Les griffes de l’Amour s’enracinent

Photographie de Al Vart

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 19/31


… souffle de vie qui sème le printemps des amants retrouvés tel le rugissement du Lion fait constellation par écho aux brillants d’étoiles à la nuit quand les griffes de l’Amour s’enracinent dans les chairs l’abandon jouit et les blessures de l’attente se referment en leur cachot…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le corps combat à mains nues

Photographie de Mick-Bourke –
Valentina L’ Abbate

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 16/31


…froid sans vergogne gagne son terrain et le corps combat à mains nues quand l’âme prie à l’indulgence que l’ermite Hamour entend l’onde de cet appel du secours sur sa route de pèlerin déchu aux Traces qui font dessins de son épreuve la nuit enfin s’estompe…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Une bougie complice sans ombre

Oeuvre de Harkale-Linai – Everyday Magic

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 08/31


… souvenirs de belles heurs de l’ermite l’Hamour qui tenait en son cœur sa Foi sur le devant de sa scène et défiait sa chair à résister à la tentation de femmes qui s’empalaient à son pilon par images de nuit au chant d’une hulotte qu’éclairait une bougie complice sans ombre …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Ne viens pas tousser sur ma décision

Theatre – The Time Machine- Mikhail Bove

Blog Émilie : récolte 21.09 (hors délai)


Ta vie, ton chat, ton travail, ta voiture, tes chaussures, … et ton regard qui traverse ma vie sur l’autoroute de ta réussite … basta !

Non ! Je ne délire pas ! Je suis conscient, pleinement, entièrement, totalement que j’en ai le vertige d’une Tour de Pise… notre vie à deux n’est que l’œil de bœuf dessiné au grand jour de ta personne à la passion de Toi sur ma terrasse destin dessinée par Toi et dont aujourd’hui je me destitue par ce ras-le-bol jusqu’à la dernière goutte…

Libre ! Libre de danser avec la première blonde venue, de copuler avec la dernière brune arrivée en bikini sur la plage, de dormir et ronfler toute gorge déployée du samedi au samedi suivant, de tenir toute la nuit saoule comme un goret le jour qu’il me plaira … enfin de retrouver l’homme qui est en moi qui ne demande qu’à sortir au grand jour … foutre Dieu …

Ne dis rien ! Reste sur ton piédestal au thermomètre du zéro absolu de ta compassion et ne viens pas tousser sur ma décision voir cracher comme le sportif après l’effort sur la pelouse de la défaite au sourire en ombre telle la fraîcheur d’une provocation qu’un beau bleu ne vaut pas une belle tache rouge sur un blanc de l’œil retourné de l’iniquité.

J’étais depuis trop longtemps englué par ton aura maligne et insolente jusqu’au froid de la castration moi qui t’ai permis de m’envoûter de m’enflammer tu m’as abusé indécente.

Ma fin est proche et le souhait enfin de prendre les voiles à plein vent de bourrasque tout du long de mes dernières lignes permettra d’éventer ton emprise et de…

Tu dors ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Consommez votre solitude toute seule

