Tout naufrage n’est pas radeau de la Méduse …

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J’ai ma mustang qui m’attend devant la porte et je crois que je vais partir … à pieds… nus… ainsi le contact de la nature me sera salutaire, car aujourd’hui j’ai perdu trente-quatre millions … Je sais, c’est peu, pour certains, mais depuis le début de l’année je ne fais pas des merveilles dans mes investissements et mon capital s’émiette dangereusement à nourrir des autres moi-mêmes rapaces de la finance …

Il fait un temps comme je les aime : entre les Bermudes et les Canaries. Je vais de ce pas rejoindre mon moulin posté en une hauteur qui domine les nuages … non, moins que ça, beaucoup moins …

Il est beau en cette construction d’une stature presque militaire en ce garde-à-vous impeccable, il défie les tempêtes qui hurlent sur ses ailes qui pourraient tracer la mappemonde tant ces vents peuvent en raconter les reliefs… il est imperméable, et résistant à tout … un exemple, pour moi

Je prends mon sac à dos et me voilà sur le chemin. Tout est beau … étrangement beau … avec ce ciel qui commence à criser avec des nuages gris… il ne va pas tarder à mouiller … il n’est pas temps de musarder … je cours en petites foulées… c’est raide et les cailloux ne font pas de ce trajet un moment de sinécure …

Et me voilà devant la porte de mon moulin … il fait parti de mon domaine immobilier multilatéral … enfin, il faisait parti … je viens de le perdre ce matin … c’est un signe …

En contre-bas de la falaise, un autre sol ….avec une barque et l’océan comme un appel … vers une nouvelle aventure … peut-être … tout naufrage n’est pas radeau de la Méduse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

J’attends ma résurrection

oeuvre de yumi katsura - défilé haute couture

oeuvre de yumi katsura – défilé haute couture

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J’attends ma résurrection. Elle tarde. Elle est très, très, très en retard. Un prénommé Jésus a attendu trois jours, il parait, selon les rumeurs bien informées. Pour ma part, modeste, j’en suis à quelques décennies.

On peut s’interroger : à quoi peut bien servir une résurrection ? A refaire les mêmes erreurs … ou pas ?

J’ai la tendresse d’un temps passé qui me manque … terriblement … à cette ascension d’amour possédée de vivre à l’invariable effet de jouir … étrange et fabuleux effet comme une drogue de bien être … sans effet secondaire … pas de blessure, pas de traumatisme, pas de douleur …

Aujourd’hui, je reviens d’une bataille … je suis un coq punit par Mars … une nouvelle fois … mais à la différence, je ne chante plus…

Alors, j’attends ma résurrection. Et ma question n’est pas si anodine : est-il possible à un vivant de ressusciter parmi les vivants ? Parce que, pour le dénommé Jésus, son tour de passe-passe : vivant-mort-vivant et hop je t’embrouille, c’est un peu facile pour … un extra-terrestre. Et oui, car il est écrit : “… et fut emporté (enlevé) au ciel ». Il a fait des miracles. J’attends le mien …

Et quoi qu’il advienne, le ressac de ma question me fera chaque jour une ride à se creuser dans ma peau et le brûlant désir de ressusciter me fait déjà griller dans cet enfer …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Dialogue idiot ou comment ne pas lire jusqu’à la fin

film a bout de souffle - godard 1960 - jean seberg et jean-paul belmondo

film A bout de souffle – Godard 1960 – Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo

