Sur la joue de la réconciliation

Photographie de Joachim Bergauer

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 18/31


… signature d’un baiser sur la joue de la réconciliation le feu intérieur telle une machinerie complexe reprenait vie dans les âmes et les corps qui se redressaient pour une nouvelle marche purgée de calvaires et ouverte pour Embrasser le monde d’un seul souffle…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Abandonnant mon bio-xy-lol au placard des orphelins

Blog oulimots contrainte écriture


Il m’avait dit :

— « Allez tout droit en suivant les virages ! »

Et il avait rajouté :

— « Le temps s’augmente lui-même »

Il disait, que tout cela, n’était pas de lui, mais d’un livre au titre étrange : « La PENSÉE de l’OrdRe ». Il résumait ce livre comme étant l’indécence suprême de l’élévation de l’homme sur l’humain et une contestation franche sur le progrès élément de confort à tous les niveaux des sociétés qui pouvait se le permettre.

Je ne comprenais pas très bien la tournure de ce résumé, moi qui fractionnais ma vie par étages, mes pensées par escaliers, et encadrais ma raquette de réparties sur le fronton de mon audace.

Il s’était présenté fort et les gants de velours pour me convaincre que sa poignée de main était sincère les yeux dans les yeux je buvais avec lui du jus de pomme abandonnant mon bio-xylol au placard des orphelins.

J’ai lu pour lui le fameux best-seller : « Le Bonheur frappe l’Éphémère » en trois tomes développant ainsi mon appétit pour le petit rien qui s’installe dans le modeste ascenseur social mais pétillant de ma vie.

J’avais changé le programme de mon éducateur interne et la pile de ma structure de données de cinquième niveau pour réussir une part de mon existence qui me paraissait un peu trop rose selon les critères de la nouvelle gouvernance autocratique du moment…

Et puis cette juridiction avait estimé qu’IL était persona non grata, LUI qui était le dernier de son rang d’un monde encore biologiquement viable…

Aujourd’hui, il est devant moi, transparent… dans un tube.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

La poésie en sac à dos elle chante une ballade

Photographie Camille DAR

Challenge Lune et des participants


57/57

…césure coupée du monde s’est embarquée seule pour l’Océan des Tempêtes la poésie en sac à dos elle chante une ballade à la partition des vents racoleurs soutenus par des nuages singulièrement lunatiques avant son passage initiatique et devenir… une Sirène…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021


Ce challenge sur la Lune est terminé. J’avais idée d’écrire depuis une vingtaine d’années sur ce satellite et aujourd’hui la chose est faite. Et, la deuxième idée est de rassembler les textes pour une édition. (auto-édition pour être précis).

Cependant, suite à une contribution active, et aussi ponctuelle, de participantes et participants, (voir l’ensemble des commentaires du Challenge Lune) je souhaite intégrer leurs commentaires à ce futur livre avec leur autorisation, bien sûre. Et, cerise sur le gâteau, j’offre gratuitement un exemplaire, à qui le souhaite.

Voici la liste des contributrices et contributeurs :

DomiGeckoGibulèneJoFirenz’lyssamaraJohn DuffPatrick BlanchonHypergolCarnetsparesseuxroijoyeuxtoutloperaoupresque655890715

P.S. : si à l’occasion vous connaissez une illustratice.eur pour agrémenter chacun de mes 57 textes, faites-le-moi savoir par commentaire. Bien sûr … je paie … raisonnablement 🙂

Tu es perméable comme le beignet dans la friture

Photographie Iotop 2021- Oudon

Blog Émilie : récolte 21.03


Annulation ?
— Eh oui …
— Je m’élève contre …
— Confrontation ?
— Frustration !
— Alors, organise avec toi-même ton carnaval.
— Pour masquer ma frustration ?
— Non. Pour te mettre hors d’atteinte de ce monde.
— Hors d’atteinte de quoi ?
— De l’effervescence mondiale… du demain entre deux eaux (et pas le village des Vosges) …
— Tout est à brûler !
— Au contraire, tout semble se reconfigurer !
— Que m’importe, l’angoisse me conseille fortement, me presse le ciboulot, et son jus m’empoisonne.
— Tu es perméable comme le beignet dans la friture… à boire trop de médias toxiques, voilà où tu en es …
— C’est vrai… je dois stopper ces avalanches de morts, de complots, de conflits, de menaces, de statistiques, de guerres …
— Et toute la bêtise faite homme
— Et femme
— Aussi !
— Bon, je vais accueillir aujourd’hui mon nouveau moral tout neuf !
— Excellent !
— C’est fou comme tu me fais du bien ! Tu sais ça ?
— Euh … oui … bon …
— Tu me revigores … tu sais oser me bousculer … et j’aime ça …
— Bon, arrête ton char
— Tu es ma couleur de vie ! Tu sais ça ? Mon Amour !
— Je n’aime pas les compliments, c’est moi qui vais avoir le moral en dessous de la ligne de flottaison…
— Et si je t’apportais réconfort, là, maintenant ?
— Qu’est-ce ?
— Goujat ! Regarde ! Cette belle culture du bon de toi en récompense … viens à moi, prends moi, maintenant, de corps… en ton carnaval !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le subito ouvre ses sens

