Enfin une bonne nouvelle

Louise_Brooks

Louise_Brooks

 

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 7.20 (Hors délai)


Ma première pâtisserie du matin, c’est toi mon amour… pendant ta douche ou après… jamais avant… principe d’un commun accord et cet accord n’est pas en sucre et parfois tu me joues de ta voix d’orgue pour créer cet appétit de luxure à m’envoûter mais je tiens bon à ma propre rambarde pour ne pas céder à tes injonctions et ma faiblesse n’est pas la tienne au sel de tes lèvres gourmandes et de tentations du voluptueux au bestial je résiste à ta belle fraise et pourtant quand tu pratiques ton sortilège en dernier recours à haute teneur en sensualité celui-ci m’emporte à ton caprice tu me débauches sur des mots qui semble la création d’un Bacchus aux frémissements bouillonnants des dunes de ton corps chaud braise comme un trio genre Nirvana tu es une baïne…

Mais aujourd’hui, c’est dimanche, tu es partie pour une semaine dans les Landes pour te rafraîchir les idées dans ta famille, ainsi me voilà au repos à me préparer un cookie de belle envergure une douceur dont ton aversion est vomitive… je me retrouve enfin avec moi-même… enfin une bonne nouvelle…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La locomotive à cylindres pifométriques inversés

Horaires_solaire_Iotop_2020

Horaires_solaire_Iotop_2020

Emilie 6.20 Les petits cahiers d’Émilie.


Tous les Horaires sont en réunion extraordinaire suite à une plainte portée à bras le corps par une locomotive à cylindres pifométriques inversés au carré de la constance de Bielle. L’Horaire principale prend la parole à la seconde où les fermetures des montres à gousset s’installent dans un arrêt de circonstance :

— Je ne vais pas passer dix secondes sur ce sujet dont la variation hypertrophique est patente. Aussi…

Un horaire de gare de campagne à la fois Vosgienne et Jurassienne, interpelle l’orateur :

— Hyper… quoi ?

Un remous fait des vagues et l’écume des horaires confirmés font brouhaha à piston polymorphe.

— Hypertrophique… en gros… une augmentation…
— On va être augmenté ? dit plein d’entrain l’horaire de gare de campagne.
— Non, non, ce n’est pas le sujet… mesdames, messieurs… du calme, du calme… dit l’orateur de sa toute haute estrade installée sur le quai prêté par la compagnie des Rails qui appartient à une forte personnalité : Madame Vana Dium.
— Allons, allons, dites-nous vite de quoi il retourne, avant que la lune ne fasse des siennes, intervient un vieil horaire au cadran grisonnant.
— Je ne vois pas le rapport avec la Lune, dit son voisin une soi-disant jeune horaire fraîchement repeinte.
— Oh, vous… rétorque, une vraie jeune recrue au teint clair-voie assise sur le ressort sinusoïdal arrière.
— Il suffit, siffle l’Horaire principale… vous commencez à me chauffer la soupape de sécurité, dit-il enfin à l’assemblée qui commence à s’enflammer comme une poudrière qui n’attend que son maître pour s’attendrir…
— Moi, ce que je dis, une seule oscillation mal interprétée peut charbonner l’ensemble de l’engrenage supérieure, d’où les retards qui se succèdent… raconte, le secrétaire de la réunion extraordinaire confortablement assis sur le rebord du cercle d’emboîtage juste à l’arrière de l’Horaire principale, à son homologue secrétaire bis qui hoche du dynamographe.
— Tu as sûrement raison mais je pense pour ma part au va-et-vient du fuseau horaire du garde-temps qui a…

Les horaires n’avaient plus la glucydur attentive pour l’Horaire principale qui se tenait les ressorts comprimés pour ne pas exploser sur le champ d’un vent de colère déguisé entre mascaret et cyclone solaire magnétique à forte consonance radioactive bien légitime que, de son tout constitué, il eut un trait de génie au trait tout court à l’élan d’un crayonné en 4B qu’il ne s’en laissa pas plus conté qu’il carillonna violemment un seul mot devant cet agrégat d’horaires indisciplinés :

Plaaaaaaaaaage !!!

