Noir et blanc je suis de visu

Photographie de George Krause

Photographie de George Krause

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°24  le mot : noir et blanc


Noir et blanc je suis de visu
L’image de ma personnalité
Toute délavée et décousue
De bord à bord médiocrité

Prescrite depuis ce temps
D’enfance assombrie à vif
Par à-coups d’effet parents
Barbelés à l’acide affectif

J’ai péri plusieurs fois d’ici
A l’ailleurs de moi aux cris
De vivre mes larmes nuits
Blanches blotties à fond de lit

Refuge d’un instant réduit
Au quart d’une vie tuée
Par le puits sans fond bâti
Pour se noyer … amputé !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Alors, j’y vais ou pas ?

Oeuvre de George Bellows

Oeuvre de George Bellows

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #4


Je regarde l’heure. Il est minuit pile. Pile ou face… la fenêtre est ouverte.

Alors, j’y vais ou pas ? Je m’appelle Max ou Louis ou peut-être autrement… je me prénomme le Néant… Invitation au rien sur les lignes d’une vie aux routes sinueuses et traçages à la bêche, pioche, pelle, routes à pied depuis cinq fois cinq de cinq en cinq jusqu’à maintenant…

Alors, j’y vais ou pas ? Je pleure ? Non, je retiens tout là cet endroit qui se fébrilise à ton nom, ce nom de Tout qui fait de moi Néant un rien de quelque chose d’aimer moi qui n’ai pas su t’aimer, moi qui suis ce plongeon vers le mot rongé des traumatismes, j’ai goûté ta peau comme une offrande…

Alors, j’y vais ou pas ? J’ai l’air de quoi dans cette grande ville portuaire ? Un Néant au regard porté sur la Loire qui s’impose comme une femme aux débordements qui ressemblent à tes mouvements de houle entre orgasmes et cris de colère, tu es nue de cette nudité dont le sable est le coquin qui caresse la chaleur de tes berges…

Alors, j’y vais ou pas ? Je souffre oui, c’est vrai mais qu’importe la souffrance elle me porte depuis trop longtemps et me nourrit de son sein toujours trop lourd, toujours inassouvi, cette présence comme une seconde vie qui me taraude là et ici et puis ici…

Alors, j’y vais ou pas ? Je ressens les larmes de mon futur linceul mais suis-je vraiment au bon endroit ? Je suis là et puis ailleurs, toujours dans l’absence d’ici pour un ailleurs dont ma présence apporte ces sourires, ce bien être, ce réconfort… et moi je suis où dans ce mouvement humain qu’une simple accolade de rires, une partition de clown qui ressemble à l’intérieur… Buffet…

Alors, j’y vais ou pas ? Je ne sais pas aimer et me voilà crucifier, alors à quoi bon continuer ? Tu es une absence possédée de la présence de ton aura, position de la rose des vents, et souffle de notre amour de cendres pas d’enterrements en vu de prendre le relais d’une autre souffrance, je reste planté à mon calvaire, le sourire comme un soleil cajoleur, et puis ces nuages ne sont pas pour Toi, Mon Amour, rien ne viendra te remplacer qu’une seule larme de toi pour me sentir vivant…

Alors, j’y vais ou pas ?

(Note : j’ai oublié de fermer le gaz. Je reviens aujourd’hui (car il était hier) même heure, même endroit, rebelote et peut-être dix de der…)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 4/5

Je suis prostré, debout. Muet. Comment traverser ce marécage ? Et qui trouverais-je après l’avoir traversé ? Et si j’abandonnais, là ? Le retour est impossible. Mourir sur pieds. J’attends. J’attends. Les yeux fermés et le cœur ouvert à l’espoir. Mais il n’a pas ce nom. Je ne connais pas ce nom, je le ressens. Il est là, au fond de mon âme d’enfant.

Mes pieds trempés et mes larmes d’un œil à un autre me brûlent. Et je crie. Ce cri qui sort d’ici, ce cri d’enfant cruellement abandonné dans ce marécage et qui n’a aucune direction prendre. Dis maman, tu es où ?
Et ce bâton qui ne me sert à rien.