Photographie Cath Peartreed – Ephemeral

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février : un mot par jour, une phrase 280 caractères maxi, utiliser #recreature, publication sur un réseau)


D’un pas à un autre franchissement tamisé d’une mer épicontinentale à la section d’un carrefour posé par inadvertance pour créer une confusion de directions comme pour appeler au secours quand le subito ouvre ses sens par opposition au reste du monde apparaît une ville … Londres.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Un dernier vœu avant le premier saut ?

Lac_Abraham Photo de Luis Arevalo

Blog Sabrina (j’ai fait le choix d’une des trois consignes )


 

Deux hommes en haut d’un pont entre deux montagnes, et un lac en contrebas.

— Tu sais quoi ?
— Non ?
— Je me demande si l’eau est froide.
— Ce n’est pas de l’eau, c’est du méthane.
— Ah ? C’est un nouveau procédé ?
— Tu pouvais choisir.
— Momifié à vif ou gelé et réchauffé par intermittence jusqu’à ce que tous les membres tombent comme de la lèpre … quelle importance.
— Rien ne sert de courir, il faut mourir à point !
— Ça te faire rire ?
— Pardon.
— Tu es le bourreau officiel sur ce territoire, alors je comprends que tu n’es pas là pour verser des larmes.
— Un dernier vœu avant le premier saut ?
— Tu sais pourquoi je suis méchant ?
— Non ?
— Parce que la vie a été injuste avec moi.
— Cela m’étonne.
— Je suis né avec une «cuillère en argent», je n’ai pas eu à traverser la rue pour trouver un job, tout le monde m’aimait, même la mamie que j’ai ébouillantée avec sa marmite de soupe…
— Et ?
— C’est devenu au fil du temps insupportable … adolescent, avec ma tête d’ange, le mot amour se collait sur la langue des filles qui voulaient s’approprier mon corps comme d’une marchandise, comme un caprice…
— Être aimé, c’est beau non ? Quand une partie de l’humanité se demande si l’amour n’est pas une arnaque.
— C’est là que j’ai commencé à tuer. La première, dans le sous-sol de la maison de mes parents.
— Pourquoi n’as-tu pas simplement refusé ses avances ?
— Beaucoup d’autres avant… avaient essayé de m’embobiner. J’avais lutté. Mais celle-ci m’avait carrément joué une grande scène du genre guet-apens…
— Elle était moche ?
— Non, non …
— Une erreur de jeunesse …
— Oui. Je n’ai pas été soupçonné.
— Comme quoi, tu as été verni.
— Les années ont passé. Je cédais aux femmes qui avaient de l’argent. J’en tuais quelques-unes quand elles étaient pots de colle.
— Pourquoi tu me dis ça ? Ta condamnation n’a rien à voir avec ces femmes.
— Il m’aimait, je l’aimais, il m’a trahi … je l’ai tué…
— Et d’une manière moyenâgeuse …
— On ne fait pas mieux, actuellement.
— C’est vrai mais c’est pour la bonne cause, l’exemple.
— J’avoue … à cet instant …. que … je n’ai jamais su aimer. Pour moi … c’est une révélation.
— Trop tard.
— Oui, trop tard…

Et le solide bourreau le prend à bras-le-corps, et le jette, par-dessus le garde-corps du pont, dans le lac de méthane en ébullition à moins 161°.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Les années passent s’entassent et nous encrassent

Pied à pied Photo Iotop 2020

Aujourd’hui, il fait beau. Enfin une bonne nouvelle.

