Une pensée suspendue sur le point d’interrogation

Photographie iotop2021

J’ai fait un petit tour sur Scribay. Il y a des défis d’écriture pour s’amuser.


Le regard au-dessus du vide, le dessous des yeux s’effilochent. L’expression anéantie, la crispation vidée, les joues défigées, les lèvres enracinées, le nez épinglé… il ne reste qu’une pensée suspendue sur le point d’interrogation… du spectateur unique dégrisé d’émotion…

….

…plouf l’œil…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le blanc de l’œil de l’horizon

Balade_imaginaire_du_jour_Iotop_2021

Agenda Ironique d’Octobre 2021


Si « la porte était lourde »*, la clé pour l’ouvrir l’était d’autant et il fallait autre chose qu’une paire de pinces d’écrevisse, même bien costaude, pour la porter à la serrure, mais on entendait… :

— … alors, tu réponds ?
— …
— Qu’est-il arrivé à ce premier jour ?
— Il n’y a jamais eu de premier jour !
— A d’autres !
— Le premier jour est un leurre, une escroquerie, une couillonnade…
— Une manipulation ?
— Une équation verbale… tout simplement…
— Je ne comprends pas !
— Le premier jour rassure. Il est la première marche de toutes choses, comme le premier mot, la première lettre…
— Comme la première fois ?
— Non, c’est différent. La nuance est là !
— Je ne comprends pas !
— La première fois est une action qui a déjà une histoire, alors que le premier mot, la première lettre… c’est comme un instinct de survie, un surgissement …
— Une fulgurance, quoi ?
— Oui, c’est ça.
— Vous êtes en train de m’embobiner, c’est ça ?
— Vous êtes possiblement sourd à mes arguments.
— Ma patience s’épuise comme un geyser après un forage raté.
— Le premier jour tient son secret à sa non-existence… c’est cela vérité !
— C’est impossible !
— Et pourtant, le premier jour peut-être n’importe lequel des jours passés, présents ou à venir.
— Très fort !
— Mais non !
— Toutes les pistes mènent à vous. Arrêtez de tourner autour de la réponse qui vous demande de la divulguer séance tenante !
— Je vous l’ai déjà dite, la réponse…
— Elle est fausse…
— Pourquoi nier l’évidence ? Vous attendez tout simplement votre réponse à vous… et non la mienne…
— Vous divaguez…
— Et si je vous dis : le premier jour est un fin trait noir sur le blanc de l’œil de l’horizon, rien de plus.
— Toute vie est sans titre. Pourquoi avez vous celui de philosophe ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

*Norge, poète.

Porte à porte (6/9)

Porte à Mende – Lozère

Une fois n’est pas coutume, voici une histoire de porte à 4 mains avec Firenz’ du blog La plume de mouette. Chacun de nous fait paraître le texte de l’autre sur son blog.

Les chapitres => (1/9) (3/9) (5/9) et l’ensemble des chapitres au fur et à mesure ICI


La porte était tout feu tout ruse et avait plus d’un tour dans son sas. Monsieur le Bourgeois n’était pas le premier à avoir tenté de jouer du bélier et d’entrer en force. Elle connaissait la musique, la tactique, et la rhétorique un peu aussi. La porte de derrière était une porte muette, ou une porte condamnée, point d’ouvrant, juste un dormant pour simulacre. Condamné, le Bourgeois ne tarderait pas à l’être aussi d’ailleurs, s’il acceptait son offre. Mais il semblait encore hésitant…

— D’aucuns pensent que les petites portes ne sont pas dignes d’un don de soi et de sa personne, qu’elles ne méritent pas un passage, ni même un coup d’œil Et pourtant, Monsieur, c’est par ici qu’entrent les artistes, les gens de talent. C’est par ici que se créent les alliances les plus secrètes, que se signent les contrats les plus juteux. Et puis, tous les amants le savent bien, c’est par la porte de derrière qu’il faut passer si l’on veut échapper au retour du mari et du maître des lieux sans se faire pincer les doigts ou les bretelles ! Croyez-moi, mon Seigneur, si moi je suis de chêne intraitable, la petite porte a la douceur du peuplier d’Italie, cette belle essence de Sienne. 