J’ouvre les yeux. Une troisième nuit. J’ai l’impression de ne rien ressentir. Ma peau est une herbe séchée. Ma bouche n’a plus sa source. Je suis statue. Je suis cette nuit à moi tout seul. Cette nuit muette et qui me broie le cœur. Cette nuit qui n’a rien de moi. Cette nuit des douleurs sourdes. Je n’attends pas ce quatrième jour. Je vais mourir. Je n’ai plus de force. Elles sont parties avec mon désespoir.

Ce jour arrive. Il n’est pas aussi beau que les précédents. La liberté d’un enfant n’est pas d’être seul. Je respire encore. Debout, mes pieds sont partiellement gelés. Mes yeux sont des lanternes presque éteintes, à peine ce souffle de vie et puis, j’aperçois dans un quart de ciel orangé défiguré, des ailes d’oiseau. Est-ce pour moi ? Ce premier voyage vers un ailleurs inconnu et que l’on espère fortement.

Cet oiseau de belle envergure se rapproche de moi, tournoie, s’exprime étrangement et se rapproche. Et j’aperçois, enserré dans ses pattes, un objet qu’il laisse tomber à mes pieds. Je me penche difficilement avec l’aide de mon bâton qui se courbe en même temps que moi. Je ramasse la chose, tout en bois et le bâton m’aide – enfin – à me redresser.

C’est une flûte galoubet. Elle est gravée de symboles. À son contact, ma main se réchauffe. Suis-je à l’orée d’un rêve ? J’ose porter à mes lèvres, sans faim de trois jours, le bec de l’instrument. Mon léger souffle et mes quelques doigts, par magie, interprètent un air, inconnu, à mes oreilles. Quand, je vois apparaître à quelques toises, à l’entrée de la clairière, face à moi, une ombre filiforme. Un homme de toge violette et d’une toque noire s’approche, rapidement, trop rapidement que déjà son regard est accroché au mien à quelques centimètres.

— Que me veux-tu gamin ? Grogne-t-il.
— J’ai… froid et… faim.
— Et c’est pour cela que tu me déranges, garnement ?
— C’est que… je suis bien en peine de me déplacer. J’ai les pieds… souder au sol…
— Qu’est-ce que tu me chantes ?
— Veux-tu m’aider ?
— Je suis un magicien. Le magicien des Quatre Houx sur ce territoire. Et que m’importe tes pieds soudés au sol. Je rentre d’où je viens, et ne m’interpelle pas une nouvelle fois, je n’ai que faire de toi.
— Mais…
— Indélicat crapoussin…
— Dis-moi l’enchanteur, si tu ne frayais pas avec l’alcool de prunes tu aurais la convivialité printanière et non hivernal.
— Qu’est-ce qui pousse entre tes oreilles le marmot ? Tu te crois où ? Au salon des jouets enfarinés d’oribus ?
— Ton aura se pourrit par chaque lettre que tu viens de prononcer. Bientôt, je devrais te prêter mon bâton pour que tu puisses rentrer dans ton logis
— Qui… es-tu… marmouset ?
— Vois tes mots, tu deviens viande carnée…

Le magicien, peau tannée, bouche édentée, devient comme un arbre foudroyé, planté dans la boue gelée.

( à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Aimer, toute la question est là.

Aimer, toute la question est là.
Mais qui ? Pour quelle raison ?
Quand on ne sait pas aimer ici-bas,
La vie est une constante oraison.
Aimer, c’est bien beau, au vrai.
Mais quand on n’a jamais appris,
Les maladresses sont des traits,
À rayer le cœur qui devient aigri !
Aimer, c’est une belle utopie.
Mais l’autre, une simple copie,
Un miroir, voire une parodie,
Comment aimer cette tyrannie ?
Aimer, faut-il être béni ! Ô oui !
Mais qu’en est-il des trépassés,
Des mots d’amour déjà cueillis,
Puis jetés sur le rivage, entassés ?
Aimer, choisir de l’être, aussi !
Délit d’amour trop souvent,
Réprimé entre larmes et cris,
Choix du silence de l’amant !

©Max-Louis MARCETTEAU

Délivrer

Oeuvre de zhang weber

Oeuvre de zhang weber

Délivrer par sang dilué de larmes le mot qui a osé souffler sa première lettre à l’indigente encre bercée à la pointe effilée de l’imaginaire, esclave.

© Max-Louis MARCETTEAU 2015