Se peint à grand seau de bleu à la cuisson ciel d’été


Lune_©Iotop_2019

Challenge Lune et des participants


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… filigrane de belle tête se rit sous le manteau du Lac de la Perfection et se peint à grand seau de bleu à la cuisson ciel d’été de belle figure sous le regard cyclope d’un Soleil qui luit par défaut comme un ronronnement à sa beauté magnétique …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le sable mouvant de sa confiance

Photographie Dan Beecroft – Waiting

Challenge Lune et des participants


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… incertaines les dernières nuits de l’humanité qui n’a pas puisé à la bonne profondeur dans le Lac de la Bonté au fil des années toute asphyxiée aux paroles des fausses vérités déversées sur le sable mouvant de sa confiance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

L’indifférence neigeuse de mon intérieur

Doris Day – lapin et œufs de pâques

Blog Émilie : récole 21.01

«… la découverte fondamentale du blanc et pas de l’œuf, n’a d’égale que la complexité de sa structure entre la géométrique et la prétopologie …» les mots du conférencier me laissent transparent sur le siège de l’indifférence neigeuse de mon intérieur.

Alors, «on rigole, on rigole, mais on ne voit pas le fond du bol», mais je viens de me réfugier dans cette salle presque vide de participants et l’animateur me paraît chauffé … à blanc par son sujet.

Je suis poursuivi depuis l’après-midi … par un œuf. J’ai toute ma tête, faites-moi confiance !

Un œuf de Pâques et pas à croquer sous les dents gourmandes ! Non, non ! Un œuf très grand, genre Gulliver, pas très naturel. Cet œuf qui me paraissait inerte comme un décor entre plâtre et métal, devant une chocolaterie, m’a interpellé par mon prénom. J’ai sursauté. Je me suis arrêté et il m’a menacé de me supprimer stricto sensu. Et là, j’ai décampé illico presto.

Mais il m’a poursuivi en déboulant, roulant, secouant toute son «anatomie» pour se déplacer et guidé par on ne sait quelle haine, il me piste comme un animal enragé d’une rue à une autre, d’un boulevard à une place … et pas une âme qui vive pour m’aider… chacun dans sa bulle à se dévoiler enfin comme lâche.

Le temps s’est arrêté dans cette salle par le ronronnement de l’orateur. Et l’œuf de Pâques … ne m’a pas encore retrouvé. Je culotte ma pipe, les doigts un peu tremblants. Que me veut-il ? J’ai la tête qui se farcit d’une question à une autre telle une cascade et leurs bruits se déposent dans le fond de mes yeux comme s’ils voulaient sortir pour exploser en feux d’artifices…

J’ai de plus en plus froid. Étrange sensation d’une panique qui s’installe à l’intérieur de mes fibres musculaires et au foyer de mon sixième sens la ma perception du danger imminent quand le baratineur sur l’estrade se transforme, fusionne sous mes yeux … en œuf de Pâques …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Mes livres … me dévisagent …

Heart Ring de Frederico Santos

J’ai un dictionnaire, qui depuis une semaine, à la même minute, tombe de son étagère et s’ouvre toujours aux pages quatre-vingt-quatre, quatre-vingt-cinq.

Bonjour la frayeur à deux heures et deux minutes du matin et bonsoir l’ambiance d’un rêve qui avait l’objectif non avoué de m’apporter une sensuelle rencontre dans une forêt … de femmes lettrées ….

Alors, même si ma vie me paraît à peine concevable, pertinente, intéressante, valable … que ce dictionnaire ait un objectif dont je ne discerne pas les contours ni même la consistance … devrait respecter mon sommeil de juste.

Ce dictionnaire est-il possédé ? C’est la question que je me suis posée par une nuit délavée d’étoiles et pourtant tendrement éclairée par une lune tout aussi seule que moi-même qui ne suis pas lunatique même avec ma paire de lunettes …

Aussi, je décide de l’enchaîner (le dictionnaire, pas la lune) à son étagère.

