptent les unes les autres avant de passer de vie à trépas en soixante secondes et que le passé archive sur le rayon des suicides… possibles …

L’horloge rage.

Pourquoi les cambrioleurs l’avaient bâillonné ? Elle n’était pas une alarme, tout juste un carillonnement pour dénoncer les heures ? Pourquoi l’avaient-ils recouvert d’un tissu rouge lors de son enlèvement ? Elle n’avait pas l’intention de trahir ses ravisseurs. Pourquoi se retrouvait-elle en compagnie d’autres horloges dans un hangar aux lucarnes agressives ? Elle avait toujours vécu seule et ses congénères bruyantes dérangeaient son comptage journalier, elle ne savait plus, si elle était en retard ou en avance. Quelle angoisse ! Pourquoi, personne ne resserrait son ressort ? Elle avait envie de vivre encore ses secondes en éternité, ses minutes en espoirs, ses heures en cadeaux, ses jours en jouissances, ses semaines en bonheur, ses mois en étoiles, ses années en Noëls, bref de vivre un siècle bien remplit. Mais, comment sortir de cet asile d’horloges en délire, chacune son tic, avec pour certaines une tendance à se prendre pour des baromètres, et comment tenir plus longtemps sans compromettre irréversiblement sa raison ? Elle désirait retrouver une main attentive, prête chaque fin de semaine à remonter son mécanisme d’orfèvrerie imaginé par un maître horloger de la Vallée des Siffleurs. Et ses engrenages qui peinaient, et . . . pourquoi n’avait-elle pas pensé plutôt à invoquer la déesse des Horloges : TikTak ?

Elle rassemblait son énergie à invoquer la formule mathématique qu’aucuns scientifiques n’auraient pu déchiffrer. Tout le monde était mis à l’épreuve : cliquet, rochet, spirales, pignons, ancre, fourchette, roue d’échappement, roue motrice, poids, lames de suspension… Ses aiguilles dansaient un quadrille à une vitesse que la lumière en aurait pu perdre la vue. La déesse se présentait en montre gousset, brillante.

— Tu n’as qu’un seul vœu, ma belle, tu as une couronne de temps pour le prononcer.

L’horloge émue par ce phénoménal événement, balbutiait son vœu.

— Au bord d’une rivière, une jolie maison, annoncer mes heures à l’un des gentils habitants . . .

Quand elle se retrouva au bord d’une rivière, son cadran se mira les chiffres ! Le temps d’une couronne n’avait pas pris la totalité de sa déclaration ! Malheur ! Cet équilibre précaire lui valu la noyade.

Elle rage ! Tant et si bien que le dieu des horloges : TacTique, s’agace ! Il prend la mesure de ce tragique destin et lui glisse entre ses rouages délicats une incantation chiffrée qu’elle traduit par :

— L’horloge seconde sans heurt la vie des humains, tu seras l’horloge des poissons aux heures sans faim.

Morale : soyez clair et concis dans vos choix.

©Max-Louis MARCETTEAU

La pointe de la lame défie à chaud

Oeuvre de Joe Benitez - Lady Mechanika - La Belle Dame Sans Merci

Oeuvre de Joe Benitez – Lady Mechanika – La Belle Dame Sans Merci

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°36 le mot : lourd


La pointe de la lame défie à chaud
La chair fébrile au shampoing froid
De la peur à sourire de mourir vrai
Dans le bain noir de l’œil de la faux

D’un filet de sang tiède de vie de go
La peau écartèle du millimètre voit
Le centimètre sourire large du trait
De profondeur surpasser par défaut

Le pas lourd, regard feutré humain,
S’écrouler le triomphe d’une réalité
Le sang à flot dévoiler d’un chagrin
De partir complètement d’une … infidélité !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Miroir de soi

Cary Grant, fraîchement rasé, pendant une pause sur le tournage de la comédie noire de Frank Capra, Arsenic and Old Lace (États-Unis, 1944)

Cary Grant, fraîchement rasé, pendant une pause sur le tournage de la comédie noire de Frank Capra, Arsenic and Old Lace (États-Unis, 1944)

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°9  le mot : léger


Miroir de soi et salle d’eau en reflet le temps se grise et gifle les rides crème de jour passé à tabac a effet de figurer aux troubles… celluloïd… plasticité de l’être d’âge en âge chapitres de vie se ressemblent insipides translucides en héritage tout nous éloigne…il me semble… de l’humain d’ici ou d’ailleurs manque ainsi ce léger possible à l’usage d’une vérité bonheur au moins une fois pour…cible… atteinte au sensible de soi imparfaite créature nuisible et goûter à la gelée royale de son humanité de lois exaltées et enfin flexible à son immanente moelle !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Histoire de Q Q O Q C C P

Qui de l’ivraie du bon grain,

d’avance, sait faire la différence ?

