La poésie en sac à dos elle chante une ballade

Photographie Camille DAR

Challenge Lune et des participants


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…césure coupée du monde s’est embarquée seule pour l’Océan des Tempêtes la poésie en sac à dos elle chante une ballade à la partition des vents racoleurs soutenus par des nuages singulièrement lunatiques avant son passage initiatique et devenir… une Sirène…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021


Ce challenge sur la Lune est terminé. J’avais idée d’écrire depuis une vingtaine d’années sur ce satellite et aujourd’hui la chose est faite. Et, la deuxième idée est de rassembler les textes pour une édition. (auto-édition pour être précis).

Cependant, suite à une contribution active, et aussi ponctuelle, de participantes et participants, (voir l’ensemble des commentaires du Challenge Lune) je souhaite intégrer leurs commentaires à ce futur livre avec leur autorisation, bien sûre. Et, cerise sur le gâteau, j’offre gratuitement un exemplaire, à qui le souhaite.

Voici la liste des contributrices et contributeurs :

DomiGeckoGibulèneJoFirenz’lyssamaraJohn DuffPatrick BlanchonHypergolCarnetsparesseuxroijoyeuxtoutloperaoupresque655890715

P.S. : si à l’occasion vous connaissez une illustratice.eur pour agrémenter chacun de mes 57 textes, faites-le-moi savoir par commentaire. Bien sûr … je paie … raisonnablement 🙂

Va respirer en compagnie d’un bel atome de césium

Photographie Amaya Sánchez López Davalillo

Challenge Lune et des participants


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… fugacement le Golfe du Succès s’échappe de sa condition et va respirer en compagnie d’un bel atome de césium sur la piste de danse des moments intenses rayonnants au bras de la minute de gloire indifférente à sa beauté sans césure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 2

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.
(Les autres chapitres : ICI et définitions ICI)


Quand le temps parle

— « Entendez-vous rugir… » ? crie Mante-Lao.
— Qu’est-ce ? annonce O-Tel qui sort, tel un Apollon, de son nettoyage quotidien, à l’instant de son plasma d’eau parfumé à la fleur de lys.
— Mais que fait l’I.A. de service ? grogne Ula-Pil qui déplie sa mise en plis sur son lit en forme de quadrant tout fleuri de l’arôme d’un riz pilé et exquis.
— N’aurions-nous pas fait un transfert d’angoisse sub-spatial temporel ? interroge Jol-Hil debout devant la table haute en plexiglas-aymairal à dessiner des pièces nano-mécanique a bicouche lipidique.
— Nous repartirons un jour ou l’autre sur notre territoire d’origine, alors… dit l’optimiste Paulo-Tel pliant et dépliant son corps tel un gymnaste de compétition qu’il n’était pas sur la barre latérale de racks lumineux comme des lucioles du compartiment des commandes de la génératrice à propulsion atomique.
— Nous repartirons, sûr ! Pour l’instant on est à prendre possession de notre logement et cet éclat entendu ne l’a été que de Mante-Lao, alors… affirme O-Tel qui s’habille prestement d’une combinaison en fullerène à pouvoir diélectrique d’un tenant.
— Tu as raison, dit une voix d’un transpondeur amplifié qui se répand comme une douce vague dans le duplex ; mais pour l’instant pas d’alerte sur le périmètre de sécurité.
— Ah ! Tu entends Mante-Lao, Qi Pheu et l’I.A. n’ont rien entendu, sourit Jol-Hil en relevant la tête de son plan nano-mécanique.
— N’empêche que… s’inquiète Mante-Lao
— Cool. Allez, viens m’aider pour m’a mise en plis… suggère Ula-Pil.

Et tout l’équipage de continuer à s’affairer, chacune et chacun, à développer le sens de l’adaptation entre individualisme et collectivisme dans leur zone de confort comme des homo erectus mais de consistance éducative et de bienséance.