— Et toi, tu as une bonne nouvelle ?
— Oui !
— Et ?
— Je garde le secret.
— Pourquoi ?
— C’est beau un secret … le préserver du monde extérieur, ne le garder que pour soi c’est jouissif …
— Hum … on a besoin des bonnes nouvelles des autres, aussi.
— Pour se gorger d’indécence ? Le monde est une gigantesque sangsue de biens et de maux !!!
— N’accuse pas le monde de ses imperfections … tu es de ce monde …
— Tu disjonctes ou quoi ? C’est ta nuit astrale qui t’envahit ?
— Non ! Les ennemis de la bonne entente, de la joie de vivre, de l’espérance …
— Soit dit en passant, l’espoir est fait pour les pauvres…
— … de l’alliance, de la concorde, de la compréhension …
— Stop ! Gare à la connivence des adjectifs qualificatifs obséquieux à venir …
— En prononçant : gare, j’ai l’impression que l’on s’égare …
— Tout juste, et ne gardons pas en mémoire cette divergence.
— Allumons une bougie de paix ?
— Nous avons des discordances pas des dissonances.
— Nuance.
— Tout juste.
— Les années passent, s’entassent et nous encrassent, parfois.
— Oui, mais qu’importe, notre amitié n’est pas vacillante pour autant.
— Et … ce secret ?
— Je t’avoue, et tu le sais, l’amitié a son jardin secret …
— C’est une bonne nouvelle …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Impression de sable mouillé dans le cerveau

Couple_photographe_inconnu

Couple – photographe_inconnu

Agenda Ironique Août 2020


Un couple naturiste sur la plage au mois d’août … parmi d’autres…

14h03

— Tu es bien, là ?
— Je suis bien, sur cette plage de sable fin et chaud.
— Ton corps est de plus en plus beau.
— Il en fait qu’à sa tête… pourtant …
— Tu es programmée pour bien vieillir, à pas mesurés.
— Vieillir ou pas, quelle importance.
— La vie ne demande pas ton avis.
— Et si mon suicide était un acte libérateur, un pied de nez à la vie, hein ?
— Alors, ce suicide serait injuste.
— Pourquoi ?
— Y a tant de vies qui veulent se vivre.
— Que m’importent les autres.
— Et moi, je suis les autres ?
— Tu es ce blablabla qui me tient à flot… possiblement.

15h23

— J’ai une impression de sable mouillé dans le cerveau…
— Cerveau ensablé ?
— Hein ?
— Et les oreilles aussi ?
— Non … dimension de tes mots en argile qui se déforment et s’envolent tels des parasols décolorés …
— L’ouïe en noir et blanc ?
— Avalanche de mots sur une onde outragée… je nadir …

16h31

— Je veux entendre ce monde respirer…
— Respirer autrement ?
— Non, respirer avant qu’il meure !
— Ou avant que tu meures ?
— Non, le monde ! même le vulgaire des poissons comme la perche
— Et tu n’es pas de ce monde ?
— Si …
— Alors ?
— Je veux entendre ce monde respirer.
— Et moi ?
— Et toi ?
— Oui, moi !
— Rien …
— Comment rien ?
— Tu ne respires pas.

17h53

— Si j’étais ton horloge ?
— Tu es toujours en retard, alors …
— Si j’étais ton Monoï ?
— Je ne suis pas une pièce mécanique qu’on trempe dans l’huile … tu le sais, ça ?
— Si j’étais ton eau ?
— Tu es déjà tari, mon pauvre …
— Si j’étais une page de ton livre ?
— Tout juste un sixième de ligne…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre I

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.

(Les autres chapitres : ICI)


De la mesure immensurable

Un ensemble automatisé nommé : Le MobilLus-Domus extra-galactique, s’est mis en place en deux temps que le mouvement temporel n’a rien vu venir mais qui somme toute permet à une seule voix de le déployer en habitat principal. Ainsi l’équipe de Qi Peuh, se tient prête à prendre possession dans un seul élan, pour une première nuit, ce nouvel espace dédié. En effet, selon la convention B-45#78, il est fortement conseillé d’installer l’équipage et la mission à l’extérieur du vaisseau principal par précaution.

