Ce non n’a pas d’écho

Robe de Elie Saab - automne-hiver-2017-2018 -14

Robe de Elie Saab – automne-hiver-2017-2018 -14

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— Je suis à la recherche de mon passé.
— Non.
— Ce non n’a pas d’écho … je ressens l’espoir de … te retrouver … mon passé …
— Mais, comme tu veux !
— Mais, le veux-tu vraiment ? Toi, qui est en moi … et qui me refuse depuis trop longtemps …
— Ah bon !
— Oui.
— Mais non !
— Et pourtant … tu me rejettes comme si tu ne voulais pas me ..
— Non
— … faire resurgir … ce passé … traumatisant …
— Pas cette fois.
— J’ai besoin de cette souffrance pour … exister …
— Pourquoi pas.
— Alors ?
— Ah, non !
— Tu joues avec moi …
— En effet.
— Tu es ignoble
— Peut-être.
— Je vais te supprimer comme une mauvaise conscience.
— Fais pour le mieux.
— Tu n’as de cœur ?
— Oui.
— Je ne te demande pas ta préférence pour disparaître. Une bonne dose médicamenteuse, cela te va ?
— D’accord.
— Et bien disons … vingt grammes de celui-là …
— C’est ça.
— Tu ne me retiens pas ?
— A tout à l’heure.
— Alors, à tout de suite…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

J’attends ?

 

Je passe mon temps à attendre. L’attente immobile, l’attente qui n’est pas mon oncle diront certains. L’attente qui n’est pas du camping est un sarcophage. Et ce dernier ne fait pas partie de la famille des macrophages. Non. Ni d’un pseudo président qui se transformerait aux jours de pleine Lune en un loup garou pour termites égarés, ni chômeurs, d’ailleurs. Quoi que…

Ce n’est rien d’attendre. Ce qui est difficile c’est d’être opérationnel au moment où l’action pointera le bout de son nez. Et pas frileux, ce nez. En plein dans le pif, l’action en question. Et là, il faudra assurer. Et pas question d’être le dernier des derniers pour faire bonne figure. Pas de pifomètre. Non. De la tenue, de l’audace sans piment. Du tact, de la diplomatie, et le cœur avec soupape de sécurité s’il vous plaît. C’est pas le moment de taper un infarctus entre deux mots échappés d’une voix d’outre-tombe.

En vérité, et je reviens sur ce que je viens d’énoncer, attendre est un calvaire. Un seul ? Non. Une succession de calvaires. Une plaie, pour chaque jour. Et pas d’urgentiste pour colmater ce sang d’espoir hémorragique qui n’a pas de plaquettes pour réparer. Le miracle est que l’espoir est toujours vivant. Les années passent et je suis devenu un écorché vif. En coupe, en travers, de face, de dos, bref la totale. Pas beau à voir. L’humain est solide tout de même. Il supporte l’insupportable. Cet instinct de survie, une extraordinaire invention du vivant. Mais que de souffrances !

J’attends. Comme si j’étais seul à attendre. Et elle, elle attend ? Pas sûre. Sans attente pas de manque. Pas de manque pas d’angoisse. Pas d’angoisse, pas de médicament. Pas de médicament, pas de problème. Pas de problème, pas de vie ?

Je suis mort ?

© Max-Louis MARCETTEAU

Idée fixe de couler

Oeuvre de Akageno Saru

Oeuvre de Akageno Saru

Jouer l’équilibriste et se faire peur. Tomber et se rattraper in extrémiste à la corde de sécurité d’un médicament, sentir son corps faillir un millième de seconde comme une perte de conscience. D’une main tenir sa propre vie par quelques molécules qui tiennent nos vérités et recommencer à jouer aux anagrammes pour voir si cela marche, encore et de l’autre main augmenter la dose de sa peur, s’imposer des figures comme le patineur sur glace, le trapéziste et résister à l’irréversible, encore et encore.

©Max-Louis MARCETTEAU