Feu_cheminée_le_divatte_Iotop_2018

Feu_cheminée_la_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … et faites pas cette demi-tête.
— Ça ne veut rien dire : demi-tête … c’est la tête entière, et dites : ne faites pas la tête.
— Vous êtes vraiment à fleur de chose.
— On dit : à fleur de peau.
— Oh là là là là … quel mauvais coucheur !
— Vous pouvez dire : quel mauvais caractère.
— Je ne dis plus rien.
— C’est ça … consommez votre solitude toute seule.
— C’est bien pompeux.
— Non. Je vous dis d’une manière élégante ma pensée.
— Passez moi plutôt votre veste.
— Non.
— J’ai froid.
— Vous avez qu’à regarder dans les caisses environnantes.
— Franchement, vous n’êtes pas aimable.
— Normal, non ?
— Non !
— Comment, non ? On vient de tout perdre !
— Nous sommes vivants.
— Et après ?
— La survie n’est pas qu’une question de volonté, il faut un minimum.
— Eh bien, je n’ai pas de besoin de vous.
— Que vous dites.
— Comment ça, que je dis ?
— Nous sommes perdus à jamais …
— Impossible !
— Une camionnette de vêtements, au fond d’un ravin ?
— Si vous ne m’aviez pas allumé, nous n’en serions pas là !
— Vous n’avez jamais vu une femme en robe d’été ?
— Si, mais pratiquer de l’auto-stoppe en tenue aussi courte …
— Et si j’avais été en maillot de bain, deux pièces, hein ?
— Pas pareil !
— Comment ! pas pareil ?
— Bon, écoutez … j’ai mal aux os et au dos … je ne vais pas traîner, là …
— Avec la nuit qui arrive …
— Vous faites ce que vous voulez, je me casse …
— Vous avez le sens de l’humour.
— Non, je tiens à survivre et même sans vous.
— Chacun pour soi.
— C’est ça
— Mais dites moi avant de partir … vous n’avez pas oublié un détail ?
— Quoi ?
— Je suis déjà morte.
— Morte ?
— Eh oui.
— Moi aussi … alors ?
— Irrémédiablement …
— Mais alors, cette conversation ? …
— Nous sommes devenus des errants … des ectoplasmes …
— La tuile … nous sommes liés à jamais … pour l’éternité …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Message pour toi

Pirates des Caraïbes : Jusqu'au Bout du Monde - 2007 - Johnny Depp

Pirates des Caraïbes : Jusqu’au Bout du Monde – 2007 – Johnny Depp

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Message pour toi,

Tu m’entends ? Non ? Pas grave …

Écume de mes jours … poison de mes nuits … une lettre de rupture ne suffit pas pour t’avouer tout l’amour qui me tient à cœur par une tension défiant tous les appareils de mesure…

Adieu ou … pas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Sur un banc

mickey postier du ciel 1933 - the mail pilot - avec minnie et pat hibulaire

Mickey postier du ciel 1933 – the mail pilot – avec Minnie et Pat Hibulaire

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Sur un banc :

— Un soupir vaut mieux qu’un silence.
— …
— Tu ne crois pas ?
— …
— Enfin ! fait bon souvenir pour notre réconciliation !
— …
— T’es bornée … tout de même … allez, prends-moi la main !
— …
— Ou un baiser, là, sur ma joue ?
— …
— Tu fais l’enfant. C’est pénible …
— J’attends la nuit
— Des mots … enfin des mots … et pourquoi … la nuit ?
— Pour sentir le jasmin …
— Le jasmin ? Quel jasmin ?
— La larme de jasmin qui coulera de tes yeux pour le pardon et son parfum en sa signature nous réconciliera …
— Mais … mais je rêve … comment vais-je pleurer des pleurs de jasmin, moi …?
— Tu vois, tu ne fais pas d’effort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

A la nuit les lampadaires prisent le vent chaud

Oeuvre de Pierre Amédée Marcel Beronneau - Orphée à Hadès - 1897

Oeuvre de Pierre Amédée Marcel Beronneau – Orphée à Hadès – 1897

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°41 le mot : nuit


A la nuit les lampadaires prisent le vent chaud
Des amours égarés dans l’ombre des remparts
Adultères aux coutures des années charnières
Et le sans-logis porte sa voix à l’immonde goulot
Des traumatismes qui s’ouvrent sur le brancard
Traite d’une vie dérisoire faite de sable et d’hier

Ratés qui se roulent en boule dans le vil carton
D’hiver au seuil d’une porte toujours automnale
Les chapitres se brûlent à la bougie des démons
Et l’Amour n’a qu’une seule signature musicale

Et les être se rencontrent, lient, se délient à corps
Perdus aux confins de leur passion toutes couleurs
Dans les sangs les fibres à nos mots boutons-d’or
Mon Amour ton ivresse me manque à toute heure …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

fragment tué

Image Rhodes - Dodécanèse - Grèce

Image Rhodes – Dodécanèse – Grèce

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Je ne suis jamais parti en Grèce. D’ailleurs c’est pour moi un pays lointain, un pays dont les images sont des ruines, un monde obsolète, une étrange terre dont l’histoire a façonné la nôtre et dont nous sommes redevables de tout et de rien, comme un gigolo qui a sucé jusqu’à la moelle sa couguar.

