D’un éther a la rondeur de mon aimée – 4/12

Nicolas-François Gromort 04 1837

Nicolas-François Gromort 04 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


4/12

Nicolas, bien avant Dante

— Qu’est-ce ? Où suis-je ? Ô l’En Faire à cette Lucie d’un François frère de lait aux fers de me provoquer aux songes d’une porte aux Satans venins a fait chavirer le genre humain et… j’ai froid… et j’entends le Géryon qui s’approche à triple galop et se poser sur mon épaule par le miroir de Simon j’entends des voix qui s’enlèvent de mon corps grillagé à mon purgatoire je rôtis à l’envie de tenir mon tison au bord des lèvres de la Mort qui sourit comme une nourrice à la faux affûtée du désir d’une sève printanière …

« Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie. » (Louise Labé)

— Qu’est-ce ? Où suis-je ? Ô je suis sourd aux cris qui s’étirent aux rires de luxure dont je suis l’innocent de l’Harpie qui me serre me soulève m’enlève m’envole et me secoue par les épaules qui se détachent de son lourd fardeau de tête et me voilà à rouler des yeux sur la route des airs d’un songe aux feux de sang dans les corbeilles à fruits de l’Échidna et Dieu joue aux osselets sur la peau d’Adam qui attend le pardon prit au piège de l’Eve qui s’en donne à cœur joie de tenir une taverne de maudits…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

J’ai le bio dans la peau

Oeuvre de Hans Baluschek - City of Workers - 1920

Oeuvre de Hans Baluschek – City of Workers – 1920

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J’ai le bio dans la peau et je hais toute industrie hypocrite. Pourtant je vis dans un appartement HPE (Haute performance énergétique). J’ai honte. Moi qui rêvais de vivre dans une maison en torchis plaqué dans le Lot avec une femme rustique et des enfants de campagne. Je me sens laid, difforme, hideux, monstrueux … non, pas monstrueux … enfin, bon, je ne vais pas non plus me flageller sur la place publique de mon quartier et attendre que le peuple m’injurie et me condamne à mort.

Cela me fait penser à ce fameux film « Fahrenheit 451 » de Truffaut. Rien à voir. Et pourtant il faudrait des pompiers pour éteindre cet emballement du progrès .. mais l’emballement n’est pas maîtrisable. C’est un constat. Il s’arrêta par un manque. Lequel ? Je ne sais pas.

L’obsolescence n’est pas programmée pour la planète terre. Elle se régénère et pendant ce temps, je vais prendre un ticket de métro et goûter l’humains en fond de terre. C’est répugnant et j’aime. C’est ma vie, je chante et fais manche ou chapeau selon. C’est mon second habitat. Je reconnais des visages, des silhouettes, d’un sexe à un autre, ces humains sont si différents et tout à la fois insupportablement indifférents envers les autres. Tous des inconnus aux hormones identiques et réactions parfois inattendues mandatés à survivre en milieu hostile qu’ils ont eux-mêmes fabriqués de toutes pièces …

Je vais rentrer ce soir vers vingt-trois heures, me prendre un café, des grillés, du beurre salé … un peu de Netflix et me replonger dans mes cours en e-learning de cosmétique. Peut-être que ce monde est trop cosmétisé … je suis aussi de ce monde … customisé …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

A la rue j’y suis au frais d’un état de trait

Oeuvre de Jeremy Mann

Oeuvre de Jeremy Mann

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°31 le mot : rue


A la rue j’y suis au frais d’un état de trait
Droit à l’horizon talé le violet tente le fol
Banquet de ma chair évidée de l’aspect

Du naturel vivant et j’en pince de l’abcès
De mort à me pendre haut à la fin de sol
Dé un destin pipé écrit et subit au verset

D’une fatalité distraite et dont le procès
Ne peut être opposé à la prise du vitriol
Du libre arbitre défiguré au départ de fait …!

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Dernier repas

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A l’ultime, nous sommes tous, un jour ou l’autre, tenu et “les jeux sont faits, rien ne va plus,” et “le vin est tiré, il faut le boire”… n’ont pas d’échappatoire. Nous sommes sur le fil du rasoir et chaque blessure nous délie de la chair et d’os nous engrossons à nourrir grassement, à l’exemple, une vivace desmodium gyrans en terre exotique…

J’entends au loin le hautbois de ma dernière ligne… mais j’en ai rien à vibrer, j’avance à contre-courant comme déphasé à la ligne d’un destin déjà aiguillé à la va-vite, aux desseins à la sanguine marinée au nébuleux d’une bonne étoile qui s’essouffle comme un coureur de fond qui a usé sa volonté, limé son espoir, déshabillé ses dernières larmes sur le col de la souffrance tout là-haut à la gamme finale sans trophée…

J’ai le tantrique et les glanduleuses Skene insensibles et mon corps sur miroir déforme ma réalité d’être. Je ressemble à une pomme de terre filiforme déformée aux fibres d’un arbre trop souvent foudroyé. Je prends mes derniers médicaments poisons avec une autre bouchée de tagliatelles comme si je dévorais mes derniers liens…

Je m’allonge et attends le terminal d’un regard de Mort harmonique… qui sait ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La Mort… Grande Garce…