Dans la nuit en cours, un fracas suivi d’un grondement puis d’un tohu-bohu … me déboussole le réveil créant un tourbillon d’angoisses à la limite des contraintes acceptables pour un esprit sain…

Je me lève tant bien que mal que mes draps veulent me retenir que je les traîne à mes jambages vers ma bibliothèque à la valeur de la faire vivre … de toute une vie…

Je n’en crois pas le tréfonds de mes pupilles. Ils sont là, sur le parquet, froissés, tordus, dévisagés, dépliés … mes livres … me dévisagent … de couvertures …

Je suis détroussé de mon sang. Ma liberté d’agir est clouée. La tétanie est maîtresse de mon corps et ma raison est en déphasage. Un appel de loin se déploie dans mes neurones. Des douleurs intercostales m’envahissent, je plie moi aussi et mes genoux font de même. Me voilà une sculpture organique marbrée de la panique «clouteuse».

La voix se fait plus précise. Une verve que je crois comprendre et qui m’échappe comme du sable dans un sablier. Et au moment le moins propice à comprendre mon état … une lueur d’une diode mille watts me flash.

Je suis dans le vortex des livres. Impressionnant à me faire éclater les veines du cœur. A m’estampiller d’une malédiction jusqu’à la génération de la dernière lettre de notre alphabet.

Et là, j’entends, telles des cascades :

— JOYEUX NOËL!!! ON T’AIME !!! s’exclament tous les livres…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Tes mots glissent sur mes épines


Vogue 1938- Joan Crawford – Edward Steichen

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 20.20


Bois !
— Non !
— Bon sang de bois, je te dis de boire !!!
— Non, rien, nada, niet, no, naï, nein …
— Stop !
— Tu as beau m’incendier, tu n’as pas les moyens d’éteindre ma conscience au non vivre !
— Tu dis n’importe quoi !
Vive le pouvoir, hein ? Mais tes mots glissent sur mes épines … étrangement …
— Si j’avais le moindre pouvoir, tu ne serais pas dans cet état ! Non ?
— Qui sait ?
— Arrête ! toutes les stratégies que tu mets en place pour me contrer …
— C’est désespérant comme une danse à contre temps …
— Et si je baissais les bras ? Là, maintenant ?
— Des mots, des mots …
— Mais tu les prends comme des attaques ! Tu me l’a dit combien de fois, hein ?
— Possible …
— Comment possible ?
— Je n’ai rien à déclarer sur le sujet … tu me fatigues …
— Et ma passion pour toi ? Tu n’as rien déclarer non plus, hein ?
Passion, tu exagères le mot…
— J’exagère ?
— Oui …
— Tu vois … je me fais honte de t’aimer …
— Rien ne t’oblige … tu sais …
— J’ai mal … comme si j’avais reçu une lance dans la poitrine …
— Normal, tu t’es égaré avec moi … prends une lampe pour reprendre un autre chemin … et va flamber ton amour ailleurs…
— Tu es ignoble de long en large …
— Tu as joué avec moi …
— Non, non, non …
— Tu t’es jeté toi-même de la poudre aux yeux …
— Arrête ! Arrête ! C’est toi qui joues à la pyromane dans notre couple !
— Arrête de faire semblant de me protéger et laisse-moi mourir dans mon lit avec ma conscience tranquille …
— Tu n’as honte de rien !
— Trop tard …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’accusateur destin t’a condamnée

Film LILITH -1964 – Jean Seberg

Blog Antiblue06 : défi septembre


Bord de l’imbuvable
Lèvres s’ouvrent aux caresses
La soumission

Épitaphe de mon H ma drogue gravée sur le sable de la plage … il y a quelques jours l’accusateur destin t’a condamnée… j’ai tracé sur le sable défiant le temps entre l’impermanence et la permanence un no man’s land qui ne dit pas son nom …

Je veux mettre les points sur les I au fameux destin qui s’étend s’éprend s’en prend et prend … et traîne avec le vent girouette et le mauvais garçon nommé hasard qui ne s’émeut pas d’un parcours trop tôt cisaillé …

Je vais ainsi rouler les R par vibration de message à l’appel d’une partie de l’indécence de la Vie qui se moque de la voie prise et de celle de la voix éprise qui d’un sanglot se bloque sur l’aiguillage d’un cœur brisé …