Aussi les premières bonnes remarques fusent comme un feu d’artifice au mois de décembre comme en la lointaine capitale mondiale Kourou-Kourou (avec l’accent chantant) de l’exoplanète Terra-Bleue aujourd’hui jungle de première catégorie. Et Paulo-Tel n’est pas en reste, de remarques :

— Bel ensemble, hein ?
— Au moins un quatre étoiles ! lui répond Mante-Lao, cheveux de jais en court de coupe, poitrine en courbe de Gauss, regard d’antilope.
— A la Bételgeuse ! tonne O-Tel frère de Paulo-Tel, un grand gaillard aux épaules d’Atlas, aux mains à la Loki.
— Non ! A la Pollux ! siffle la belle Ula-Pil que personne ne présente. Le mot : belle, suffit à lui-même, ou lui suffit à elle-même.
— C’est vrai, je suis d’accord ! A la Pollux ! ajoute Jol-Hil, le mécanicien de bord, à l’allure d’un Baldr. (et pas un bol d’air).

L’équipage de Qi Peuh est une belle brochette de personnalité, qui embarque les yeux émerveillés, se dit Qi Peuh avant de prendre le premier quart de garde même si l’I.A. de service surveille de ses senseurs la totalité d’un périmètre de bonne mesure.

Tous dans un commun et ultime accord ne choisissent pas leur appartement, ou local de détente. Dans ce modèle de MobilLus-Domus, le collectivisme d’abord, conforme à une chambrée d’un confortable espace avec l’intimité requise en deux exemplaires. Bref, c’est la colonie sans les vacances.

Et cela plaît à Mante-Lao et Ula-Pil. Mission agrémentée du luxe, c’est aussi cela la vie d’aventurière. Ce temps est bien fini de partir avec son braquemart et son couteau telle une Alexandra David-Néel pour parcourir le monde, ou sauver des compatriotes, tel le légendaire Rambo ou attaquer une ville de Troie à plusieurs même en compagnie d’un Achille (et pas Talon).

Dans cette vaste chambrée à rotonde en duplex, ou ce duplex en rotonde, elles choisissent l’étage. Normal, les femmes aiment voir les choses en vue si ce n’est avoir de la hauteur même sans talons et sans parachute et avec de l’esprit (pour certaines).

Pour tout équipage, l’équipage a un sac à dos, en polymères à dimensions fractales hybrides inversées (résiste à tous les rayonnements, même celle de la bêtise), qui contient l’essentiel, voire comme à l’exemple le nécessaire de toilette avec quelques rechanges pour ces dames (les hommes, On le sait, sont des rustres).

Bref, quoi qu’il en soit ces primates s’installent et marquent ainsi leur territoire avec les convenances d’usage et au besoin d’une marque à la voix qui permet d’apporter un semblant de pouvoir si ce n’est de puissance. Quand, un effet de détonation inattendue semble se faire entendre ; et que seule discerne Mante-Lao, à la capacité de détection acoustique exceptionnel.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un noyé sur le bord de l’aveu

Pont_divatte_Iotop_2018

Pont_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Dimanche à Paris un monde entre ce trottoir du cinq heures dix-huit du matin fraîchement lavé et les habitants en attente de se vidanger je marche seul une bouteille à la main comme une accolade vers un autre monde aux moments de hasards et de plaisirs minutes…

D’un pas à un autre j’essore ma pensée première de la première minute du jour et me délecte des images possédées sur un parapet debout devant la Seine m’observe je suis statue de chair à chair de poule je ressens le frisson de l’importance de ce fleuve et j’ose le défier à l’usure d’un temps au fil du temps qui se tisse à l’horloge d’un contre temps conséquence d’une pause à la note dévergondée d’un instrument à vent d’ouest épris d’une rosace à quatre et demi d’un monde qui a perdu le nord et la gare qui s’annonce je détourne la tête d’un mouvement de rouages je suis voyeur de l’événement je déraille à contresens à vent contraire la houle de mon humeur tapeuse ressemble à un noyé sur le bord de l’aveu à sortir la sirène hurlante qui s’étonne des voyeurs sangsues au brancard de l’illusion embarquer une demi-vie d’une masse atomique d’une vie scalaire au dernier cri d’un secours si ce n’est d’une voix commune reconnaissable à l’onde de choc vibrant défiant le mégaphone …

— Dis-moi, mon fils, tu comptes rentrer manger ou à présider ton avenir à picoler sur ce parapet … Emmanuel ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un étrange sourire devant le monde