Et le silence… un grain de sable n’aurait pas soufflé un seul mot de sa présence…

— Bon, alors, je reprends… nous sommes réunis pour comprendre les différents aléas qui assombrissent notre réputation… et cette plainte qui nous fait prendre conscience que nous sommes dans le premier brouillard de l’indicible aveu qu’il faudra sortir par la peau de notre première clepsydre. Et c’est avec un grain… d’inquiétude qu’il vous faudra prendre acte que nos propres structures sont en danger… et pire, nous risquons de rater la fameuse syzygie qui se marre déjà de notre décadence…

— Déca… quoi ?
— C’est…

Quand un ferrailleur de service, ancien pêcheur et chef de gare, fait main basse sur cette masse d’horloges avec un énorme filet à pêche pour les faire fondre dans la première chambre à combustion venue… celle de la locomotive à cylindres pifométriques… qu’elle avait embauché…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Concevoir le miracle à la sève d’une idée

Visage_évolutif_Iotop_2019

Visage_évolutif_Iotop_2019

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 16 au 20 septembre 2019


Il fait silence. Silence qu’un même froid glacial prend peur. Cette peur qu’un même bruit n’ose affronter même effrontément. Effrontément un doigt surgit d’un vide qui semble né d’un néant ouvert à la concorde d’un accord sous-tendu par effet d’être animé par le pouvoir d’être. Être par ce crayon à dessein de composer la symphonie de la vie. Vie contraire de la discrétion s’émerveille de ce vide tel un océan avide de prendre toute ses proportions. Proportions se gardent d’être dépasser à la discrétion d’une ombre cuisse de nymphe émue qui s’impose en fond de teint apparaît l’esquisse d’un possible visage. Visage calme débordant de la toile qui se trahit à la déformation d’un excès une tentation de posséder d’activer d’oser s’affirmer sans moucharder à l’oreille d’un créateur divin quelconque que tout arrive. Arrive le déplacement d’une palette de nuancier aux pigmentations de concevoir le miracle à la sève d’une idée d’un mirage peut-être le culte d’un amour vrai. Vrai premier cri de cette toile qui gonfle d’orgueil à compromettre l’image du vivant à l’instantané d’une existence …

Mais chut … le peintre fait naissance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le Cahier cherche son Origine

Maison_Joachim_du_Bellay_Liré_Iotop_2018

Maison_Joachim_du_Bellay_Liré_Iotop_2018

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 02 au 07 septembre 2019 (Participation hors délai)


Au courage de l’encre de s’exposer au jour et de mourir sur la ligne de démarcation du souffle du mot nu et frais imposant et silencieux et pourtant défiant sa définition sur le regard de cette même ligne frileuse d’être habillée à la couleur de la vie… le Cahier cherche son Origine et suffoque, quant au cœur de cette racine, de la source, le mot : Ignore se pavane dans un jardin à l’Éden dévergondé aux fruits sucrés entre deux jambages et un apex. De fait, le susnommé Cahier est prêt à s’arracher deux accents circonflexes comme deux épais sourcils pour reprendre ses esprits.

Mais ce Cahier veut savoir d’où il vient et ne souhaite pas lâcher l’affaire et même si après cette découverte sa tête blanche de couverture ressemble à une tête de papier mâché à qui l’on vient d’apprendre que ses parents biologiques ne sont pas ses parents adoptifs où… l’inverse… qu’il en fait une baisse de glucose sur l’étagère de service occupée par un Journal Intime égaré par un manque de courtoisie et provoque sa sortie d’étagère et tombe littéralement entre pages vingt-quatre et vingt-cinq dans un grand écart à cent-soixante-dix-huit degrés sans les minutes qui en quelques secondes, offre au carrelage un aperçu de mots bien encrées quand un Écuyer équipé de pied en lettres visiteur d’un autre temps et analphabète s’extirpe d’une phrase et ainsi à même de remettre à la page le Cahier et le servir par défaut. Comme quoi « à qui sait attendre, tout vient à point » ou pour les puristes : « tout vient à point, à qui sait attendre ».

