Mille omelettes et un poussin

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 16 et origine


— Quelque mille omelettes et un poussin ! Qu’est-ce que cette forme ?
— Quelle forme, quelle forme ! Œuf de Dragon, Sir.
— Quelle découverte !
— Quelle œuvre, Votre Bonté.
— Quel âge ?
— Quelle importance Votre Grandeur.
— Quelle impertinence en ton propos !
— Quelle question Votre Gloire.
— Quelle cruciale question, oui.
— Quelle appréciation si ce n’est sept mois, sept jours, sept heures … Votre Sagesse.
— Quelle précision !
— Qu’elle permet de savoir exactement qu’il va naître maintenant, Votre Majesté.
— Quelle envergure ?
— Quelconque, Votre Pompeuse Personne.
— Quelconque ?
— Quelle étrange redondance, Votre Sublimité.
— Qu’elle est ta réponse ?
— Qu’elle sera à la hauteur de Votre Élévation.
— Quelle destinée ?
— Qu’elle aura de la profondeur, Votre Éminence.
— Quel lien de parenté avec moi ?
— Quelle interrogation ! … mais vous êtes le père, Votre Énormité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le conte authentique de la Galette des Rois. Chapitre 3/3

Galette - oeuvre inconnue - Si une personne à le nom de l'auteur(e) de cette peinture, ...

Galette – oeuvre inconnue – Si une personne à le nom de l’auteur(e) de cette peinture, …

— Alors ?
— Et bien mon ami, je crois que j’ai développé une pâtisserie toute particulière et qui va rapporter gros.
— Non ?
— Si !
— Non ?
— Si, si je te dis.
— Incroyable ! Et comment s’appelle cette nouvelle pâtisserie ?
— La Galette !
— La Galette ? Mais c’est nul comme nom, ça… enfin… c’est pas vendeur.
— Aucune importance et puis je ne peux pas changer de nom. C’est magiquement possible mais les effets sont imprévisibles. Et je ne peux me permettre de perdre ma renommée. Pas question. C’est ça ou rien. Alors ?
— Alors, alors… j’hésite…
— Tu hésites ?
— Et oui, j’hésite et si ça fonctionne pas ? Et si mon Roi y perd la vie ? Je lui ai donné tellement d’espoir…
— C’est beau de promettre…
— Tu es sûr que cela va fonctionner ta… galette ?
— Absolument. Il y a une nuance de magie qui portera ses fruits…
— Ses fruits ?…
— De l’argent à ton roi.
— C’est bien le but. Et, où est la… chose

Flibo, le magicien, sortit d’un meuble, un objet circulaire, d’une surface égale à la paume du… Roi.

— Donc c’est feuilleté avec de la pomme. Je vais te donner la recette et…
— C’est pas bien grand…
— Portion d’une personne de votre nature…
— Et sa singularité ?
— Après l’avoir goûté, on ne peut plus sans passer !
— Je ne vois pas l’intérêt de faire mourir nos gens par indigestion…
— C’est pour cela que la vente se fera exclusivement aux marchés extérieurs.
— C’est pas un tantinet… abuser ?
— Il n’y a pas de commerce équitable dans la nature actuelle de votre royaume. C’est ça ou disparaître définitivement.
— Effectivement, il y va de notre survie.
— En effet. Alors tu es preneur ?
— Je prends.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation.

Au retour des marécages du Sud, l’éminence grise dévoilait la fameuse galette à son Roi.
— C’est ainsi que se présente notre salut ? Une pâtisserie ? C’est un canular ?
— Non votre majesté !
— Alors, nous devons y croire ?
— Oui votre Majesté.
— C’est assez modeste.
— C’est aussi efficace.
— C’est à voir.
— C’est tout vue… mille excuses votre Majesté. Désolé.
— Qu’importe. Allons, faites vos explications aux plus claires.

