Derniers mots de nudité

Photographe inconnu - Le Belem

Photographe inconnu – Le Belem

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #6 :


J’ai eu toute l’énergie du partir et… je suis resté. Lâche, dégonflé, couard, poltron, jean-foutre, faible… ? Il y a des destins qui s’accomplissent dans l’ombre d’un tracé.

Au resté, je suis entre deux eaux et me couvre de réflexions et questionnements qui me tiennent chauds comme un vêtement en cachemire.

Je veux rester… mais je suis déjà enraciné, profondément, foncièrement, pleinement dans ma terre azotée de moi jusqu’aux tréfonds de mes fibres… frileuses.

Partir, le mot est savoureux, délicieux même… « partir, c’est mourir un peu, mais mourir, c’est partir beaucoup » dit Allais partir aussi pour de bon. Belle expression et même si je vis pour mourir un peu chaque jour, je ne veux pas précipiter la chose avec un partir qui m’angoisse entre l’intestin capricieux pour un oui/non et un cerveau prêt à se guillotiner les synapses pour un non/oui.

Il n’est grands soins qui s’accommodent de l’incertitude. Le doute est mon ciment et en mourir de honte, à l’avouer en ces lignes aux derniers trébuchements de ma voix parmi vous, demain sera effacé avec l’espoir d’aujourd’hui pour un autre demain avec un autre corps et des amants de tortures morales, de supplices de lâche, d’interrogatoires absurdes entre moi et moi, d’épreuves débités à la scie des tourments…

— Dites-moi, il a rendu gorge, là… ou il faut attendre qu’il soit vraiment froid pour l’emporter ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Bourgeons tétons boutons …

Naomi Tami dans La Vie Secrète de Madame Yoshino - 1976

Naomi Tami dans La Vie Secrète de Madame Yoshino – 1976

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°12  le mot : printemps


Bourgeons tétons boutons j’en pince,
Vous mes princesses printemps au revers
De feuillages vous aguichez en vos eins
Le juteux à venir en ma bouche journalière

De taille à la taille vos embranchements
Aux emmanchements de fleurs à fruits
Couleurs et rondeurs je suis votre amant
Lubrique de chairs goûtées inassouvies

Vous êtes à l’onde jouissive du butinage
A l’extrême de l’onction de la nuit tombée
A vos pieds sur le brûlant du vrai pillage
De mourir à plusieurs bombées… bouche bée
© Max-Louis MARCETTEAU 2018