Nul besoin de tenir une promesse pour trahir.

Oeuvre de Timothy M. Parker

Oeuvre de Timothy M. Parker

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Nul besoin de tenir une promesse pour trahir.

Je t’ai regardé, tu m’as souri, j’étais mal à l’aise, tu m’as pris la main, tu l’as embrasée et tu es partie.

Tu m’as pardonnée et je suis resté assis sur ma chaise de cuisine comme un idiot; j’étais saisi comme à l’intérieure d’une pomme au four qui ne sait à quel réchauffement climatique elle va être cuite, à point ou grillée dans son jus …

J’étais lié à mon environnement et à ma bêtise et mes doutes chimériques prenaient tout mon temps de raison pour ce temps de déraison, je devenais mon ensorceleur et mes victimes étaient des moi-mêmes qui se prenaient pour des autres …

J’ai le ruissellement de ma solitude qui s’infiltre dans les interstices de mon anxiété et le nocturne fait sa place, son nid, son lit, sa construction dans le plein jour de la vie, et les harpies des cauchemars me dévisagent comme une nouvelle offrande sur l’autel de mes frustrations …

Nul besoin de tenir une promesse pour se trahir.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

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Photo Willy van Rooy de Giampaolo Barbieri

Photo Willy van Rooy de Giampaolo Barbieri

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Toi ma Mexicaine aux bottes blanches de quatre lieues, aux cheveux blonds à la Marilyn, au caractère d’une Bonnie, j’attends que tu me délivres du fameux Dragon Jaffin. Je suis son prisonnier et me traite en imposteur, moi qui suis le Mage reconnu de toutes les terres émergées.

Il a osé, le traître, par ma confiance m’isoler avec son feu séducteur et me suis fait prendre à ce piège de… débutant.

Je rage devant son sourire quand il vient m’apporter ma pitance journalière en serviteur accoutré et m’impose les chaînes de lierre qui obéissent à sa seule voix.

Je ressens dans cette solitude d’autres cellules, et une particulière, un genre de… bordel… aux gémissements qui ne laisse aucun doute.

Tu dis ? Je t’entends pas très bien, il y a du parasitage… que je suis à l’épreuve ? Pourtant n’ai-je pas réussi mon renouvellement de Mage avec succès, l’année passée ? Réponds !

Tu es vraiment décidée à me mettre en ébullition, moi qui a été ton Maître, ta Voie, ta Fertile Perception, tu me laisses à ma propre angoisse dans ce cachot !

Maudite, trois fois ! Je rage doublement et… je ne suis qu’un naïf d’une vision nocturne : je perçois les contours mais non les âmes. Je vois la guerre et non les blessures, les morts… Je vois le sexe et non l’amour, les sentiments…

Je suis coupable de ne pas avoir su… t’aimer… Je sais pourquoi, je suis ici, aujourd’hui dans cette situation inconfortable…

Tu dis ? Je suis un monstre ? Comment un monstre ? Je tremble de rage dans cette prison qui n’est pas la mienne…

Tu dis ? Cette prison est ma prison ? Tu délires… je suis mutilé, humilié, offensé, rabaissé…

— Monsieur, monsieur… arrêtez de crier comme cela, vous êtes dans un cinéma.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

À la censure d’aimer

Tom_et son _amoureuse

Tom_et son _amoureuse

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Je ne reviendrais pas sur la censure dont j’ai été victime dernièrement. En effet, j’ai osé jouer les Roméo sous balcon. Un effet nocturne entre voix (légèrement éraillée) la mienne et un instrument à corde appelé guitare largement sous employé dans son office de l’amour courtois ;

Pour la première fois, je m’étais sorti de mon “tiroir”. Mon sept mètres carrés, loué à un marchand de sommeil chinois qui parlait sans accent un français à la Prévert. Je ne lui arrivais pas à la cheville. Une honte de plus à ajouter à ma vie anguleuse, bétonneuse, épineuse, de témoin acteur d’une société dont je suis une peinture floue et tout à la fois rupestre et moderne. Des paradoxes que je peux lire en des magazines qui “causent” d’un temps entre campagne basse-cour et urbanisme de bonne figure aux étages de la modernité : voiture et politesse, le tout enveloppé dans le meilleur du progrès. Suis-je vraiment à la page ?

Je m’égare. En fait, je ne dois compter que sur moi pour “draguer” une belle féminine, blonde (95C, 1.75 m), une croupe à faire pâlir le premier étalon venu. Et que puis-je faire, si ce n’est don de ma modeste et humble certitude de l’aimer pour sa plastique, son déhanché et ses bottes en cuir noir ? Je ne crois plus aux sentiments.

Et ce jour entre la basse nuit et la haute nuit, j’ai pris mon courage à quatre bras avec une brouette d’audace. Je me suis posté sous son balcon et j’ai chanté. Oui, chanté. Chanté avec ce désir d’aimer et surtout d’être aimé.

Pourtant, aucune ombre pour venir me rassurer de sa présence. Et, quelque dix minutes plus tard, une patrouille de police municipale est intervenue pour me rappeler les bienfaits de vie en communauté, dérangement incompris de celle-ci.

Dépité, froissé, presque offensé, la rage au ventre, je suis revenu sur ma terre d’exil, d’asile, mon sept mètres carrés avec pour lot de consolation une glace à la vanille, mon seul dessert de ce soir-là. J’avais ainsi, aussi, le tout… bien glacé.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018