Je vis tu vis c’est étrange

Kent Miles - Wien - 1990
Kent Miles – Wien – 1990

Premier essai avec le nouveau éditeur fait de blocs et de « briques » 🙂 (je n’ai trouvé à diminuer la lettrine J – code CCS introuvable) Et un lien : https://wordpress.com/fr/support/editeur-wordpress/


Je vis au ciel bleu de ton écriture à la profondeur d’une ancre à quatre mille huit cents quatre brasses et je plume tes mots un à un comme une volaille ébouillantée après l’avoir occis à l’ancienne et je reprends un bol bien rond bien plein de mon whisky préféré et d’une traite je bois tel un boit-sans-soif et dégurgite malproprement sur ma raison d’être…

Tu vis assise sur le promontoire de mon indifférence tu me jettes l’éponge à moi-même t’abandonnes la lutte tu fuis avec la clé des champs qui se change en marguerite géante et plante son avis devant toi et te nargues comme un récif prêt éventré la coquille de ta raison d’être …

Tu vis la vague et son écume à l’âme telle une trame d’une mauvaise ligne de vie que l’exploration te fait vomir au premier pas qui te déboîtes la boîte crânienne sur le devant l’arrière scène aveugle de naissance et qui s’impose comme une ogresse qui charrie les intestins de l’angoisse au carré de l’identité de soi de ta raison d’être …

Je vis entre deux eaux de mon alcoolisme dépositaire de ma non consistance à l’image de toi en blonde un soir à Rocamadour dans cette chambre qui a été témoin d’un craquement aussi inattendu que la livraison de la panoplie papale à dix-sept heures heure sidérale au sous-sol d’une église qui sermonne une messe bien étrange … celui de mon pantalon à la couture de l’entre-jambe … de ma raison d’être …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 2/12

Nicolas-François Gromort 02 1837

Nicolas-François Gromort 02 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


2/12

François, bien avant Le Penseur

— Je suis et je reste. Je suis et je peste. Je suis et j’attends. Je suis… qui suis-je qu’une pensée évanescente qui s’accroche comme toi végétal imparfait et sympathique à la nature de mon état ? Tu ne pleures pas ta sève, toi. Tandis que moi… tandis que moi, je suis assis sur l’indifférence du monde, dépossédé de mes actions et planté par mes générations précédentes à pousser les autres vers une même terre qui nous enterrent comme une offrande presque un terreau de souvenirs… je suis un chant une ballade …

« … La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil desséchés et noircis ;
Pies, corbeaux nous ont les yeux crevés,
Et arraché la barbe et les sourcils
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
De-ci de-là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie… » (François Villon)

— Je suis et je reste. Je suis et je peste. Je suis et j’attends. J’offense mes ancêtres et pose mes conditions sur mon devenir à l’alchimie de renaître autrement dans le pourtour d’un éther à la rondeur de mon aimée possédée de la prière de s’évader de ses maîtres qui tiennent lois et bourses et morales douteuses à l’usure et l’avarice et Dieu m’entende si je mens à la hauteur de ses yeux qu’il m’aveugle de son intransigeance et miséricorde… le temps me pince la gorge et m’étouffe de son requiem…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

4ème mois avec Toi

Oeuvre Jacques Pradier satyre et bacchante

Oeuvre Jacques Pradier – Satyre et Bacchante

Assoiffée de Moi tu viens te noyer dans mes mots
Victorieux de t’avoir emprisonnée à leurs tempos
Reine de mon immoral attitude je suis ton héros
Irrévérencieux dont le roseau cingle ton rameau
Lascif et impudique, tu jouis à tous mes assauts !

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Souviens-toi

Oeuvre de Richard Blunt

Oeuvre de Richard Blunt

Souviens-toi, quand pour la première fois j’ai apposé ces mots au creux de ton oreille : « – Tu es ma Reine, je suis ton Roi ». Qui de nous savait à ce moment-là que tu allais devenir cet As pic et moi cet As de carreau ? Nous étions de cœur dans un champ de trèfles, loin d’un jeu des sept familles que nous avions mis dans un album photos souvenirs.

Notre rencontre était improbable et pourtant souhaitée, là au fond de notre âme, en filigrane. Nous étions impérissables, inséparables, insouciants comme des adolescents, conscients de nos différences. Le monde s’était toi et moi. Un cordon ombilical s’était formé (césure d’autant plus douloureuse lors de la séparation).

Nous étions ivres sans perdre conscience. La marge de la vie nous accueillait comme elle accueille tous les amants, impartiale. Tout amour est unique et pourtant les ingrédients, la formule, sont identiques, seuls les protagonistes et la mise en place de la Rencontre, diffèrent.

Qu’importe l’âge, la couleur, l’obédience, la beauté, … le seul trésor est un NOUS que rien ne vient, de l’extérieur, bousculer, détruire. Nous avions construit cette bulle selon les normes en vigueur, naturellement. Cependant avec le temps, nous avions créé notre propre anéantissement. Paradoxe et pourtant inévitable réalité de l’amour fusionnel qui pose la question : sommes nous prêts à nous aimer sans concession ?

Nous étions devenus des joueurs d’échecs. Nous étions prêts à tout et prêts à rien ! Un genre de néant nous a happés. Une agonie s’ensuivit comme un malade qui de sa souffrance veut en finir et s’accroche à sa vie tel un alpiniste qui a décroché, suspendu dans le vide et que rien ne peut arrêter son éminente chute si ce n’est un secours improbable.

Inévitablement notre propre perte s’est accomplie : nous avons chuté.

Fractures multiples, traumatismes divers, on ne pourra jamais payer la facture de notre séparation.

Nous sommes devenus des SDF de l’Amour, à la recherche d’un nouveau toit. Nous l’avons trouvé, mais à quoi ressemble-t-il ? A un refuge !

© Max-Louis MARCETTEAU

Tu sèches en ombre

Oeuvre de Steve Hanks

Oeuvre de Steve Hanks

Tu es là
Prostrée
Et fuyante
Impalpable
Possédée
De Toi en Moi
Dérive,

Tu tires les ficelles de ton âme
Amour
En ombres chinoises

Le vent s’ébroue
Il rit de pas d’ombre
Dévoile ton visage de tes long cheveux blond,
Et le sable de mes mots tourbillonnent
A te crever les yeux

Tu hurles dans ta jungle
Fil d’Ariane rompu
Le creux de ta main appelle la soif
De Moi en Toi
Le Temps ronge les draps de nos ébats et débats

© Max-Louis MARCETTEAU 2016

De moi à moi

Oeuvre de Loui Jover

Oeuvre de Loui Jover

Le Temps m’arrache de mon mur comme du lierre !

Je prends toutes les nuits et jours de sa sève de guerre,

Pour me battre dans ce quotidien qui remplit ma Tour,

A la lueur d’un devenir incertain, à la surprise de velours

D’être dans le monde et le monde des mots qui courent

A la vitesse d’une encre ne suit plus mes pensées vautours !

©Max-Louis MARCETTEAU