Je sais que je suis en train de tourner en rond dans l’O d’un lasso tel l’indécis devant une belle pomme à croquer là sur la table de l’envie bellement juteuse à la vue de sa forme tellement à en mordre la chair à la fois tendre et ferme au désir … poison …

Et puis je me retiens aux mors de l’amour à la N de mes remords qui me brassent vers les vagues de mes larmes diluées au cœur de l’acide de mon mouchoir à carreaux brisés me griffent l’âme en zigzagues …

Alors je retourne sur mes pas et je lance mon unique D sur la plage de mon amour à déchiffrer le pourquoi de ta mort sur le rebord de la fenêtre défigurée d’un paysage déchiré par mon incompréhension de toi …

Et j’entends le grondement d’une ELLE un spectre qui dessine sur les flots un tsunami de mots qui s’abat sur mon égoïsme et me rappelle ma promesse de tenir une bougie allumée d’Amour jusqu’à mon dernier souffle …

Toi mon Amour entre bleu ciel et azur océan …mon Hirondelle.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent ses crocs


Œuvre de Chrissy Angliker – titre She Swims- 2017 – peinture acryliques sur toile.

Agenda Ironique de Septembre 2020


« J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. »

Cette petite voix qui me parle entre un chêne vert de belle taille athlétique et un tilleul allergique à son pollen, ne me rassure pas. Le mieux est d’avancer, tranquillement et la direction importe peu même sans longue-vue. Enfin, je ne sais pas. D’ailleurs, si je me suis perdu dans cette forêt, c’est que je suis devant l’incertitude de mon existence… sans doute …

Et j’entends une voix d’outre-végétal d’un personnage qui me semble un gnome de la famille des Strompifs

 » … Tout flivoreux vaguaient les borogoves … »

Cela ne me rassure pas … mais pas du tout et j’en suis très chafouin jusqu’au fond de mon abdomen rondouillard. J’ai entendu de vilaines choses sur cette famille : elle aime la chair de notre espèce … ce qui me fait frémir d’ici à là à me gésir …. et pas de chance, je marche à l’instant sur le fameux Bâton du Diable…

— Vous ne pouvez pas faire attention, nom d’une brindille !
— Mille excuses …
— Trop tard pour les excuses … le Strompifs va me dévorer tout cru …
— Je peux, peut-être, vous aider …
— Aider ? Mais notre nature ne nous permet pas cette extravagance … il n’y a que le chacun pour soi … non, mais regardez-moi ça ! … je ne ressemble plus à rien …
— Ne soyez pas pessimiste … moi, par exemple, je me suis perdu … eh bien, j’avance quand même …
— Mais bon sang de bois … vous voyez bien qu’il me manque la moitié du corps …
— Effectivement, c’est embêtant …
— Embêtant ? Vous êtes un inconscient …
— Attention !!! Il arrive … je me sauve …
— C’est ça … bonjour chez …

Ma catalepsie n’est pas loin si je ne reprends pas le fil d’un chemin, n’importe lequel, mais qu’il me transporte hors de la vue de ce gnome outrancier et animal jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent sa dentition…

Le pauvre fut croqué sous mes yeux …

Et j’entends la voix d’outre-végétal du personnage, en s’avançant vers moi :

 » Les verchonsfourgusbourniflaient « 

… dans une déglutition bruyante …

Alors, mes petites pattes velues tous terrains me font avancer comme par un automatisme enclenché par l’instinct de survie qui n’attend pas d’avoir de la raison pour sonner la fuite à toutes pattes à son cou …

Et lui, le gnome, de ronfler comme une chaudière à courir à mon train comme s’il avait des bottes sept lieues et j’ai cette envie de crier mon désarroi mais rien ne vient que les pincements de mon angoisse dans mon corps mit au défi de tenir le rythme …

Quand, j’aperçois un trou, sur mon chemin, mon calvaire, le trou idéal qui vient à point nommé dans ma course folle à la survie. Je me surprends moi-même à pénétrer un logement tout à fait incongru …

— Tiens, vous ici Pokie ? Quelle heureuse surprise… entends-je au fond de ce trou.
— Qui êtes-vous ?