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— On demande la page 32, on demande la page 32, on demande la …
— J’arrive, j’arrive, dit la page toute soufflée.
— J’ai le Prologue qui t’attend, ma belle.
— Qu’est-ce qu’il me veut ?
— Demande-lui, patate !
— Tu veux ma page sur ton flan ?
— Rose-moi le flan, c’est mieux.
— Débauché.
— Allumeuse.
— Mine de crayon.
— Attention, tu vas trop loin.
— Tu dois suivre les rites et …
— Nous devons suivre les rites.
— On est bien d’accord.
— Bon alors ?
— On recommence.
— Il est demandé à la noble page 32 de filer sur le banc d’attente du Prologue.
— C’est mieux, déjà.
— Tais-toi !
— Tu vois, tu gaspilles de la bonne tournure !
— Et tu réponds quoi, au lieu de me phraser de la remarque.
— Je réponds : ça déchire …
— T’as fini de rire, hein ?… Tu réponds quoi ?
— Je réponds : y a du lilas sur tes poils …
— Bon, je crois que je vais me froisser et que ton manque de discipline mérite sanction … allez hop !
— Attends, attends …
— Quoi ? J’attends rien !
— Je suis bien la page 32 ?
— Oui, apparemment, et ?
— Et, qu’est-ce tu lis ?
— Euh … rien, t’es blanche.
— Donc ?
— Donc quoi ?
— Vierge !
— Et alors ?
— Et alors, le Prologue, c’est pas un vieux cochon ?
— Je ne sais pas moi, suis à l’index …
— Si, tu le connais obligatoirement.
— Oui …bon … mais, je ne vois pas le rapport.
— Eh bien, il risque d’y en avoir un …
— De quoi ?
— De rapport !
— Et ?
— Et, si je ne veux pas moi ?
— Mais enfin, ce n’est pas mes oignons tout de même.
— Et si j’ai envi de me faire encrer par un ou une autre, moi ?
— Écoute, on perd du temps.
— Du temps ? … on est toujours sur l’étagère, là, non ?
— Oui et alors ?
— Alors, notre temps ne compte pas … il est absent et pour cause …
— Pour cause ?
— Notre lecteur a basculé sur une liseuse …
— Changement d’époque …
— Changement, mon …
— Allons, allons pas de grossièreté
— Je n’ai pas de grossièreté à disposition
— N’empêche que tu allais en créer une, de grossièreté … bon alors, t’y vas ou pas ?
— J’y vais pas !
— Il me faut une raison.
— Je connais la réputation de Prologue…
— M’en fous !
— Moi pas !
— Je fais mon taf.
— Il est beau.
— Bon alors, je lui dis quoi au Prologue ?
— Tu lui dis que … je suis absente …
— Il ne va pas me croire.
— Faudra bien …
— Mais absente de quoi d’ailleurs ?
— Absente, tout court.
— Mais absente tout court, c’est comme si tu n’existais pas ?
— C’est ça.
— Mais tu es devant moi, je te vois.
— Eh bien fais semblant de ne pas me voir.
— C’est idiot.
— Ce dialogue est aussi idiot.
— C’est pas faux.
— Je retourne de là où je viens.
— Oui … eh ?
— Oui ?
— N’oublie pas de mettre le mot fin.
— Fin.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Sur un banc

mickey postier du ciel 1933 - the mail pilot - avec minnie et pat hibulaire

Mickey postier du ciel 1933 – the mail pilot – avec Minnie et Pat Hibulaire

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Sur un banc :

— Un soupir vaut mieux qu’un silence.
— …
— Tu ne crois pas ?
— …
— Enfin ! fait bon souvenir pour notre réconciliation !
— …
— T’es bornée … tout de même … allez, prends-moi la main !
— …
— Ou un baiser, là, sur ma joue ?
— …
— Tu fais l’enfant. C’est pénible …
— J’attends la nuit
— Des mots … enfin des mots … et pourquoi … la nuit ?
— Pour sentir le jasmin …
— Le jasmin ? Quel jasmin ?
— La larme de jasmin qui coulera de tes yeux pour le pardon et son parfum en sa signature nous réconciliera …
— Mais … mais je rêve … comment vais-je pleurer des pleurs de jasmin, moi …?
— Tu vois, tu ne fais pas d’effort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un premier pas … mot …

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Un premier pas … mot …
Deux fois le tour du rond point … carré …
Trois gouttes d’eau s’évaporent dans le désert … du néant …
Quatre fessées sur le bord de l’eau …
Cinq bornes à pince pour sortir de ce labyrinthe …
Six fois six trente-six chandelles …
Sept vies pour comprendre cette énigme …
Huit étoiles pour dessiner une croix …
Neuf mois de galère

et je suis né … moi… le texte …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

A la moisson du rêve

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Passage de la limite, passage du lieu, passage entre nuages de vies et non-vies, les feuilles des scénarios songent à se tenir aux garde-à-vous aux revers de dormeuses éveillées entre drap de papillons et couvertures anti-insomniaques …

A la moisson du rêve, premier du nom, le volatile de service pose ses premières images. Le souffle de plus en plus long les mouvements des yeux qui scintillent sur le lustre d’un château … de cartes … et l’escalier en colimaçon, tu cries la bouche collée sur la vitre d’un hôpital … la pluie, une sueur, roule sur ton front et tu projettes de te suicider au premier carrefour d’une rencontre hasardeuse avec une corde pendue elle aussi et qui crie elle aussi sur la même longueur d’onde … ton cou se rétrécie et une lumière rouge s’allume ….