Le Bourgeois s’emperplexait au discours spongieux de la porte. Diable ! L’offre était tentante, alléchante, un peu trop peut-être. Il n’avait pas acquis ses boutons de manchettes en platine et diamant en écoutant les porte-faix lui conter fleurette. Il se sentait corbeau, la porte était renarde. Mais il mourait d’envie de pénétrer enfin dans les lieux et d’aller passer sous l’eau fraîche ses doigts bleus de douleur, rouge de honte aussi. 

— Comment puis-je être sûr que la porte à ventaux que tu me vantes mène bien là où je veux aller ? Qui me dit que je ne vais pas finir dans un soupirail à soupirer jusqu’à la fin du siècle ? Quelle garantie m’offres-tu, porte de malheur et de mystère insondable ?

La porte qui n’avait pas la fibre tendre, devait se creuser la cervelle pour apporter de l’eau au moulin de ses mots, et amadouer le nanti. Quels arguments pourraient faire mouche… ?

(à suivre chez Firenz’)

Une déclaration devant le monde

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Rose_nuageuse_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— Vision d’outre-tombe les mots s’étiolent et le silence est devenu sourd… il y a comme un os. Je rentre les épaules et mes funestes pensées dans le frigo sidéral de la Mort et pose mon céans sur le banc du marché du mercredi celui des Indigents où la solitude se vend toute l’année au prix de quelques mots engagés sans engagement ou en abonnement gratuit de présence les mains vides mais le cœur au présent à l’avenir … tu es partie … décédée sur le papier sur ton lit d’hôpital … dans le cercueil … je suis réfrigéré à vie de ta mort comme l’évidence de l’impermanence perméable pénétrée pénible et pourtant pétrifié à la conservation d’une nuit d’étoiles tellement lointaines mais une seule à la magnitude si présente … je retiens mes larmes j’ai voulu retenir tes mains trop glaciales … tu m’as dit « prends soin de toi » mais à présent comment réaliser ce vœu dit dans un dernier souffle d’humanité … je suis comme un bâtiment qui subit un tremblement de terre les failles invisibles s’ouvrent au grand jour d’un soleil d’été au ciel trop bleu comme un œil fixé à la fenêtre de ma vie qui s’effondre … ma structure est sur pilotis comme ma croix mais je ne suis pas Jésus et pourtant ma couronne d’épines est mon quotidien ..

— T’as pas fini de faire ton cinéma …. une déclaration devant le monde et te plaindre par-dessus le marché … vient ramasser les caisses de pommes de terre, feignant… ta gueuse de fiancée ne reviendra pas, pour sûr … feignant !
— Oui, maman !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Lumière de l’étonnement au tonnement de l’éclair

Film de René Clair - La beauté du diable - 1950

Film de René Clair – La beauté du diable – 1950 – (traduction : « L’enfer est moins cruel que les humains« )

 

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°45 le mot : lumière


Lumière de l’étonnement au tonnement de l’éclair
Les pupilles se dilatent affrontent la nature d’effets
Fermentés a son histoire salée d’essais à décoiffer
Ce premier regard défiant et d’un tout assoiffé

L’humain s’agenouille sur la terrasse herbeusement
Figurée des organismes naturels aux cellules kyrielles
Et dessine dans son primaire cerveau les enlacements
Et liaisons intelligentes qui s’imposent au surnaturel

La divulgation de secrets le dresse maître alchimiste
Aux âmes peureuses et indigentes salivent la fable
A ce dieu à ce magicien qui d’un coup d’oeil liste
Ses proies a un contrat de vie éternelle … en diable !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’œil du cœur

Dessin de Pochiyo

Dessin de Pochiyo

Toute sensation est une épée qui traverse de part en part l’aulne du corps,

L’onde choque la parcelle des larmes qui se vibrent à la Beauté déployée,

Et trempe le buvard des yeux qui impriment l’émotion du Bel accord,

Au cœur de la rétine qui teinte crescendo les fibres vocables émerveillées !

©Max-Louis MARCETTEAU