Un salaire qui se fait honte à lui-même

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Marchande de fleurs

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre l’homme de peine des West-India-Docks aux Docks de Victoria n’est qu’une marchandise qui complète la fosse creusée à temps plein aux scories d’un salaire qui se fait honte à lui-même à la morale indifférente chacun a son œuvre … d’un même sang rouge.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Chaque regard est une semence

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Photographie Iotop 2020 – Encadrement virtuel ICI

Chaque regard est une semence et fait fruit d’une couleur d’un trait d’un signe d’un éclair et s’insère sincère dans la toile… tel est le tableau expressif ambitieux abstrait et conquérant accroché sur le mur de ce musée et qui s’arrange devant les visiteurs amplifiant des nuances ou un tracé qui s’exhibe par son caractère.

Aux regards nourris il fait acte d’une plaie vivante de son existence et s’expose à la nudité des effets incrustés à l’éclairage de sanctions ou d’approbations il est celui qui s’écrit sans complexe à la morale d’un temps qui s’encre sur les murs des écrans possédés de la communication hallucinée mythomane …

Ce tableau vivant est une première mondiale et signe lui-même les autographes avec son pinceau-scalpel sur des reproductions lithographiques sur pierre…

Quand une femme éprise de ce tableau jouisseur jusqu’aux racines de son ombilic le décroche d’un seul élan à la vue de tous éberlués fascinés applaudissant par l’acte d’une amoureuse insupportablement belle …

L’emporte à bras-le-corps et le fait circuler de quelques rues en quelques ruelles anciennes aux pavés dégoulinants de souvenirs piétinés aux cris décousus et le jette sans ménagement aux pieds d’un banc délavé ressemblant à un linceul …

… il devient tableau ambulant, une œuvre déchue … sur les trottoirs humains éviscérés de toute compassion …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un épiderme sensible a l’ambition d’être aimé

Oeuvre de René Magritte – Le miroir vivant

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 15 et origine


personnage éclatant de rire… édenté de l’espoir qui se moque de sa ligne de vie brisée à l’adolescence par effet d’un excès de pouvoir… dont l’horizon c’est ouvert un matin au chant d’un rêve qui avait perdu son chemin entre les arbres d’une réalité reconstituée et d’une langue rose bonbon d’un tableau de maître excentrique et perfectionniste possédé de l’art comme un épiderme sensible a l’ambition d’être aimé… pour s’ouvrir à l’armoire des secrets, à l’alcôve d’une femme qui a posé un regard bienveillant sur les stigmates qui suintent l’angoisse, la peur… brille le chemin de la rédemption comme un trophée… quand les cris d’oiseaux poussiéreux réveillés par les démons des mots heureux, à l’échine courbée, au visage des lettres enfoncées… un melon de belle cuisine surgit, roulé par le mot inadvertance aux pieds du personnage… personnage éclatant de rire…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Je le mate depuis un moment

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Il est là mon homme, en salopette, bleu de travail, cul par dessus tête pour réparer notre pompe de puits …

Je le mate depuis un moment.

Au-delà de ma naturelle nudité, ce jour, j’ai le gazon bien ras. Cela ne fait pas bander mon homme du jour, un tantinet contrarié par la machine à remonter la chose … dite d’eau.

Il est aussi d’une autre panne de ce temps où l’homme est une caricature de lui-même. Heureusement, nous, les femmes, avons fait œuvre d’intelligence. Nos ovocytes et les spermatozoïdes de ses messieurs ont été conservés précieusement aux fils des décennies …

La fabrication de gamètes a contraint cette humanité dénaturée par effet industriel effréné à effectuer un réveil trop tardif pour les uns : “merde ! personne nous a informé !” et les autres qui ont souvent ramé pour rien : “merde ! vous n’avez pas écouté nos avis et recommandations !” …

Et par effet, l’homme a perdu entre temps tout moyen d’ériger son propre désir. Et pourtant la formulation du plaisir de la chair étant instinctivement soudé à l’être, il ne pouvait s’en défaire.

J’essaye de le “pousser” au démarrage, au stimulus de l’homme qui commence à s’énerver et est au bord de la grève non déclarative à mon endroit stipulant qu’il n’est pas une bête de sexe et le bon vouloir de la femme n’est pas une raison raisonnable pour le stresser outre mesure, alors que son envie toute légitime est contrariée … et que le dépannage de la machine est plus important que l’excitation de sa bobine …

Et puis, je ressens comme une idée à l’intérieur de moi, une petite bougie qui s’allume, un eurêka en miniature. Une ancienne pratique qui me revient. Celle de “pomper” avec cette expression peu usitée : “pomper le dard”. Il ne faut qu’il prenne peur, mon homme. Comme je ne sais pas dessiner, je prends une paire de ciseaux et du papier obsolète, le tout déposé à deux bras de moi. Je vois ses yeux s’occulter par effet d’une peur compréhensible. Je prends plusieurs feuilles, je découpe, surcoupe, assemble, colle et voilà que prend forme l’essentiel de ma proposition.

L’homme est dubitatif. Il pose un regard, puis un autre regard sous un autre angle et puis un autre. Il acquiesce, branle du chef. Je vais le désencrasser jusqu’à la garde.

… en attendant qu’il me répare la pompe à eau, du puits … je vais le soulager de sa condition pour mon … plaisir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018