Réveil et sursaut. Tu es à quatre-vingt-dix degrés assise sur ton lit à cent trente de pouls et la nuit silencieuse se crispe, se tord … la lumière blanche éclate tes yeux et tu respires le verre brisé qui est dans ta bouche pâteuse … rien ne vient te sortir de ce rêve pénible même pas un réconfort de ton compagnon qui est assis sur la lunette des toilettes malade des boyaux … rien n’est moins certain que la vie soit une diarrhée tout le long d’un parcours initiatique d’apprentissage qui se solde par une mort sans avoir rien compris et appris …

Et enfin, tu te réveilles vraiment comme un deuxième souffle, un cauchemar de rêve et tu te rends compte qu’il fait grand jour quand tu ouvres tes volets sur … le néant …

Tu es morte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un blanc d’œuf comme un hasard dans un bol

oeuvre de martin drölling

oeuvre de martin drölling

Agenda Ironique janvier 2019


Page blanche, tablier blanc, plan de travail tout aussi blanc et … avec un blanc d’œuf comme un hasard dans un bol, le fouet, bat … à plein et voilà de bleus de but en blanc pour cause qu’il ne connaît pas … pauvre blanc d’œuf abandonné à la dure réalité de son aspect de transformiste d’iceberg … sucré … n’a pas eu le temps « d’attraper » la jaunisse qu’il flotte sur eau ébouillantée qui chauffe en casserole au gaz bien vif de ville …

Tout ceci n’est pas tout noir ni tout blanc, ni mi-figue mi-raisin blanc quoi que … à la figue qui se faufile pour ne pas être retenue et raisin qui de son jus n’en presse pas moins son inquiétude, une main ferme les découpe sans un cri de protestation …

Maître la Farine, blanc linge, à pâle figure, tout près, vit la scène, n’est pas mieux loti et sait par un sixième sens qu’il va se noyer dans un lait crémeux dont les pies de la vache de service d’une traite traites par main experte s’enhardit à la vision des mamelles toutes gonflées et fermes…

Quand merlu est déjà taillé en filet et colin blanc ne chalut pas son avenir immédiat même s’il pense que tout ceci ne manque pas de sel au moment d’être écaillé à demi vivant sur le côté droit, la dorsale déjà tranchée et finir à poêle arrosé d’une turbulence de vin blanc … sec.

Mais sauce blanche n’a pas dit son dernier mot et elle persile au thym d’une humeur de laurier sur fond de gingembre pilé quand les condiments, fiers, possédés de leur aura, sont en deuxième ligne et l’ail ne crie pas et l’échalote ne fait pas la course pour se sacrifier à la lame luisante de ses crimes passés, présents et futurs … découpage et laminage les deux mamelles de la purée d’ail et l’échalote est rondellement menée …

Bol en terre blanche, de belle taille, genre mont blanc à l’envers modelé plus lisse, devenu sourd par fouet, pilon, spatule, cuillère à soupe au tamis du chinois à l’histoire louche avec une passoire, s’éprend de l’assemblage par la violence du flot des nommés ingrédients car toute identité est devenue obsolète pour ne créer qu’une seule entité … et bol devenu récipient matrice s’ébroue d’orgueil devant bol-robot terne, artificiel, requin-blanc du savoir-faire ne deviendra jamais savoir-être …

Tout ça pour se voir emballer par un four sur une piste de sole à thermostat deux cent dix … chaud devant … ça sent le brûlé …

… je me réveille en sueur … quel cauchemar !