Il n’y a de ruine que le regard absent de l’autre mais ces deux-là sont faits pour s’entendre pour la Recherche sans temps perdu que l’on nomme pudiquement et sans tourner autour du pot même de confiture : « Le Graal ». Cependant, celui-ci a le graal avec un petit g, à ne pas confondre avec un point qui n’a ici aucune place si ce n’est se mettre le doigt… où vous voulez… Donc, sans perdre le fil de la chose et pas du fil à couper le beurre, les deux compères sur le fameux carrelage sont mis au parfum de débarrasser le plancher à la manière d’un dégagisme glacial sans effet de changement climatique et les voilà qui se traînent vers une nouvelle épopée que le seuil de l’incertitude les porte d’un au-delà qui ne le sait pas devant un stylo agonisant qui les hèle par un jet d’encre délayé entre la vie et la mort.

Les deux acolytes ne sont pas des sauvages mais pas non plus des médecins du monde et d’un commun accord proposent une hypothétique aide au stylo qui n’a qu’un seul vœu écrire ses dernières volontés encore visibles comme une dernière cartouche à exprimer à la marge du fameux Cahier qui commence à avoir une réputation sur le territoire du Monde de la Maison (et pas la Maison du Monde pour les puristes … des achats incertains) et ne le sait pas comme le veut l’anti-héros par convention et pas bégueule fait signe d’un consentement en compagnie de son écuyer témoin oculaire du témoignage que va écrire le stylo moribond… que voici les mots :

Les failles s’ouvrent, l’absence du regard,
Les voix s’éraillent à la pensée du seul vide
Page blanche verticale il est bien trop tard
Le temps du repos s’annonce au ciel aride !

A l’évidence le Cahier a comme une coupure de son circuit de compréhension une surtension en ligne marginale mais bien réelle qui interpelle l’écuyer qui est prêt à gommer les mots peut-être singuliers et sacrilèges et se pose la question d’une possible cabale des autres cahiers et autres feuilles dites : volantes, rebelles dans l’âme mais dont beaucoup sont des sdf patentées qui s’acoquinent à des nommés Cartons pas très futés et ras des neurones chlorophylles. Toutefois, Cahier prend acte et lui promet que ses mots seront respectés à lettre et sauvegardés et d’une promesse que personne ne viendra corner la marge ainsi baptisée par un Mont-Blanc Maison qui a rendu l’âme avec une certaine noblesse.

Et quoi qu’il en soit Cahier n’a pas perdu le sens et l’essence de sa démarche et poursuit le contrat qu’il s’est fixé et l’écuyer fidèle parmi les disciples d’une quête étrange mais néanmoins grisante nonobstant les aléas sans tréma à l’horizon de la ligne qu’un parquet fait glisser nos protagonistes plus vite qu’ils ne le souhaitent passant devant des possibles témoins aguerris aux témoignages de premières mains avec ce léger sourire de vérité que l’on y croit mais voilà que nos deux amis traversent une nouvelle pièce du puzzle du Monde de la Maison et s’aperçoivent à un peu tard que les secondes à venir vont devenir vraiment brûlante quand la cheminée les attire et les attise comme un magnétisme qui se gausse de sa puissante attractivité les voilà à deux pages de prendre feu comme paille devant une allumette bien éméchée le lisible d’une peur commune n’échappe pas à la flamme maîtresse qui met tout en œuvre par sa séduction de les réduire en cendre comme deux pêcheurs de Graal qui viennent d’échouer sur le bord d’un brasier sans vraiment comprendre la tournure de l’événement qui les met en péril…

— Ah, je vous ai à l’œil mes gaillards… et même avec les deux yeux… dit une voix de belle intonation, vous pensiez vous dérober à ma main mise, je suis maître de céans ici.

