Mon Amanite est comestible

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Mon Amanite est comestible. Si, si. Vos yeux font un tour de piste sur le stade de l’interrogation. Et je vous comprends. Tout n’est pas poison. Je vous assure. Il n’y a pas de secret. La nature des choses est bien faite et je suis de cette ivresse à vous la présenter toute en chair, sans danger et pas de folie tout le monde sera servi et vraiment pour les allergiques, un antidote dans la boite urgence est présent à l’étage…

Je vois dans votre pupille gauche un spasme d’inquiétude. Qu’est-ce cette Amanite ? Ma tendre et chère mannequin vendue sur un plateau pour le plaisir du goût … en chocolat.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Je suis assis sur le rebord du mot.

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi - Pouic-Pouic - 1963

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi – Pouic-Pouic – 1963

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L’ivresse des mots vaut bien un paysage magique … muet…

Je suis assis sur le rebord du mot. Il me prend le tournis. Je résiste, et la parole fielleuse est un lasso. Je suis ligoté et aucun pompon de marin ne viendra me sortir de ce moment de flagrant délit de jouissance du mot qui me souffle son existence dans les bronches comme un soufflet de forge …

Je brûle à mon tour de n’être qu’un nom, prénom, numéro analogique … de consonnes à voyelles les sons s’appellent les uns les autres encore et encore …

Lendemain est une hésitation sur la longueur de temps et j’enjambe le pont de la division de l’être en humain sur le territoire herbeux de la ponctuation défiant ce fameux souffle comme une souffrance de vie qui s’étend comme du linge sur une ligne trop tendue étendue … au soleil de fête pourvoyeur de micro-vies pour alimenter une mort manufacturée par le Grand Architecte …

Je viens pour une autre année, un autre âge, poser mon empreinte sur le sable du souvenir de l’autre avec des bougies nommées le bonheur d’additionner une palette de couleurs qui se nuancent mine de rien à la beauté tant recherchée qui apparaît comme si la vieillesse apportait mine de rien encore sa vraie valeur de vie, sa raison d’exister parmi le branchage feuillu de la descendance comme point de référence, d’appui …

Car le mot vieillir a toute cette richesse et son ivresse d’un bon vin aux arômes à fleurir encore et encore …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Croisement

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Croisement

“Rien ne va plus, les jeux sont faits” et pour l’autruche aussi qui vient de percuter mon pare-chocs. J’ai tout perdu au jeu, même la montre offerte par mon frère disparu, tant aimé. Je crois que je vais vomir mon repas tagliatelle. Mais bon, je suis fait de ce bois dur de l’alpha que l’oméga ne pourra pourrir.

Je m’arrête et vois les dégâts. Pas beau à voir. La plume du rachis à l’étendard fait un drôle de jus, la chair broyée, pétrie, rompue, pilée, écrasée, et du sang d’un foncé carmin… Bon appétit. Je crois que je vais vomir mon repas tagliatelle.

Combien de témoins ? Je ne sais pas. La route est peu fréquentée par ici. Et pourtant, une femme se présente : Madame Bovary. Je ricane. Je lui fais répéter. Elle me dit à voir vu la totalité de la scène. L’autruche est dans son tort. Elle me le confirme. Pourtant je me demande si son taux d’alcool est raisonnable.

— Vous n’aurez pas de besoin de maquiller l’accident. Mon témoignage est de grande valeur.

Puis, elle fait quelques pas en arrière. Ouvre son sac et en sort un carte de la région. Elle l’étale sur le goudron.

— Venez voir. J’habite ici. Vous pouvez venir me voir, si cela ne vous fait pas peur.

Elle sourit. Un sourire vraiment édenté. Je crois que je vais vomir mon repas tagliatelle. Elle devrait carrément se faire coudre la bouche. Je réponds que je n’ai pas le temps et que je vais ramasser les restes de cette volaille et passer à la pharmacie pour prendre un antiémétique.

Elle m’écrit sur un morceau de papier son numéro de téléphone. Elle me sourit une nouvelle fois. J’évite son regard. Et me pose la question si vraiment, elle n’est pas en état d’ivresse.

Je fais peut-être mon ringard, sans un merci. Je la vois partir. Sa voiture n’est pas en état de rouler, non plus, apparemment. Je dégage le reste de la bête à grands coups de pied. Le bord de fossé fera très bien une belle fosse.

Je remonte dans ma voiture et je vomis, un tout indescriptible surtout une tagliatelle devenue innommable. Et je souris, de mon sourire… édenté.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018