Je graisse mon dérailleur une nouvelle fois. Rien ne va plus. j’essaye de penser à autre chose pour me dégourdir l’esprit engourdit par l’angoisse lierre, l’anxiété cannibale. Il faut que je franchisse absolument ce col. Je dois réussir. Je ne deviendrais pas le colosse aux pieds d’argile… surtout sur un vélo. Ah, la bonne blague… Ce n’est pas mes cent-dix kilos qui m’inquiète, c’est la colonne de blindées qui est en contre-bas et qui avance lentement mais sûrement. C’est vraiment pas de bol que je sois sur la même route qu’Eux.

Rhodes n’est pas Rodez et ce n’est pas la porte à côté. Moi le franco-italien, je me demande encore quelle mouche m’a piquée pour me retrouver dans une telle situation. La guerre oui, hors de ma frontière d’origine, non. Et pourtant, je me suis fait embobiné comme résistant et par des concours de circonstances que certains appels le hasard, me voici sur les hauteurs de la route du littoral nord-ouest de la ville de Rhodes. Et je me remets à pédaler, pédaler… il fait un tantinet frais en ce mois d’octobre 1943.

Il commence à faire nuit… l’étoile polaire me fixe comme l’inuit… je divague de fatigue… il ne reste que moi… j’ai la mort aux trousses… je veux sauver ma peau… la mitraille…

Trop tard…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Contrat recherché…

Kaamelott - série créée par Alexandre Astier

Kaamelott – série créée par Alexandre Astier

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Pour la deuxième fois je prends le canal. J’ai peur. Oui, cette peur animale qui ressort sur la peau et qui intoxique. Il est dimanche matin. J’ai embarqué hier au soir, à la nuit, sur mon voilier monocoque un 10 mètre « 360 grand large ».

Je n’ai pas à être déférent sur la ligne de la vie, je suis à ma ligne de flottaison fidèle avec cette peur de me décevoir, avec cette peur de me saborder pour un mot, une attitude de travers. Je voudrais me cogner la tête contre les contreforts de ma bêtise pour la faire éclater.

Je navigue en mode manuel c’est d’autant plus prudent que par moments je coupe le moteur et laisser glisser sur l’onde fraîche, à la brume éparse, aux premiers clapotis de vies, à la levée de l’haleine du jour avec ses fumets entre végétaux bien pourris et jeunes pousses en devenir…

Mon opération de ce jour est de récupérer mon âme vendue il y a trois semaines à un vagabond en amont du canal. Je l’ai vendue bêtement, stupidement, sottement, mais surtout naïvement.

En fait, j’ai eu une avarie sur mon voilier tout neuf acheté cash suite à des ventes de laitues hors commerces mais pour des gros groupes qui nourrissent des fermes de limaces qui sont transformées pour des produits de consommations externes…

Bref, mon bateau prenait l’eau, moi avec, mais ce jour-là pas de bol, j’étais resté prisonnier à l’intérieur par des effets de la malchance… sans doute… quoi qu’il en soit, si j’ai entendu quelque part « mon royaume pour un cheval », je voulais « mon âme pour ma vie », ce qui était vraiment, mais vraiment déraisonnable.