Que je n’ai pas le temps d’entendre la réponse, qu’il me gobe tout à vif !

Morale : rien ne sert de courir… même pour servir de repas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Agenda Ironique Août 2020 – Résultats

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Nous voici au troisième volet de cet Agenda Ironique Août 2020 avec pour thème : la plage.

Les différents liens : ICI et ICI

1) Gagnant :

 – Il apparaît à la majorité des voix que le gagnant est :  Carnetsparesseux

Cette mouture a apporté des univers  aux horizons divers et variés et tous avec une luminosité différente et attractive.

2) Organisateur(rice)

 – A une forte majorité, le nouvel organisateur de l’Agenda Ironique de Septembre 2020 est une … Organisatrice … (si elle accepte cette mission) :  Véronique que nous ovationnons avec enthousiasme.

Merci à tous : lectrices, lecteurs, auteures, auteurs, et pendant que j’y suis le … monde entier et l’Univers (soyons fous).

iotop 2020

Agenda Ironique Août 2020 – Voter

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Bon jour à tous,

Merci à vous tous … belle participation … cet Agenda Ironique d’Août en plage aux différents degrés est d’une belle eau …  🙂 La genèse ICI

Votation du 26 au 31 août :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Septembre …


(Pour celles et ceux qui ont des soucis pour voter car problème d’affichage, ils peuvent le faire en écrivant un commentaire).


Voici les textes :

1 ) Le 02 août 2020 => texte de Chachashire : Age des gens d’Août onirique.

2 ) Le 06 août 2020 => texte de Iotop : impression de sable mouillé dans le cerveau

3 ) Le 06 août 2020 => texte de Gibulène : Les vacances d’Onésime

4 ) Le 10 août 2020 => texte de Jean-Louis : L’agenda Ironique d’Août 2020  (Haïkus)

5 ) Le 11 août 2020 => texte de Régis : Le sable noir des Marquises (Acrostiches)

6 ) Le 11 août 2020 => texte de Solène : Souvenirs proustiens

7 ) Le 11 août 2020 => texte de Carnetsparesseux : Où est passé la plage ? (1ère partie) (2ème partie)

8 ) Le 14 août 2020 => texte de Rowane : Brise-larmes

9 ) Le 19 août 2020 => texte de Victor Hugotte : Danser sur la plage en temps de pandémie

10 ) Le 23 août 2020 => texte de Sabrina : Plage de rêve

11 ) Le 23 août 2020 => texte de Laurence : Sur la route des vacances

12 ) Le 25 août 2020 => texte de Véronique : Coquillages et coquecigrues

13 )  Le 26 août 2020 => texte de Lyssa : Laisser trace

14 )  Le  26 août 2020 => texte de Gérard : Avoir une vraie vie de chien

15 ) Le 26 août 2020 => texte d’Emmanuel : La page blanche

Résultats des votes : ICI

 

L’arme de l’impatience en main

Photographie de David Yarrow - rhinocéros au Kenya

Photographie de David Yarrow – rhinocéros au Kenya

Sabrina (Blog : entre les lignes) : atelier d’écriture #1

(Voici un nouveau atelier d’écriture mensuel et si votre encre vous titille, je vous invite à participer) 🙂


J’ai entendu un jour dans un jardin des plantes entre deux bancs et retenu comme une vague qui ne devait jamais atteindre un rivage ou un récif : « … les enfants sont d’un totalitarisme … » … le reste s’étant évaporé entre l’oreille droite et le neurone spiralé à clé fractale. Est-ce une assertion ou pas ? Il fallait que cela se confirme ou s’infirme un jour.

Et, aujourd’hui, je vois un enfant dans une allée d’un centre commercial qui hurle comme un canard à qui on vient d’arracher par défaut d’information préalable et à vif sans anesthésie une paire de plumes de son arrière-train.