En vers et contre nous Iotop_2019

En vers et contre nous Iotop_2019

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— Elle était belle … et c’était tout. Non, elle avait autre chose : un étrange sourire devant le monde. D’ailleurs, ce sourire m’avait conquis comme un iceberg qui se réchauffait au changement climatique et fondait. Et oui, j’avais fondu carrément littéralement complément entièrement débilement … j’étais devant une merveille et donc je m’émerveillais … Elle m’avait accepté tel que j’étais avec mes défauts marqués et mes qualités nuancées … j’avais découvert que l’amour était aussi dans les étoiles de l’autre … et le « rêve n’est pas qu’une ombre » comme le dit Hamlet … ma vie avait pris la sixième dimension sans navette rien qu’avec le cœur et mon désert de célibataire a vu fleurir et naître une nouvelle source et remplacée l’océan marécageux de ma solitude qui se prenait pour éternelle est riait le soir devant mon miroir et qui de ce face à face je restais de marbre pour ne pas donner un relief à quoi s’agripper mais tous les soirs cette solitude me serrait le sentiment de ne pouvoir aimer et être aimé comme si je n’avais pas ce droit de trouver l’âme sœur la chaussure à mon pied ma moitié devenue ma seule raison de vivre encore au milieu de mes semblables qui de loin m’ignoraient et des proches qui me tenaient pour responsable de mon état de terre promise et que la jachère avait pris racine et je me sentais retenu par une laisse comme un animal qui voudrait découvrir un autre territoire qui avait la restriction par défaut … mais je l’avais rencontrée et depuis lors le pain avait un notre goût le café du matin un autre arôme le ciel avait un autre regard sur moi sur Nous … je n’étais pas heureux Nous n’étions pas heureux Nous étions bien très très bien … apaisés complices …

— Arrête ! Tu vois bien qu’elle ne peut plus t’entendre .. elle est complètement défigurée …
— … écrasée … oui, je vois …
— Cela ne sert à rien …
— Pour moi, elle était toute ma vie … pour toi, elle n’est qu’une poupée gonflable.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La fin du Monde frappe à ma porte

Lune_Iotop_2018

Lune_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … je me rappelle. Oui, je me rappelle. Je me rappelle. Et puis, non. Je n’ai pas envie de me rappeler. Tout souvenir est trop intense et me fait vieillir me semble-t-il comme si un mauvais miroir m’obligeait m’imposait me commandait tel un mauvais génie à regarder en face de profil de côté d’en haut à la lumière d’un temps à la bougie qui elle n’avait pas la moindre idée que la LED allait naître d’un semi-conducteur comme si un semi-cocher pouvait conduire une charrette une carriole un cabriolet … comme quoi rien ne va plus dans ma tête et je dis n’importe quoi comme pour me tenir éveillé tel un moustique devant une lampe blafarde usée presque pathétique voilée d’une poussière crasseuse de temps d’années qu’elle fait vêtement combinaison d’une plongée dans le temps qui n’est plus le mien celui qui flotte entre deux états d’une théorie des cordes et dont je préfère l’effet de langue d’origine : « string theory » à l’accent à la traduction à la définition légèrement dénaturée du mot «string» qui pourrait laisser rêveur un Tarzan aux lianes distendues de l’esprit par les fameux souvenirs qui s’étirent peut-être eux aussi sur l’expression d’un plafond de verre qui ne va pas tarder à se briser aux morceaux de choix et n’a pas le temps de choisir … non non … pas le temps à ce temps de fin du Monde qui m’attend sur le seuil et frappe lourdement ma porte telle une massue d’un soi-disant barbare chrétien haut de corps l’esprit à pic à cœur de carreau et le trèfle quatre feuilles me sourit une dernière fois … la réalité cette réalité une pâte brisée … un fil funambule… les années au fond du sablier le monstre avale tout … mon puits d’insouciance m’ouvre les bras à me noyer …

— Alors, docteur, comment va-t-il ?
— Delirium post-réalité à double effet … l’effet de mode de fin du Monde fait tous les jours des victimes …
— Irréversible ?
— Irréversible !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Agenda Ironique Mars 2019 – Résultats

lampadaire_beaulieu_2019

lampadaire_beaulieu_2019_iotop_2019


Nous voici au troisième volet de cet Agenda Ironique Mars 2019 avec pour thème : le lampadaire.

Les différents liens : ICI et ICI

1) Gagnant :

 – Il apparaît à la majorité des voix que la gagnante est :  Anne Coquelicot .

Cette mouture a apporté des univers  aux horizons divers et variés et tous avec une luminosité différente et attractive.

 

2) Organisateur

 – A une forte majorité, le nouvel organisateur de l’Agenda Ironique d’Avril 2019 est une … Organisatrice … (si elle accepte cette mission) :  Anne Coquelicot que nous ovationnons avec enthousiasme.

