Plaire à sa photographie à ma photogénie

Loire_pierre_percée_Iotop_2019

Loire_pierre_percée_Iotop_2019

Nouveau challenge – édition 2020 – Le marathon de la nouvelle


 » Demain sera toujours demain », mais quand le réveil sonne, il est aujourd’hui … les yeux noyés dans un rêve qui se gomme comme honteux d’avoir existé.

La page blanche dans le brouillard du matin et l’overdose de la fatigue qui tient le trottoir sur les douleurs de l’être à la marge de se tenir debout équilibriste sur le devant de la scène de son théâtre …

Mon miroir se moque de moi … je souris béatement comme si je devais me plaire à sa photographie à ma photogénie … je suis étrangement pâle de cet éclairage vers mon extérieur … je frotte de ma brosse à dents mes quelques dents encore …

Si je pouvais essorer mon cerveau comme mes vêtements après les battements de la machine à laver … la douche est salvatrice le bain régénérateur et pourtant le propre ne fait pas l’addition de ma bonne santé mentale …

Le revers ne connaît pas l’endroit, ils se font tout à fois face tout en étant opposés le no man’s land infranchissable même par raison atomique alors que je me regarde nu entre trois miroirs j’éclate de rire de me voir de tous les côtés de cette épaisseur sans relief …

J’évite le rasoir six fois par semaine et rate pourtant cinq fois par semaine mon bus du matin comme une disposition à me retenir sur mon territoire mais aujourd’hui c’est dimanche l’orgue de l’église me souffle son impatience … j’ai encore cet orgueil de servir à quel qu’instrument … une raison de vivre encore … sans doute …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Votre sérieux dans les orbites ne laisse pas de doute -Chapitre 2 sur 2

Mont_st_michel suite Iotop 2012

Mont_st_michel suite Iotop 2012

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)

Un Grand Merci à Lia pour la traduction ICI


(… suite)

— Vous m’avez fait peur … dit le spectre …
— Pareillement …
— M’enfin, cette musique … ce n’est pas vous ?
— Que nenni !
— D’ailleurs que faites-vous là ?
— Je dormais.
— Moi aussi.
— On a été réveillés …
— Ça se voit, non …
— Et si c’était le jugement dernier ?
— Impossible !
— Pourquoi ?
— J’aurai été le premier informé.
— Possible.
— Quoi qu’il en soit, je vous attendais sans vous attendre ou tout du moins j’attendais une venue …
— Et ?
— C’est vous l’élu.
— L’élu ?
— Oui.
— Qu’est-ce cette histoire à dormir debout ?
— J’explique. Il y a bien dix ans que je n’ai pas rencontré une âme terrestre…
— Et ?
— Je me demandais … si …
— Si ?
— Si … ma place vous intéresse ?
— Vous … plaisantez j’espère ?
— Regardez moi … j’ai un manque cruel de la vie humaine, je suis au bord de la dépression …
— Oui, effectivement votre sérieux dans les orbites ne laisse pas de doute.
— Donc ?
— Mais enfin … même si présentement j’ai froid, j’aime être vivant, moi, même avec un contrat CDD dont je ne connais pas la date de fin, paradoxalement.
— Avec moi, les décennies en siècles … une aubaine pareille ne se refuse pas.
— Possible, mais tout de même mort … et vous devez vous ennuyer ferme, non ?
— Mort ? Non, voyez-vous même … et les attractions sont diverses et mon territoire est assez vaste …
— Hum … j’y gagne quoi, en vérité ?
— Tout !
— Tout ? Vous êtes un marrant, vous !
— Allons, un peu de sens humain … entre nous …
— Bé, je ne veux pas vous contrarier, mais présentement, à vous regarder, je cherche l’humain …
— Et si … je vous forçais la main ?
— Une menace ?
— Avez vous le choix ?
— On a toujours le choix …
— A ce propos vous avez toujours cette maladie qui vous tracasse la vie …
— Comment ? Vous êtes ….
— C’est un don tout naturel pour nous les spectres des chapelles …
— Et alors ?
— Faisons un marché … vous prenez ma place … pour disons … un siècle … ou sinon je vous laisse mourir de peur sans rien en échange …
— Vous êtes un tordu.
— Vous n’aviez pas à pénétrer mon territoire sans autorisation …
— En un mot … je suis piégé.
— Le moustique sait-il qu’il est piégé par la toile d’araignée ?
— Euh …
— J’attends votre réponse.
— Pour le moustique ?
— Mais non, pour cet échange entre nous … tapons pour un siècle …
— Dix ans !
— Cinquante !
— Quinze maxi !
— Trente à prendre ou laisser.
— Vous êtes dur en affaire.
— Et encore, je suis bon prince, je vous ai laissé une part de marchandage …
— Vous êtes trop bon …