La maman du garnement par le comportement de son marmot s’est gonflée d’une colère que l’air dédaigneux des clients proches savourent la défaite devant son manque d’autorité ou de conciliation maternelle ou seulement d’amour si ce n’est d’attention tout simplement.

L’alarme vocale du galopin hurleur consterne l’agent de sécurité un ancien d’Indochine qui s’approche franchement l’arme de l’impatience en main et d’un direct vocal tel un mégaphone intégré dans sa gorge profonde et déridée d’alcool, annonce :

— Tu te feras dévorer par les Petites Sirènes !!!

Les yeux du gamin se sont posés terrifiés sur le vieux visage de l’homme ancien guerrier et tout jeune employé de ce grand magasin déformé par ses marchandises possédées de E additifs, vomissant en filigrane les futures maladies …

— Comment osez-vous gueuler comme ça sur mon fils ?
— Vous êtes l’impudente distance entre vous-même et vous-même.
— Vous délirez !
— Vous êtes cette enfant insupportable et poussiéreuse de vos souvenirs comme d’une lie qui vous gangrène …
— Arrêtez ce délire !

Et le gamin de mordre avec toute l’ardeur d’un jeune loup … le mollet de l’agent de sécurité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La sonnette tinte un air de glacier

Ellen Greene – Film La Petite boutique des horreurs de Frank Oz - 1986

Ellen Greene – Film La Petite boutique des horreurs de Frank Oz – 1986

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 18.20


Le temps d’ouvrir une boîte d’haricots verts, de rincer, de verser dans un bain-marie, que la sonnette tinte un air de glacier qui se détache d’un pôle arctique qui de nue terre va bientôt se retrouver.

Est-ce que l’on vient m’annoncer une nouvelle à enflammer mon cœur ou à le détruire … moi qui n’attends rien ?

Je n’ose m’aventurer dans le vestibule, ouvrir la porte et regarder en face les propos grandeur nature … que je grossisse l’importance comme une montagne … possiblement.

Trêve de radotage ! je m’élance ! le courage en main et les jambes toutes à mon ordre de marche, je déclenche la poignée de la porte, le grand jour m’éclaire … il n’y a personne … c’est un lapin, une farce de garnements … sans doute …

Je reviens à ma chère cuisine quand une nouvelle fois la sonnette reprend sa formule glaciaire. Est-ce l’effet de mon troisième whisky de la matinée, consommation quotidienne, qui me joue ce tour de cochon ? Est-ce la chaleur ambiante de mon fourneau et les émanations de mes plats en préparation ? Est-ce le moite de mon rhume qui m’embrume et fait bourdonnement à l’oreille droite ?

D’un questionnement à un autre, ma main tourne la poignée … elle me reste dans la main. Quel est ce mauvais tour que l’on me joue ? Et une voix forte se fait entendre … derrière ma porte :

— Ouvrez-moi ! Ouvrez-moi !
— Mais … mais c’est moi qui suis enfermé chez moi !
— Prenez un marteau, une masse … n’importe quoi mais ouvrez cette porte !
— Vous êtes un dingue, un dérangé du ciboulot… j’appelle la police !
— Il n’y aura personne à arrêter !
— …
— Ouvrez-moi !
— Comment personne ? Je vous entends, moi, donc vous êtes bien présent !
— Oui et … non.
— Comment : oui et non ?
— Cela va être difficile à croire.
— Je craque maintenant, ou j’attends ?
— Attendez.
— J’écoute.
— Je suis vous…
— …
— Je sais c’est difficile à croire.
— J’ai un don d’ubiquité ?
— Non.
— Alors !
— Vous devez m’ouvrir absolument la porte !
— Et pourquoi ?
— Eh bien, pour effectuer …
— Effectuer ?
— Effectuer le transfert ! Dépêchez-vous !
— Le transfert de qui ?
— De vous … de toi …
— De moi ? Mais … vous me tutoyez, là !
— Oui, et si tu tardes, nous allons errer pendant un certain temps !
— Je peux me réveiller, là ? Ou je rêve ?
— Non, hélas !
— Et pourquoi ?
— Tu es … mort !

