La Lune stoïque se ferme à l’angle de l’ennui

Œuvre de Vadim Sadovski

Challenge Lune et des participants


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… l’humain planté sur l’axe terrestre trace par défaut sa route vers le Golfe de la Concorde et chaque jour est un échec chaque jour est une tentative chaque jour est pourtant différent quand le regard de la Lune stoïque se ferme à l’angle de l’ennui …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Lumière du jour qui demande asile

Oeuvre de Gibulène – Lune

Challenge Lune et des participants


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… l’évidence qu’il y a cette lumière du jour qui demande asile sur fond de dérision de la Vie qui se tient à la béquille du Temps tous réunis au bar de la Mer de la Fertilité refuge de l’Espoir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Ce vaisselier centenaire me scrute

Ce vaisselier centenaire me scrute

Oeuvre de David-Germain Nillet – La soupe.jpg

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A l’heure de mon repas journalier ce vaisselier centenaire me scrute de ses yeux vitreux … et ce canapé… je l’entends crier à chaque fois que les griffes du chat lui triture la caouane couleur bleue de son teint …

Ma soupe est chaude et je réfléchis la tête … de la cuillère dans le bouillonnement … elle ne souffre pas … elle …

La lampe du plafond, allumée, la vague d’un tungstène dans l’âme :

— T’as un souci, Paul ? me dit-elle.
— Je souhaite l’oubli.
— Tu souhaites de l’aide ?
— Non.

Et ma cuillère fait dos rond… c’est louche …

— Tu fais ta forte tête ?
— …
— Ne me réponds pas !
— J’en ai ras la soupière …
— Et moi ras l’assiette creuse de tes bouderies …
Cesse ! .. de me mordre les rebords !

Cela dit, elle n’a pas tort. J’ai le dentier du haut qui racle et qui râle en fond de gorge comme un écho.

— Je te côtoie tous les jours et …
— Précise, dit la cuillère en se retournant et me fixant le plein de son questionnement à ras le bord.
— Tu vas retourner au tiroir.
— Tu es abject !
— Laisse-moi exister au lieu de te plaindre chaque jour.
— Tu vas fricoter avec une autre…
— C’est sûr !
— Goujat !

Et … je l’ai noyée dans sa jalousie pour l’éternité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

A la moisson du rêve

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Passage de la limite, passage du lieu, passage entre nuages de vies et non-vies, les feuilles des scénarios songent à se tenir aux garde-à-vous aux revers de dormeuses éveillées entre drap de papillons et couvertures anti-insomniaques …

A la moisson du rêve, premier du nom, le volatile de service pose ses premières images. Le souffle de plus en plus long les mouvements des yeux qui scintillent sur le lustre d’un château … de cartes … et l’escalier en colimaçon, tu cries la bouche collée sur la vitre d’un hôpital … la pluie, une sueur, roule sur ton front et tu projettes de te suicider au premier carrefour d’une rencontre hasardeuse avec une corde pendue elle aussi et qui crie elle aussi sur la même longueur d’onde … ton cou se rétrécie et une lumière rouge s’allume ….

Réveil et sursaut. Tu es à quatre-vingt-dix degrés assise sur ton lit à cent trente de pouls et la nuit silencieuse se crispe, se tord … la lumière blanche éclate tes yeux et tu respires le verre brisé qui est dans ta bouche pâteuse … rien ne vient te sortir de ce rêve pénible même pas un réconfort de ton compagnon qui est assis sur la lunette des toilettes malade des boyaux … rien n’est moins certain que la vie soit une diarrhée tout le long d’un parcours initiatique d’apprentissage qui se solde par une mort sans avoir rien compris et appris …

Et enfin, tu te réveilles vraiment comme un deuxième souffle, un cauchemar de rêve et tu te rends compte qu’il fait grand jour quand tu ouvres tes volets sur … le néant …

Tu es morte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Première fois

Oeuvre de Jeanne Mammen

Oeuvre de Jeanne Mammen

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Je reste prudent devant le mot amour. J’en ai une peur bleue. De cette peur de l’inconnuE : la Femme. Je n’ose penser à ce moment qui aura le goût de l’inattendu… l’écrire n’est rien, le vivre… je le vois comme une angoisse, une possession de soi dont on n’est plus chez soi… mais chez l’autre tout étant un seul dans deux corps pour un seul acte grandissant comme une fleur tropicale…

Je n’attends pas ce jour, et pourtant, je le ressens, il est inscrit sur le mur gris de mon inconscience. Je frôle ce moment de désir intense et la répulsion de l’aborder. La rencontre fatale, l’appel du dépassement, l’excitation de la découverte…

Aurai-je la force… d’être pris au piège ? Je souhaite la trahison… que le premier pas… ! Dois-je accepter la douceur de l’instant proposé comme une possibilité à la fougue incontrôlée ?

Et puis, tout arrive, la Femme est là-devant moi comme une statue de la liberté, impressionnante et inaccessible, aux yeux pénétrants et… affectueux. Contraste inquiétant et surprenant.