C’est le cauchemar de la recette de la Jumeleine. Redoutable !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ses pupilles fixent le plafond blanc que caresse la Mort

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Il prend le premier avion de ligne. Il est 14h31. Il atterrit dans un pays. Il est 18h49.

Sa vie n’a pas basculé. Non. Aucune reprise ne sera faite sur ses antécédents de paumé du destin qui se moque du devenir des choses à l’être de chair qui pense être le dernier … le premier de toute chose sur le registre de l’univers …

Il se moque de sa destination … il a fui et il fait seulement : “ouf” dans sa chambre d’hôtel d’une grande de ville : Beach et quelque chose …

La passation d’une vie à une autre n’est que le rapport de l’argent présent à l’instant T suffisant pour s’autoriser le prix du déni. Pourtant aucune fuite physique ne viendra effacer les erreurs commises qu’elles soient de Crète, de Charlotte, ou de Praia … à ne pas confondre avec paria …

Il regarde l’heure : 2h54 du matin. Il a trop chaud sous cette couverture. Il vomit. Il n’attend plus rien. Ce n’est pas maintenant qu’il fera un retour en arrière. Et son histoire est banale comme toutes les histoires humaines. Après lui le déluge aimait-il à dire à ses proches et autres rencontres. Et il y a eu cette autre rencontre effectivement …

Le poison fera bientôt effet. Il le sait. Mourir n’est rien, souffrir est tout. Il ne fermera pas les yeux cette nuit et plus jamais, et ses larmes seront sa rédemption pense-t-il, ce pauvre homme enfermé dans sa coquille, sa carcasse… Il respire à peine, à présent et ses pupilles fixent le plafond blanc que caresse la Mort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un organe mathématique

trampoline_dans_salon_ si une personne connait le nom de ce film

trampoline_dans_salon_ si une personne connaît le nom de ce film

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— T’es où ?
— La haut !
— Mais qu’est-ce tu fais à c’t hauteur ?
— J’observe.
— T’observes quoi ? La solitude du genre humain ?
— Non. Le refrain des vies qui se calquent les unes aux autres comme un programme qui à chaque fois s’améliore et paradoxalement se détériore.
— Tu entends la sarabande, ici ?
— Non, je suis imperméable à toute consistance, flux, et onde humaine.
— Pourtant tu es ce passeur incontournable …
— Je ne suis que le prologue de quelque chose dont la pensée de l’Homme n’a pas saisit l’once du pourquoi …
— Et pourtant, moi …
— Quoi toi ? Tu m’énerves ! Ce n’est pas parce que tu me vois que le tout permis tu dois oser à mon égard …
— Ton humeur est astrale, ce soir … tu es inquiet ?
— Tu me balances des mots dont je n’ai pas conscience … alors change de registre ou laisse-moi tranquille …
— Tu sais que je suis devenu chauve ?
— Et ?
— Non, rien, j’essaye de changer de conversation …
— Je me demande parfois à quoi cela te sers d’avoir un cerveau.
— Je me demande aussi, mais à bien réfléchir, il n’est qu’une fonction mathématique, ou un organe mathématique … qu’est-ce t’en penses ?
— Je pense que mon repos est terminé et que je dois reprendre du service.
— Bien … à la prochaine …
— C’est ça, c’est ça …

Et le temps suspendu redescend à hauteur d’homme …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Mon joint qui me sourit comme un requiem

couverture_editions_fleuve_noir_titre_marie_meutre_auteur_jean-pierre_ferriere

couverture_editions_fleuve noir_titre_marie_meutre auteur_jean-pierre_ferriere

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J’écoute la sonate pour piano n° 6 en ré-majeur par Amadeus. Il fait nuit chaude et le cœur qui refroidit, je suis allongé sur le sable. L’océan s’ouvre et se ferme aux notes des voûtes célestes et de mon joint qui me sourit comme un requiem… mauvais présage ?

Je joue mon concerto devant l’écume blanche et mon allegro me souffle dans les branchies crescendo la noyade de mon état est à prévoir et je tourne en rond entre ce rocher de vie et le sablier du temps suspendu au-dessus de mes yeux … mauvais présage ?