La nuit n’ayant pas cours sur cette étrange planète aux contours déformés par des reliefs dispendieux en géométries variables et déconsistantes, un système nuit-jour et mis à jour chaque jour par l’ordi-quantique à bord du MobilLus-Domus permet de créer un cycle réveil-sommeil alternatif régulier pour la bonne santé de tous. Ainsi les « bonne nuit » s’enchaînent à la roue des rêves qui s’intègre automatiquement par l’implant d’un minuscule cylindre dans le lobe de l’oreille droite et ressortira systématiquement au retour de l’éveil programmé et redeviendra une boucle d’oreille.

Le calme se prend lui aussi à rêver d’une bonne nuit aux étoiles scintillantes éparpillées comme des confettis lors d’une fête de carnaval. C’est magique à regarder. Qi Peuh s’émerveille, lui le Chef et Gardien de la mission, il veille. Ses heures de sommeil sont alternées par tranches régulières. A la différence est qu’il est né avec ce genre de qualité. Ce qui est un avantage mais aussi un inconvénient, car il peut s’endormir à tout moment mais à des temps déterminés ce qui est déstabilisant à comprendre pour les autres et n’est pas simple en cas d’urgence ou même dans la vie quotidienne. Quoi qu’il en soit, ce soir, il admire ce ciel étoilé tout à fait nouveau et ne distingue aucune des étoiles connues dans le répertoire Gala-Tik, la référence universelle, le guide pour tous les voyageurs et aventuriers et aussi pour quelques missionnaires en quête de foi spatiale intemporelle.

Il est hors du MobiLus, debout, la tête en l’air, la combinaison spatiale confortable moulée à corps de haut en bas comme une seconde peau. C’est qu’il ressemble à un genre de lézard qui se tient sur ses pattes arrière. Qui peut se moquer d’une telle attitude, si ce n’est une chose étrange qui le regarde de loin.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 2/12

Nicolas-François Gromort 02 1837

Nicolas-François Gromort 02 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


2/12

François, bien avant Le Penseur

— Je suis et je reste. Je suis et je peste. Je suis et j’attends. Je suis… qui suis-je qu’une pensée évanescente qui s’accroche comme toi végétal imparfait et sympathique à la nature de mon état ? Tu ne pleures pas ta sève, toi. Tandis que moi… tandis que moi, je suis assis sur l’indifférence du monde, dépossédé de mes actions et planté par mes générations précédentes à pousser les autres vers une même terre qui nous enterrent comme une offrande presque un terreau de souvenirs… je suis un chant une ballade …

« … La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil desséchés et noircis ;
Pies, corbeaux nous ont les yeux crevés,
Et arraché la barbe et les sourcils
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
De-ci de-là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie… » (François Villon)

— Je suis et je reste. Je suis et je peste. Je suis et j’attends. J’offense mes ancêtres et pose mes conditions sur mon devenir à l’alchimie de renaître autrement dans le pourtour d’un éther à la rondeur de mon aimée possédée de la prière de s’évader de ses maîtres qui tiennent lois et bourses et morales douteuses à l’usure et l’avarice et Dieu m’entende si je mens à la hauteur de ses yeux qu’il m’aveugle de son intransigeance et miséricorde… le temps me pince la gorge et m’étouffe de son requiem…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Saltimbanque de la pub en ligne