FilBo raconta comment il fallait procéder

— Et comment s’appelle cette… chose ?
— La Galette.
— C’est amusant
— Ah ?
— Vous ne trouvez pas ?
— Euh… si, si votre Majesté.
— Cependant, j’aimerais l’appeler La Galette des Rois en hommage, aussi, à mes aïeux.
— Comme il vous plaira, Votre Majesté.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation et l’histoire de la naissance de la Galette des Rois. On ne dit pas, si ce royaume a retrouvé sa prospérité, mais il est certain que la Galette est toujours dans nos assiettes avec un même rendement de profit.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le conte authentique de la Galette des Rois. Chapitre 1/3

Oeuvre de Claude Monet - Les galettes -1882

Oeuvre de Claude Monet – Les galettes -1882

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018 (1ʳᵉ semaine : Galette des Rois)


Il était une fois un Roi pauvre. Pauvre de monnaies trébuchantes. Très pauvre. Tellement pauvre qu’il était habillé de feuillage, sa couronne était de gui et de lierre et que son aimable demeure était fabriquée de branchages et de lianes.

Sa Royale Majesté s’imposait a elle-même ce que ses sujets subissaient : une restriction alimentaire dont l’inanition faisait des ravages et un dénuement style saint François à en perdre l’assise tout en restant digne.

Le royaume de ce Roi, était aussi vaste que les proportions n’étaient pas mesurables, avec un taux de dépeuplement à faire pâlir les fortes concentrations de populations de mégapoles connues et à venir sur des territoires voisins.

Il faut ajouter à cela un désintérêt des touristes.

Sa Majesté était dépossédée de l’âme mercantile. Il était avant tout hédoniste voire épicurien. La décence lui interdisait d’explorer ses terres à des fins de contre faims à soutirer les biens de la chair de ses sous-sols. Le marché intérieur était très modeste et les marchés extérieurs peu rentables.

Mais on ne gère pas une royauté avec le porte-monnaie du premier mendiant venu. Il faut du coffre, de l’audace, et il ne suffit pas d’une autorité bienveillante mais d’une autorité d’économie efficace et d’investissements performants.

Le Roi s’y refusait ! Ici, le bât blessait. Et pourtant, il se sentait en péril éminent, en chute libre, emportant le peu de vivants encore autour de lui.

Ce jour-là, il pensait fortement sur son royal trône (une chaise brute de paille), qu’il devait à la question de son état, évaluée très justement, la déposer ouvertement et sauver le peu de son peuple et de ses serviteurs, entraînés dans sa chute inexorable.

En effet, pour ceux-ci, fallait-il beaucoup de courage, de santé pour quitter un maître bon et se voir peut-être refuser la première obole d’un esclavagiste en dehors de ce royaume.

Sa Majesté fit venir à sa chaise brute de paille, son éminence grise, un homme de corpulence chétive mais qui était né sous le signe du roseau. Il avait ainsi quelque accointance dans le milieu fermé de mages Roseaux-Réseaux dont il était une branche active en sous bassement.

— Mon cher ami, dit le Roi d’un ton frêle mais clair, IL nous faut sortir de l’ornière de cette misère. IL le demande. IL porte en vous espoir et guérison de ce mal. Ce monde-ci que nous vivons est trop insupportable par son errance. IL vous prie de faire le nécessaire pour le Royaume, pour le bien de tous. Que proposez-vous, avant que le drame ne soit irréversible ?
— Sa Majesté a été aiguillée à propos à mon égard. Je vais consulter. Et apporte réponse dans un délai bref.
— Allez, allez, faites au mieux si ce n’est de l’extraordinaire.

Ainsi l’éminence grise nommé LiDou, s’enhardit de cette décision de raison, à en manquer de s’écrouler tout raide sur le champ. Il reprit cependant ses esprits et partit d’un pas certain vers les marécages du Sud pour s’entretenir avec un personnage d’une envergure toute particulière.
(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018