Et voilà que Cahier et l’Écuyer son compagnon se réveillent en sursaut sur la même étagère, étonnés de ne pas avoir été grillés par la Cheminée, sauvés par une main secourable… celle qui tenait le stylo…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Au sud de l’Imaginaire en tenue d’Adam

Charlie Chaplin - Charlot

Charlie Chaplin – Charlot

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 03 au 07 juin 2019


Je suis tailleur de mots sur mon balcon du dixième étage avec vue sur un paysage d’histoires au sud de l’Imaginaire en tenue d’Adam à l’ombilic de l’Idée …

Et j’entends au loin …
… taille le mot tailleur à l’heure de l’ailleurs…

… à la verticale des ailes tu t’enroules sur la pelouse minée à l’antipersonnel des éclats de mots à la plage horaire d’un conte couchant au trois-quart stabilisé par effet d’optique à se perdre sur le devant de la scène …

… taille une part d’audace juteuse a la nostalgie d’un paléoprotérozoïque qui s’admirait aux angles avantageux de ses rayons verts et roses couleurs de cigale inconnue dans nos contrées à l’heure de la lumière L.E.D. genre de luciole dégénérée …

… vois l’arbre généalogique de l’histoire s’enraciner à la croix croisée sans brassière de croisés en croisière des chemins à l’accueil souriant de te recevoir en hôte à l’âme honnête au coeur azur le tout sur l’ardent devoir de l’aimer … la page qui s’encre à la création …

Je suis tailleur d’histoires sur mon balcon du dixième étage et fabrique ma réalité … et je m’y suis perdu …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A déneiger ma langue

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 20 au 24 mai 2019


J’ai le coffret dans la bagnole, la bagnole dans le parking, le parking dans le souterrain, le souterrain dans mon immeuble et l’immeuble est ici … et moi aussi.

Ce n’est pas la meilleure cachette pour un … coffret, c’est vrai, mais la conspiration est dans les interstices des regards, des non-dits en nœuds boutonneux , des mots en soubassements haineux, des silences douteux et fielleux, des attitudes polaires, des gestes inattendus et épineux, des haussements imperceptibles de sourcils sinueux … et ne rien dévoiler de mon … est une corvée …

Par principe de base on devrait refuser ce poids de conscience. « Chut ! » me murmure celle-ci possédée de crier sur les toits par le clin d’œil entendu du genre : « elle sait, elle ».

Je grille de vous l’avouer tout de go à déneiger ma langue et d’ouvrir l’écluse de votre étonnement si ce n’est de votre surprise goutteuse. J’initie un semblant d’effet à la confession de mon esprit qui surchauffe sans ventilateur intégré.

Je suis prostré telle la statue de Bacchus à Versailles … quand, un vent inédit dans ma contrée s’enregistre au niveau du cuir chevelu de ma calvitie absente … une idée qui ne devrait pas trahir mon … surgit tel un pschitt de décompression d’un ballon dirigeable même que le verbe taire s’irrite de ne pas avoir eu l’occasion d’annoncer la chose par l’entremise de la parole qui se bronze sur le devant d’un livre dépoussiéré de lettres …

« Mais, oui, c’est bien sûr » me dis-je sans Raymond, il y a un truc … un truc à la polichinelle que j’avais ouïe entre deux portes de commères ou mégères qui entre un panier de légumes et un panier de ragots dévastaient la rue principale du village du Haut …

J’allais percer l’abcès de mon tourment et provoquer une fausse rumeur, genre de rumeur malfaisante pour protéger … mon … secret…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le froid pince comme un crabe

Porte_beaune_Iotop_2018_01

Porte_beaune_Iotop_2018_01

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 08 au 12 mai 2019


Il est minuit. Je suis sorti de mon duvet. Le froid pince comme un crabe. Je ressens l’horreur de ma situation pour la première fois. Une envie de vomir tous mes joyeux souvenirs d’aimer sur la plage du bonheur qui n’avaient rien d’autres à faire qu’à me procurer une vie aux pages savoureuses…

Et puis, il a suffi d’une fraction de temps qui a buté sur la partition de ma destinée et me voilà culbuté dans le dehors, le feu de la peur et le miaulement d’un chat égaré qui se frotte à mes bottes de cuir griffées de trop de chaussées délavées, de lits de fortune, de cartons déformés et crasseux …

Je suis pris de ce vertige qui semble venir du fond de mes entrailles qui se révulsent comme un volcan trop longtemps contenu de sa lave de rage et de tourments, j’avale quand même un sirop d’air étouffé de ville qui vient de se réveiller sur les parvis de la misère, au froid des peaux qui recherchent le réconfort, un peu d’attention pour continuer à frôler un semblant de vraie vie …