— Tu fais quoi, Paulo à poil sur cette plage ?
— Je fais mon carnaval … et toi Abeline ?
— Je fais une fugue.
— Une fugue ?
— Je suis partie de ma communauté …
— Tes parents ?
— Oui.
— Tu devrais retourner de suite
— A quoi bon …
— Pour éviter une ouverture d’angoisse pour eux …
— De toute manière que m’importe, je viens de les … assassiner …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Mon Amanite est comestible

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Mon Amanite est comestible. Si, si. Vos yeux font un tour de piste sur le stade de l’interrogation. Et je vous comprends. Tout n’est pas poison. Je vous assure. Il n’y a pas de secret. La nature des choses est bien faite et je suis de cette ivresse à vous la présenter toute en chair, sans danger et pas de folie tout le monde sera servi et vraiment pour les allergiques, un antidote dans la boite urgence est présent à l’étage…

Je vois dans votre pupille gauche un spasme d’inquiétude. Qu’est-ce cette Amanite ? Ma tendre et chère mannequin vendue sur un plateau pour le plaisir du goût … en chocolat.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Je ne connais pas ce Google qui se présente à ma porte.

Fond_ecran_parrot_os_du_site_deviantart_magicnaanavi

Fond_ecran_parrot_os_du_site_deviantart_magicnaanavi

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Je tiens à remercier Les Oulimots création de Popins pour cette Contrainte d’écriture 2018 avec un texte quotidien à créer. Sur 273 jours j’ai ainsi tenu 263 textes. (tous les textes ne sont pas publiés ici …)


… et je ne connais pas ce Google qui se présente à ma porte. Il souhaite me vendre une ligne réseau directement reliée à mon domicile secondaire dans la périphérie d’Oceanus Procellarum et cela ne m’intéresse pas. Mais le bougre, il insiste. J’appelle mon droïde Marius, (surnommé Face de Book) pour me débarrasser de l’importun.

Non mais, il ne vaut pas une verge pour me soulager au regard d’un beau phallus que mon droïde me met tous les soirs à clair de Terre.

Bref, je ne me suis pas installée sur cette station pour me faire spolier mon temps … et tout humain qu’il soit, il ne m’intéresse pas ce va-nu-pieds de Google… non mais !

En tout cas, après ce grain de sable de mon début de matinée, je vais me faire un château…de sable grâce aux dunes artificielles déversées le long du littoral qui longe notre avenue, et après du cheval de bois construit par les petites personnes colonisées par notre bien aimée société. Et pas de quiproquo entre nous. Ces petites personnes sont naturellement et convenablement bien traitées. Elles proviennent directement de la Terre. Cette population a été irrémédiablement … comment dire … abîmée au fil du temps par les pollutions diverses et variées, et nous, notre bien aimée société, avec cette patience bien connue et reconnue porte une attention particulière pour en intégrer quelques milliers par an pour notre communauté. Et je ne vous apprends rien, ces petites personnes sont bien à l’abri pour les protéger de nos influences et pour qu’elles puissent travailler en toute tranquillité …

En attendant, à vous rendre compte oralement par ce journal intime enregistré en direct, chers audiostateurs, je vais me verser une rasade de Limonadif pour soulager ma gorge et dans quelques instants nous aborderons le rituel du Pingouin en Queue de Pie qui vous …

— Elle n’a pas bientôt fini cette greluche à nous bassiner avec son air de formol et son faux journal intime intox en direct … elle parasite notre réseau …allons, reprenons mes frères Apple à creuser notre tunnel pour libérer nos sœurs Amazones colonisées … qu’elles respirent de nouveau la liberté …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Entre le néant de soi et le terrestre de la chose

Oeuvre de Peter Kemp

Oeuvre de Peter Kemp

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Le Vocable, aujourd’hui, a pris sa valise et décide d’aller en vacances dans les montagnes. Reposer sa voix avant que le gouffre de la déchéance ne vienne le saisir par le gosier et l’étouffer dans le tumulte d’un air qui demanderait la parole … Il est vrai qu’il y a des paraboles difficiles d’accès (à ne confondre avec la parabole du voisin).

Arrivé à bon port, au village des Quatre Cimes, il rencontre par hasard une raideur dans la trachée. Cela l’inquiète. Le changement de climat? Il pense avec angoisse à sa lubie des bonbons acidulés. Une conséquence néfaste qui s’impose ? Non, impossible !