Ainsi j’ai laissé mon corps à un vendeur de spectre et certains diront que je me suis fait rouler par le premier suaire venu. En attendant, j’attends dans cette chapelle en ruine une possible rédemption et c’est à moi de jouer … cet air de musique …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Votre sérieux dans les orbites ne laisse pas de doute – Chapitre 1 sur 2

Mont_st_michel Iotop 2012

Mont_st_michel Iotop 2012

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Chapitre I

Il est vingt-deux heures avec les poussières qui s’enroulent à l’éclairage d’une Lune toute à son effet de projecteur naturel directrice de la photographie avant la lettre … quand un air de musique enfle dans la chapelle abandonnée dont j’ai élu domicile avec mon barda pour dormir après plusieurs kilomètres de marche qui s’inscrit au challenge que je me suis imposé soit dix-sept kilomètres par jour …

Les notes vagabondent d’une portée à une autre défiant le souffle de l’orgue de service qui dort en son intérieur fort calmement en ce début de nuit aux douleurs musculaires éparses et supportables qu’une angoisse me porte son avis à double tranchant et me réveille à demi puis complètement et assis au croisement de mes sens au coefficient cent sur l’échelle improvisée d’une peur réveillée et inattendue qui se signe sur le bord de mes lèvres en ses quelques mots :

— Y a quelqu’un ?

Les quelques vitraux moribonds restent muets si ce n’est un banc qui craque légèrement que mon entendement détecte comme une réponse possible.

— Y a quelqu’un ?

Ma respiration signe son départ et l’apnée a pris le relais c’est dire que tout cela est propice à un arrêt du cœur sans ordonnance mais l’instinct de survie qui veille me propulse de mon sac de couchage et les saintes pierres ainsi que l’autel me voient nu comme un ver car il est bien entendu qu’il faut dormir nature dans ce genre de tissu isolant …

Quoi qu’il en soit je crois faire une crise de tétanie à la vue d’un spectre qui me tourne le dos et avance en … marche arrière. Comme quoi, bien du monde se fait des propos comme quoi « il » marche en … marche avant. Bref, « il » va me bousculer et j’ose dire faiblement :

— Attention …

Quand … « il » se retourne … pousse un cri strident … ce qui m’achève d’un coup et tombe d’un seul homme dans … ses bras … enfin de compte sur le reste de mon barda ce qui fait un bruit de tous les diables …

Nous reprenons tous deux nos esprits … après plusieurs malaises conséquents et consécutifs et consternants par nos manques respectifs de sang froid … quand enfin nous stabilisons notre effroi réciproque :

(à suivre…)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

J’adhésive ma vie

Chateau_blain_Iotop_2019

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


J’adhésive ma vie sur le théâtre de ma scène (ou inversement) figée depuis trop longtemps qui se rit de ma posture d’exil … inconfort en décembre je brûle mes dernières braises au regard d’un fleuve qui se déborde d’une eau de pluie peuplée d’histoires lointaines aux territoires marbrés des jonctions de civilisations inégales …

Inégales … j’attends la création d’un nouvel amour illégal comme d’une résurrection … et visiblement ce mot porte : é-r-e-c-t-i-o-n, symbole caché (?) élément phallocratique par excellence me laisse perplexe devant ma bouteille toute féminine qui tient toujours debout audacieuse provocante à l’allure profane au culot d’être encore pleine alors que j’avais eu son goût au goulot dans le gosier d’un instant à un autre comme une descente sur neige à vive allure sur une piste noire je devais l’être … noir …

Noir … me rappelle en filigrane neuronal Nougaro :  » …je broie plutôt du noir, du noir en dedans … » et je respire l’inconséquence d’une vie qui s’égraine n’érige rien et s’étouffe dans des draps de nuits qui s’enroulent indifférentes sur mes cloisons blanches …

Blanches … je suis dans une bulle en arrêt au stop du croisement chagrin j’ai dépassé la ligne blanche par no-limite de la ligne jaune de celle de la ligne rouge et pas de ligne verte et je m’aligne sur un lit froid de toit pas de ligne d’horizon sans toi pas de ligne de métro pour te rejoindre j’ai que mes lignes …

Mais … le drame est toujours à portée de main, pas le bonheur… dans ce théâtre …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Je soupçonne une impatience