Merci à tous : lectrices, lecteurs, auteures, auteurs, et pendant que j’y suis le … monde entier et l’univers (soyons fous).

Mise à jour le 03/04/2019 :

Et pour participer à l’Agenda Ironique d’Avril c’est ICI   chez Anne 🙂

iotop 2019

La Terre est un WC qui déborde sur ce monde mou

Dessin de Bubo - Inktober 2018 - #1

Dessin de Bubo – Inktober 2018 – #1  (je vous invite à découvrir cet artiste de BD)

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°40 le mot : mou


La Terre est un WC qui déborde sur ce monde mou
Aux regards translucides des cris de lèvres cousues
Les écrits pénètrent dans le pixel et l’Océan se joue
Sur sols de dictatures alimentaires blisters de visu

Identifiables à l’industriel irresponsable en personne
Tous les responsables par blocus de la bêtise sonne
Tocsins sur les réseaux défiants la réalité sur l’avenir
Les gouvernants s’opposent, s’arrosent à tout blanchir

Les nouveaux gladiateurs que nous sommes oyez
Vos cœurs de raison à l’intelligence du cœur prenez
Quelques mots d’action sur les lignes de forces
De l’union de tous formons une nouvelle … écorce …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La division d’un reste

Oeuvre de Stefan Stankovic

Oeuvre de Stefan Stankovic

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Il me regarde dans les yeux… de haut.

Damned.

Je suis allongé sur un lit de feuilles… d’automne. La forêt est en vrille, arbres arrachés, soufflés, tordus, arrachés, défigurés… est-ce mon monde connu ? Le silence est monastique.

A ma nuitée, j’ai froid. Il est toujours là. Il rôde.

— Damned.

Je me lève. L’astre du jour est rouge vermeil et rayons de sang couleur de l’irréel. C’est beau, terrifiant à la fois.

J’étais majordome dans une grande maison. Une belle situation… je crois et puis… le vide… et suis à présent là… perdu, égaré… j’ai l’impression que mes émotions sont estompées.

Je marche lentement. Trop lentement. J’ai des morceaux de branches et verre aux jambes. Je ne ressens aucune douleur. Suis-je aussi devenu insensible ? Tout cela n’est vraiment pas normal… et il est présent. Il tournoie autour de moi de plus en plus près.

— Damned.
Oh oui oh oui… je lui réponds.

Je m’entends dire des expressions en dehors d’un contexte précis. Je crois qu’il a vraiment quelque chose qui cloche. Et le mot cloche me fait penser au village. Le village de… je ne sais plus. Il faut que je sorte de cette forêt dévastée. Il me faut retrouver une certaine mémoire.

Je marche, je marche, nuits et jours… enfin ce qui reste du jour épais, suffocant, excentrique… et de la nuit cauchemar d’un tout de cris éparses, de gémissements étranges, de froissements ininterrompus, de frôlements de choses étranges entre moustiques et oiseaux de mauvais augures…

La route est là… un semblant d’une ancienne route goudronnée. Je m’arrête enfin. Sa présence au-dessus de moi depuis des jours est obsédante.

— Damned.
— Que me veux-tu ?
— Damned.
— Précise…
— Damned. Tu es le seul survivant. Le tsunami cosmique prévu est arrivé selon les prévisions. Damned
— Je ne suis pas seul, tu es là…
— Tu es le seul de ton espèce… j’ai interrogé les principaux anciens satellites encore en activité autour du monde…
— Ah ? Donc je ne suis pas seul… et puis tu es là… on est deux…
— Damned. J’ai un souci d’interconnexion neuronales du langage usuel…

Il doit être aussi le dernier drone en activité comme je suis le dernier droïde…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Suis heureux…

Oeuvre de Servando Cabrera Moreno

Oeuvre de Servando Cabrera Moreno

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Mon surnom est le « mouton de Panurge ». Les gens disent : « Tiens, voilà le mouton de Panurge ». Je n’en prends pas cas. J’aime les moutons, normal, je viens de la bergerie des Trois Moutons au Col des Frisés. Et depuis que je suis dans ce village, ils m’appellent ainsi et je réponds bien volontiers.

