Porte à porte (6/9)

Porte à Mende – Lozère

Une fois n’est pas coutume, voici une histoire de porte à 4 mains avec Firenz’ du blog La plume de mouette. Chacun de nous fait paraître le texte de l’autre sur son blog.

Les chapitres => (1/9) (3/9) (5/9) et l’ensemble des chapitres au fur et à mesure ICI


La porte était tout feu tout ruse et avait plus d’un tour dans son sas. Monsieur le Bourgeois n’était pas le premier à avoir tenté de jouer du bélier et d’entrer en force. Elle connaissait la musique, la tactique, et la rhétorique un peu aussi. La porte de derrière était une porte muette, ou une porte condamnée, point d’ouvrant, juste un dormant pour simulacre. Condamné, le Bourgeois ne tarderait pas à l’être aussi d’ailleurs, s’il acceptait son offre. Mais il semblait encore hésitant…

— D’aucuns pensent que les petites portes ne sont pas dignes d’un don de soi et de sa personne, qu’elles ne méritent pas un passage, ni même un coup d’œil Et pourtant, Monsieur, c’est par ici qu’entrent les artistes, les gens de talent. C’est par ici que se créent les alliances les plus secrètes, que se signent les contrats les plus juteux. Et puis, tous les amants le savent bien, c’est par la porte de derrière qu’il faut passer si l’on veut échapper au retour du mari et du maître des lieux sans se faire pincer les doigts ou les bretelles ! Croyez-moi, mon Seigneur, si moi je suis de chêne intraitable, la petite porte a la douceur du peuplier d’Italie, cette belle essence de Sienne. 

Le Bourgeois s’emperplexait au discours spongieux de la porte. Diable ! L’offre était tentante, alléchante, un peu trop peut-être. Il n’avait pas acquis ses boutons de manchettes en platine et diamant en écoutant les porte-faix lui conter fleurette. Il se sentait corbeau, la porte était renarde. Mais il mourait d’envie de pénétrer enfin dans les lieux et d’aller passer sous l’eau fraîche ses doigts bleus de douleur, rouge de honte aussi. 

— Comment puis-je être sûr que la porte à ventaux que tu me vantes mène bien là où je veux aller ? Qui me dit que je ne vais pas finir dans un soupirail à soupirer jusqu’à la fin du siècle ? Quelle garantie m’offres-tu, porte de malheur et de mystère insondable ?

La porte qui n’avait pas la fibre tendre, devait se creuser la cervelle pour apporter de l’eau au moulin de ses mots, et amadouer le nanti. Quels arguments pourraient faire mouche… ?

(à suivre chez Firenz’)

Tout naufrage n’est pas radeau de la Méduse …

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai ma mustang qui m’attend devant la porte et je crois que je vais partir … à pieds… nus… ainsi le contact de la nature me sera salutaire, car aujourd’hui j’ai perdu trente-quatre millions … Je sais, c’est peu, pour certains, mais depuis le début de l’année je ne fais pas des merveilles dans mes investissements et mon capital s’émiette dangereusement à nourrir des autres moi-mêmes rapaces de la finance …

Il fait un temps comme je les aime : entre les Bermudes et les Canaries. Je vais de ce pas rejoindre mon moulin posté en une hauteur qui domine les nuages … non, moins que ça, beaucoup moins …

Il est beau en cette construction d’une stature presque militaire en ce garde-à-vous impeccable, il défie les tempêtes qui hurlent sur ses ailes qui pourraient tracer la mappemonde tant ces vents peuvent en raconter les reliefs… il est imperméable, et résistant à tout … un exemple, pour moi

Je prends mon sac à dos et me voilà sur le chemin. Tout est beau … étrangement beau … avec ce ciel qui commence à criser avec des nuages gris… il ne va pas tarder à mouiller … il n’est pas temps de musarder … je cours en petites foulées… c’est raide et les cailloux ne font pas de ce trajet un moment de sinécure …

Et me voilà devant la porte de mon moulin … il fait parti de mon domaine immobilier multilatéral … enfin, il faisait parti … je viens de le perdre ce matin … c’est un signe …

En contre-bas de la falaise, un autre sol ….avec une barque et l’océan comme un appel … vers une nouvelle aventure … peut-être … tout naufrage n’est pas radeau de la Méduse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019