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Elle voit l’horizon s’empiffrer d’un soleil matinal

Oeuvre de John Everett Millais - Clarissa - 1887

Oeuvre de John Everett Millais – Clarissa – 1887

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 17.20


Toute haute debout, pieds nus, elle voit l’horizon s’empiffrer d’un soleil matinal où ses yeux s’accrochent en ce lointain quand la mort si proche, peut-être incertaine, est une interrogation, une provocation et ses mains crispées sur les barreaux de sa geôle à la paille humide possédée de la respiration d’une terre battue, de sueurs, de secrets, d’humeurs de condamnés à jamais disparus dans une autre entrailles terrestre …

La circonlocution de la narration n’arrêtera pas le sort de la jeune femme dont les cheveux longs ont été taillés réduit jusqu’au cou gracile défiant encore sa position …

Les larmes sur le bord du volcan de l’émotion, elle se rappelle ce baratineur débordant de ce charme mâle comme un appât désirable de belles phrases, d’aphorismes … et puis sa sentence avait été tracée sur la ligne invisible du hasard, de sa part de fin …

Elle s’étonnait d’avoir été prise dans ce tourbillon de mots dont le celui de téléphone mot saugrenu … ce beau parleur l’avait embobiné dans un complot à mille lieues de ses préoccupations quotidiennes celles de discuter d’un bon bagou sur le prix des œufs, de la viande fumée, d’un légumeux de saison … mais lors de sa comparution devant ses juges aucun plaidoyer pour la défendre …

Sa parole contre celles de bedonnants bourgeois aigres et vicieux comme … des hommes …

Elle n’avait pas joué une pirouette pour s’en sortir, elle avait débordé de sincérité … avait été la girouette d’une affaire …

Là voilà par un soleil radieux… pendue …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Parloir sourd au format miroir à soi

Max Ernst - Santa conversazione - 1921 - Dédicacé à Benjamin Péret

Max Ernst – Santa conversazione – 1921 – Dédicacé à Benjamin Péret

Agenda Ironique Juillet.

(Choix ici du lipogramme (sans e))


 

Il part. L’horizon noir pour salut, sa main sur son front brûlant … pas à pas, il sort … d’ici pour la …

… prison… sa prison… son rasoir… murs du parloir, sourds au format miroir à soi, par la voix sans nuit, sans goût, fait son habit… la claustration sur lui, position du fautif au chagrin garrot, banni parmi tous bannis, un cachot lui sourit …

… aux visions poisons, d’abandon a sa raison … lui pantin corrompu a son ragoût d’alcool du mal construction amplification aux poumons d’un vaudou d’un air au bruit à subir l’attraction du …

La nuit, l’imagination au carcan à vif à vouloir fuir fait noircir son sang … aux matins toujours trop durs … poings au mur … croupir à l’infini dans son hôpital …

Tous, rugissants dans son ciboulot … tous fous …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il est mort, seul

Oeuvre de Ramon Masats - Barcelone 1953 - Blanca Berlin Galeria

Oeuvre de Ramon Masats – Barcelone 1953 – Blanca Berlin Galeria

Des mots, une histoire : récolte 50


 

« Pour vivre heureux, vivons cachés » disait-il.

 

Il est mort, seul,

Sa liste de bonheurs entre les dents,

Et les palabres de la messe à promettre un Paradis … un lac desséché.

 

La misère est en nous … et le mur du désir hurle dessalé de son envergure sur le grain de sa peau …

Et l’oniromancie rit, la dupe.

 

Avec la danse d’un seul temps, il s’était égaré dans le monde d’une Incertitude aux dents acérées d’une Inhumanité, devant l’ogresse de la réalité, à cette envie de la goûter … cette souffrance n’était pas chimérique

 

Il est mort … seul.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La Boîte à Temps

Nuageux_Iotop_2020

Nuageux_Iotop_2020

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 16.20


La Précipitation du Temps dans le gouffre de l’insondable Tic-Tac de l’engrenage qui prend son pied … s’arrête d’un éclair

La Boîte à Temps informe le Courrier du Temps, tout à courir, de la glaciation inattendue de la Précipitation. Toute l’armée de Seconde, aux Têtes des troupes les unes à Vélo les autres à la pointe de l’innovation de leur aiguille quand d’autres à la Diligence, s’apprêtent à envahir le Territoire à la Minute jusqu’à Risquer la Disparition par un effet Sablier …

Si le Tout s’arrête, le Silence l’ennemi du Temps serait vainqueur sur la Totalité de l’Univers Visible et le Ralentir est la première victoire mais pas le Remède.