Le Vocable ressent sa frêle existence. Il va déposer son bagage dans sa chambre d’hôtel et commander une soupe bien chaude. Il est vingt heures. Le monde du restaurant s’éponge aux mots quotidiens, une passable ambiance, presque inanimée comme le déteste le Vocable qui n’est pas illuminé par la joie ou même le réconfort de son bouillon qui n’a fait qu’accentuer sa douleur constante et lancinante …

Il monte tranquillement à sa chambre. Une bonne nuit de sommeil va le remettre. Il le pense. Il le croit, même en non croyant. Car, il ne suffit d’être croyant pour croire mais bien d’avoir la foi de croire pour ne pas être croyant … ou inversement.

Il est matin. Petit déjeuner. La voix enrouée. Rien ne va plus, pense-t-il entre deux tartines grillées sur le rebord de braises bien aises et allumées.

Sa décision est prise. Son pèlerinage (il cherchait le mot bien avant d’arriver à ce village) il le fera dans les montagnes, bien en hauteur, le ciel comme voisin et la vision à en perdre la vue. Quand le Vocable, tranche, il tranche.

Et le voilà à mi-hauteur, entre le néant de soi et le terrestre de la chose par le vide et d’un autre côté le plein de soi et de la matière en pierres redoutables et inaccessibles. Il est au bout de son chemin. Sa gorge est une douleur complète. Quand d’un effort, il en sort un sifflement comme une agonie que la montagne entend fait écho et porte par retour aux oreilles de Vocable la transmission de sa fin, la jubilation d’être enfin reconnu par ses pairs comme étant un médiocre … l’achève d’un seul tenant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

« Ils passèrent ensuite une seconde d’inattention à se tortiller »

Scarabée des sables Arkellien

Scarabée des sables Arkellien

Agenda Ironique 2018 suite Octnovdec de l’Önd et sur une idée de Jobougon et mots de Jobougon.


— “Et puis c’est quoi encore, cette histoire de polimalie sérieuse ?
— “La polimalie sérieuse, c’est… Demande au chien, il le sait !

La Gertrude qui passait par-là, à défaut de passer ailleurs, s’exclama :
 » – Je me suis inscrite à un club d’éléphantastique. Il s’agit de sauter à l’élastique à dos d’éléphant fantasque. »
Et “Rosalie” de rétorquer, grimace en poupe :
“J’ai toujours pensé qu’un éléphant fantasque était un pachyderme gaucher contrarié.
Et Mauricette, de lancer à tue-tête :
“— Oui, et alors ?
— Alors ? “C’est en faisant tout le circuit délicaristique que j’ai découvert” ce gauchement ! Car l’un, n’empêche pas l’autre, dit Rosalie se pomponnant devant la Psyché qui commençait à avoir “un air affreusitairement dépiscitaire tout en baissant les yeux au sol, ce qui » la « fit résonner longuement sans pourtant atteindre le renversement de l’ut.
— Ah! “ J’ai eu la mirififique idée” d’aborder ce sujet d’éléphant … dit Mauricette genre de Chaperon Rouge qui ne s’en laisse pas conter.
— Est-ce que tu connais l’éléphant de l’Önd ? dit Gertrude qui avait un commencement de crânïte aiguë.
— Non, dit Mauricette, ça ressemble à “l’éléphant fantasque” ?
— C’est un cousin qui pratique “l’abomifreux un langage difficile à apprendre” mais si “tu connais les bonbons mergnificats”, tu peux « amupliquer » facilement.
— Je pensais qu’il fallait “les espaces d’insolitude” pour ampliquer ?
— Tu comprends rien, ma fille. Va donc me chercher la clef de “la jumeleine et « si tu ne réussis pas à trouver la clef, demande aux deux brumageux postés la veille de te renseigner sur l’endroit à l’envers de la boite à mystère. »

Et Mauricette de sortir de la cuisine et de grommeler pensivement : « Quand ça délibule, c’est aussi clair qu’un cerf-volant par temps de zéphyr, ça flotte au dessus de nos têtes ! », tout en croisant, un habitué de la maison.

