Sa maîtresse vengeance se roule à ses pieds

Oeuvre de Inna Vjuzhanina

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 30/31


…se retranche l’idée funeste de l’homme possédé de sa maîtresse vengeance se roule à ses pieds de tenir sa promesse quand une cartomancienne de Marseille présente la carte du pèlerin comme un changement de cap sur le devant de sa scène un nouvel acte de foi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Aux interstices de l’indifférence

Oeuvre de Ahmet Günestekin

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 23/31


…plainte qui rampe aux interstices de l’indifférence Lotus et l’Hamour font nombre commun et s’arment pourtant de rudes paroles à l’encontre de l’hère l’homme lié à sa douleur comme une vrille et est devenu l’être indocile à la Froideur d’une vengeance amoureuse en devenir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le seuil de la première lettre

Œuvre de Kryseis Art

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 21/31


…extatique à la Lumière du soupçonneux qui frotte les deux pierres l’une de la jalousie l’autre de l’envie pour rassembler leurs éclats et les flécher vers les belles âmes de l’Amour le Cupidon qui de mailles n’a aucune est blessé sur le seuil de la première lettre…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Rien n’arrête même une croix extatique

Photographie de Dirk Wüstenhagen

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 20/31


…cachot les mots noyés dans l’insalubre l’homme les écrits sur le parchemin de la jalousie qui s’enflamme comme un bûcher par une prière hérétique d’un Hiérophante aux yeux de corbeau aux lèvres d’un bleu méthylène que rien n’arrête même une croix extatique…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les griffes de l’Amour s’enracinent

Photographie de Al Vart

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 19/31


… souffle de vie qui sème le printemps des amants retrouvés tel le rugissement du Lion fait constellation par écho aux brillants d’étoiles à la nuit quand les griffes de l’Amour s’enracinent dans les chairs l’abandon jouit et les blessures de l’attente se referment en leur cachot…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Sur la joue de la réconciliation

Photographie de Joachim Bergauer

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 18/31


… signature d’un baiser sur la joue de la réconciliation le feu intérieur telle une machinerie complexe reprenait vie dans les âmes et les corps qui se redressaient pour une nouvelle marche purgée de calvaires et ouverte pour Embrasser le monde d’un seul souffle…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le corps combat à mains nues

Photographie de Mick-Bourke –
Valentina L’ Abbate

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 16/31


…froid sans vergogne gagne son terrain et le corps combat à mains nues quand l’âme prie à l’indulgence que l’ermite Hamour entend l’onde de cet appel du secours sur sa route de pèlerin déchu aux Traces qui font dessins de son épreuve la nuit enfin s’estompe…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Son égoïsme d’Amour

Oeuvre de Kryseis-Art – Grace

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 13/31


… mensonges qui frappent jusqu’à la terre aux mille pas de la trahison se déforment à l’intérieur du corps et l’assomment tel le forgeron à sa Force fait dessein de produire une arme fatale à l’ennemi désigné par excès de l’avoir aimé à sa cause avec son égoïsme d’Amour …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Septantaine au quart du dernier

Image porte à seuil – Iotop 2021

Blog oulimots contrainte écriture


La Mort habille le mort sur l’horizon marbré à l’heure du sept du matin au chant du septain :

La septantaine au quart du dernier
Les yeux exorbitent aux souvenirs
D’une blonde romance toute chenillée
Sourit au clair de lune à fleur d’élixir
S’impose au défunt à la bougie de vie
Dépouillée de son socle au seul cri
Retentissant de vouloir renaître … au pire…

La Mort le prend sur ses épaules et récite ses litanies des septembrisades qu’elles filaient sur une traîne de comète blanche feu son tissu des heures noires.

A la septénaire de marche elle dépose son fardeau la tête au septentrion croise les pieds les mains et une prière au seuil d’un septembre résigné à devoir laisser une place et encore une sur sa parcelle de terre.

Elle lève le drapeau septicolore et pince une dernière fois la joue du mort… comme signe de bonne route.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Mon sang qui n’a rien de vraiment rouge

Blog oulimots contrainte écriture


Aujourd’hui je m’embarque dans l’un des trente-trois wagons d’un train en partance pour l’inconnu.

J’installe ma modeste personne dans un siège au confort pilote de ligne le café en moins et la perfusion en plus.

J’avoue avoir été condamné pour non respect du code ZE-RT-1.02.4587M

J’assume cette punition.

Je respire à la façon d’une chrysalide et m’endors tel un chat en fin de vie à l’intérieure d’une solitude bien ancrée dans les profondeurs connues de moi seul pour une chair trop froide pour réchauffer un cœur à demi éteint en compagnie du malaise à fleur de bouche que dessinent des lèvres salées au service de larmes en cristal faisant l’écho aux jointures des articulations craquantes et aux grincements de mes frissons intermittents…

Un sautoir de surveillance gère la transition du réel vers l’improbable voyage qui m’attend.