A l’expression de ce vœu, j’avais de l’eau jusqu’au cou, le sourire de la Mort en porte-manteau devant moi, et à ma gauche apparue un vagabond en hologramme 3D avec effets sur liquide environnant. J’avais le respect de circonstance et la première douleur de la cage thoracique d’un cœur qui voulait faire ses valises…

— Alors, mon brave… vos derniers instants… quelle croix, hein ? dit le vagabond.
— Mon âme pour ma vie !
— Effectivement, c’est possiblement possible… mais…
— Vous n’allez pas me faire le coup de VGE le « oui mais »…
— Si, si… donc, pour moi, vous n’avez pas l’âme, disons, assez crasseuse à présenter…
— Vous… voulez… rire…
— Mon brave… je n’ai pas les moyens de rire et vous non plus si l’eau commence à vous chatouiller le gosier…
— Qu’est-ce… je… dois faire…
— Vendre toutes vos parts financières sur tous les marchés et les déposer sur un compte offshore en Tanzanie… en échange de votre âme.
— Vous êtes un salop…
— Nous nous entendons…
— Je signe où ?
— Vous êtes un marrant… enfin tu es un marrant, je te tutoie parce que nous venons de pactiser à l’instant. Comme tu vois il y a de l’évolution… nous suivons nous aussi les mouvements du progrès…

L’eau commença à descendre, ma Mort s’esquiva et mon vagabond disparu. Le voilier se remit à flot comme par enchantement et l’eau s’ébruita, s’évapora.

Aujourd’hui j’ai tout perdu, argent, clients, mobilier et immobilier, enfants, femmes, il me reste miraculeusement ce voilier et aujourd’hui dimanche matin, je veux récupérer mon âme…

Et le même scénario se reproduit… le voilier coule… la Mort sourit, le vagabond rapplique…

— Alors, mon brave de retour…
—… pour le rachat de mon âme
— Et bien impossible. Tu vas prestement mourir…
— Mais je ne veux pas…
— Tu ne veux pas… tu es en train de boire la dernière tasse…
— Attendez… atten…
— La Mort s’impatiente…
— Propose-moi un autre marché…
— Un autre marché ? Intéressant… pourquoi pas !

Aujourd’hui je suis vagabond et je passe des contrats… d’âmes sans état d’âme pour récupérer la mienne sachant le contrat de dupe…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ma nuit dénuitée

Oeuvre de Henri de Toulouse-Lautrec

Oeuvre de Henri de Toulouse-Lautrec

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Tu es ma nuit ; cette nuit blanche qui pose ses réverbères de questions aux réponses bancales, aux courts métrages de l’insoutenable lenteur du propos imagé dans son impalpable eau obscure dépossédée du réel et qui permet de revivre chaque instant jamais à l’identique et frustré trop souvent de n’être qu’une bouchée sans saveur, odeur, une pensée démoniaque qui hante les nuits plus que d’autres jusqu’au passage du matin adorateur d’un sablier de rêves…

Tu es ma nuit ; nuit découpée en heure du réveil moiteur des yeux et blancheur du gladiateur cauchemar…

Tu es ma nuit ; ma seule nuit blême de toi à moi les yeux dans les yeux, on s’absorbe mutuellement, tu me domines et libères ta solitude, dépouille des heures qui se traînent sur les lignes des murs fantômes des rêves inachevés et des cauchemars en devenir de trahir la vie aux peurs bleues de ce sang qui se caille entre deux artères de paradis au carrefour de l’enfer d’un sas lumière rouge action…

Tu es ma nuit ; nuit virginale de froid au débit d’une chaleur givrée, je te congédie… et puis tu reviens…

Tu es ma nuit ; cette nuit sans filet éclaire le vide de mon existence d’une comédie draps blancs de ton œil retourné tu roidis mes membres du zénith au nadir tu psalmodies entre tes dents de carnassière tu ronges mes ombres et éventres le tragique des heures qui agonisent entre mes sueurs tu grandis en moi tu enracines ton incendie de nuit et mes yeux pleurent… il est déjà matin avant l’heure et le coq s’impose prédit une belle journée…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rumeur… et ma mort.

Oeuvre de René Miessen dit Bellor

Oeuvre de René Miessen dit Bellor

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Les rumeurs sont légion et s’infiltrent dans tous les corps porteurs de sensations, de doutes ou pire sur les territoires de l’obscurantisme à tous les étages. La rumeur détruit ou porte aux nues.