N’empêche que mon vrai nom est : Poliquet. Et j’aime bien. Mes parents d’adoption sont dans les bovidés, c’est mon grand-père qui est dans le mouton et j’y suis resté bien longtemps, mais il est mort. Alors, comme personne ne voulait reprendre la bergerie et que moi je voulais, on m’a dit non. Il fallait que je sois é-man-ci-pé, émancipé (c’est dur à dire). Et j’ai posé question sur ce mot. On m’a répondu que j’étais à présent un affranchi et comme je comprenais pas le mot on m’a expliqué que j’étais libre. Libre ? Mais je l’ai toujours été. Ils sont un peu tarabiscotés dans le village.

On m’a trouvé une place de commis dans l’auberge du Poil Mordant. Suis bien heureux, surtout qu’il paraît que suis pas vilain gars et que la Becoteuse blonde lavandière a bien voulu de moi. C’est là que le curé m’a dit une drôle de phrase : « Alors, tu as connu le coït, garnement. Attention de n’y prendre trop goût ». Je pense que le curé n’a pas bien compris que la Bécoteuse et moi nous étions bien ensemble et qu’à la prochaine ouverture de foire nous allons faire fiançailles.

Suis bien heureux. Et le monde ici, aussi. Quoi de plus avoir quand tout est joliment mis même si parfois la Bécoteuse veut son “face-sitting” du dimanche après la messe. Je vous jure que c’est bien pour lui faire plaisir, surtout sous ses jupes j’étouffe à moitié à lui brouter le foin.

Quoi qu’il en soit, nos futurs voisins et les alentours, va nous offrir un petit lopin de terre et avec pierres, mortier, bois et ardoises pour notre nid d’amour. Suis heureux comme diable… pourvue que la prochaine peste ne vienne pas m’emporter à mon bonheur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Top chrono ! Chapitre 4

Photo de Navid Baraty

Photo de Navid Baraty

J’ouvre la boîte des angoisses sur le bord du balcon.

Au loin la ville.

Je vois les voitures qui poussent la vitesse et les feux comme des orages multicolores, budgétivores, carnivores, elles osent l’expression de l’explosion métabolique de leur vie sur la chaussée mouillée des fantômes carbonés.

Je respire le temps des nuages gris, de la pollution de mon cerveau pris en otage aux souvenirs intransigeants de vivre sur la colle des angoisses.

Mon balcon m’ouvre les voies du ciel et par le paradoxe de la terre goudronnée par effet entourée de pelouse impropre à la consommation même après séchage.

Je vois loin, trop loin. Et mes pensées s’agglutinent entre toi et moi dans un filet rugueux de reproches, de non-­dits et de faits qui ne collaient pas à notre vie.

D’ailleurs notre vie ensemble comme une erreur dans un programme humain, j’ai sauté sur le quai de ta gare, mes bagages entre les mains poisseuses de tes caresses.

Je vois le temps qui me dit bonjour avec un signe du chronomètre qui se marre en tournant en rond comme moi sur ce balcon qui n’a pas de rambardes.

Je suis prêt à me tenir au garde à vous pour le vol entre ciel et terre. Moment de délivrance de toi de moi de ce monde qui n’est pas le nôtre.

Je vais enfin pouvoir réaliser ce premier saut sans avoir la peau hérissée de la peur.

Je prends conscience enfin qu’il faut que je prenne une décision. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Ce qui est la pire chose pour moi.

Mais, c’est le fait que tu es partie ce matin avec nos souvenirs, sans un signe d’adieu, simplement un sourire entendu, comme une signature d’un acte que tu avais déjà prémédité depuis trop longtemps. Tu avais en tête une autre vie, avec un possible de vivre en dehors d’impossibles habitudes où tu te serais pendue entre poutre d’angoisse dans le salon des peurs et le miroir de toi en filigrane.

Aujourd’hui, je ne ressens plus le froid. Non, je ressens le chaud de ma décision entre mes neurones déphasés.

Je ne dirai pas adieu au monde qui se fout royalement de mon existence de petit, de ce rien qui n’est même pas un grain sable, même pas un grain de sel pour pimenter un fait divers dans un journal local ou une radio.

Non, je ne vais pas m’habiller pour ma bonne cause. Non, je ne vais pas m’écraser tout nu sur la pelouse qui n’est pas aussi verte que la pomme en devenir de mûrir entre la colline et le jardin d’un voisin hypothétique.

Je regarde une étoile filante. Sa vitesse ressemblera peut-­être à la mienne dans quelques minutes.

Tout juste le temps d’écrire ces quelques mots qui ne tiendront pas sur une feuille A4.

Un dernier sursaut par une sonnerie à la porte ? Celle de mon portable ? D’une explosion d’un avion en plein vol sur la ville ?