Rose_arctique_Iotop_2018

Rose_arctique_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— Alors, ça vient ?
— Non !
— Comment, non ?
— Tu veux t’y coller ?
— Avec de la glu ?
— Très drôle.
— Non.
— Tu peux te dépêcher.
— Je fais à mon rythme.
— C’est de ta faute, aussi.
— Ne remets pas le même disque.
— Tu fais toujours le même chant.
— Pareillement.
— Je soupçonne une impatience.
— Dès plus virulente.
— Tu n’as qu’à prendre sur toi.
— Je fais quoi, là ?
— Tu as pris tes cachets ?
— Quatre, déjà !
— Va pas me faire une overdose.
— C’est de toi que je fais une overdose.
— C’est agréable à entendre.
— Vrai, je me demande pourquoi je suis avec toi.
— T’es libre.
— C’est bien ça le problème.
— Va pas me faire un cas de conscience.
— C’est aussi ça le problème.
— Passe-moi un verre d’eau.
— Tu en as marres de moi ?
— Complètement.
— Pourquoi ne pas me l’avoir dis plutôt ?
— Pas eu l’occasion.
— Parce que maintenant c’est l’occasion ?
— Faut croire.
— Je suis …
— Tu es ?
— Je ne me sens pas bien.
— C’est pas nouveau.
— Tu me cherches ?
— Pour l’instant je cherche une solution à notre problème.
— De couple ?
— Tu crois que c’est le moment ?
— Mais tu viens de me dire que c’était …
— T’es vraiment bête quand même.
— Bon alors, tu arrives à le mettre ce préservatif !!!

… avant internet on discutait vraiment dans les couples … en tête-à-tête.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ce Nous était impérissable et méprisable

24h_du_Mans_Iotop_2007

24h_du_Mans_Iotop_2007

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


… quand la vieillesse d’une bouteille de whisky m’avait susurré entre mes mains son appétit de me connaître plus intiment entre mes lèvres j’avais cédé comme un puceau devant l’importance du désir … Nous venait de naître inséparable insécable …

Nous vivait sur un banc de fortune à la misère ambiante parmi d’autres désorientés mais pas déboussolés du magnétisme de poursuivre encore un moment l’ivresse d’une fatalité écrite sur les contours déviants d’une fabrication d’humains à la chaîne de montage dont nous étions les défauts devenus indésirables … et pourtant nourris et logés aux travers des aides …

Ce Nous était impérissable et méprisable aux yeux des autres ceux de la normalité qui d’une exception se permettaient comme cuistres de marins d’eau douce l’octroie d’un écart de conduite comme une expérience à vivre un déboîtement à la convention inscrite qui en vérité pour certains étaient une deuxième nature à l’abri des regards parmi d’autres dépravés …

Bref, Nous avait ses propres codes et vomissait ses tripes aux dégoûts des gens nés pour cravacher et d’autres pour être des cochers à la solde d’une réussite sociale qui n’avait à leur offrir qu’un tombeau en marbre … quand Nous savait que la fosse commune dit « terrain commun » est gratis y compris les prestations attenantes à une sépulture… et tout cela pour une terre commune…

Comme quoi rien ne sert de courir trop vite pour mourir la société Nous prend en charge de part en part … même à part…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Elle avait l’utopie dans les yeux

Texte_calligraphie_Iotop_2016

Texte_calligraphie_Iotop_2016

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Elle avait l’utopie dans les yeux … aujourd’hui, ils sont vitreux et j’ai les larmes suspendues entre deux mondes : la maison des morts et la maison des vivants …

Elle avait eu un tracé de vie poussiéreux tellement les années s’étaient accumulées les unes aux autres banalement d’une photographie à une autre se superposaient les jours comme une pile de livres tous identiques à l’auteure lisse … péniblement lisse …

Je suis assis sur le bord de la marge … il fait novembre et l’écume poisseuse des feuilles d’automne ont ce sang chromatisé comme traumatisé par sa propre saison qui se dépouille de ses sentiments et déverse ses souvenirs sur une terre de gémissements telle une coulée de lave elle se dégorge …

Le soleil n’a jamais vraiment brillé pour nous deux et pourtant aujourd’hui j’ai le cœur brûlant de t’avoir perdue sans une lettre d’adieu et mon encre sèche à la chorale de mon émotion et nul besoin de mots pour dominer ma fièvre …