Un avant-propos pour enclencher ce qui suit. Mon entourage personnel et travail pense que depuis maintenant une semaine, (lundi matin) j’ai gagné au loto. J’ai ressenti aux premières heures à des kilomètres à la ronde cette odeur de suspicion.

Je reste silencieuse, la rumeur enfle. Il est vrai depuis cette semaine je m’habille un peu différemment, j’ai aussi changé de coiffure, mon sourire est plus fréquent. Mais cela ne tient pas du tout à un gain du loto. Il est vrai, j’y joue toutes les semaines et toutes les semaines je rabâche que je n’ai rien gagné. Présentement cette semaine je n’ai pas exprimé ma contestation sur un jeu très injuste dans la répartition des gains par numéros gagnants.

Et puis j’ai eu un retard de cinq minutes, cette semaine-là, une fois, ce qui en dix ans, dans cette même entreprise ne m’était jamais… arrivé. J’avais cru entendre quels qu’éclats de rumeurs en passant devant des bureaux, portes ouvertes et à mon entrée un silence de circonstance embarrassé, une gêne bureaucratique…

En fait, l’esprit d’analyse est restreint à sa plus simple expression, le plus court chemin est la rumeur et quand bien même la vérité s’exprime cette rumeur est indélébile telle une cicatrice.

Ces bonnes gens sont à des milliers d’années lumières du véritable changement qui s’opère en moi en ce moment. Ma tête est mise à prix par un ancien amant. Je l’ai su par une lettre anonyme, il y a une semaine. Cela peut paraître complètement fou, dingue, ahurissant, étonnant, énorme, effarant… c’est ainsi et puis la police n’a que faire d’une seule lettre d’avertissement. Et à quoi bon me calfeutrer… Non, j’ai alors décidé de vivre pleinement et dépenser mes petites économies jusqu’à la dernière nuit où l’on me retrouvera morte par un arrêt cardiaque… Et la rumeur dira…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 4/5

Je suis prostré, debout. Muet. Comment traverser ce marécage ? Et qui trouverais-je après l’avoir traversé ? Et si j’abandonnais, là ? Le retour est impossible. Mourir sur pieds. J’attends. J’attends. Les yeux fermés et le cœur ouvert à l’espoir. Mais il n’a pas ce nom. Je ne connais pas ce nom, je le ressens. Il est là, au fond de mon âme d’enfant.

Mes pieds trempés et mes larmes d’un œil à un autre me brûlent. Et je crie. Ce cri qui sort d’ici, ce cri d’enfant cruellement abandonné dans ce marécage et qui n’a aucune direction prendre. Dis maman, tu es où ?
Et ce bâton qui ne me sert à rien.

J’ouvre les yeux. Une troisième nuit. J’ai l’impression de ne rien ressentir. Ma peau est une herbe séchée. Ma bouche n’a plus sa source. Je suis statue. Je suis cette nuit à moi tout seul. Cette nuit muette et qui me broie le cœur. Cette nuit qui n’a rien de moi. Cette nuit des douleurs sourdes. Je n’attends pas ce quatrième jour. Je vais mourir. Je n’ai plus de force. Elles sont parties avec mon désespoir.

Ce jour arrive. Il n’est pas aussi beau que les précédents. La liberté d’un enfant n’est pas d’être seul. Je respire encore. Debout, mes pieds sont partiellement gelés. Mes yeux sont des lanternes presque éteintes, à peine ce souffle de vie et puis, j’aperçois dans un quart de ciel orangé défiguré, des ailes d’oiseau. Est-ce pour moi ? Ce premier voyage vers un ailleurs inconnu et que l’on espère fortement.

Cet oiseau de belle envergure se rapproche de moi, tournoie, s’exprime étrangement et se rapproche. Et j’aperçois, enserré dans ses pattes, un objet qu’il laisse tomber à mes pieds. Je me penche difficilement avec l’aide de mon bâton qui se courbe en même temps que moi. Je ramasse la chose, tout en bois et le bâton m’aide – enfin – à me redresser.