Il n’y aura pas de seconde chance. Je le sais. On naît pas un treize par hasard. Ou alors le hasard s’est bien foutu de ma gueule depuis ce temps.

Certains disent qu’il ne faut pas perdre espoir. Mais l’espoir est fait pour les pauvres. Et les rêves que l’on veut nous faire gober par la consommation et les images d’un autre monde sucré, financé par le désir de faire espérer, tout cela sont des leurres.

Et de fait, il est bientôt l’heure. Il reste une minute cinquante­-deux au chrono.

J’ai le cœur qui est en train de s’emballer comme une onde qui ressent sa dernière seconde passer sous son nez tout fiévreux.

Allez une dernière inspiration et cela devrait bien se passer.

Respire mon gars. Tu y es presque : cinquante secondes, avant de dire au revoir.

Un dernier verre ? Pas le temps.

Allez hop. Le saut de l’ange, pour le plaisir.

Voilà, le top est donné

Plongeon.

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Top chrono ! Chapitre 1

Oeuvre de Louis-Michel Van Loo - Portrait de la Comtesse Marie-Louise de Beaurepaire

Oeuvre de Louis-Michel Van Loo – Portrait de la Comtesse Marie-Louise de Beaurepaire

Aujourd’hui, pour la première fois, je prends le train. Je suis toute chose, il faut l’avouer humblement.

En ce jour, je suis habillée avec des rubans et parfumée avec de l’huile d’olive.

Je suis ainsi acceptée par l’ensemble des voyageurs qui tous, ont des noms de plantes. Ce qui est surprenant. Car en fait, ce train est fait pour des gens et des plantes qui sont dans le même état de vivre avec de la chlorophylle.

Ce n’est pas courant, je l’avoue et moi-même je suis un peu surprise que ce monde existe, sur cette planète que l’on dit trop polluée, par des éléments qui osent pourrir l’air et surtout la terre dans son ensemble.

©Max-Louis MARCETTEAU

Liberté d’Expression

Oeuvre de Derek Turcotte

Oeuvre de Derek Turcotte

Que deviens-tu Liberté d’Expression quand le pal atteint ton cœur ?

Tu enrâles des mots déchirés, violés, dévoilés, et hurles au monde fait

Des carcasses de la pauvreté du discernement qui hantent les moiteurs

Fumeuses des idées bulldozers, hallucinogènes, tes maux aérés à la Paix.

Je te vois écrasée sur les pavés des lignes hypocrites, emphasées, grisées,

Déshabillées, indécentes, entaillées ! Tu es pliée et ton visage glaiseux

S’empreinte de ta souffrance qui cavale, étrangère, sur les cœurs saignés

De te reconnaître, tranchée de toute part, défigurée, de corps comateux !

Expression de Liberté, tu es muselée comme un chien, tu baves de rage,

Celle d’une vie à s’exposer, profanée, prisonnière aujourd’hui au pilori.

Les yeux de ceux qui t’aiment, écrivent en ton nom, à la nuit, les pages

De leurs actions pour te libérer de la peste obscurantiste, de ton agonie.

Tu meurs. Ton enterrement n’aura pas lieu. Il reste en toi la flamme

Tapie aux marges des humains, maquisards, qui déclenchent les mots

Éblouis d’être diffusés, entendus, compris par les esprits qui trament

A saper tes geôliers qui sont les leurs, qui sont ces futurs tombeaux !

Je ne suis pas citoyen de ton espace. Je suis en toi, charnellement.

Tu ne portes pas une croix. Tu es la croix qui se brandit partout.

Ton aura est cette FOI qui m’étreint, me submerge, ici et maintenant,

Ici et journellement, ici et pour les autres, ici pour rejeter la boue !

Cette boue de l’intolérance, se sont ces visages cachés qui commandent

Les joueurs de la violence, les pourvoyeurs des poisons, en offrande !

©Max-Louis MARCETTEAU

De moi à moi

Oeuvre de Loui Jover

Oeuvre de Loui Jover

Le Temps m’arrache de mon mur comme du lierre !

Je prends toutes les nuits et jours de sa sève de guerre,

Pour me battre dans ce quotidien qui remplit ma Tour,

A la lueur d’un devenir incertain, à la surprise de velours

D’être dans le monde et le monde des mots qui courent

A la vitesse d’une encre ne suit plus mes pensées vautours !

©Max-Louis MARCETTEAU