Tu m’as abandonné tu Nous as abandonné sur le bord de notre route avec cette phrase :  » il est trop tard » … Oui, il est toujours trop tard quelque part dans une vie et tes lignes sont déjà gommées par l’effet de ma rage … je ne veux plus t’entendre au fond de ce moi qui fait écho de toi comme une cathédrale qui brûle et dont les craquements de notre amour s’enchevêtrent et le plomb fondu de mes larmes creusent tes lignes pour définitivement t’enterrer …

Et la révélation s’ouvre à moi, je n’étais qu’une coquille dans le livre de ta vie … toi mon écriture …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Consommez votre solitude toute seule

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Feu_cheminée_la_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … et faites pas cette demi-tête.
— Ça ne veut rien dire : demi-tête … c’est la tête entière, et dites : ne faites pas la tête.
— Vous êtes vraiment à fleur de chose.
— On dit : à fleur de peau.
— Oh là là là là … quel mauvais coucheur !
— Vous pouvez dire : quel mauvais caractère.
— Je ne dis plus rien.
— C’est ça … consommez votre solitude toute seule.
— C’est bien pompeux.
— Non. Je vous dis d’une manière élégante ma pensée.
— Passez moi plutôt votre veste.
— Non.
— J’ai froid.
— Vous avez qu’à regarder dans les caisses environnantes.
— Franchement, vous n’êtes pas aimable.
— Normal, non ?
— Non !
— Comment, non ? On vient de tout perdre !
— Nous sommes vivants.
— Et après ?
— La survie n’est pas qu’une question de volonté, il faut un minimum.
— Eh bien, je n’ai pas de besoin de vous.
— Que vous dites.
— Comment ça, que je dis ?
— Nous sommes perdus à jamais …
— Impossible !
— Une camionnette de vêtements, au fond d’un ravin ?
— Si vous ne m’aviez pas allumé, nous n’en serions pas là !
— Vous n’avez jamais vu une femme en robe d’été ?
— Si, mais pratiquer de l’auto-stoppe en tenue aussi courte …
— Et si j’avais été en maillot de bain, deux pièces, hein ?
— Pas pareil !
— Comment ! pas pareil ?
— Bon, écoutez … j’ai mal aux os et au dos … je ne vais pas traîner, là …
— Avec la nuit qui arrive …
— Vous faites ce que vous voulez, je me casse …
— Vous avez le sens de l’humour.
— Non, je tiens à survivre et même sans vous.
— Chacun pour soi.
— C’est ça
— Mais dites moi avant de partir … vous n’avez pas oublié un détail ?
— Quoi ?
— Je suis déjà morte.
— Morte ?
— Eh oui.
— Moi aussi … alors ?
— Irrémédiablement …
— Mais alors, cette conversation ? …
— Nous sommes devenus des errants … des ectoplasmes …
— La tuile … nous sommes liés à jamais … pour l’éternité …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

L’aube s’approche de mon visage

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Port_st_nazaire_Iotop_2019

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Je marche aux rues nuiteuses de la ville qui se gargarisent des sommeils aux ronflements des rêves et incontinences aux réveils d’un sursaut de coeur au matelas déformé par la voix d’un rêve barbelé de barbe à papa mais dont le sucre-glu emprisonne les gestes de délivrance …

Je marche en compagnie de ma fidèle bouteille de whisky valorisée par mon adoration aux degrés de mon réchauffement corporel et des débordements de mes plages fixes sur les boulevards à refaire le monde comme un dessinateur créateur d’un autre vivant humain jusqu’à l’os de l’orbite à la spatiale conquête de l’harmonie ente lui-même et sa conscience à la disparition de son animalité …

Je m’assois sur le banc bois à multiplace dans l’unique but de m’envoler au premier allongement d’un nouveau rêve pour oublier qu’ici je ne suis qu’une quantité négligeable négligé à néantiser en un mot à nettoyer de la place des indésirables comme une feuille morte sur le mauvais tableau …

L’aube s’approche de mon visage et mon allongement s’étire encore et encore sur des landes de rayons cosmiques d’un soleil flamboyant découpant l’horizon à la hache d’un jour à l’ombilic abricot quand un oiseau d’eau à la rencontre inattendue me dit :

— Alors soûlot un autre seau pour te réveiller complètement ?
— Ignoble, dis-je étendu sur le bord d’une parenthèse.
— Ignoble ? Je suis ta sécheresse de ligne de vie.
— Tu me parais trempée d’un sacré caractère.
— Je suis ta dernière ligne de flottaison mon coco.
— T’occupes, ma vie m’appartient.
— Eh bien, prends soin de ne pas laisser de trace.
— Je suis déjà invisible.
— Que tu dis …