Et puis, je commence à me faire un film d’espoir, je me souris à moi-même, je respire ma nouvelle condition de quelques semaines et vais rejoindre la rue de l’espérance. Ce soir, je ne vais pas jouer à la roulette russe. Non, non. Je ne vais pas prendre ce risque pour gagner un semblant d’argent, un semblant de survie, un semblant de rien. Je veux avoir ce réflexe de celui qui se noie. Ce soir, je vais me prostituer…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie

Personnage Corrin ou Kamui de Fire Emblem Fates – héros ou héroine – jeu vidéo de rôle tactique

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 08 au 13 avril 2019


L’oiseau emplumé de sa robe ténébreuse n’est pas d’humeur à écouter la fanfare des cui-cui au soleil levant défrisé par une nuit dépossédée par un vol de jour qui se rit chaque jour du rideau noir de sa sœur. En effet la combinaison est inattendue : le jour, la nuit, nés d’une même entité et pas sur la verdure d’un champ campagnard de luzerne qui s’ébroue à la moindre gifle de vent qui n’entend rien à son souffle … l’oiseau le sait et s’en bat l’aile …

Et puis l’oiseau va prendre son café sur son balcon. Il défait son déguisement. Le spectacle du jour de la nocturne tournée est fini. Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie. Pas de renouveau possible. La vie comme une échelle à gravir sans fin, la faim d’une mort attendue qui n’a d’yeux que pour les autres … et lui, le velours de l’attente du sommeil sur le parvis d’un paradis éternel de non vie comme une source d’envie de ne pas renaître …

Et puis, à cet instant, il va sursauter sur sa chaise Ikéa en promo en bois collé de copeaux souffreteux devant une corneille qui l’appelle par son prénom. Elle lui demande de sortir de son rêve et de prendre sa clé de bagnole pour celle de la clé des champs et enfin savourer son avenir qui lui tend la joue pour l’embrasser goulûment … et il se réveille …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un piège a une seule entrée

Photographie - Sépulture Fernand Arbelot - cimetière Père La Chaise

Photographie – Sépulture Fernand Arbelot – cimetière Père La Chaise

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 11 au 15 mars 2019


N’est-il pas merveilleux de prendre la main de son aimée et consommer la vie par petites tranches comme un doux fromage qui fond sous langue, la bouche demi-ouverte comme un hublot dont l’air mariné d’une onctueuse ondée océaniale vient frissonner les narines ? Ô Ce (et pas os) fameux mariage de la consommation qui semble éternel et dont le mot souci est banni dans le cul-de-basse-fosse du géant nommé Problème qui pleure sur lui-même si sa Solution le laisse dans sa propre fiente (et l’oxymore se marre). Ô Fleur d’âge qui s’époumone dans le fané d’un lit de mégère qui fait semblant de prendre son pied à se perdre elle-même dans les onomatopées de voyelles, cette fratrie qui semble s’entrecroiser en des consonnes qui seraient que des échelles sans barreaux. Ô Utopie tu enfantes des rêves de bonheur et tu fais créations de désillusions si ce n’est à regarder l’œil harassé d’être provoqué par la voisine d’en face qui a un beau profil et un fessier et une poitrine et tout le reste n’est pas options, tu te dévergondes toi-même et tu ris de ta situation pour une histoire nommée Amour qui n’était qu’un mot, un filet pour mieux te retenir, un piège a une seule entrée. Ô Fertile vie qui est faite d’herbicides sélectionnés (à défaut de glyphosate) pour nuire jusqu’à l’échéance ultime (voire plus, le cercueil n’est pas à la bonne dimension), l’illusion première de ta beauté est devenue la richesse d’un désenchantement qui nous a pris au fil des années et cousu l’un à l’autre comme deux tissus de belles factures mais à la longue se sont dépréciés aux fils usés par les lavages de nos tourments, colères, turpitudes … Aujourd’hui, à célébrer ton enterrement, je conte par ce discours devant cette assemblée de nos nombreux enfants et petits enfants la vérité dépouillée de la censure, cette sangsue comme tu le fus … repose ainsi dans ce bon bois de chêne et moi suis toujours … à ta chaîne … amen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019