Il est mort, seul

Oeuvre de Ramon Masats - Barcelone 1953 - Blanca Berlin Galeria

Oeuvre de Ramon Masats – Barcelone 1953 – Blanca Berlin Galeria

Des mots, une histoire : récolte 50


 

« Pour vivre heureux, vivons cachés » disait-il.

 

Il est mort, seul,

Sa liste de bonheurs entre les dents,

Et les palabres de la messe à promettre un Paradis … un lac desséché.

 

La misère est en nous … et le mur du désir hurle dessalé de son envergure sur le grain de sa peau …

Et l’oniromancie rit, la dupe.

 

Avec la danse d’un seul temps, il s’était égaré dans le monde d’une Incertitude aux dents acérées d’une Inhumanité, devant l’ogresse de la réalité, à cette envie de la goûter … cette souffrance n’était pas chimérique

 

Il est mort … seul.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Comment, nu ?

Tom_cartoon

Tom_cartoon

Blog popinsetcris contrainte écriture.


C’est décidé, aujourd’hui, je cours. Je vais faire un footing… nu ! Oui, oui, tout nu… mais avec des chausses. Je suis à la campagne et donc pas de sous-entendu en sous-bois ou même entendu de : atteinte aux bonnes sœurs… mœurs (excusez).

Enfin, quoi ? Il faut manger sain, naturellement et bien… je cours… nature et même si l’on dit que la nature “se pare de ses plus beaux atours”, je dis toute même qu’il y une certaine gâterie à m’apercevoir… si le cas se présente.

J’entrevois des haussements d’épaules et ceux qui pensent : un caleçon, au moins pour minimum et bien, non… n’insistez pas. Et ne pensez pas que j’ai la cuisse légère parce qu’il me prend idée de courir ainsi dans les bois entre les regards d’une rivière qui pourrait sortir de son lit, des feuillages prêts à m’ignorer par pudeur sur vent siffleur et oiseaux persifleurs et de celui qui glande la haut, le Très Haut.

Donc avant de poser mon premier pas de foulée sur le vénérable sol de ma contrée bien aimée, je prends quelques forces et me tartine de mon fromage adoré le Sainte Maure de Touraine.

Allez, je m’échauffe les muscles et hop, dehors. Il est matin, il fait un tantinet frais. Je prends une petite route qui mène directement sur un chemin viticole. Je n’ai pas vraiment le temps de m’apercevoir que la voiture de la factrice arrive, qu’elle freine brusquement. Aucun temps de réagir, je me fracasse comme sur mur, la tête sur sa portière et tombe comme une marionnette, à terre.

La factrice prend peur ; appel les pompiers, la police, les journalistes et je suis embarqué à l’hôpital le plus proche et j’intègre quelques jours plus tard l’hôpital psychiatrique.

— Non, monsieur, courir nu n’est pas synonyme de premier homme sur la terre. Non, monsieur vous avez arrêté votre traitement et vous devez être soigné.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018