L’été ironise des corps organisés en mi-nudité

Photographie de Louise Dahl-Wolfe – Vogue - January 1959

Photographie de Louise Dahl-Wolfe – Vogue – January 1959

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°25  le mot : été


L’été ironise des corps organisés en mi-nudité
Épilés défrisés empilés estampillés puis édités
Sur plages empaillées de grains dépilés agités
Chairs tissus chairs polies ou dépolies d’identités

Inconnues se déploient aux pointes des rayons
Aux bleus cieux des eaux des yeux en jeu teinté
A la pause posée du repos ajouré comme clayon*
Les uns les unes aux privés en commun enceintés

De naître bronzés arraisonnés à l’empreinte demain
Après congés l’effet steak grillé ou langouste excitée
A la nudité intégrale de soi faire croire aux copains
Collègues la crème pâle de l’utilité d’une …. fatuité !

Et le maillot de bain sablé salé … rigolard au … placard !

* Sorte de petite claie en jonc ou en paille, servant à différents usages…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Il y a des matins comme ça

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

J’étais à moitié dénudée (maillot de bain une pièce, pour éviter les fantasmes), positionnée de tout mon
long, sur un côté, à lire une œuvre à l’eau de rose, quand, sur cette plage de coquillages ensoleillés, une
chose me piquait la fesse droite. Était-­ce un coquillage mal luné ? En fait, c’était un scorpion de belle taille.

Je crie, surprise. Il me parle :
– J’en pique pour vous, ma belle sirène.
– Je ne suis pas une sirène mais une touriste en vacances.
– Qu’importe, je suis le pourvoyeur de l’Amour !
– Ce n’est pas Cul-­Pidon ?
– Il l’était, le bougre, mais j’en ai fait mon affaire, diantre. Et le dernier instant de son trépas, fut un Chant du Cygne, très remarqué, diffusé en Dolby dans une salle de cinéma, pas très loin d’ici.
– Belle mentalité !
– Vous voudriez me piquer au vif ? Je ressens une aversion à mon encontre et j’en suis tout contrarié, me tromp …
A ce moment­-là, une épée genre Excalibur, jaillit de mon livre et tranche en deux, l’irrévérencieux.

Je pousse un cri. Elle me parle :
– Je suis de vous à moi, votre conscience rapprochée. Et je prends la responsabilité de cet acte.
– Que venez­-vous vous mêler de mes affaires ?
– Vos affaires sont aussi les miennes !
– Pouah ! Quelle odeur putride qu’il dégage l’animal.
– Normal, sa saison venimeuse est à son paroxysme.
– Bon, ce qui est fait est fait, mais je vous prie de retourner de là où vous venez !
– Oserais-­je vous tendre mon pommeau en signe de réconciliation ?
– Ne seriez-­vous pas plutôt ma mauvaise conscience ?
– Votre mauvaise conscience ne brille pas avec autant d’éclat que moi !
– Qui sait ?
Et d’un salto arrière, l’épée me pique fortement la fesse gauche.

Je crie. Je me réveille.
Dénudée à hauteur de la taille, les draps en vrac, et la lumière du jour possédée de vivre, je frotte ma fesse gauche et mon amant de la soirée, me dit.
– Deux petites claques sur les fesses, ça réveille, hein, mon amour ?
Et d’un bel élan, je lui balance une gifle.
– Tu n’es qu’un goujat ! Pars sur le champ !

La journée commence sous un présage assez étrange.

©Max-Louis MARCETTEAU