Le Néant sur le bord de la Route, lui, attend son Heure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 5

Créature_Tout_en_Gala-Tik_Iotop_2020

Créature_Tout_en_Gala-Tik Iotop_2020

Enfin le fameux Chapitre 5 du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik sort aujourd’hui – Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. Chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.


Tout en s’accrochant à rester lucide

Il ne comprend pas Qi Peuh Leu P+ à la hauteur de sa logique positionnée telle la chauve-souris (et pas à celle que l’on pense) qui s’interroge sur la consistance de son état sur le tableau ancien de Karnaugh et d’une algèbre dissociée sur un code duodécimal à deux voies réfléchies appris lors de son stage de réadaptation dans la circonscription des Allumés Des Pipants Mots (ADPM) suite à une mission improbable qui s’est avérée tout à fait impossible dans une configuration inconcevable avec une hiérarchie déficiente par excès de confiance comme le lait de brebis dans l’éprouvette de la science qui s’est égaré…

Il ne comprend pas l’échelle de la valeur qui s’impose à ses beaux yeux opales de feu à ce retournement de situation dont il est l’objet et comme tout objet sa valeur est proportionnelle à l’envie de le garder en vie inversement à la distance des questions qui lui seront imposées comme tentations à le piéger dans une toile d’araignée sans nom qui aura tôt fait de lui aspirer toute envie de vie jusqu’à la sécheresse de ses os dans le bouillon d’une réincarnation improbable car non inscrite dans l’un des chapitres de l’éducation intemporelle qui structure toute ethnie.

La pièce qui l’accueille est aussi minimaliste que la tête chauve du premier tétratonaute venu aux yeux partiellement artificiels défiant les spectres les plus osés des ondes qui parcourent les Quatre Univers Parallèles et Adjacents ce qui donne un aperçu non pas définitif et ou exhaustif de l’endroit… fermé à toute interprétation farfelue et ou exagérée qui n’aurait pour objectif que de perdre le fil de la pensée de Qi Peuh si ce n’est à se convaincre de l’absurdité de sa positon inconfortable voire désagréable suspendu par les pieds à une hauteur tenue par une architecture de barres ferrailleuses et audacieuses de formes qui l’interroge.

La question est à la question ce qu’est la réponse est à la réponse, se dit-il la tête en bas, les bras ballants, le bout des doigts à quelques timètrecents du sol boiteux tout à présent totalement réveillé telle la plante créant sa photosynthèse à la lumière d’une obscurité éteinte… qu’aussitôt il s’aperçoit que ses pensées se diffusent dans le non-sens comme le colimaçon rejoint l’apothéose du palier à la relation d’une jonction qui s’étend vers les seuils inconnus de la connaissance… qu’il retombe dans le fracas d’une déraison tout en s’accrochant à rester lucide quand il est interpellé :

— D’où vnies-tu cohse ainmée ?
— Qu’est-ce que c’est ? dit-il en essayant d’onduler comme une anguille.
— Ce n’est pas le pielbmor, je vuos ruasrse ! dit la créature.
— Je ne comprends rien à votre charabia ! Et détachez-moi !
— Deocemunt lellluibe.
— Margoulin ! Escorporte ! Exterminateur ! Oppresseur ! Distipulateur ! Envahiss…

Et comme une extinction inattendue d’un élément moteur vivant, il s’éteint subitement le Qi Peuh par une action indéterminée de la créature filiforme qui appelle sa doublure presque sans ombre qui d’un trait à un autre considère l’élément Qi Peuh Leu P+ dans un état moins conforme qu’il n’y paraissait quelques Eurhes avant et constate amèrement qu’il ne sera pas l’interlocuteur privilégié des négociations futures sur la métamorphose de leur société vers une autre structure à l’architecture aux contreforts harmonieux à l’équilibre des gravités et l’élasticité des formules de conceptions.