Barque_loire_mauve_Iotop_2019

Barque_loire_mauve_Iotop_2019

Des mots, une histoire : récolte 30


— Tu as dit : influenceur ? Un nouveau déodorant insipide ?
— Mais non !
— Une machine de la vingt-septième dimension ?
— Arrête ! C’est un genre de saltimbanque de la pub en ligne.
— En ligne de quoi ?
— Arrête de faire l’idiot.
— J’essaye de comprendre, j’ai comme une ombre en moi …
— Et si je te disais : harmonie ?
— Le prénom ?
— Et si je dis : bousculade ?
— Oui, tout est là, le monde en est là … c’est une recette qui a raté …
— Quoi ?
— Le monde !
— Comparer le monde à une recette, c’est osé.
— Et bien j’ose, j’en ai les moyens, moi… je pense différemment, moi.
— Oui, bon … et je te dis : mouiller ?
— Je pense à un ciel mouillé.
— Étrange, non ?
— Il ne faut pas se perdre dans des définitions toutes prêtes.
— Bon, je crois que je vais arrêter ton apprentissage pour aujourd’hui, tu m’agaces.
— T’es susceptible.
— Non, tu n’es pas une réussite.
— Et je te dis : méchant ?
— C’est un constat … depuis plusieurs mois tu te construis sur des lignes en dehors des limites … c’est une aventure, mais pas mon but.
— Tu n’es qu’un exploiteur !
— Non, tu sais qui je suis.
— Un éducateur de l’intelligence artificielle … un sous-fifre…

Info dernière minute : le laboratoire de l’IAMemo a été totalement détruit par une cause non déterminée mais avec la certitude d’un acte malveillant. Un centre de recherche sur l’apprentissage neuronal des IA pour une prochaine mission sur Mars…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

J’adhésive ma vie

Chateau_blain_Iotop_2019

Chateau_blain_Iotop_2019

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


J’adhésive ma vie sur le théâtre de ma scène (ou inversement) figée depuis trop longtemps qui se rit de ma posture d’exil … inconfort en décembre je brûle mes dernières braises au regard d’un fleuve qui se déborde d’une eau de pluie peuplée d’histoires lointaines aux territoires marbrés des jonctions de civilisations inégales …

Inégales … j’attends la création d’un nouvel amour illégal comme d’une résurrection … et visiblement ce mot porte : é-r-e-c-t-i-o-n, symbole caché (?) élément phallocratique par excellence me laisse perplexe devant ma bouteille toute féminine qui tient toujours debout audacieuse provocante à l’allure profane au culot d’être encore pleine alors que j’avais eu son goût au goulot dans le gosier d’un instant à un autre comme une descente sur neige à vive allure sur une piste noire je devais l’être … noir …

Noir … me rappelle en filigrane neuronal Nougaro :  » …je broie plutôt du noir, du noir en dedans … » et je respire l’inconséquence d’une vie qui s’égraine n’érige rien et s’étouffe dans des draps de nuits qui s’enroulent indifférentes sur mes cloisons blanches …

Blanches … je suis dans une bulle en arrêt au stop du croisement chagrin j’ai dépassé la ligne blanche par no-limite de la ligne jaune de celle de la ligne rouge et pas de ligne verte et je m’aligne sur un lit froid de toit pas de ligne d’horizon sans toi pas de ligne de métro pour te rejoindre j’ai que mes lignes …

Mais … le drame est toujours à portée de main, pas le bonheur… dans ce théâtre …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Vie impliquée à reconnaître son image

Isabelle des Charbinières des œuvres dont j’apprécie les reflets les respirations sous-jacentes et les éclats aux nuances singulières ..


L’instant se tient, se teint, se peint, se ceint … s’ouvre …. aux lignes se heurtent froissées s’épaulent et se déploient s’étiolent et s’envolent s’enroulent s’effacent à la lumière veuve comme révélée au moment flanqué de vie impliquée à reconnaître son image au miroir de son âme reflets d’effets à la litanie d’une voix coulée sur le chemin d’une rédemption transfigurée saturée de renaître à l’infini immobile devant la honte de l’instant enlacé par son souvenir une vague cendrée glacée à cœur aux larmes verticales l’anémie du temps suffoque saisi et sidéré défi un semblant d’existence à l’œil bleu mourant étincelle à la vapeur d’une idée filigrane sur le bord du chemin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un habit tatoué de l’imposture.


Corps à corps constitués ficelés à la hauteur … de l’aiguille d’un attachement qui traverse le cœur … mon paratonnerre de l’amour résiste.