— Tu penses tout haut ?dit Onésime qui avait chanté la veille ce tube de la maisonnée dont voici les premiers mots en ré-majeur : » La drolatour du tambour de l’automne perce le jour de retour de la donne. »
C’est toi qui lit dans mes pensées. J’en suis « abominaffreusité » ! 
« Tu accepterais de faire une partie de couettivité avec moi ? Lui demanda à brûle-pourpoint Onésime avec un grand sourire. »
— T’es pas un peu “ tartuffolique” ?
— “Sinon, tu viens souvent boire le café à l’agengouin toi ?
Non, c’est “artificelle”.

« Ils passèrent ensuite une seconde d’inattention à se tortiller »

“Bon ! De toute façon, c’est comme tout . Ça s’apprend par la pratique. Et puis les modes d’emploi, c’est comme la plomberie. Ça mène à tout à condition d’en sortir.” ajouta Onésime les yeux baissés comme un rideau de porte-fenêtre.
— » Tu peux glisser de la machine à trucs à la moulinette métaphorique. Essaies un jour, tu verras la différence. » lui balança Mauricette qui avait les crocs.
“Et comment il s’appelle, ton chat ? » Dit Onésime l’air de rien, à se rattraper à un ”balument« .
« Créaginaire.
— Et tu lui donne quoi, à manger, pour qu’il ait le poil aussi brillant ?
— Des boulettes d’
anomalisson.
— De la marque nomade ?
— Et de la marque
lisson, bien entendu ! »

Mauricette qui n’avait pas avancé d’un pouce sur “cette histoire de polimalie sérieuse” dit à Onésime qui n’avait aucune chance :

— “Tu sais, tu peux dire ce que tu veux”… “Le reste de la phrase se perdit dans un silence ouateux.
— … « Tu n’imagines même pas la pinguouination qu’il a fallu déployer pour en arriver là ! » hurle presque Onésime atteint de la chocile par les mots de Mauricette.
“Alors pourquoi tu le fais ?
— Pour … pour t’avouer ce qu’est “cette histoire de polimalie sérieuse”.

Mauricette, « le voyant sortir un paquet de la poche de sa veste … lui tendit la boite, qu‘elle saisit avec soin. » Elle découvrit enfin le fin mot de l’histoire de polimalie sérieuse qui était … un scarabée des sables… et dire qu’on avait voulu depuis le début, l’égarer.

— “Tu sais, je n’ai pas dit mon dernier” mot… Quelle Lui répondit” Mauricette En lui prenant la main ».

« Bingo ! » pour Onésime qui n’y croyait plus.

Iotop 2018 sur les mots de Jobougon.

LA lAngue du souffle, de l’effet …

Photographie de Marcel Mariën - 1954

Photographie de Marcel Mariën – 1954

Sur une idée de A de Jobougon


LA lAngue du souffle, de l’effet, de lA pAuse, Au plAisir de l’Aliment du mot goûté, exprimé, Affectionné, et puis dévoré : Amour dont le A est un élément pArmi un escAdron de lettres, cheffe de file en sA hAteur de A s’éclAire de phAre ou de porte-voix en mégAphonie, lettre mAjestueuse cousine d’une tour A l’Eiffel, déboulonne l’AlphAbet d’Aimer et plAque sA vibrAtion sur lA peAu …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’hiver s’annonce cette année souffreteux

Photographie - François Truffaut vendant le journal censuré La cause du peuple à Paris - le 16 octobre 1970

Photographie – François Truffaut vendant le journal censuré « La cause du peuple » à Paris – le 16 octobre 1970

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°51 le mot : hiver


L’hiver s’annonce cette année souffreteux
Au flocon dépressif sur un froid réchauffé
Sur la société de changements d’enjeux
Tout est là pour défier l’avenir ainsi griffé

Du noble trophée comme s’il était d’office
Inscrit sur le tableau d’avancement de fait
Se défigure ou se transforme par bénéfice

De se régénérer au fil d’événements
Prévisibles mais ignorés par effet
De confort deviennent guet-apens

Et le couperet
e
s
t

p
r
ê
t
.
.
.
.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Aux nobles positions de l’amour