 

Quoi en chacun de nous, nous fait

développer le levain de médisance ?

 

Où s’agrippent ses griffes si ce

n’est sur les parois du délicat ?

 

Quand les routes nous la font

croiser, nous sommes renégats !

 

Comment pouvons-nous croire à

l’humanité submergée de ses tares ?

 

Combien de temps dureront encore

nos nuits sous ses pâles étendards ?

 

Pourquoi le comportement humain

se signe des défauts de l’Homme ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU

 

J’attends ?

 

Je passe mon temps à attendre. L’attente immobile, l’attente qui n’est pas mon oncle diront certains. L’attente qui n’est pas du camping est un sarcophage. Et ce dernier ne fait pas partie de la famille des macrophages. Non. Ni d’un pseudo président qui se transformerait aux jours de pleine Lune en un loup garou pour termites égarés, ni chômeurs, d’ailleurs. Quoi que…

Ce n’est rien d’attendre. Ce qui est difficile c’est d’être opérationnel au moment où l’action pointera le bout de son nez. Et pas frileux, ce nez. En plein dans le pif, l’action en question. Et là, il faudra assurer. Et pas question d’être le dernier des derniers pour faire bonne figure. Pas de pifomètre. Non. De la tenue, de l’audace sans piment. Du tact, de la diplomatie, et le cœur avec soupape de sécurité s’il vous plaît. C’est pas le moment de taper un infarctus entre deux mots échappés d’une voix d’outre-tombe.

En vérité, et je reviens sur ce que je viens d’énoncer, attendre est un calvaire. Un seul ? Non. Une succession de calvaires. Une plaie, pour chaque jour. Et pas d’urgentiste pour colmater ce sang d’espoir hémorragique qui n’a pas de plaquettes pour réparer. Le miracle est que l’espoir est toujours vivant. Les années passent et je suis devenu un écorché vif. En coupe, en travers, de face, de dos, bref la totale. Pas beau à voir. L’humain est solide tout de même. Il supporte l’insupportable. Cet instinct de survie, une extraordinaire invention du vivant. Mais que de souffrances !

J’attends. Comme si j’étais seul à attendre. Et elle, elle attend ? Pas sûre. Sans attente pas de manque. Pas de manque pas d’angoisse. Pas d’angoisse, pas de médicament. Pas de médicament, pas de problème. Pas de problème, pas de vie ?

Je suis mort ?

© Max-Louis MARCETTEAU

cœur de l’horloge

Oeuvre de Erin Keck

Oeuvre de Erin Keck

Au cœur de l’horloge, prime les secondes fécondées

D’impulsions accordées sur le fil du Temps accoudé

Sur la trajectoire d’une onde de vie toilée à la vue

De l’humain imparfait par nature, particule suspendue !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Blanc drap

Photo de Michael Pependieck

Photo de Michael Pependieck

Au blanc drap, l’odeur d’hier.

Passage d’une vie cimetière,

Les fleurs fanent à la pierre,

Du Temps, le froid en bière !

 

Au blanc drap, l’hôpital vit.

Les patients de chair prient.

La guérison passe en croix,

Les yeux délavés sont lois !

 

Au blanc drap, la mariée rit.

Le couple s’épanche, jouit.

La naissance et premier cri.

L’humain survit de ses fruits !

 

Au blanc drap, et la vierge.

La dot accompagne le cierge,

Le futur arrive, tend sa verge.

Un peu de sang pur, émerge !

 

Au blanc drap, et le battoir.

Dos et genoux pour la gloire,

Lessiver a user le purgatoire,

Les mains pressent l’espoir !

 

©Max-Louis MARCETTEAU