Les sourcils bien taillés dans l’épaisseur

Volute spatial de Magali Landry

Blog de Marina


Le sapin de Noël aux clignotements erratiques trône dans la chambre de tante Gertrude tout aussi seule que le résineux même avec un chat nommé mendiant qui se frotte à ses jambes aux beaux reliefs variqueux accompagnés d’affluents bleu roi.

Mendiant miaule et ses quelques croquettes au fond de son bol font grise mine tout autant que tante Gertrude dans son lit l’âme tourmentée de ne s’être rien offert cette année.

Il faut dire que le porte-monnaie de tante Gertrude est un lâche et qu’il n’est pas de cette culture de rébellion comme un certain président dont le nom ne me revient pas.

Dans la chambre tante Gertrude s’ennuie ferme quand un tintement dans la cheminée éteinte se fait entendre inattendu et irrégulier.

Deux espaces-temps ont lancé un défi, une course, avec la Dame Lumière contre une bouteille de champagne.

Tante Gertrude qui n’est pas une illuminée du cerveau à part pour le tricot dont le dernier a fini dans la poubelle par erreur se rend bien compte qu’il y a un souci dans l’âtre qui ne semble pas s’inquiéter même si le chat dresse ses poils en pelote devant elle.

Tante Gertrude fronce les sourcils bien taillés dans l’épaisseur quand surviennent les deux espaces-temps brillants comme des cadeaux de Noël devant sa bouille éblouie qu’elle ne perd pas le nord en développant une paire de baffes à chacun des espaces-temps.

Tante Gertrude est bien contente et sourit largement… de beaux cadeaux de Noël ces deux-là.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le conte authentique de la Galette des Rois. Chapitre 1/3

Oeuvre de Claude Monet - Les galettes -1882

Oeuvre de Claude Monet – Les galettes -1882

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018 (1ʳᵉ semaine : Galette des Rois)


Il était une fois un Roi pauvre. Pauvre de monnaies trébuchantes. Très pauvre. Tellement pauvre qu’il était habillé de feuillage, sa couronne était de gui et de lierre et que son aimable demeure était fabriquée de branchages et de lianes.

Sa Royale Majesté s’imposait a elle-même ce que ses sujets subissaient : une restriction alimentaire dont l’inanition faisait des ravages et un dénuement style saint François à en perdre l’assise tout en restant digne.

Le royaume de ce Roi, était aussi vaste que les proportions n’étaient pas mesurables, avec un taux de dépeuplement à faire pâlir les fortes concentrations de populations de mégapoles connues et à venir sur des territoires voisins.

Il faut ajouter à cela un désintérêt des touristes.

Sa Majesté était dépossédée de l’âme mercantile. Il était avant tout hédoniste voire épicurien. La décence lui interdisait d’explorer ses terres à des fins de contre faims à soutirer les biens de la chair de ses sous-sols. Le marché intérieur était très modeste et les marchés extérieurs peu rentables.

Mais on ne gère pas une royauté avec le porte-monnaie du premier mendiant venu. Il faut du coffre, de l’audace, et il ne suffit pas d’une autorité bienveillante mais d’une autorité d’économie efficace et d’investissements performants.

Le Roi s’y refusait ! Ici, le bât blessait. Et pourtant, il se sentait en péril éminent, en chute libre, emportant le peu de vivants encore autour de lui.

Ce jour-là, il pensait fortement sur son royal trône (une chaise brute de paille), qu’il devait à la question de son état, évaluée très justement, la déposer ouvertement et sauver le peu de son peuple et de ses serviteurs, entraînés dans sa chute inexorable.

En effet, pour ceux-ci, fallait-il beaucoup de courage, de santé pour quitter un maître bon et se voir peut-être refuser la première obole d’un esclavagiste en dehors de ce royaume.

Sa Majesté fit venir à sa chaise brute de paille, son éminence grise, un homme de corpulence chétive mais qui était né sous le signe du roseau. Il avait ainsi quelque accointance dans le milieu fermé de mages Roseaux-Réseaux dont il était une branche active en sous bassement.

— Mon cher ami, dit le Roi d’un ton frêle mais clair, IL nous faut sortir de l’ornière de cette misère. IL le demande. IL porte en vous espoir et guérison de ce mal. Ce monde-ci que nous vivons est trop insupportable par son errance. IL vous prie de faire le nécessaire pour le Royaume, pour le bien de tous. Que proposez-vous, avant que le drame ne soit irréversible ?
— Sa Majesté a été aiguillée à propos à mon égard. Je vais consulter. Et apporte réponse dans un délai bref.
— Allez, allez, faites au mieux si ce n’est de l’extraordinaire.

Ainsi l’éminence grise nommé LiDou, s’enhardit de cette décision de raison, à en manquer de s’écrouler tout raide sur le champ. Il reprit cependant ses esprits et partit d’un pas certain vers les marécages du Sud pour s’entretenir avec un personnage d’une envergure toute particulière.
(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018