Photographe_et_ femme_inconnus

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Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Aux nobles positions de l’amour, il est abusé parfois de tenir des postures peu orthodoxes et de croix pour les fervents adeptes de l’empalement vibreur …une prestation sur mesure, il va sans dire … en un mot, le compte est bon quand les partenaires s’ébrouent aux plaisirs d’un commun accord …

Ils sont d’autres qui s’imposent à l’architecture du corps comme du yoga pour les puristes du genre, à la posture de la charrue ou du poisson, tout un art, la clé de voûte du bien de soi qui n’empêche que l’on ne vit pas plus vieux ni “mieux bien” que les autres…

Et puis, il n’y a de musique du corps que le pupitre de la volonté qui porte la partition du vouloir, et l’acte d’amour, ce corps à corps, gratuit (en général) offre le coït d’une partie de jambes en l’air. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu des jambes coïtées … un abus de langage …

Mais qu’importe, j’attends ma nouvelle partenaire … unijambiste … le pied ferme …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La décoration habille la nudité par effet d’espoir

Image_Chanel_N°5_deco

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Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°49 le mot : décoration


La décoration habille la nudité par effet d’espoir
Au détriment de l’authenticité … sans paillette
Et saupoudre la vision ingénue au diffamatoire
L’odorat délicat à la migraine en cette indiscrète

Qui s’impose et se décline à toutes les nuances
Et s’offre impudique sur la poitrine du vif brave
Ou tissu cercueil à l’honneur mort d’importance
Au moment de sauver son égoïsme elle se gave

Séduisante indécente le temps l’use ou l’enferme
A défaut de la perdre, de l’ignorer, de la brûler
Elle ne s’offense pas de l’indifférence en terme
De mots à l’humain frivole elle est manipulée …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vieillesse se déboulonne et s’enterre

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J’ai lâchement abandonné ma raison pour celle de la folie douce. Cette folie, en de multiple micro-folies, mine les biens portants quand elle les regarde dans le fond des pupilles.

Pendant des années j’ai vécu, oui vécu comme un homme normalement construit pour verser dans la consommation et l’animation quotidienne voulues par des gens reconnus comme plus sensés que moi et directifs sur le comportement que je devais transmettre…

Et puis les codes institués deviennent des orties au fur et mesure du temps. Les ondes grises des cheveux devenus blancs et du temps restant posent la question du comment veux-tu continuer à vivre si ce n’est pour mieux mourir avec cet esprit des choses accomplies par effet d’avoir été utile à toi-même. Et si les casses automobiles existent, la vieillesse se déboulonne et s’enterre en retraite de maison à prix d’or … à d’ornements funéraires sur contrat de deuil, la solitude est mortelle …

Et puis grimacer devant les habitudes de chaque jour comme une aumône, je préfère sourire, rire jusqu’à mon dernier sommeil de rêve les yeux ouverts sur une eau calme, le silence détendu vers l’infini d’un ciel drapé … de Toi mon Amour …

Et puis, je suis parti vraiment sur la route du délire, les mains dans les poches, le silence entre quatre murs, le monde m’a enfermé et refermé sur ma route à sens multiple et l’injection retard au creux de ma vie, le symptôme réduit à son expression du cri lié à son propre mur, je ris comme un perdu, le pavé de mon destin écrase la peau de banane qu’il m’avait dessiné …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

De la nature humaine cette plante enracinée

Dessin animé - La belle au bois dormant - Maléfique - 1959

Dessin animé – La belle au bois dormant – Maléfique – 1959 – (traduction : oh, ils sont sans espoir.
Une véritable honte pour les forces du mal
)

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°47 le mot : nature


De la nature humaine cette plante enracinée
Déraisonnable décalée délinquante disséminée
Décidée à s’implanter en son autodestruction
La Nature prend les mesures par injonctions

De la nature humaine ni bien ni mal considéré
Ni question existentielle ni d’éternité à se figurer
Ni désir d’aimer ni de reproduction à se saturer
Elle n’est qu’une meute en rage de s’être égarée

De la nature humaine le progrès est un virus
Le pouvoir une balle traçante l’avenir un rébus
La guerre un besoin et la paix une aubaine
Tout est dit pour l’Homme laves-toi de tes peines …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018