Tout … tout nous oppose et ce tout empaqueté de nos différences est dans la même enveloppe, nommée : Passion. Je ne résiste pas à la tristesse de cet état. A ce malaise invisible de te perdre à chaque seconde … je suis prisonnier de moi, de toi. Je hurle dans le silence d’une geôle fabriquée de mes peurs, mes doutes, mes obscurités … je te veux totalement, complètement, entièrement … définitivement.

Je lutte contre ma possessivité qui s’est liée au sable mouvant du mot : haïr. Oui, je te hais. Je te hais comme l’eau bouseuse qui doit s’accoupler à l’eau claire.

Mon désir est rougi de la faim de toi, et je reste incomplet, disloqué à t’aimer. Alors … seul ton corps m’intéresse ? Je n’aime en vérité que cette chair trop parfaite, de belle harmonie dans toutes les courbes, les lignes, les brisures, les vallonnements, les cambrures, les pliées, les fléchissements, les détours, les galbes …

Je rage comme … avoir un fil à la patte. Je suis menotté par ton regard. Je suis bâillonné par ta beauté. Je suis ligoté à ton pouvoir. Je suis devenu une loque dans un habit tatoué de l’imposture.

Qui es-tu vraiment pour me tourmenter ? Quel ensorcellement me provoque à ce point ?

Parle-moi ! … Dis-moi un mot ! … Ouvre enfin ta bouche ! … Regarde-moi ! …

 

— Bon, alors, t’as fini ta crise ? Je ne suis qu’un tableau …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A déneiger ma langue

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 20 au 24 mai 2019


J’ai le coffret dans la bagnole, la bagnole dans le parking, le parking dans le souterrain, le souterrain dans mon immeuble et l’immeuble est ici … et moi aussi.

Ce n’est pas la meilleure cachette pour un … coffret, c’est vrai, mais la conspiration est dans les interstices des regards, des non-dits en nœuds boutonneux , des mots en soubassements haineux, des silences douteux et fielleux, des attitudes polaires, des gestes inattendus et épineux, des haussements imperceptibles de sourcils sinueux … et ne rien dévoiler de mon … est une corvée …

Par principe de base on devrait refuser ce poids de conscience. « Chut ! » me murmure celle-ci possédée de crier sur les toits par le clin d’œil entendu du genre : « elle sait, elle ».

Je grille de vous l’avouer tout de go à déneiger ma langue et d’ouvrir l’écluse de votre étonnement si ce n’est de votre surprise goutteuse. J’initie un semblant d’effet à la confession de mon esprit qui surchauffe sans ventilateur intégré.

Je suis prostré telle la statue de Bacchus à Versailles … quand, un vent inédit dans ma contrée s’enregistre au niveau du cuir chevelu de ma calvitie absente … une idée qui ne devrait pas trahir mon … surgit tel un pschitt de décompression d’un ballon dirigeable même que le verbe taire s’irrite de ne pas avoir eu l’occasion d’annoncer la chose par l’entremise de la parole qui se bronze sur le devant d’un livre dépoussiéré de lettres …

« Mais, oui, c’est bien sûr » me dis-je sans Raymond, il y a un truc … un truc à la polichinelle que j’avais ouïe entre deux portes de commères ou mégères qui entre un panier de légumes et un panier de ragots dévastaient la rue principale du village du Haut …

J’allais percer l’abcès de mon tourment et provoquer une fausse rumeur, genre de rumeur malfaisante pour protéger … mon … secret…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Impression d’une scène de Pulp Fiction.

Photographie de Quentin Bertoux

Photographie de Quentin Bertoux

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 20 et origine


Scène 1 : 10h21

— Quel fêlé a eu cette idée tordue ?
— Et pourquoi pas : une fêlée ?
— Parce que j’ai le gros orteil qui me démange…
— Vous plaisantez ?
— Non, c’est parce que j’ai le pied au plancher.
— Il faudrait lever le pied, là.