Devant moi, des visages inconnus, des propos défilent …

— Monsieur ? …. monsieur ? …
— Il revient à lui…
— … vous êtes hors de danger … tout va bien … vous avez bu la tasse des baïnes …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Motif d’un algorithme neuronal

Cuisine_expo_Iotop_2017

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Il est là, derrière la porte. Je sais qu’il m’attend …je n’avais pas compris les subtilités de ses changements. Une prise de conscience entre lui et moi. Une idée qui germe dans le mauvais terreau et le terrain vague du possible au dérapage de l’embourbement de l’acte irréparable de l’effet d’une angoisse à calmer la loi défigurée à la Une d’un événement sur les réseaux aux visages sociaux qui purgent leurs propres démons…

Il est là, derrière une porte. Je sais qu’il m’attend … l’âme défiant les contenus et à la fois les contenants il est redoutable et à cet instant il joue au sous-marin en sous-main il est prêt à me torpiller comme l’ennemi à passer à l’acte l’arme à gauche quoi qu’il en coûte tout est là de sa détermination comme un leitmotiv il va gratter le bois comme un signe de sa présence physique …

Il est là, derrière ma porte. Je sais qu’il m’attend … je m’avance d’un pas à un autre suspendu à la lueur d’un doute d’une peur à la réponse d’un partir mais j’avance à contre sens du bon sens de la logique d’un instinct de survie qui me hurle d’une voix intérieure tissée à la raison parfois rasoir qui ne risque pas un iota de son entité à son pourcentage de probabilité sur le motif d’un algorithme neuronal qu’il sait à présent en sursis …

J’ouvre la porte de la cuisine … il est là … le couteau assassin…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un noyé sur le bord de l’aveu

Pont_divatte_Iotop_2018

Pont_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Dimanche à Paris un monde entre ce trottoir du cinq heures dix-huit du matin fraîchement lavé et les habitants en attente de se vidanger je marche seul une bouteille à la main comme une accolade vers un autre monde aux moments de hasards et de plaisirs minutes…

D’un pas à un autre j’essore ma pensée première de la première minute du jour et me délecte des images possédées sur un parapet debout devant la Seine m’observe je suis statue de chair à chair de poule je ressens le frisson de l’importance de ce fleuve et j’ose le défier à l’usure d’un temps au fil du temps qui se tisse à l’horloge d’un contre temps conséquence d’une pause à la note dévergondée d’un instrument à vent d’ouest épris d’une rosace à quatre et demi d’un monde qui a perdu le nord et la gare qui s’annonce je détourne la tête d’un mouvement de rouages je suis voyeur de l’événement je déraille à contresens à vent contraire la houle de mon humeur tapeuse ressemble à un noyé sur le bord de l’aveu à sortir la sirène hurlante qui s’étonne des voyeurs sangsues au brancard de l’illusion embarquer une demi-vie d’une masse atomique d’une vie scalaire au dernier cri d’un secours si ce n’est d’une voix commune reconnaissable à l’onde de choc vibrant défiant le mégaphone …

— Dis-moi, mon fils, tu comptes rentrer manger ou à présider ton avenir à picoler sur ce parapet … Emmanuel ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un étrange sourire devant le monde

En vers et contre nous Iotop_2019

En vers et contre nous Iotop_2019

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— Elle était belle … et c’était tout. Non, elle avait autre chose : un étrange sourire devant le monde. D’ailleurs, ce sourire m’avait conquis comme un iceberg qui se réchauffait au changement climatique et fondait. Et oui, j’avais fondu carrément littéralement complément entièrement débilement … j’étais devant une merveille et donc je m’émerveillais … Elle m’avait accepté tel que j’étais avec mes défauts marqués et mes qualités nuancées … j’avais découvert que l’amour était aussi dans les étoiles de l’autre … et le « rêve n’est pas qu’une ombre » comme le dit Hamlet … ma vie avait pris la sixième dimension sans navette rien qu’avec le cœur et mon désert de célibataire a vu fleurir et naître une nouvelle source et remplacée l’océan marécageux de ma solitude qui se prenait pour éternelle est riait le soir devant mon miroir et qui de ce face à face je restais de marbre pour ne pas donner un relief à quoi s’agripper mais tous les soirs cette solitude me serrait le sentiment de ne pouvoir aimer et être aimé comme si je n’avais pas ce droit de trouver l’âme sœur la chaussure à mon pied ma moitié devenue ma seule raison de vivre encore au milieu de mes semblables qui de loin m’ignoraient et des proches qui me tenaient pour responsable de mon état de terre promise et que la jachère avait pris racine et je me sentais retenu par une laisse comme un animal qui voudrait découvrir un autre territoire qui avait la restriction par défaut … mais je l’avais rencontrée et depuis lors le pain avait un notre goût le café du matin un autre arôme le ciel avait un autre regard sur moi sur Nous … je n’étais pas heureux Nous n’étions pas heureux Nous étions bien très très bien … apaisés complices …