L’injection du produit rugueux perle se mélange à mon sang qui n’a rien de vraiment rouge.

Mon insomnie coutumière s’est diluée au contact de mon ex-angoisse et toutes deux mains dans la main m’ont souri comme un dernier adieu.

La vitesse de mes synapses synthétiques augmente graduellement et s’échauffe à la rencontre des origines qui luttent jusqu’à la perdition de leur substance nutritive de ma conscience.

Les heures diaboliques se débarrassent de mon existence authentique de l’envie qui se fane sur les lobes de mes entrailles et je vomis ma sainte lucidité comme le dernier rempart de mon libre arbitre.

Je reviens à moi lessivé avec un nouveau code d’identification.

Je suis à présent un citoyen… sain.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau

Photographie de Marc Petzold

Agenda Ironique de Mai 2021


« Un bruit étrange et beau » est le titre du livre d’un auteur inconnu de la commune qui a perdu son nom lors du dernier recensement et dont personne ne se souvient.

Le vraisemblable fait grise mine et l’invraisemblable le chahute sur le haut de la falaise d’une Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau et le parfum de la tragédie autour du cou.

Une enquête est menée par l’inspecteur Lô-Tho dont les particularités sont de se déplacer en cyclo-pousse et de dévorer tous les midis des crevettes vivantes dans un vivier livré chaque jour à son bureau du troisième étage d’un immeuble de la rue des Han… et à part ça il ressemble au commun des mortels qui prend son p’tit déjeuner sur la tranche de pain grillé qui n’attend pas fébrilement les crocs des dentiers procureurs alimentaires de première nécessité.

L’inspecteur Lô-Tho est un homme pragmatique. Là, est l’un de ses moindres défauts. En effet, il sait prendre de la hauteur et va consulter la prêtresse de l’île de Sein inconnue dans les bottins même le mondain. C’est dire sa renommée dans un milieu restreint qui permet de tenir les promesses des secrets.

Aussi, cette druidesse reçoit avec le sourire son fidèle client dans son antre qui n’a pas vu le jour depuis le dernier déluge de la révolution au sang chaud de trancher à froid dans le vif des sujets. Après les sourires faussés et la politesse dont l’usage s’est égaré dans les méandres de l’infini des Livres Hermétiques dont les clés ont été perdues par distraction, l’inspecteur s’assied en tailleur avec un crayon de bois d’une belle épaisseur d’un pouce d’ogre tandis qu’elle prend position du poirier.

— Quelle est ta question ? Ô Lô-Tho Rhi (Rhi prénom du susdit)
— Le livre sans auteur, quel est l’auteur ?
— Pertinence n’est pas potence et livre n’est pas poids. Telle est ma réponse, Ô Lô-Tho Rhi.
— C’est un peu mince.
— Dites que je suis grosse !!! Ô Lô-Tho Rhi
— Je dis que votre réponse est énigmatique.
— C’est qui l’inspecteur de nous deux ?

La druidesse se repositionne en tailleur (et pas le vêtement) et prend place face à Rhi un tantinet triste et songeur, les deux à la fois sur le même visage ce qui est un exploit que l’inspecteur modeste sait taire.

— En fait, je soupçonne la commune d’avoir fait disparaître l’auteur inconnu pour ne pas être condamnée et ensuite effacer son nom.
— Astucieux, dit la prêtresse en se versant une tisane à Ciboulette des Îles.
— Oui, mais pourquoi la commune ?
— Rends-moi mon crayon au partir quand seuil franchi tu auras.

L’inspecteur prend congé (et pas des vacances) et s’en retourne à son bureau rue des Han.

— Quel est le mobile ? dit-il en lui-même à voix basse, car il sait ne pas être tout seul… avec lui-même.

Après avoir ingurgité le bon millier de crevettes du midi présent, il se lève de son siège, les mains à la mayonnaise encore fraîche, il arpente son humble logis de quelques mètres carrés, quand une lumière naît au fond du couloir de son esprit tortueux.

— « Mais c’est bien sûr » (à la Raymond Souplex pour les puristes) dit-il tout haut devant sa fenêtre fermée par ce beau soleil style beau maître nageur (pléonasme) rieur de bonne santé.

Le dernier recensement des habitants de la commune était tout simplement fictif et l’auteur habitant de cette commune était par effet inconnu et de fait pas de mobile !

L’inspecteur jubile et ouvre séance tenante une bouteille de champagne 33 cl. Mais au premier glouglou dans le gosier, il s’interroge : mais alors, pourquoi le livre est-il paru ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

(il n’y aura pas de suite … c’est une histoire à s’embourber jusqu’au cou du stylo)