C’est une flûte galoubet. Elle est gravée de symboles. À son contact, ma main se réchauffe. Suis-je à l’orée d’un rêve ? J’ose porter à mes lèvres, sans faim de trois jours, le bec de l’instrument. Mon léger souffle et mes quelques doigts, par magie, interprètent un air, inconnu, à mes oreilles. Quand, je vois apparaître à quelques toises, à l’entrée de la clairière, face à moi, une ombre filiforme. Un homme de toge violette et d’une toque noire s’approche, rapidement, trop rapidement que déjà son regard est accroché au mien à quelques centimètres.

— Que me veux-tu gamin ? Grogne-t-il.
— J’ai… froid et… faim.
— Et c’est pour cela que tu me déranges, garnement ?
— C’est que… je suis bien en peine de me déplacer. J’ai les pieds… souder au sol…
— Qu’est-ce que tu me chantes ?
— Veux-tu m’aider ?
— Je suis un magicien. Le magicien des Quatre Houx sur ce territoire. Et que m’importe tes pieds soudés au sol. Je rentre d’où je viens, et ne m’interpelle pas une nouvelle fois, je n’ai que faire de toi.
— Mais…
— Indélicat crapoussin…
— Dis-moi l’enchanteur, si tu ne frayais pas avec l’alcool de prunes tu aurais la convivialité printanière et non hivernal.
— Qu’est-ce qui pousse entre tes oreilles le marmot ? Tu te crois où ? Au salon des jouets enfarinés d’oribus ?
— Ton aura se pourrit par chaque lettre que tu viens de prononcer. Bientôt, je devrais te prêter mon bâton pour que tu puisses rentrer dans ton logis
— Qui… es-tu… marmouset ?
— Vois tes mots, tu deviens viande carnée…

Le magicien, peau tannée, bouche édentée, devient comme un arbre foudroyé, planté dans la boue gelée.

( à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Tu es devenue …

Oeuvre de Stephen Elvidge

Oeuvre de Stephen Elvidge

 

Tu es devenue morte saison, cercueil de feuilles,

Ton terreau ne servira pas les asticots au seuil

D’un Paradis de légumes, ils creusent les galeries

De tes rides, les chairs moites comme un nid

Abandonné, ils te déshabillent à la froide nuit,

Aux corps à corps avec tes rêves seule tu jouis,

Et les parfums de tes amants alarment les cris

De tes fibres essoufflées tiennent la panoplie

Tels des pantins, ton fil de vie vient d’être cueilli.

 

© Max-Louis MARCETTEAU

Top chrono ! Chapitre 3

Oeuvre de Louis Anquetin - Femme au bord de l_eau - 1889

Oeuvre de Louis Anquetin – Femme au bord de l_eau – 1889

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma plante. Celle que j’ai reçue il y a maintenant une dizaine d’années pour mon anniversaire. Pas celui que l’on pense mais celui qui est dans les veines de chacune et chacun d’entre nous.

C’était un anniversaire qui était à l’époque assez courant dans le petit village qui se trouvait sur les parois de la colline des Sept Passoires.

Tout le monde devait se déguiser en feuillage et le chapeau était de paille bien entendu. Cependant, cet anniversaire un peu particulier se passait la nuit sur la grande Place du Marché qui avait lieu le dimanche dans la nuit. D’ailleurs, personne n’aurait songé à faire un marché en plein jour, sous un soleil de plomb, ou lors d’une averse. Car ce qu’il avait de particulier dans ce petit village est qu’il ne faisait jamais mauvais temps … la nuit. Il y avait comme une bulle de beau temps permanent entre vingt et une heures et cinq heures du matin.

Bref, celles et ceux qui avaient ce jour pour eux, étaient très heureux, car, il leur permettait de vivre presque un bon mois sans autres ressources que sur les choses qui leur avaient été offertes en ce jour particulier.

Donc, je me rappelle très bien ces moments de joies et de béatitude qui me sont restés quand je suis venue à la ville à l’âge de mes trente ans.