Elle me prend la main et… la pose doucement à la base de son sein…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Si j’étais toi …

Blog de victorhugotte – Agenda Ironique 2018 – Janvier.


Si j’étais toi,
Gare à la soie,
A la gare de Foix,
Garde ta joie.

Si j’étais toi,
Gare à une loi,
Pose des jours,
Pour le retour.

Si j’étais toi,
Gare au froid,
D’un été gai,
Pour souhait.

Si j’étais toi,
Le satin rose,
Sera ta pause,
Beau minois.

Si j’étais toi,
Prends la vie,
Tout à toi,
Rouge tapis.

Si j’étais toi,
La clé d’hier,
Pose un choix,
Ainsi te libère.

Si j’étais toi,
Imposes toi,
Roule les R,
Pas en l’air.

Si j’étais toi,
Éclaires toi,
Maintenant,
Il est temps.

Si j’étais toi,
Bois la lie,
Ainsi guérit,
Sage profit.

Si j’étais toi,
Ouvres toi,
Mon chéri,
A mon envie.

[Si j’étais toi,
Fermes toi,
Monde gît,
Et toi suis.]

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le conte authentique de la Galette des Rois. Chapitre 2/3

Oeuvre de Vincent Van Gogh - Moulin De La Galette -1886

Oeuvre de Vincent Van Gogh – Moulin De La Galette -1886

Un petit être des bois, nommé FliBo, qui vivait dans un végétal millénaire, un genre de magicien.

— Je ne sais si je peux aider ta Royale autorité.
— Tu as des pouvoirs… et tu es ma seule adresse… la possible bouée de sauvetage du Royaume.
— Je suis un indépendant…
—… avec beaucoup de pouvoirs…
— Pouvoirs, oui, mais ils ne font pas offices de sauvetage financier d’un royaume. Je fais avant tout dans la pâtisserie magique, et non de l’industrie monétaire.
— Enfin, quoi… tu peux… inventer une pâtisserie monnayable ?
— Sottise
— As-tu au moins essayé ?
— En vérité… non.
— Alors qu’attends-tu ? Je serais ton obligé !
— Et tu crois que j’invente comme ça ? D’un coup de baguette magique ! Je ne suis pas comme se nommer Potter. Non, monsieur !
— Enfin, ne fait pas ta tête des mauvais jours et fait œuvre d’humanité.
— Humanité, humanité… enfin… reviens dans trois jours.
— Comment te remercier ?
— Je ne promets rien. Je vais essayer.
— Je reviens dans trois jours, à la première lueur de l’aube.
— C’est ça… et ne t’égares pas comme la dernière fois.
— Sois rassuré.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation.

L’éminence grise fit son rapport avec une bonne mesure d’optimisme en évaporant le soupçon d’un échec. Le Roi était tout sourire et prenait cette première intervention de son éminence comme un succès évident, une chose acquise et qu’il devait être célébré sans attendre. Car pour une bonne nouvelle, c’était même une excellente nouvelle. Cependant, il se ravisa. Comment célébrer avec la gibecière vide ? Il prit la décision de faire un discours à l’ensemble de ses sujets, marquant par des mots choisis qu’une nouvelle ère était à naître et que les survivants de ce beau royaume profiteraient du confort matériel à…

Son discours l’essouffla et il dut se mettre au lit, la fièvre comme compagne. Quelle émotion, se disait-il dans ses draps d’un feuillage orangé. Et il y resta trois jours pleins, bien entouré et nourrit à la paille de lait de chèvre et de poule. IL fit quelque délire sans grande conséquence.

Quant à son éminence, elle était dans l’inquiétude et avait peut-être donnée un trop d’espoir avec insouciance. Il s’en voulait et prenait le fouet de lianes pour se châtier de bonne manière. Il se traitait de coquin, de vaurien, de fripouille, de gueux… jusqu’à ce qu’il s’écroula, inanimé. Heureusement, la grise éminence était elle-même bien entourée et les spectateurs à ce genre de flagellation avaient pu le réanimer de belle façon en le frottant avec de la glace pilée à la vanille. Remède ancestral et efficace.

A l’aube du quatrième jour, LiDou reprit le chemin vers FliBo, avec quelque angoisse légitime.

(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Une vie d’apnée

Oeuvre de Nani Serrano

Oeuvre de Nani Serrano

Une vie d’apnée, sans palier, la profondeur du silence,

L’archet d’un violon qui tranche les mots de pénitence,

Le Temps qui s’oublie à compter les jours sous la potence

De ton regard comme un hameçon, ton indécence.

©Max-Louis MARCETTEAU

 

9ème mois avec Toi

Septième Ciel est le premier sommet de l’Amour,
Et le franchir dans un état sincère sans détour,
Promet d’ouvrir d’autres chemins avec bravoure
Tête haute, cœur vrai, âme déshabillée du discours
Et découvrir des cimes que le mortel de sa petite cour
Modeste doit apprécier en chaque parcelle du jour
Bénie de vivre ces moments toujours trop courts
Renouvelés jusqu’au questionnement du doute vautour
Et revenir les pieds sur terre défait ou fortifié de cet Amour !

©Max-Louis MARCETTEAU 2017