— Arrête ! Tu vois bien qu’elle ne peut plus t’entendre .. elle est complètement défigurée …
— … écrasée … oui, je vois …
— Cela ne sert à rien …
— Pour moi, elle était toute ma vie … pour toi, elle n’est qu’une poupée gonflable.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Une déclaration devant le monde

Rose_nuageuse_Iotop_2018

Rose_nuageuse_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— Vision d’outre-tombe les mots s’étiolent et le silence est devenu sourd… il y a comme un os. Je rentre les épaules et mes funestes pensées dans le frigo sidéral de la Mort et pose mon céans sur le banc du marché du mercredi celui des Indigents où la solitude se vend toute l’année au prix de quelques mots engagés sans engagement ou en abonnement gratuit de présence les mains vides mais le cœur au présent à l’avenir … tu es partie … décédée sur le papier sur ton lit d’hôpital … dans le cercueil … je suis réfrigéré à vie de ta mort comme l’évidence de l’impermanence perméable pénétrée pénible et pourtant pétrifié à la conservation d’une nuit d’étoiles tellement lointaines mais une seule à la magnitude si présente … je retiens mes larmes j’ai voulu retenir tes mains trop glaciales … tu m’as dit « prends soin de toi » mais à présent comment réaliser ce vœu dit dans un dernier souffle d’humanité … je suis comme un bâtiment qui subit un tremblement de terre les failles invisibles s’ouvrent au grand jour d’un soleil d’été au ciel trop bleu comme un œil fixé à la fenêtre de ma vie qui s’effondre … ma structure est sur pilotis comme ma croix mais je ne suis pas Jésus et pourtant ma couronne d’épines est mon quotidien ..

— T’as pas fini de faire ton cinéma …. une déclaration devant le monde et te plaindre par-dessus le marché … vient ramasser les caisses de pommes de terre, feignant… ta gueuse de fiancée ne reviendra pas, pour sûr … feignant !
— Oui, maman !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La fin du Monde frappe à ma porte

Lune_Iotop_2018

Lune_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … je me rappelle. Oui, je me rappelle. Je me rappelle. Et puis, non. Je n’ai pas envie de me rappeler. Tout souvenir est trop intense et me fait vieillir me semble-t-il comme si un mauvais miroir m’obligeait m’imposait me commandait tel un mauvais génie à regarder en face de profil de côté d’en haut à la lumière d’un temps à la bougie qui elle n’avait pas la moindre idée que la LED allait naître d’un semi-conducteur comme si un semi-cocher pouvait conduire une charrette une carriole un cabriolet … comme quoi rien ne va plus dans ma tête et je dis n’importe quoi comme pour me tenir éveillé tel un moustique devant une lampe blafarde usée presque pathétique voilée d’une poussière crasseuse de temps d’années qu’elle fait vêtement combinaison d’une plongée dans le temps qui n’est plus le mien celui qui flotte entre deux états d’une théorie des cordes et dont je préfère l’effet de langue d’origine : « string theory » à l’accent à la traduction à la définition légèrement dénaturée du mot «string» qui pourrait laisser rêveur un Tarzan aux lianes distendues de l’esprit par les fameux souvenirs qui s’étirent peut-être eux aussi sur l’expression d’un plafond de verre qui ne va pas tarder à se briser aux morceaux de choix et n’a pas le temps de choisir … non non … pas le temps à ce temps de fin du Monde qui m’attend sur le seuil et frappe lourdement ma porte telle une massue d’un soi-disant barbare chrétien haut de corps l’esprit à pic à cœur de carreau et le trèfle quatre feuilles me sourit une dernière fois … la réalité cette réalité une pâte brisée … un fil funambule… les années au fond du sablier le monstre avale tout … mon puits d’insouciance m’ouvre les bras à me noyer …

— Alors, docteur, comment va-t-il ?
— Delirium post-réalité à double effet … l’effet de mode de fin du Monde fait tous les jours des victimes …
— Irréversible ?
— Irréversible !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019