Les créatures s’interrogent de la disjonction de l’élément bipédique suspendu et inerte quand un soubresaut à peine perceptible traverse la pièce fédérant un questionnement d’inquiétude qui leur plie les revers structurels.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Et le silence tourne en rond

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Jean_Paul_Gaultier_automne hiver_2007_2008_Paris 27_02_07 photo_Alain_Aubert

Agenda Ironique Juin
(Cette semaine -encore – pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


« L’été, la nuit les bruits sont en fête … » lit-il à l’instant devant une assistance médusée à l’éclairage diffus entre l’expression d’un spot et les neurones printaniers qui avalent quelques synapses spectateurs d’astreinte ..

Cet instant précis et déterminé par le mot : fête … un déclenchement s’arme de son effet par une action d’éclat … le prosateur debout, tête en arrière, bras tendus en équerres, paumes des mains dépliées vers le ciel de la machinerie de la toile de fond … il attend … bouche ouverte … comme un crucifié attend une réponse à sa mise à mort par l’injuste qui tient le glaive par pouvoir de commander à la Mort au tranchant de son humeur …

Quand, une oie blanche, en robe légère, d’un pas de deux, l’ingénue au premier degré, traverse de part en part la scène. Le comédien comprend qu’il se passe quelque chose hors de son champ scénique préparé de longue date et mûrit à l’alcool de la patience et de l’effort …

Et le silence tourne en rond, se présente devant les yeux de tous au carré du territoire de l’histoire et l’impossible vient de naître et entre en scène comme un anti-héros inattendu …

Les souffles se retiennent … l’oie blanche déploie son art telle une robe en tulle prise par les hanches entre un vent du midi et un Zéphyr … tout est là devant des yeux qui s’écarquillent comme le tournesol illuminé par un soleil …

L’impossible se signe et s’évapore… le comédien soupçonne quelque chose d’important mais emprisonné par son rôle … sa douzaine de larmes le défi …

Et l’oie blanche disparaît …

Le comédien ferme sa bouche, redresse sa tête, ses bras le long du corps, les yeux fixés vers l’infini, il dit :

« Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il cherche à m’hameçonner avec un harpon

Ibiza_1960_photographe_inconnu

Ibiza_1960_photographe_inconnu

Des mots, une histoire : récolte 48   (Hors délai)


 

… j’enregistre ce message… au cas où … je suis coiffeur … espion. … c’est une couverture. L’espionnage, c’est du sérieux. Ce que je raconte là, est la vérité.

Je suis la meilleure taupe qu’est connu le service. Je circule dans les endroits les moins confortables, comme les galeries … marchandes … les galeries des musées … les galeries minières … mais j’évite à tout prix la galerie … des Glaces… et je ne dis pas tout ça pour amuser … la galerie …

Bon, tout ça étant dit, je suis présentement à raser les murs … j’ai été découvert … un homme en blanc avec un masque et un tuba … c’est un filou, j’en suis persuadé … il cherche à m’hameçonner avec un harpon …

Il s’approche … il est là … devant moi …

— Alors, on veut s’échapper ?
— Non, non …
— Votre empreinte ! Là, sur la feuille !
— Non, non …
— Ne faites pas l’enfant !
— Non, non …
— Je sais qui vous êtes !
— Non, non …
— Mais si !
— Je ne suis pas un pigeon
— Je sais …
— Vous êtes un espion, c’est ça ?
— Je n’avoue pas … jamais …
— Oui, je sais !
— Ne me touchez pas … jamais …
— Allons, allons …
— J’ai dit : JAMAIS !

Et je me réveille, respire ma sueur de fièvre, ma déchéance, mon impuissance, ma haine, ma tranquille défaite au sourire édenté …je me lève de mon lit ferraillé, brusquement, comme un ressort délogé sans prudence, ouvre un pan de la baie vitrée et me jette … du balcon …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020