Je suis le marcheur muet

Mont_st_michel_Iotop_2012

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Blog de Lady MarianneLe petit jeu de Lettres.


— Tu viens d’où ?
— Je vais où, devrais-tu dire !
— Dis-moi ?
— Qu’importe !
— Tout homme vient de quelque part.
— De la matrice.
— Du lieu, faut-il te préciser !
— Qu’importe !
— Ses racines à sa terre.
— D’où je viens, le Nil m’en est témoin aux ancêtres …
— De si loin ?
— Qu’importe !
— Tu es l’exil ?
— Je suis moi et rien d’autre.
— Tu es la mémoire.
— Tout homme est mémoire.
— Pas d’aussi loin.
— Qu’importe !
— D’où tu viens, raconte-moi ton histoire.
— Je suis le marcheur muet.
— Alors, tu es un vagabond !
— Je suis Zargo du peuple des Zingari

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A la verte prairie l’homme se sentait hygge et dépossédé

Photo de couverture du livre Hommes et Combats en Picardie de Jacques Beal

Photo de couverture du livre Hommes et Combats en Picardie de Jacques Beal

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°42 le mot : hygge


A la verte prairie l’homme se sentait hygge et dépossédé
A rouler sur la pente douce son corps meurtri dévêtu gris
Démobilisé de sentiments passionnels dévoré et obsédé
La lumière silencieuse de froid à ce soleil du matin apprenti

Comme chaque jour il mettait le pied à l’horizon intimidé
De vivre encore ce jour naissant sur la terre jeune choisie
Par le front commun d’une guerre de tranchées dévidées
De l’âme adulte dont l’extase à dentition juvénile cramoisie

Dessinait ce visage au fil du temps de l’orgie de chair évadée
De par son sang souffrait le cri muet de crânes crus engloutis
Par l’horreur en appétit de jour en jour de la mort dévergondée
L’homme aujourd’hui souriait à sa faim de fin … tout rougit …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vie dans un entonnoir.

Oeuvre de Alexander Shubin

Oeuvre de Alexander Shubin

          La vie dans un entonnoir, les mots surnagent… muets.

— Demain probable !

— N ’empêche que… !

          (long silence)

— La vie…

— … Un jeu de quilles.

— Quille, brisée, j’en perds l’équilibre… à en perdre la boule.

— Boule de billard ! Attention au jeu du chirurgien en quête de sauver.

— Sauver ? Toute vie finit par un linceul. A table les vers !

— Vert l’habit du bistouri au noir scalpel, il n’y a qu’un fil.

— Fil du souffle coupé, les fibres sont froides.

— Fibres de tes lèvres.

— Lèvres du désir morbide, le vent automne les grouillements des vers.

— Vers sur le pied de l’appétit, le terreau est bientôt prêt.

— Tiens-moi la main, les derniers os viennent de prendre le large.

— Large est la croix des souffrances qui contient des rancœurs.

— Rancœurs d’hier comme neige, gèle le présent, l’avenir.

— Avenir, tu prends les premiers récifs aux premiers mots.

— Mots, tu mords à l’éclosion du premier souffle. Ne crie plus, l’orage arrive.

— Adviendra la pluie et son tambour. La peur s’éclaire. Viens, ne restons pas sous cet arbre de mort.

— Mort, comme une renaissance. Je l’attends, nous l’attendons. Jamais nous ne serons séparés.

— Séparation : quel est ce mot, Mon Amour ?

©Max-Louis MARCETTEAU