La fin du Monde frappe à ma porte

Lune_Iotop_2018

Lune_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … je me rappelle. Oui, je me rappelle. Je me rappelle. Et puis, non. Je n’ai pas envie de me rappeler. Tout souvenir est trop intense et me fait vieillir me semble-t-il comme si un mauvais miroir m’obligeait m’imposait me commandait tel un mauvais génie à regarder en face de profil de côté d’en haut à la lumière d’un temps à la bougie qui elle n’avait pas la moindre idée que la LED allait naître d’un semi-conducteur comme si un semi-cocher pouvait conduire une charrette une carriole un cabriolet … comme quoi rien ne va plus dans ma tête et je dis n’importe quoi comme pour me tenir éveillé tel un moustique devant une lampe blafarde usée presque pathétique voilée d’une poussière crasseuse de temps d’années qu’elle fait vêtement combinaison d’une plongée dans le temps qui n’est plus le mien celui qui flotte entre deux états d’une théorie des cordes et dont je préfère l’effet de langue d’origine : « string theory » à l’accent à la traduction à la définition légèrement dénaturée du mot «string» qui pourrait laisser rêveur un Tarzan aux lianes distendues de l’esprit par les fameux souvenirs qui s’étirent peut-être eux aussi sur l’expression d’un plafond de verre qui ne va pas tarder à se briser aux morceaux de choix et n’a pas le temps de choisir … non non … pas le temps à ce temps de fin du Monde qui m’attend sur le seuil et frappe lourdement ma porte telle une massue d’un soi-disant barbare chrétien haut de corps l’esprit à pic à cœur de carreau et le trèfle quatre feuilles me sourit une dernière fois … la réalité cette réalité une pâte brisée … un fil funambule… les années au fond du sablier le monstre avale tout … mon puits d’insouciance m’ouvre les bras à me noyer …

— Alors, docteur, comment va-t-il ?
— Delirium post-réalité à double effet … l’effet de mode de fin du Monde fait tous les jours des victimes …
— Irréversible ?
— Irréversible !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il est minuit est rien ne se passe – Chapitre 2/2

Kaamelott – Perceval – Franck Pitiot

Kaamelott – Perceval – Franck Pitiot

Agenda ironique Juillet 2018 : palimpzeste.


( Fin du chapitre précédent : Il se lève comme une heure malheureuse de recommencer son tour de garde. Et si toutes ces femmes avaient liens avec lui ? Comme un échec non plus amoureux mais un échec tout court de sa… vie ? Et si… On frappe à la porte.)

Chapitre 2/2

— Qu’est-ce ? (un comble pour le plus grand détective du monde)
— C’est moi.
— Dr vous êtes aussi imprévisible que le temps qu’il fera un 14 juillet…
— Vous me paraissez dépressif. Pourtant vous avez de quoi assouvir votre soif de raisonneur avec cette affaire… votre frère d’une belle intelligence, supérieure à la vôtre soit dit en passant, aurait déjà…
— N’en dites pas plus Dr Watson, vous enfoncez en moi un grappin bien profondément… ce jeu pour me piquer ne sera pas de bon effet, je le crains…
— Allons, allons… vous n’avez pas découvert le meurtrier ?
— Ô que si… j’ai trouvé, hélas, trois fois hélas, mille fois hélas… je ne suis qu’un renégat…
— Auriez-vous interrogé les esprits ?
— Ma table ne tourne plus depuis bien longtemps, mais j’ai le tourbillon de l’affreuse faucheuse qui n’attend que le dernier mot de mon souffle … l’impatiente.
— Penseriez-vous mettre fin à vos jours ?
— A mes jours ? Grand Dieu je préfère retourner sur les Dunes…
— Eastbourne n’a-t-elle pas été le théâtre de l’un des meurtres ?
— Si…
— A la scie, vous avez raison… et à chaque fois une procédure différente. Tout cela est bien étrange et tout à fait inattendu…
— Inattendu… oui, c’est là que la corde – and last, but not least me tend son nœud … pour me pendre. J’en suis le seul responsable.
— Je ne vous suis plus S.H…
— Cela s’appelle la marque du Pangolin
— La marque du Pangolin ?
— Je suis en moi ce drame, cette griffure d’adolescent qui respire l’air des assassins par ce manque de courage d’assassiner moi-même… mettre sous écrou les moi dispersés dans ce monde fabriqué d’entités négatives. Vous n’avez jamais soupçonné un seul instant que la seule complexité ou abomination des meurtres commis ne pouvaient avoir une relation avec ma personne ?
— Mon cher S.H. vous êtes dans le délire. Pour votre bien je vais vous procurer un médicament…
— Non, non… Watson, regardez-moi bien dans les yeux. … vous ne voyez pas un assassin ?
— Non, mais je vois que vous manquez de lucidité… et de sommeil réparateur…
— Pas de sommeil Watson… je manque… d’amour… tout simplement…
— Eh, a vous tout seul, vous auriez assassiné la moitié du monde ?
— Et pourquoi pas ?
— Donc les quatre blondes ?
— Tout à fait !
— Je crains ne point vous suivre dans ce raisonnement. Et puis cette marque de Pangolin comme un anathème… je vais aussi de ce pas consulter mon cher confère le Dr Moore qui vous a déjà soigné…
— Non, Watson, non… je ne suis qu’un monstre… comme toutes ses affaires que j’aie eu à traiter… mais mon traitement à moi n’est plus du ressort de la médecine légale mais de l’esprit…
— Le vôtre s’embrume d’un smog londonien…
— Votre ironie fait plaisir et aujourd’hui vous me surpassez…

Il est minuit et une minute… une claque retentissante vient de réveiller complètement Sherlock Holmes de sa fièvre du masque de l’ennui par le Dr Watson…
— Vous êtes fou Watson…
— Vous parliez haut dans ce délire… il fallait un traitement à la hauteur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Les jours s’aquarellent

Oeuvre de Herbert Behrens-Hangeler

Oeuvre de Herbert Behrens-Hangeler

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018 (2eme semaine : détail)


Les jours s'aquarellent,
 Le vent délave l'horizon,
 Le soleil brosse ses rayons
 Et je porte le deuil d'Elle.

Je suis et je ne suis pas,
 Effondré, assis de pleurs,
 Je rage, vomis ce trépas,
 Dépose ma vie bonheur.

On ne survit pas, non,
 On végète tel un Pluton
 Entailles sur des tailles,
 Ma vie devenue faille.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018