Aujourd’hui donc, je vais offrir à ma plante du terreau de Bruyère (pas l’auteur La Bruyère, il va sans dire). Avec de la musique et de la lumière, toute bonne ambiance qui lui fera passer un moment complètement agréable. Car, je le sais, elle aime ce genre d’ambiance qui lui procure un mouvement de chlorophylle intense. Presque comme une jouissance dont nous les humains nous n’avons pas conscience.

Je la veux dans sa plus belle terre pour parfaire ce moment tout à fait bon et audacieux comme un nouvel an pour une bonne santé et une bonne joie dans la lumière de la vie que la Nature lui a donnée.

©Max-Louis MARCETTEAU

Route en roue libre

Oeuvre de Nady Gepp

Oeuvre de Nady Gepp

Route en roue libre, goudronnée à l’envie,

Le paysage verdoyant s’impose au regard,

Des images de Vous défilent au rétro délit,

Pensées de vos courbes, mes mots s’égarent,

En Vous, déshabillent vos dentelles de nuit,

Posent les premiers frôlements à vos remparts !

© Max-Louis MARCETTEAU

Nuit dévergondée

Oeuvre de Henn Kim

Oeuvre de Henn Kim

A la nuit dévergondée d’un feu sacré,

Des envies d’interdits, les corps nacrés,

Goûtent le blanc des chairs ensorcelées ;

Pénètrent les roses intimes du chaos,

Soufflent les bougies d’un équinoxe,

S’épousent aux bacchanales en écho,

Fusionnent dans les bras des hétérodoxes !

A la nuit dévergondée d’un feu sacré,

Des existences franchissent, fascinées,

Le seuil d’un au-delà aux tabous exprimés !

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

L’hérétique

Oeuvre de Zarbeb - Site : http://www.beb.book.fr/

Oeuvre de Zarbeb – Site : http://www.beb.book.fr/

J’hétérodoxe mon existence feutrée

Au printemps d’une belle religieuse

Fortunée de prières, d’interdits tracés

Par une éducation trop prétentieuse !

 

Pris sur le fait comme un voleur,

Aux chaînes de dévotes bouillantes

D’une justice Romaine, les cœurs

Se donnent la joie et m’argumentent !

 

Jeté sur les pavés souillés à la nuit

Inconsciente, dénudée des étoiles,

J’agonise à sa fraîcheur et cuis

De souffrance au feu d’un scandale !

 

Mon sang se glue sur tes mains,

Crispées sur mon visage cassé

A la douleur dévoilée en ce matin

Aux heures attablées à me déguster !

 

A saoulé mon supplice de résistance,

Je succombe à la rudesse experte

De la question façonnée à l’indécence,

Je vais rejoindre, mon éternité offerte !

 

Je déserte ma vie et tu es là, animée

De tes larmes, tu décimes mon espoir

A te sentir diminuée, infirme, transfigurée,

Tu veux retenir ton homme pour ta gloire !

 

Je déserte ma vie, ma perte, c’est toi !

Tes yeux me cherchent dans les miens !

Je suis déjà parti, mon corps se déploie

Dans tes bras tremblants, moi le païen !

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Visage amoureux

Oeuvre de Sarah Fecteau

Oeuvre de Sarah Fecteau

Visage qui s’élance ! Lumière qui s’affole !

L’un amoureux ! L’autre qui prend peur !

Lui n’attend d’elle que les caresses folles

De ses ions positifs sur sa peau liqueur !

Éclairage intense ! Passion dévorée ! Feu !

Le bûcher flambe ! Le vent lumineux saisit

La chair de cette figure, cette proue au vœu

D’assouvir sa vie, sur cette lumière bénie !

Rien n’arrête ce cyclone génial ! Le baromètre

S’étire de son axe ! La pluie cependant, guette.

Ce visage absorbe la lumière, devient l’Être

De possession qui domine par son unité comète !

Il est éphémère ! Le voilà qui pleure de rage !

La nuit s’étale dans son drap et lui se couche

Dessus, froid, immobile, les traits en échouage,

Ensablés, boursouflés sur une vague, une bouche !

©Max-Louis MARCETTEAU