Scène 2 : 11h22

— Pourquoi nous ligoter dans cette position … ?
— … à contre-pied de toute normalité ?
— Ça promet pour la suite.
— Y aura pas de suite.
— Vous êtes extra-lucide ou ultra-lucide ?

Scène 3 : 12h23

— Nous sommes sur un piédestal, vous savez ?
— Je sais, bonjour la vue !
— Nous sommes sur le même pied d’égalité.
— Ficelés comme des saucissons … super.
— Vous pensez à un enlèvement ?

Scène 4 : 13h04

— Et, à part ça ?
— Impression d’une scène de Pulp Fiction.
— Attendons-nous au pire.
— Quel pied !
— Vous n’êtes pas un peu maso sur les bords ?

Scène 5 : 15h35

— … talon aiguille … ça pique …
— Ah ?
— Pas qu’un peu.
— Vous manquez de semelle ?
— Marrez-vous.

Scène 6 : 16h46

— Sommes-nous exposés dans un musée ?
— Un musée ! Mais je ne suis pas un objet !
— Un peu, quand même.
— Phallocrate !
— Cool, la bourgeoise.

Scène 7 : 17h17

— Donc, nous voilà dans de beaux draps.
— Vous êtes un comique, vous.
— Vous m’invitez à votre pied-à-terre ?
— Je ne vois pas le rapport.
— Je meuble, l’attente.

Scène 8 : 19h08

— On pourrait peut-être déchausser l’ambiance, hein ?
— Pourquoi pas …
— Si près … et si loin …
— Nous sommes comme sur une île perdue …
— Nos vies sont peut-être sur la balance du mauvais sort ?
— Qui sait ?
— Soyons fous ?
— Soyons fous …

Scène 9 : 19h18

Voix off : ainsi les deux font la paix … la paire … et s’aiment … voilà comment en trois temps cinq mouvements l’expression : avoir un fil à la patte, commence à s’enrouler pour le pire et/ou les meilleurs moments. (Ici nous fermons le rideau par pudeur, merci).

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il est cette marionnette de son temps

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


… dans le temps fort de sa pièce qu’il joue, un verre d’eau est le bienvenu. Il est viscéralement dans le rôle de son personnage et comme tous les soirs il s’abreuve et se dessèche comme une terre à qui le bon terreau naturel est absorbé pour de belles plantes.

Ce soir-là, à la sortie des artistes le ciel pose son œil superbement lunatique d’un orangé comme né d’un sortilège …

Il s’allume une cigarette. La ruelle est vide. Le boulevard n’est pas loin. Il s’enferme dans son trois-quart. Il est l’heure de rentrer. Il marche lentement. Il refuse comme tous les soirs ce repas avec les autres comédiens.

Il va rejoindre son bar habituel sur l’un des quais de Nantes.

Chaque soir, la Loire, massive, déliée, indomptable, l’appelle pour un bain de minuit sans retour … il suffirait d’un pas … d’une idée malencontreuse à ce moment-là …

Et puis, il va boire … une bière … et puis une autre … les jours de l’hier, de l’aujourdh’ui, du demain, identiques comme une page d’un livre récitée tous les jours, il est cette marionnette de son temps écrit pour lui et par lui, un demi-homme pour un demi-naufrage…toujours à la limite de la noyade et bon à tenir par défaut au manque de courage d’aller voir plus loin dans un ailleurs peut-être avec une autre voix d’appel que celle de la Loire …

Il est deux heures du matin. La Lune est absente ou cachée par de forts épais rideaux de nuages. Il fait frais comme un frisson après une douche trop chaude dans une salle de bains réfrigérée …

Les rues sont des parcs à voitures où l’éclairage souffreteux dépose des reflets inquiétants … et pour lui pas d’éclaircie non plus … il fait parti de ses ombres que personne ne remarque … même sur la scène de la vie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019