Dessin animé - Les Pingouins de Madagascar - Kowalski

Dessin animé – Les Pingouins de Madagascar – Kowalski

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Rien de moins sûr que nous soyons des héros si ce n’est de potentielles poules mouillées goinfrées gavées d’informations sur le bord de nos routes quotidiennes au rôle du mort voyeur alimentaire aux yeux d’une pseudo-liberté embastillée criarde loin de la chérir de l’ébat elle se débat des griffes de lois bornées malavisées ineptes de l’Arcane sans nom qui a son cou porte l’insigne des gibiers humanoïdes et au coup de chaque milliseconde sonne le sommeil au mot éternité qui se déboyaute bidonne se tire-bouchonne son restant de harde la gueuse chante quand même l’hymne de la déchéance décrépitude déclin délabrement et nous sans refuge voix éraillée… elle aura notre peau mais pas notre âme… cette Grande Garce … la Mort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rumeur… et ma mort.

Oeuvre de René Miessen dit Bellor

Oeuvre de René Miessen dit Bellor

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Les rumeurs sont légion et s’infiltrent dans tous les corps porteurs de sensations, de doutes ou pire sur les territoires de l’obscurantisme à tous les étages. La rumeur détruit ou porte aux nues.

Un avant-propos pour enclencher ce qui suit. Mon entourage personnel et travail pense que depuis maintenant une semaine, (lundi matin) j’ai gagné au loto. J’ai ressenti aux premières heures à des kilomètres à la ronde cette odeur de suspicion.

Je reste silencieuse, la rumeur enfle. Il est vrai depuis cette semaine je m’habille un peu différemment, j’ai aussi changé de coiffure, mon sourire est plus fréquent. Mais cela ne tient pas du tout à un gain du loto. Il est vrai, j’y joue toutes les semaines et toutes les semaines je rabâche que je n’ai rien gagné. Présentement cette semaine je n’ai pas exprimé ma contestation sur un jeu très injuste dans la répartition des gains par numéros gagnants.

Et puis j’ai eu un retard de cinq minutes, cette semaine-là, une fois, ce qui en dix ans, dans cette même entreprise ne m’était jamais… arrivé. J’avais cru entendre quels qu’éclats de rumeurs en passant devant des bureaux, portes ouvertes et à mon entrée un silence de circonstance embarrassé, une gêne bureaucratique…

En fait, l’esprit d’analyse est restreint à sa plus simple expression, le plus court chemin est la rumeur et quand bien même la vérité s’exprime cette rumeur est indélébile telle une cicatrice.

Ces bonnes gens sont à des milliers d’années lumières du véritable changement qui s’opère en moi en ce moment. Ma tête est mise à prix par un ancien amant. Je l’ai su par une lettre anonyme, il y a une semaine. Cela peut paraître complètement fou, dingue, ahurissant, étonnant, énorme, effarant… c’est ainsi et puis la police n’a que faire d’une seule lettre d’avertissement. Et à quoi bon me calfeutrer… Non, j’ai alors décidé de vivre pleinement et dépenser mes petites économies jusqu’à la dernière nuit où l’on me retrouvera morte par un arrêt cardiaque… Et la rumeur dira…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Corps fêlé

Oeuvre de Mariano Peccinetti

Oeuvre de Mariano Peccinetti

Au delà des mots, les maux se dressent,

Jettent sur le corps craquelé de douleur,

Son feu démon et s’oublient aux serres

Des cris qui s’abandonnent aux heures !

Aux heures de sang chaud de fièvre,

Les yeux plongent dans ses larmes,

Le visage griffé des nuits trop froides,

Les maux jouissent de ses vacarmes !

Vacarmes au fond de l’être fourbu,

La peur de mourir à l’aube blanche,

Aux premiers sourires d’une ciguë,

Il attend, sans y croire, l’avalanche !

Avalanche dominatrice, d’un élan

Magistral emporte tous les doutes,

Les remords, les ciels des avants,

Les pourquoi, ce goutte-à-goutte !

Goutte-à-goutte indomptable,

Ouvrent les vannes du désir,

De connaître et implacable,

Nourrit le désarroi, le pire !

Le pire, vient, un jour,

Celui qui pousse, là,

Le suprême tour,

De l’heure, déjà !

©Max-Louis MARCETTEAU

La Mort se brûle

Oeuvre de Leonid Afremov

Oeuvre de Leonid Afremov

Deux amants d’argent,

Brigands des fols ans

Du bonheur rassurant,

Vivent d’insouciants

Moments pénétrants !

Au jour attirant de l’An,

Fête religieuse de croyants

Aveuglés de mots confiants

De l’Eglise aux mille brillants,

S’avance le coup du Satan !

D’un trait de fer-blanc,

Est coupé le lien diamant

Des amants ruisselants

Du sang du déchirement !

Séparation et abattement

Bercent les deux gémissants

Qui tiennent très fortement

Les mains à la Mort, rigolant.

Pourtant, elle se brûle les pans

De phalanges, criant, déclinant

L’offre de l’ange noir trident

De les recevoir dans son champ !

Les amants vrais, fécondant

L’AMOUR du lever au couchant,

Seront des immortels rayonnants !

©Max-Louis MARCETTEAU